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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 11:55

« J'ACHÈVE EN MES MEMBRES...» (II)

Hier soir, dans le calme extérieur, quand mes compagnes ont sombré dans le sommeil, je me suis retrouvée devant vous, ô mon Jésus, pour vous offrir ma petite « Hostie »... bien pauvre... difforme encore... et j'ai osé l'unir à la vôtre si immaculée, si divinement parfaite, puis, après avoir dit et redit ce Fiat dou­loureux dans cet état si pénible à toute nature, joyeux dans la volonté de Vous servir, j'ai ajouté, avec une grande envie de pleurer, mais en me reprenant, d'un effort suprême, pour « me » redonner à votre volonté : Magnificat, à mon Dieu, tant que vous vous le voudrez, mais aidez-moi ! ... Vous me faites mal ! Ô di­vin sculpteur. Mon roc est-il donc si abrupt, tellement rebelle au ciseau ? ...

J'unis ma croix avec les croix, la croix qui me répugne, me désole... la croix si lourde, si épineuse, la croix qui me meur­trit [...] la croix qui pénètre partout dans ma chair ... mes membres dans ces brûlements, pas une région de mon pauvre organisme n'est exempt... la croix de l'ambiance, la croix qui, par la souffrance épuisante, suscite des désirs fous, dans l'esprit fatigué : Partir ! Fuir ! Me faire au moins transporter dans le corridor ou, encore, me lever, bondir, aller parler à l'officière, ou m'asseoir dans mon lit. [...]

Alors j'ai refoulé les pleurs, pleurs amollissants en la circonstance et j'ai prié la petite Thé­rèse. Elle avait le plus d'attention pour ses compagnes les moins agréables et cela, naïvement en apparence... Oui, être naïve et douce ! ... J'ai la conviction maintenant que Lui seul permet toutes ses souffrances physiques afin de me faire communier étroitement à la souffrance pour la mieux comprendre et élever les âmes éprouvées, jusqu'à Lui. Pour réaliser cet idéal tant caressé en ces années de maladie, il me faut souffrir beaucoup... et la lumière vient...

Oh ! Jésus ! Je veux t'aimer avec ton propre amour et celui de l'Univers entier, t'aimer autant que tous les saints, tous les martyrs, toutes les âmes sacerdotales, consacrées, toutes les petites âmes héroïques dans leur silence et leur abnégation. Je veux t'aimer d'un amour si puissant, si pur, que rien de ma nature humaine ne subsiste dans cet amour, que Toi seul reste toujours ma Lumière, mon Guide, mon Modèle, ma Vie.

Je te le demande, ô mon Jésus, d'augmenter ma volonté de Te servir en toutes circonstances de ma vie, de Te rayonner pleinement afin de me sanctifier et de Te gagner, par ton Amour, un nombre d'âmes aussi étendu que l'Infini. Il y en a des multitudes à sauver ! Des oublieuses, des légères, des enténébrées ! Que ton amour, vivant en moi me transformant en Toi, ô Jésus, devienne une consolation pour ton Cœur délaissé et une source jaillissante de lumière et d'amour pour toutes les âmes sacerdotales et consacrées qui doivent répandre la Foi et attirer les âmes.

Je veux T'ai­mer ! Pour aimer la vie, exactement celle que tu me destines, au jour le jour. En surnaturalisant tout, je veux expier mes fau­tes et être ton jouet. Dans la réalité, la vérité sans illusions. Je te supplie de me donner la grâce puissante et je veux être Hostie de louange d'action de grâces. Je veux T'aimer assez pour ne cesser jamais de te grandir en moi, pour accepter de vivre au­tant que tu le voudras. Même pour continuer la lutte ennuyante contre les ravages de la maladie dans mon pauvre corps. Aimer la vie pour aimer pleinement la vraie vie et désirer la « mort » seulement quand tu le voudras, ô mon Jésus, la mort, non celle qui débarrasse des maux dont on est las, mais la merveilleuse ren­contre avec le Père éternel, dans l'Infini, l'Éternité et seulement au jour, à l'heure, par toi choisie... quand tu jugeras bon, ô mon Bien-Aimé Jésus, de m'attirer à toi...

La souffrance est une vocation et Jésus destine véritablement des âmes à vivre dans cet ordre...

Il n'a pas fait de moi Son Épouse, car je n'ai pas consacré par des vœux, ma vie de jeune fille. Pourquoi ? Ma liberté a été entravée par la maladie... Le rêve « d'immolée » va se réaliser d'après Ses plans peut-être sur un théâtre humainement impro­pre à la vie intérieure, ardente, suivie, et au « rayonnement » désiré...

Fiat ! Je veux être épouse cachée, selon votre Divin Cœur. Vous me permettez de désirer le calme, le silence, le re­cueillement, de Vous le demander aussi ?... Mais, ô mon Jésus, je Vous de­mande avant tout la paix, dans l'obéissance à tous vos « capri­ces ». La patience a été harcelée, agacée, presque exaspérée. Causes multiples... Mon Dieu, est-ce votre volonté ? Et la confiance s'ébranle avec le pourquoi qui surgit au loin... Pendant toute ma prière les flots mugissaient : l'impatience, la souffrance, l'ennui, le doute, tous ces diables affreux, hideux, ont forcé les portes..., ébranlé les ouvertures.

Mais votre conseil «veillez et priez» a été suivi... La foi pure, nue, sans consola­tion a été le garde sûr. Je crois en la vocation de la souffrance dans le milieu où Vous me placez et dans toutes les circonstances défavorables à ma guérison, car je veux accepter cette conclusion. Je suis venue non pour guérir, mais pour mourir à moi-même et faire Votre Volonté.

Fiat ! Fiat ! Fiat comme une litanie quand je trouve très dure l'acceptation. Olivette Halle

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 12:47

« J'ACHÈVE EN MES MEMBRES...» (I)

Tout l'organisme fonctionne mal et me procure bien des pe­tites misères à offrir au Seigneur Jésus. Que j'en suis contente ! Je me pénètre de plus en plus de l'efficacité des petits sacrifices obscurs. Aussi je tâche de ne laisser passer aucune occasion d'en faire.

La Sainte Trinité vit là dans mon cœur, incessamment. Elle ne me suffirait pas, Elle qui faisait le rassasiement de la Vierge Marie, mon modèle ! Elle y demeurait toujours puisque ma Mère chérie est toujours restée sortie d'elle-même, en Dieu qui doit être aussi mon centre.

J'ai fait mienne une ambition du bienheureux père Eymard en l'adaptant à ma condition. Partout où je passe je veux être | une cause de rénovation spirituelle. Je veux, dans l'ombre, pré- j parer les voies à Jésus et m'efforcer d'être comme un simple fu­mier qui engraisse la terre du sanatorium et de toute l'Église.

Dans mon oraison d'aujourd'hui j'ai pensé que du Corps mys­tique je suis le moindre des membres. Et cependant, ô merveille ! Ma puissance est infinie dans le Christ; ce qui fait que les autres attendent ma collaboration à l'édification de l'œuvre que Jésus a fondée dans son sang. Oui, que c'est admirable cette vocation universelle à la réalisation du plan divin ! Ces affections abon­dent dans mon cœur et je les confie à mon carnet telles que le Sauveur les fait surgir en moi.

Ainsi dans la prière, je me nourris de la pensée que toute la chrétienté compte sur moi, elle fait fonds sur l'apport précieux que mon union à Jésus me permet de lui procurer. Toute petite que je suis, que je me sens grande à cette vue !

Ces lumières excitent ma plus vive admiration pour la sa­gesse divine qui éclate sous tous les aspects de la communion des saints ! En même temps, ces manifestations de l'amour de Dieu pour nous m'arrachent à mon apathie, me pressent d'accourir au champ du Père de famille.

Les mots tombent en ce moment de mon âme sur ces pages. Bien que je veuille faire oraison, je ne sens pas qu'il faille m'interdire cet épanchement, qui n'est pas une digression puisque je me sais comme jamais en la présence de Dieu.

Pour parler au Bien-Aimé je choisis toujours le temps de la cure, qui est le plus favorable au recueillement. S'il ne m'avait fallu recourir à la plume je n'aurais pu, comme je le fais, coucher sur le papier les effusions qui me viennent, et plus tard je n'au­rais peut-être pas pu y revenir.

Ce n'est pas que j'attache de l'importance à ce griffonnage puisque je n'agis que pour obéir. Mais je suis toujours heureuse de vous donner à constater ce que l'infinie Bonté verse dans mon âme en considération des autres.

C'est ordinairement durant les colloques commencés avec Jé­sus que je pourrais écrire longuement, car alors descendent à flots ces grâces qui illuminent. D'autre part quand j'entreprends de vous écrire, cette occupation s'entremêle de la prière, vers la­quelle elle m'y conduit comme naturellement.

Il devrait bien en être ainsi pour tout ce que je fais. Mon activité vivifiée de prière servirait doublement la cause de l'Église tandis qu'elle resserrerait les liens qui déjà m'attachent au Christ. Dès lors, au lieu d'avoir des heures de prières, c'est ma vie entière qui serait «priée». Oh ! Le bel idéal. Plus de cloison entre l'action et l'oraison, mais les deux se compénétrant pour la plus grande efficacité de mon apostolat !

De ces riantes perspectives je reporte mes regards sur la mul­titude d'âmes qui ignorent leur valeur et celle de leur destinée. Que Notre-Seigneur doit souffrir de voir son règne si peu avan­cé ! Puisse-je aimer de plus en plus, aimer sans mesure, aimer jusqu'à me laisser consumer et détruire par l'Amour pour hâter l'avènement de ce règne tant désiré.

Quand je me place bien en face de ces réalités tant oubliées du grand nombre, il n'existe plus rien à mes yeux. Je souhaite une participation aussi large que possible à l'œuvre de rédemp­tion du monde par l'amour et la souffrance.

Ma force dérisoire ne m'arrête pas. Saint Paul s'est glorifié dans ses infirmités et la chère sainte du Carmel s'est complus dans sa faiblesse. J'en ferai autant avec la grâce de Dieu et le Tout-Puissant ne refusera pas d'opérer par moi de grandes choses. Il restera si évident que je n'y serai pour rien.

Marie-Claire Tremblay

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 03:11

« CE QUI MANQUE A LA PASSION DU CHRIST »

La considération attentive de la Rédemption universelle du gen­re humain permet de découvrir que plusieurs agents collabo­rent à cette grande œuvre de miséricorde et de justice. Dieu le Père donne son Fils en rédemption de nos péchés; le Christ sa­tisfait par sa Passion et nous mérite les faveurs divines; les saints achèvent dans leur chair ce qui manque aux souffrances du Sau­veur (Col. I, 24). A qui faut-il donc attribuer en propre l'œuvre surnaturelle de notre délivrance du péché et de notre réconci­liation avec Dieu ?

La satisfaction de Jésus

Si l'on considère les artisans de cette œuvre rédemptrice, il faut tenir que la satisfaction parfaite de nos péchés est propre au Christ d'une manière immédiate. C'est lui qui, en tant qu'hom­me, souffre sur le Calvaire et offre ses souffrances d'une valeur infinie en compensation de nos fautes. Bien plus, cette satisfac­tion est son œuvre personnelle. Il en est la cause prochaine d'une façon absolue, puisque seule la personne du Verbe, en tant qu'elle possède la nature humaine, mérite, satisfait, s'immole et nous sauve.

Mais si l'on se place au point de vue de la cause première et éloignée, on peut dire que la Trinité tout entière est cause de la satisfaction. La vie du Christ, objet d'une valeur infinie of­fert en compensation du péché, appartenait à la Trinité, comme à son premier Auteur. C'est la Trinité qui en a décrété l'offrande par la Passion; c'est encore elle qui a inspiré à l'Homme Dieu de souffrir pour nous et qui a déterminé d'avance toutes les cir­constances de sa mort sur la Croix. L'œuvre satisfactoire de Jésus est d'ailleurs une œuvre divine externe, qui, selon les enseigne­ments de la foi, est commune aux trois personnes de la Sainte Trinité. Aussi est-il juste de conclure que la compensation of­ferte à Dieu pour l'injustice du péché et ce qu'on lui offrit ap­partenaient immédiatement et proprement au Christ en tant qu'homme, bien que sa satisfaction parfaite doive être attribuée à la Trinité, comme à sa première cause.

La satisfaction des Saints

Quant aux souffrances des saints, elles profitent au salut des fidèles, non par mode de satisfaction en rigueur de justice, mais à titre d'exhortation et d'exemple, selon la déclaration de saint Paul aux Corinthiens : Nous sommes dans la tribulation pour votre exhortation et votre salut (II Cor. I, 6). Car seules les souf­frances du Sauveur, à proprement parler et d'une manière ab­solue, satisfont en stricte justice pour les péchés des hommes. Les souffrances des saints constituent une satisfaction de conve­nance qui peut effacer la peine temporelle due au péché actuel, mais qui n'a qu'une valeur relative. Ainsi les saints, dont les souffrances jouent un rôle actif dans la satisfaction du péché, doi­vent être considérés, non précisément comme des corédempteurs, mais bien plutôt comme des coadjuteurs du Christ, cause propre et immédiate de notre parfaite restauration spirituelle. [ ... ]

La satisfaction des justes

Aux souffrances du Sauveur, qui étaient le lot de l'infirmité qu'il a prise, la divinité conféra une puissance infinie capable de nous restaurer. La chair, dans laquelle le Christ a souffert sa Pas­sion, écrit saint Thomas, est l'instrument de sa divinité, et c'est en raison de sa divinité que les souffrances et les actions du Christ agissent, dans la vertu divine, en vue de chasser les péchés. Aussi l'infirmité de la nature passible et mortelle du Sauveur, en tant qu'elle appartient à un Dieu, possède-t-elle sur la croix une puissance réparatrice qui dépasse infiniment toute puissance humaine. Grâce à l'union hypostatique, la satisfaction qui s'y accomplit est douée d'une vertu spirituelle, qui obtient son efficacité en nous par le contact spirituel de la foi et des sacrements de la foi. [...]

Nôtre-Seigneur Jésus-Christ s'est substitué à nous, a satisfait à notre place. Sans les terribles souffrances endurées dans son hu­manité très sainte et dans sa volonté absolument conforme à la volonté de son Père, sa satisfaction vicaire serait demeurée invi­sible et n'aurait pas pu, de ce point de vue, servir d'exemple aux rachetés, qui doivent compléter dans leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ.

Non pas que la satisfaction du Christ pour nous ait en elle-même besoin d'un complément. Elle est absolument parfaite. Nous avons maintes fois rappelé sa valeur infinie qu'elle tient de la Personne du Verbe et sa valeur objective qui lui vient du genre d'action, du nombre et de l'intensité des souffrances de Jésus. Cause universelle, elle a cependant besoin d'être appliquée à chaque âme en particulier, afin d'enlever les péchés propres. Outre qu'elles réalisent une certaine configuration au Christ souf­frant pour nous sur la Croix, les souffrances des âmes saintes achè­vent ce qui manque aux souffrances du Christ en ce sens qu'elles contribuent par mode de convenance à l'application aussi parfaite que possible de la satisfaction infiniment méritoire du Sauveur, application qui se doit faire par la foi et les sacrements.

Arthur-Guzman Albert, o.p.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 19:26

LE CHRIST, NOTRE PONTIFE

Un pont unit deux rives. Il devient ainsi un lieu de passage et de transport d'une rive à l'autre. Ainsi Jésus-Christ unit les hommes à Dieu. Par Jésus-Christ, Dieu communique aux hom­mes ses bienfaits et ses grâces; par Jésus-Christ, les hommes font monter à Dieu leurs hommages, leurs prières, leurs adorations, leurs sacrifices.

Il réunit en lui l'homme et Dieu

Grâce au pont, les riverains ne sont plus des étrangers. Le fleuve les séparait; le pont permet de se voisiner, d'entretenir des relations d'amitié. Entre Dieu et nous, il y avait le fleuve du péché; un fleuve que nous ne pouvions pas franchir nous-mêmes. Dieu jette le pont. Le fleuve du péché est vaincu; il y a moyen de le franchir sans se noyer.

Je désire, disait Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne, que vous jetiez les yeux sur le pont que j'ai fait en mon Fils unique par lequel la divine grandeur est reliée à la terre de votre huma­nité. Le Christ est le pont construit pour restaurer le chemin cou­pé et faire que l'homme puisse franchir les dangers de ce monde et parvenir à la vie éternelle.

Il n'était pas au pouvoir de l'homme, continuait Dieu, de bâ­tir un pont suffisamment long pour atteindre au ciel. La nature humaine, née de la terre, était incapable par elle-même de satis­faire pour le péché et de détruire les conséquences de la faute originelle qui avait corrompu et infecté la race humaine tout entière. Il était donc nécessaire de réunir celle-ci à la grandeur de ma nature pour que la nature divine puisse satisfaire pour toute l'humanité. Aussi la Grandeur s'abaissa jusqu'à la terre de votre humanité; elle construisit un pont et fit un passage.

Grâce au pont qui est Jésus-Christ, le Rédempteur, nous som­mes réconciliés avec Dieu, amis de Dieu, jouissant de son amitié. C'est la doctrine exposée par saint Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens : Tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par Jésus-Christ. Dieu a réconcilié le monde avec lui-même dans le Christ, n'imputant pas aux hommes leurs offenses, parce qu'il est vrai Dieu et vrai homme.

Un pont doit être solidement amarré aux rives, il doit adhé­rer fortement aux rives, il doit être quelque chose des rives. Ainsi du Christ : du côté des hommes, il est homme comme nous, il appartient à notre humanité, il partage notre sort en tout (ex­cepté le péché), il a pris sa vie humaine à la même source que nous, il est de la lignée d'Adam. Il est en même temps Dieu par nature, tout-puissant et éternel, infini et parfait, en tout égal au Père et à l'Esprit-Saint. Le Christ n'est pas seulement entre Dieu et les hommes (comme un pilier planté au milieu du fleu­ve, ou comme un traversier qui fait la navette entre les deux rives); ce serait le cas si nous avions comme médiateur un ange. Le Christ est entre Dieu et les hommes, parce qu'il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. Et cette union qui rassemble dans une même personne divine l'humanité et la divinité, est une union très ferme, très solide, une union très intime et indissoluble. C'est un pont indestructible.

Le rôle de Marie

Marie nous a obtenu ce pont. Par ses prières et sa sainteté, elle a mérité d'une certaine façon l'Incarnation, plus que les saints de l'Ancien Testament. Par son libre consentement au jour de l'Annonciation, elle a en quelque sorte commencée la construction du pont. Ensuite, en donnant le jour au Christ, en l'élevant, en le présentant aux bergers et aux mages, en l'accompagnant à la croix, elle a contribué à entretenir et à faire servir le pont.

Si nous prenons l'image à un autre point de vue, Marie est comme le roc avancé sur lequel le Verbe incarné s'est posé, com­me un pont doit s'appuyer sur un point solide de la rive, sur le roc, de préférence, à un endroit où la rive s'avance le plus pos­sible dans le fleuve, sur une pointe aussi rapprochée que possible de l'autre rive. Or Marie par sa sainteté éminente est la plus rap­prochée de Dieu; elle est très fermement établie en sainteté; il convenait que l'Incarnation se fît en elle et par elle.

Nous pouvons utiliser une autre image. Un pont est inutile s'il n'est pas accessible; il faut que les routes convergent vers le pont et il faut que le pont débouche sur une route. Marie est cette voie d'accès au Christ. Par elle on va au Christ et par elle le Christ vient à nous. Elle n'est pas un obstacle à notre union au Christ, elle facilite au contraire cette union.

Jacques Gervais, o.m.i.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 19:22

Les yeux du Seigneur sont ouverts sur la terre, et inspirent de la force à qui se confient en Lui d'un coeur parfait.

L'auteur de ce petit livre est un écrivain reli­gieux bien connu et très autorisé, le Père Jean-Baptiste Saint Juré, de la Compagnie de Jésus. Les pages qu'on va lire ont été, en effet, extrai­tes à peu près textuellement du livre III, cha­pitre VIII de son grand ouvrage intitulé : DE LA CONNAISSANCE ET DE L'AMOUR DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST, qui faisait les délices du saint curé d'Ars et était comme son manuel ascétique.

Voilà, sans doute, un titre de recommanda­tion plus que suffisant aux yeux des âmes pieu­ses, auxquelles cet opuscule est principalement destiné. Qu'elles nous permettent, néanmoins, d'y ajouter quelque chose de plus direct et de plus pressant.

Le 1er février 1851 mourait saintement, à Lyon, le neveu de l'illustre général Marceau et l'unique héritier de son nom. D'abord incrédule, pour ne pas dire impie fieffé, « il était un homme du monde et même passablement libertin ». Auguste Marceau fut l'une des plus belles conquêtes de l'Archiconfrérie de Notre Dame des Victoires.

Or, un jour qu'il avait à parler devant une réunion d'ouvriers, il leur dit avec une tou­chante candeur: « Mes amis, il y a sans doute parmi vous des hommes qui ne sont pas chré­tiens et n'aiment pas la religion. Eh bien ! Sa­chez-le, j'ai été impie comme vous; nul plus que moi n'a détesté le christianisme; mais je dois lui rendre cette justice que, tant que je n'ai pas été chrétien, j'ai été malheureux ...»

Voyons-le maintenant, une fois devenu fer­vent chrétien. Dans une visite qu'il fit au Supé­rieur des Maristes, à Lyon, en octobre 1849, celui-ci fut frappé d'une violente toux qui l'épuisait, en même temps que d'un mal de jambe qui ne pouvait guérir. Il enjoignit Monsieur Mar­ceau de garder la chambre; et, docile comme un enfant, l'intrépide navigateur obéit sans répli­quer.

« Je suis aussi content — dit-il alors — de glorifier Dieu en buvant de la tisane, dans ma chambre qu'en éprouvant des coups de vent sur la mer ».

Il passa la dernière année de sa vie dans une solitude absolue, d'où il écrivait à un ami: « Je puis vous assurer que j'ai rencon­tré le bonheur qu'on peut espérer sur la terre, dans le petit coin ignoré où ma vie s'écoule, loin de ma famille, de mes amis et de mes con­naissances ».

Il disait encore ailleurs: « Là est tout le secret du bonheur sur cette terre: cor­respondre à la volonté de Dieu!...» Mais où donc Auguste Marceau avait-il puisé des sentiments si élevés, et si pleins d'encouragement pour nous ? Découvrons maintenant l'histoire de sa vie:

« C'est lui qui a fait réimprimer à Lyon le livre DE LA DIVINE PROVIDENCE, un si petit de format avec de si grand de choses. Déjà, en 1842, Auguste Marceau avait découvert cet opuscule à Nantes.

Je puis vous assurer, dans toute la sincérité de mon coeur, disait-il au commandant Le Bobinnec, que Dieu ne m'eut-il accordé que la faveur d'avoir connu ces quelques pages, en échanges des ennuis de toutes sortes qui m'ont accablé dans le commandement du yacht (l'Arche d'alliance), je trouverais cette grâce A BON MARCHE. C'est un livre d'une valeur inestimable.

« On ne s'étonnera pas de ces éloges, quand on saura que deux mots résument toute la doctrine de ce livre: Voir Dieu en toutes choses. En toutes choses se soumettre à la volonté de Dieu».

(Note : Auguste Marceau, capitaine com­mandant de la frégate, " Arche d'alliance ", par un Père Mariste; t. l, p. 251, édition définitive. Paris, Haton)

(A suivre)

Extrait de : CONFIANCE en la Divine Providence (1954)

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 13:45

Seigneur, je vous remercie de la grâce que vous m'avez faite en me promettant aujourd'hui d'assister au sacrifice de la sainte Messe, préférablement à tant d'autres qui n'ont pas eu le même bonheur, et je vous demande pardon de toutes les fautes que j'ai commises par dissipation et la langueur où je me suis laissé aller en votre présence. Que ce sacrifice, ô mon Dieu, me purifie pour le passé et me for­tifie pour l'avenir.

Je vais présentement avec confiance aux occupations où votre volonté m'appelle. Je me souviendrai, toute cette journée, de la grâce que vous venez de me faire et je tâche­rai de ne laisser échapper aucune parole, aucune action, de ne former aucun désir, ni aucune pensée qui me fasse per­dre le fruit de la Messe que je viens d'entendre.

C'est ce que je me propose avec le secours de votre grâce. Ainsi soit-il.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 14:03

Avez-vous réfléchi a savoir de quelle façon vous allez, cette année consacrer un peu de temps au Seigneur, pour ce qu’Il a fait pour chacun de nous.

Sans Lui, nous n’aurions eu aucune possibilité de bénéficier de cet héritage, que sera le Ciel, récompense éternelle pour les sacrifices que nous aurons fait volontairement.

Il est très important pour nous, ses créatures, de conformer notre volonté à Sa Sainte volonté toujours et partout.

Je veux vous proposer de passer quelques minutes chaque jour avec le FILS DE DIEU, afin de découvrir tout ce qu’Il a fait par amour pour nous.

Je vous suggère le Chemin de Croix avec Marie. http://elogofioupiou.over-blog.com/article-rappel-du-chemin-de-croix-avec-marie-116648201.html

Le 18 février, ce sera le début de ces quarante jours de réflexions.

Prions ensemble pour le retour d’exil du Saint Père PAUL VI.

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