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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 19:22

Les yeux du Seigneur sont ouverts sur la terre, et inspirent de la force à qui se confient en Lui d'un coeur parfait.

L'auteur de ce petit livre est un écrivain reli­gieux bien connu et très autorisé, le Père Jean-Baptiste Saint Juré, de la Compagnie de Jésus. Les pages qu'on va lire ont été, en effet, extrai­tes à peu près textuellement du livre III, cha­pitre VIII de son grand ouvrage intitulé : DE LA CONNAISSANCE ET DE L'AMOUR DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST, qui faisait les délices du saint curé d'Ars et était comme son manuel ascétique.

Voilà, sans doute, un titre de recommanda­tion plus que suffisant aux yeux des âmes pieu­ses, auxquelles cet opuscule est principalement destiné. Qu'elles nous permettent, néanmoins, d'y ajouter quelque chose de plus direct et de plus pressant.

Le 1er février 1851 mourait saintement, à Lyon, le neveu de l'illustre général Marceau et l'unique héritier de son nom. D'abord incrédule, pour ne pas dire impie fieffé, « il était un homme du monde et même passablement libertin ». Auguste Marceau fut l'une des plus belles conquêtes de l'Archiconfrérie de Notre Dame des Victoires.

Or, un jour qu'il avait à parler devant une réunion d'ouvriers, il leur dit avec une tou­chante candeur: « Mes amis, il y a sans doute parmi vous des hommes qui ne sont pas chré­tiens et n'aiment pas la religion. Eh bien ! Sa­chez-le, j'ai été impie comme vous; nul plus que moi n'a détesté le christianisme; mais je dois lui rendre cette justice que, tant que je n'ai pas été chrétien, j'ai été malheureux ...»

Voyons-le maintenant, une fois devenu fer­vent chrétien. Dans une visite qu'il fit au Supé­rieur des Maristes, à Lyon, en octobre 1849, celui-ci fut frappé d'une violente toux qui l'épuisait, en même temps que d'un mal de jambe qui ne pouvait guérir. Il enjoignit Monsieur Mar­ceau de garder la chambre; et, docile comme un enfant, l'intrépide navigateur obéit sans répli­quer.

« Je suis aussi content — dit-il alors — de glorifier Dieu en buvant de la tisane, dans ma chambre qu'en éprouvant des coups de vent sur la mer ».

Il passa la dernière année de sa vie dans une solitude absolue, d'où il écrivait à un ami: « Je puis vous assurer que j'ai rencon­tré le bonheur qu'on peut espérer sur la terre, dans le petit coin ignoré où ma vie s'écoule, loin de ma famille, de mes amis et de mes con­naissances ».

Il disait encore ailleurs: « Là est tout le secret du bonheur sur cette terre: cor­respondre à la volonté de Dieu!...» Mais où donc Auguste Marceau avait-il puisé des sentiments si élevés, et si pleins d'encouragement pour nous ? Découvrons maintenant l'histoire de sa vie:

« C'est lui qui a fait réimprimer à Lyon le livre DE LA DIVINE PROVIDENCE, un si petit de format avec de si grand de choses. Déjà, en 1842, Auguste Marceau avait découvert cet opuscule à Nantes.

Je puis vous assurer, dans toute la sincérité de mon coeur, disait-il au commandant Le Bobinnec, que Dieu ne m'eut-il accordé que la faveur d'avoir connu ces quelques pages, en échanges des ennuis de toutes sortes qui m'ont accablé dans le commandement du yacht (l'Arche d'alliance), je trouverais cette grâce A BON MARCHE. C'est un livre d'une valeur inestimable.

« On ne s'étonnera pas de ces éloges, quand on saura que deux mots résument toute la doctrine de ce livre: Voir Dieu en toutes choses. En toutes choses se soumettre à la volonté de Dieu».

(Note : Auguste Marceau, capitaine com­mandant de la frégate, " Arche d'alliance ", par un Père Mariste; t. l, p. 251, édition définitive. Paris, Haton)

(A suivre)

Extrait de : CONFIANCE en la Divine Providence (1954)

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