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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 06:09

Saint Barthélemi, apôtre. originaire de Cana en Galilée, et l'un des premiers dis­ciples du Sauveur, Barthélemi, le Nathanaël du récit sacré, n'apparaît qu'une fois à nos yeux dans l'Évangile, lorsque saint Jean raconte sa conversion. Nôtre-Seigneur a pronon­cé lui-même son éloge en disant: «Voici un véritable Israé­lite, en qui il n'y a point de duplicité, » comme s'il eût voulu dire : «Voici un homme au cœur simple et droit, à l'esprit docile, à l'âme détachée du monde ; un homme qui vit dans la paix, qui met sa force dans la prière, et qui a plutôt la sim­plicité de la colombe que la ruse du serpent. » Lorsque les apôtres se dispersèrent par le monde, l'Inde échut pour par­tage au zèle apostolique de Barthélemi. Après d'héroïques travaux et des souffrances sans nombre, il passa en Arménie et convertit beaucoup de cités à la loi chrétienne. Saint Barthé­lemi périt victime de la haine des prêtres païens qui l'écorchèrent tout vivant et lui tranchèrent la tête. Il est fêté le 24 août.

Extrait de lectures médités.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 07:44

23. De la méditation de la mort

7. Insensés, sur quoi vous promettez-vous de vivre longtemps, lorsque vous n'avez pas un seul jour d'assuré ?

Combien ont été trompés et arrachés subitement de leur corps !

Combien de fois avez-vous ouï dire: Cet homme a été tué d'un coup d'épée; celui-ci s'est noyé, celui-là s'est brisé en tombant d'un lieu élevé; l'un a expiré en mangeant, l'autre en jouant; l'un a péri par le feu, un autre par le fer, un autre par la peste, un autre par la main des voleurs !

Et ainsi la fin de tous est la mort, et la vie des hommes passe comme l'ombre.

8. Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ?

Faites, faites maintenant, mon cher frère, tout ce que vous pouvez, car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni ce qui suivra pour vous la mort.

Tandis que vous en avez le temps, amassez des richesses immortelles.

Ne pensez qu'à votre salut, ne vous occupez que des choses de Dieu.

Faites-vous maintenant des amis, en honorant les saints et en imitant leurs œuvres, afin qu'arrivé au terme de cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:13

SS Pie XII écrivait : « Quand la raison éclairée par la foi cherche avec soin, piété et mesure, elle arrive, avec la grâce de Dieu, à une certaine intelligence des mystères qui lui est d'un plus grand profit, soit par analogie avec ce qu'elle connait naturellement, soit par connexion des mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme » SS Pie XII (Encyclique Myst. Corp. Christi, Juin 1943)

http://amdg.over-blog.fr/2016/06/tete-et-coeur-suite.html

Plus que jamais, soyons en contact avec nos anges gardiens.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:10

« Le gouvernement divin ne nous est pas apparu comme l'œuvre exclusive de la Cause première; c'est une collaboration, une coopération. »

Il convient à Dieu tout puissant et infiniment libéral de donner à Ses créatures, non seulement l'être, mais le pouvoir, comme Il les a Lui-même et ainsi de se les associer dans l'action comme Il se les associe dans l'être »

St-Thomas d' Aquin

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 01:34

J'ai été témoin déjà d'un étrange accident d’automobile. La roue gauche arrière d'une automobile s'est soudain détachée. Elle est partie à une vitesse folle, a dépassé la voiture qui ralentissait déjà, a viré brusquement à cause d'un caillou, a traversé une haie qui lui a imprimé un mouvement dans l'autre sens; elle a repassé sur la route, s'est faufilée entre deux arbres et a fini par un plongeon magistral dans la rivière.

Elle s’était détaché de son essieu; ça a suffit à la rendre folle, sensible à chaque obstacle, à chaque choc, revirant à droite ou à gauche avec des mouvements imprévisibles, dangereuse pour tous et courant, si j'ose dire, à sa perte. Tout cela parce qu'elle avait perdu ses boulons.

Il y a beaucoup de gens, qui sont dans la même situation que cette roue d'auto. Leur vie n'est pas fixée solidement; ils partent sur la route, sensibles à chaque obstacle, capables de revirer à droite ou à gauche sous la moindre poussée... Ils finissent quelquefois dans la rivière, ou ail­leurs, faute d'avoir centrée leur existence, sur quelque chose de solide, sur le seul Solide, qu’est Dieu.

— Oui, mais en pratique comment faire ? Je sais bien que ma vie doit être centrée sur Dieu... Mais ça fait partie des formules qui sonnent creux, parce qu'elles n'ont pas un correspondant pratique dans ma vie. J'essaye bien...

— La recette est simple, elle demande uniquement de la réflexion et de la persévérance. Tu dois vérifier régulièrement si la roue de ta vie est bien et efficacement vissée à l’essieu, pour qu'elle ne se déta­che pas en route.

Chaque jour de ta vie, prends dix minutes de ton temps, et donne à ce dix-minutes plus d'importance qu'à toute autre chose. Dix minutes sur vingt-quatre heures, c'est peu, avoue. Ce dix-minutes est tellement essentiel à ton bien spirituel qu'il doit l'emporter sur toute autre activité.

Place-le où tu voudras dans ta journée, pas trop tôt le matin parce que tu risques de dormir encore ; pas trop près du coucher, parce que tu as des chances d’être endormi. Changes-en le moment si la charité te le demande, mais ne le néglige jamais !

—Et qu'est-ce que je vais faire pendant ces "dix-minutes" ?

— Tu vas te mettre devant Dieu, et t'infuser chaque jour de l'enthousiasme pour ta mission de chrétien et d'élu.

Chaque jour tu peux méditer les 10 commandements de Dieu et retrouver quelques-unes des pensées qui t'ont emballée à la lecture de la Bible.

Ces pensées-là sont comme de belles bûches de bouleau sec. Tes retraites ont été trop sou­vent pour toi l'occasion de bourrer le poêle jusqu'à la plaque. C'a brûlé très fort, puis ça s'est éteint peu à peu, et un jour tu t'es réveillée pour ne plus trouver que les cendres de ton en­thousiasme...

— C'est vrai, ça !

— Quand tu veux que ton poêle donne une chaleur régulière, qu'il serve vraiment à chauf­fer la maison et à cuire le repas, tu remets une bûche dedans à intervalles réguliers, n'est-ce pas ? Eh bien, ton dix-minutes quotidien te permet de remettre une bûche au foyer de ton enthousiasme et de ta générosité.

Mais ce n'est pas tout : encore faut-il que cet enthousiasme ne se gaspille pas. Alors, une fois revues quelques pensées réconfortantes, demande-toi ensuite ce que Dieu attend de toi pour le jour qui vient. Sous son regard, détaille ce qui t'attend dans les vingt-quatre heures à venir, répartis d'avance ton activité entre tout ce que tu as à faire. Décide de la part que chacun aura à ton amour. Veille à ce que "Chacun en ait sa part, et que Dieu l'ait tout entier". Quand ton plan de vie paraîtra bien clair, qu'il te semblera savoir ce que Dieu attend de toi, sois prête à recevoir quelqu'autres ex­pressions de sa volonté, sous la forme des mille incidents quotidiens, imprévus, et qui mettent parfois du désordre dans tous les projets. Alors tu vivras pleinement pour vingt-quatre heures. Vois-tu maintenant comment ce petit dix-minutes fidèlement donné chaque jour peut être un pivot, un centre, un axe autour duquel ton existence tournera jour après jour sans risquer de partir comme folle, ni de revirer au moindre obstacle ?

— Je le vois. Je vais essayer. Est-ce difficile ?

— Comme je te l'ai dit, méthode et persévé­rance sont nécessaires. Mais si chaque jour tu te remets devant la magnifique mission que Dieu t'a confiée; si tu répartis le don de toi à tes de­voirs sous l'œil de Dieu; si tu sais être très con­crète, précise et fidèle, tu sentiras l'immense sécurité que ce dix-minutes aura donné à ta vie, et tu ne pourras plus y manquer.

Deux conseils pourtant. S'il t'arrive de ne trouver aucune idée, ouvre ton Évangile ou ton Missel, et lis avec attention : tu trouveras vite un aliment à ta joie et à ton enthousiasme. Mais ne manque jamais de faire le plan de ta journée, ton agenda en main si c'est nécessaire.

Il t'arrivera souvent, aussi, d'avoir d'épou­vantables distractions. Dans ce cas, prends un crayon et un morceau de papier et oblige-toi d'écrire tes réflexions. Ce moyen t'aidera à te fixer. Tu n'as pas besoin de conserver ces écrits pour l'édition de tes œuvres complètes: ils n'au­ront servi qu'à capter ton attention.

Enfin, dix-minutes d'un bloc est le minimum nécessaire. Si tu sens le besoin d'en ajouter un peu... ne te gêne pas !

Extrait de : TON MILIEU. Abbé R. E. Llewellyn (1946)

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:34

Le contrepoison

Extraits de « Térésa Higginson, servante de Dieu ». Ed. Tequi

"Notre Seigneur m'a montré comment l'homme outrage la Divine Sagesse par l'ABUS des trois puissances de son âme immortelle (intelligence, mémoire, volonté) et comment, par ses péchés, il efface en lui-même, autant qu'il le peut, l'image de Dieu en Trois Personnes, et par une folie inconcevable, s'efforce de dérober à la nature, son Dieu.

Il essaie de prouver que la matière est créatrice en elle-même; qu'il n'y a ni Dieu, ni besoin de Dieu. Il n'est donc pas besoin d'une puissance créatrice et providentielle pour donner l'existence et conserver les choses de la nature.

L'homme, par l'orgueil de l'intelligence et la perversité de la volonté, s'efforce de détrôner le Grand Éternel; Trois en Un, le Commencement et la Fin de toutes choses et de l'effacer du Ciel et de la terre.

L'infidélité (en tant que refus de croire) règne et l'homme, niant Dieu rejette toute Loi et toute contrainte contre ses passions...

L'homme obscurcit son intelligence par son incrédulité. Ôtez le soleil et vous n'aurez ni lumière, ni chaleur. Ôtez la Foi qui est la lumière de l'âme et tout est ruine et désolation.

C'est la sagesse du monde, vraie folie, qui entraîne les âmes dans l'abîme des ténèbres, l'Enfer. Il faut que Dieu obtienne réparation. Autrefois, Jésus a donné aux hommes, dont l'amour se refroidissait, Son Sacré-Cœur, comme élément réparateur et les âmes furent réchauffés. Maintenant, (non seulement l'amour s'est à nouveau refroidi) mais l'infidélité, l'orgueil intellectuel, la rébellion ouverte contre Dieu et Sa Loi révélée, l'opiniâtreté, la suffisance remplissent les esprits des hommes... d'où résultent l'égoïsme et le refus de l'obéissance à Dieu et à la Sainte Eglise.

Alors, ce même Jésus, Verbe Incarné, la Sagesse du Père, qui S'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la Croix, nous donne de nouveau un antidote, un élément qui peut réparer, répare et qui réparera en toutes manières et paiera au centuple la dette contractée envers la Justice infinie de Dieu. Oh ! Quelle expiation pourrait-on offrir pour réparer une telle offense? Qui pourrait payer une rançon suffisante pour nous sauver de l'abîme? »

Regardez, voici une Victime désignée : la Tête de Jésus, couronnée d’épines » O Sagesse du Chef Sacré, guidez-nous dans toutes nos voies. O Amour du Sacré-Cœur, consumez-nous par Votre Feu.

« A Moi, le Roi des rois, le Tout-Puissant, on offre un simulacre de sceptre. Et si tu veux Me payer de retour, tu ne peux mieux faire que de dire de Ma part à Mon serviteur E (l'évêque du lieu) que Je désire maintenant que l'on fasse connaître la dévotion dont Je t'ai si souvent entretenue. Et je désire que le premier vendredi après la fête de Mon Sacré-Cœur soit réservé comme un jour de fête en l'honneur de Mon Chef Sacré, en tant que Siège de la Divine Sagesse, et qu'une adoration publique Me soit offerte pour réparer tous les outrages et les péchés qui sont continuellement commis contre Moi.»

Il a dit aussi que vous ne vous découragiez pas des difficultés qui surviendront et des croix qui seront nombreuses. Il sera votre soutien et votre récompense sera grande. Et quiconque vous aidera à propager cette dévotion sera mille fois béni ; mais malheur à ceux qui la rejetteront ou agiront contre Mon désir à cet égard, car Je les disperserai dans Ma colère et Je ne connaîtrai plus leur place.

Mais à ceux qui M'honoreront, Je donnerai de Ma Puissance ; Je serai Leur Dieu et ils seront Mes enfants ; Je placerai Mon Signe (La croix) sur leurs fronts et Mon Sceau sur leurs lèvres. (p. 132-133). Des bénédictions sans nombre sont promises à ceux qui essaieront de répondre aux désirs de Notre-Seigneur en propageant la dévotion (51) Notre-Seigneur a dit que toutes Ses promesses relatives à ceux qui aimeraient et honoreraient dignement Son Sacré-Cœur seraient aussi le partage de ceux qui honoreraient eux-mêmes Son Chef Sacré, ou qui Le feraient honorer par d'autres.

O Tête Sacrée, que Votre Sagesse nous conduise toujours !

Que Votre Langue Sacrée nous bénisse à jamais et implore pour nous pardon et miséricorde !

Puissions-nous ne jamais entendre la malédiction prononcée contre ceux qui entraveront ou mépriseront cette dévotion Notre-Seigneur m'a fait expérimenter dimanche la souffrance que fait éprouver à Son Sacré-Cœur le désir d'établir cette dévotion comme un couronnement du culte envers son Humanité Sacrée.

Il m'a montré comment les mouvements et l'amour de Son Sacré-Cœur sont gouvernés par les puissances de Son Ame et les facultés intellectuelles, et comment le cœur, sans l'esprit, est incapable de mérite : si un homme est privé de connaissance, que peut bien faire son cœur ? Ou s'il est dépourvu de raison, quel cas faisons-nous de ses dons ou de ses œuvres ?

Je comprends que la dévotion au Sacré-Cœur elle-même est incomplète sans la dévotion à la Tête Sacrée... Notre-Seigneur m'a remis devant les yeux tout ce qu'Il m'a enseigné, touchant la dévotion au Temple de la Divine Sagesse et Son désir de Le voir honoré. Il a aussi imprimé de nouveau en moi tout ce qui se rapporte au Grand Mystère de l'incarnation et l'inséparable union qui existe entre Lui-même, le Père Éternel et le Saint-Esprit, et Il m'a fait connaître combien la Sainte Trinité est jalouse de la Beauté de Sa Maison et de la Demeure où réside Sa Gloire...

O Sagesse Infinie, Amour sans bornes, que Vos Voies sont impénétrables !

O Seigneur, faites connaître combien Vous désirez que Votre Chef Sacré soit honoré comme le «Temple de la Divine Sagesse» et que Votre Sainte Ame, triste jusqu'à la mort, soit consolée. Insufflez Vos plaintes, ô Seigneur mon Dieu, dans une âme qui ait puissance pour agir. Levez-Vous et montrez que Vous êtes le Dieu tout-puissant. Faites connaître le désir brûlant de Votre Sacré-Cœur.

Hâtez-vous, Seigneur, pour Votre Propre Gloire. Ne différez pas ainsi, je Vous en conjure par Votre Très Précieux Sang et par Votre Amère Passion !"

http://amdg.over-blog.fr/2016/06/le-contre-poison.html

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 10:01

Tous ses dons sont aussi « unitifs ». — C'est aussi le but de chacun de ses dons. Jusqu'ici je n'ai peut-être vu dans les innombrables bien­faits de Dieu à mon égard que les marques d'une libéralité royale ou d'un amour d'amitié: mon corps, mon âme avec ses belles facultés, et sur­tout la grâce qui l'illumine, les mille créatures qui m'entourent, le don de parents pieux, le bienfait d'une éducation chrétienne, la voca­tion à l'état sacerdotal et religieux, tout cela peut-être m'est apparu comme des dons de ce grand bienfaiteur et ami qu'est Dieu.

Mais ces dons, vus dans leur vrai jour, sont infiniment plus beaux, plus touchants. Ce sont des dons de l'amour unitif du Bon Dieu. Ce sont les cadeaux sertis de perles fines et de diamants, qu'il me fait sans cesse pour gagner peu à peu mon cœur, pour le conquérir entièrement, non pas comme un ami gagne le cœur de son ami, mais pour le gagner en vue de l'union parfaite et l'enchaîner par les liens de son amour unitif, un amour incomparable dont l'amour des époux ici-bas n'est que la très pâle et profane image. « Je t'épouserai dans la foi (Osée, II, 20.). » Et quels dons, quels cadeaux son amour unitif nous fait ! Il y a d'abord les mille bienfaits de l'ordre naturel. L'univers entier est un don qu'il me fait à moi ! Il crée l'univers pour moi ! Toutes les créatures qui m'entourent sont pensées par lui et créées par amour pour moi, et pour me dire, me chanter son amour. Les fleurs qui me charment par leur parure plus belle que les vêtements du roi Salomon, les .fruits qui me délectent par leur saveur, les animaux qui me tiennent compagnies ou m'aident dans mes travaux, tout me dit son amoureuse bonté, car tout est à chaque instant pensé et créé par mon Bien-Aimé, pour me manifester son amour et gagner à lui mon cœur. Même l'immense soleil, qui éclaire et vivifie tout, est créé pour moi, pour mon bonheur, aussi bien que ces millions de soleils que sont les étoiles. Toute cette création magnifique et continuelle, cette féerie de l'univers pensé et créé par Dieu à chaque instant, est l'œuvre d'amour du Dieu infiniment grand, qui a un étrange désir de l'amour de sa petite créature.

Oh ! Pensée enchanteresse ! Par amour pour moi, il fait continuellement surgir du néant, comme sous la baguette magique d'une fée, tout ce monde matériel dont je fais partie.

Et pourtant, les dons de l'ordre surnaturel sont plus beaux encore et vraiment ineffables: afin de nous sauver, de me sauver de l'enfer, il se fait homme pour moi. Éternel il prend un commencement, spirituel et impassible il se fait chair et passible, immense il se fait petit-enfant. Il vit pour moi une vie de souffrance et d'oubli de soi, jamais égalée. Il meurt pour moi: sur le Calvaire, pour me montrer l'immensité de-son amour et me forcer vraiment à l'aimer en tout. Le drame de la Croix est un moyen: désespéré pour me faire croire à son amour, me-subjuguer, me conquérir. Il semble que ce doive; être le dernier.

Mais non ! Son amour n'est pas lié par nos impossibilités. Il ressuscite, et toujours en proie à son désir de nous montrer son amour, il se donne encore à moi dans l'eucharistie. Son amour toujours inventif a trouvé cet étrange moyen de franchir les deux mille ans qui le séparaient de moi. Dans l'eucharistie il revient pour moi sur la terre, il s'immole pour moi, et vient me visiter en personne, lui, le grand thau­maturge de la Galilée, du temps d'Hérode et de Pilate. Le voilà dans mon cœur. Il m'embrasse, m'étreint ineffablement. L'eucharistie c'est la visite quotidienne du Bien-Aimé à l'âme qu'il aime.

Il semble que rien ne soit possible au delà. Jésus, Homme-Dieu, venu dans mon cœur, présent en moi ! N'est-ce pas, enfin, l'union et comme la fusion de l'âme et de Jésus-Eucharis­tie ? Ce n'est pas un simple embrassement de deux amis, de deux époux qui restent absolu­ment extérieurs l'un à l'autre. L'embrassement de Jésus-Eucharistie et de l'âme aimante est une étreinte autrement intime, une union autrement unifiante. Jésus se fait manger par moi, il entre en moi, il s'incorpore en quelque sorte en moi.

Et pourtant non, tout cela ne saurait satisfaire l'amour insatiable de Dieu. Il veut aussi l'union intime de deux âmes, de deux vies. Il veut que sa vie et ma vie s'enlacent mystérieusement. Il veut une identification à lui. Il sait que l'union parfaite, l'union telle qu'un Dieu peut seul la vouloir et qu'un mortel ne pourrait l'imaginer, demande d'abord une assimilation parfaite. L'infinie beauté et la laideur sans nom ne sau­raient s'unir. Il aurait beau me montrer son amour de mille façons merveilleuses, il faut qu'il me change, qu'il me hausse jusqu'à lui-même et me divinise.

Déjà il l'a fait en me faisant participer à la nature divine par la faveur insigne de la grâce sanctifiante. Il m'a baigné dans le sang précieux de son fils pour me laver et me purifier de la lèpre du péché. Il m'a élevé et surélevé incroya­blement au-dessus de ma condition de pure créature. Il a revêtu mon âme d'une beauté ravissante, insoupçonnée, qui la rend aimable à ses yeux et digne de lui.

Mais il veut plus. Je suis loin encore du degré de divinisation requis pour l'union éternelle qu'il me destine. Il travaille donc chaque jour, par mille grâces actuelles, à rendre mon âme plus belle encore, plus digne de lui, mon divin fiancé. Il renouvelle chaque jour, si je veux, sa visite dans mon âme et chaque visite m'apporte de nouveaux joyaux, dons de son amour. Il tra­vaille sans relâche à me purifier de toute tache d'amour-propre, de toute souillure de sotte confiance en moi-même. Les mille détails, dont l'enchevêtrement incessant fait le tissu de ma vie, sont disposés par son amoureuse sagesse de façon à me transformer d'avantage en lui. Consolations, désolations se succèdent. Il me captive par ses charmes, puis s'absente pour se faire mieux désirer ensuite.

Peut-être déjà m'a-t-il fait passer par la « nuit mystique des sens » et s'est-il plu à épa­nouir en moi l'action des dons de son divin Esprit. Et bientôt, si je suis généreux, il me demandera la fidélité suprême dans la « nuit de l'esprit », cette épreuve finale qui doit me rendre plus parfaitement semblable à lui et digne de ses complaisances. Alors enfin il m'introduira dans le cellier de son amour et m'enivrera du vin de l'amour parfait en ce jour des épousailles divines et de l'union transformante.

Voilà une très pâle et très froide ébauche des dons merveilleux par lesquels l'amour infini s'efforce de travailler à mon union avec lui et de conquérir mon cœur.

Extrait de : CONFIANCE – Méditation Paul De Jaegher, S.J. (1935)

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