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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 07:38

TESTAMENT de JÉSUS-CHRIST, notre SAUVEUR…

Le Seigneur attaché à la croix disposa de ces biens éternels, faisant connaître ceux à qui ils devaient ap­partenir et qui devaient être ses légitimes héritiers, et ceux qu'il déshéritait, ainsi que les causes de la diffé­rence de leur sort. Il s'entretint de tout cela avec son Père éternel, comme souverain Seigneur et très juste juge de toutes les créatures, car les secrets de la prédesti­nation des saints et de la réprobation des impénitents ëtaient renfermés dans ce Testament, qui fut fermé et ca­cheté pour les hommes. Seule, la bienheureuse Marie eut le privilège de l'entendre, parce que non seulement elle pénétrait toutes les opérations de 1'âme très sainte de Jésus-Christ, mais elle était encore son héritière uni­verselle, constituée la maîtresse de tout ce qui est créé. Coadjutrice de la rédemption, elle devait être aussi l'exécutrice testamentaire qui présiderait à l'accomplis­sement des volontés de ce Fils, qui mit toutes choses en­tre les mains de sa Mère, comme le Père éternel les avait mises entres les siennes (Jean: XIII;3), et en cette qua­lité, elle devait être chargée de distribuer les trésors acquis par son Fils et lui appartenant, tant à raison de son titre que de ses mérites infinis. Cette connaissance m'a été donnée comme faisant partie de cette histoire, afin de faire mieux ressortir la dignité de notre auguste Reine, et que les pécheurs recourent à elle comme à la dépositaire des richesses, dont son Fils, notre Rédemp­teur, veut rendre compte à son Père éternel: car tous nos secours doivent être tirés du dépôt de la très pure Marie et c'est elle qui doit les distribuer de ses mains chari­tables et libérales.

Après que la sainte croix eut été dressée sur le Calvaire, le Verbe incarné qui y était attaché, dit inté­rieurement à son Père, avant de prononcer aucune des Sept paroles: "Mon Père, Dieu éternel, je vous glorifie de cette croix où je suis, et je vous honore par le sacrifi­ce de mes douleurs, de ma passion et de ma mort, vous bé­nissant de ce que par l'union hypostatique de la nature  divine, vous avez élevé mon humanité à la suprême dignité de Christ, Dieu et homme, oint par votre Divinité même. Je vous glorifie pour la plénitude de tous les dons pos­sibles de grâce et de gloire que vous avez communiqués à mon humanité des l'instant de mon incarnation; et je re­connais que vous m'avez donné des ce moment l'empire uni­versel sur toutes les créatures dans l'ordre de la grâce et de la nature pour toute l'éternité (Math.: XXVIII;18); que vous m'avez établi Maître des ci eux et des éléments, du soleil, de la lune, des étoiles, du feu, de l'air, des mers, de la terre, et de toutes les créatures sensibles et insensibles qui s'y trouvent; de la révolution des siècles, des jours et des nuits, soumettant tout à mon pouvoir absolu; que vous m'avez fait le Chef, le Roi et le Seigneur des anges et des hommes, pour les gouverner et pour récompenser les bons et punir les méchants (ephés.:I;21-Jean:V;22); qu'à cet effet vous m'avez donné la toute puissance et les clefs de l'abîme (Apoc. : XX;1), depuis les hauteurs du ciel jusque dans les profondeurs des enfers; que vous avez remis entre mes mains la justi­fication éternelle des hommes, leurs empires, leurs roy­aumes et leurs principautés, les grands et les petits, les pauvres et les riches, et tous ceux qui sont capables de votre grâce et de votre gloire; enfin, que vous m'avez établi le Justificateur, le Rédempteur et le Glorificateur universel de tout le genre humain (I Cor.:l;30), le Seigneur de la mort et de la vie, de tous ceux qui sont nés, de la sainte Eglise et de ses trésors, des Écritures, des mystères, des sacrements, des secours, des lois, et des dons de la grâce: vous avez remis, mon Père, toutes choses entre mes mains (Jean: XIII ;3), et les avez subor­données à ma volonté, et c'est pour cela que je vous exalte, que je vous glorifie.

"Maintenant, Père éternel, que je sors de ce monde pour m'en aller à votre droite par la mort que je vais souffrir sur la croix, et que j'ai accompli par elle et par ma passion la rédemption des hommes que vous m'avez confiée, je demande, mon Dieu, que cette croix soit le tribunal de notre justice et de notre miséricorde. Je veux juger, pendant que j'y suis attaché, ceux pour qui je donne la vie. Et justifiant ma cause, je veux disposer des trésors de mon avènement au monde, de ma passion et de ma mort; afin de déterminer dès maintenant ce qui est dû aux justes ou aux réprouvés, à chacun selon les œuvres par lesquelles il m'aura témoigné son amour ou son mépris. J'ai cherché, Seigneur, tous les hommes, je les ai tous appelés a mon amitié et à ma grâce, et j'ai tra­vaillé sans cesse pour eux dès l'instant que j'ai pris chair humaine; j'ai souffert toutes sortes de peines, de fatigues, d'injures, d'opprobres; j'ai subi une flagella­tion ignomineuse, et ai porté la couronne d'épines; enfin je vais mourir de la mort cruelle de la croix; j'ai im­ploré votre miséricorde infinie pour tous; je vous ai sollicité en faveur de tous par mes veilles, par mes jeûnes et par mes travaux; je leur ai enseigné le chemin de la vie éternelle; et autant que cela peut dépendre de ma volonté, je veux l'accorder à tous, comme je l'ai mérité pour tous, sans en excepter ni en exclure aucun; c'est pour tous que j'ai établi la loi de grâce; et l'Eglise, dans le sein de laquelle ils pourront se sauver, durera toujours, sans que personne puisse l'ébranler.

"Mais nous connaissons, mon Père, par notre prescien­ce, que par leur malice et leur dureté tous les hommes ne veulent pas recevoir notre salut éternel, ni se préva­loir de notre miséricorde, ni marcher dans le chemin que je leur ai frayé par ma vie, par mes œuvres et par ma mort; mais qu'ils veulent arriver, par les voies de l'i­niquité, jusqu'à la damnation. Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont très équitables (Ps. : CXVIII;137) ; il est juste aussi, puisque vous m'avez établi juge des vivants et des morts (Act.: X ;42), des bons et des mé­chants, que je décerne aux justes la récompense qu'ils ont méritée en me servant et m’imitant, et que j'inflige aux pécheurs le châtiment de leur obstination perverse: que ceux-là aient part avec moi a mes biens, et que ceux-ci soient privés de mon héritage, qu'ils n'ont pas voulu ac­cepter. Or, mon Père éternel, en votre nom et au mien, et pour vous rendre gloire, je vais faire les dernières dis­positions de ma volonté humaine, qui est conforme à votre volonté éternelle et divine. Je veux en premier lieu nom­mer ma très pure Mère qui m'a donné 1'être humain, et la constituer mon héritière unique et universelle de tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire qui m'appartiennent, afin qu'elle en soit la maîtresse avec un plein pouvoir; je lui accorde actuellement tous ceux de la grâce, qu'elle peut recevoir dans sa condition de simple créature, et je lui promets ceux de la gloire dans l'avenir. Je veux aussi qu'elle soit maîtresse des anges et des hommes; qu'elle ait sur eux un empire absolu, que tous lui obéissent et la servent, que les démons la crai­gnent et lui soient assujettis, et que toutes les créatu­res privées de raison et de sentiment lui soient soumises, les cieux, les étoiles, les planètes, les éléments et tous les êtres vivants, oiseaux, poissons et animaux que l'univers contient: je la rends maîtresse de tout, et veux que tous la sanctifient et l'exaltent avec moi. Je veux encore qu'elle soit la dépositaire et la dispensa­trice de tous les biens que les cieux et la terre renfer­ment. Ce qu'elle ordonnera et disposera dans l'Eglise, à l'égard des hommes mes enfants, sera confirmé dans le ciel par les trois Personnes divines, et nous accorderons selon sa volonté tout ce qu'elle demandera pour les mor­tels, maintenant et toujours.

"Je déclare que le suprême ciel appartient aux anges, qui ont obéi à votre sainte et juste volonté, afin qu'il soit leur demeure propre et éternelle; et que là leur ap­partiennent également la jouissance et la claire vision de notre Divinité. Je veux qu'ils en jouissent d'une pos­session éternelle, en notre amitié et en notre compagnie. Je leur prescris de reconnaître ma Mère pour leur Reine et leur Maîtresse légitime, de la servir, de l'accompa­gner, de l'assister en tout lieu et en tout temps, et de lui obéir en tout ce qu'elle voudra leur commander. Quant aux démons qui ont été rebelles à notre parfaite et sain­te volonté, je les bannis de notre vue et de notre compa­gnie; je les condamne de nouveau à notre indignation et à la privation éternelle de notre amitié et de notre gloi­re, et de la vue de ma Mère, des saints et des justes mes amis. Je leur assigne pour demeure perpétuelle l'enfer, qui est le centre de la terre, et le lieu le plus éloigné de notre trône céleste, où ils seront privés de la lumiè­re, et dans l'horreur des ténèbres palpables (Jud.:6). Et je déclare que c'est là la part d'héritage qu'ils ont choisie par leur obstination et par leur orgueil, en s'é­levant contre l'Être divin et contre ses ordres: et je les condamne à être tourmentés dans ces antres ténébreux par un feu éternel qui ne s'éteindra jamais.

"Par toute la plénitude de ma volonté, j'appelle, je choisis, et je tire de la nature humaine entière tous les justes et tous les prédestinés qui, par ma grâce et par mon imitation, doivent être sauvés en accomplissant ma volonté et observant ma sainte loi. Ce sont ceux que je nomme en premier lieu (après ma bienheureuse Mère) les héritiers de toutes mes promesses, de mes mystères, de mes bénédictions, des trésors de mes sacrements, des se­crets de mes Écritures, de mon humilité, de ma douceur, des vertus de foi, d'espérance et de charité, de pruden­ce, de justice, de force et de tempérance, de mes dons, de mes faveurs, de ma croix, de mes souffrances, de mes opprobres, de mes humiliations et de ma pauvreté. Ce sera là leur partage en la vie passagère. Et comme ils en doi­vent faire eux-mêmes le choix par leurs bonnes œuvres, afin qu'ils le fassent avec joie, je le leur destine en gage de mon amitié, parce que je l'ai choisi pour moi-mê­me. Je leur promets ma protection, mes aspirations, mes faveurs, mes secours, mes dons, et la justification, se­lon leur disposition et leur amour; car je serai pour eux un père, un frère, un ami (II Cor.: VI; l8), et ils seront mes enfants, mes élus et mes bien-aimées: et comme tels, je les institue légataires de tous mes mérites et de tous mes trésors sans aucune réserve de ma part. Je veux qu'ils obtiennent de ma sainte Eglise et puisent dans mes sacrements tout ce qu'ils se rendront capables de rece­voir; qu'ils puissent recouvrer la grâce s'ils la perdent, et regagner mon amitié en se baignant et se purifiant de plus en plus dans mon sang; que l'intercession de ma Mère et de mes saints leur serve dans tous leurs besoins; qu'elle les adopte pour ses enfants et les protège comme siens; que mes anges les gardent, les conduisent et les défendent; qu'ils les portent dans leurs mains, de peur qu'ils ne trébuchent, et en cas de chute, qu'ils les ai­dent à se relever (Ps.: XC; 11 et 12).

"Je veux que mes justes et mes élus dominent sur les réprouvés et sur les démons, et que mes ennemis les crai­gnent et leur soient assujettis; que toutes les créatures les servent; que les cieux, les planètes, les étoiles et leurs influences les conservent; que la terre, les élé­ments, tous les animaux et toutes les autres créatures, qui sont à moi et qui me servent, les entretiennent comme mes enfants et mes amis, et que leur bénédiction soit dans la rosée du ciel et dans la graisse de la terre (Ichor.: III;22-Sap.: XVI;24;-Gen.: XXVII;39). Je veux moi-même

prendre mes délices au milieu d'eux (Prov.: VIII;31), leur communiquer mes secrets, conserver intimement et demeurer avec eux dans l'Eglise militante sous les espèces du pain et du vin, en gage infaillible de la félicite et de la gloire éternelles que je leur promets, et dont je les fais héritiers, afin qu'ils en jouissent 3 jamais avec moi dans le ciel d'une possession inamissible.

"Quant à ceux que notre volonté rejette et réprouve (bien qu'ils fussent créés pour une plus haute fin), je consens à leur attribuer comme leur partage en cette vie passagère, la concupiscence de la chair et des yeux, l'orgueil et tous ses effets (Jean: ll;l6) ; je permets qu'ils se rassasient de la poussière de la terre, c'est-à-dire de ses richesses, des vapeurs et de la corruption de la chair, de ses plaisirs, des vanités et des pompes mondaines. Pour en acquérir la possession, ils n'ont ces­sé d'employer tous les efforts de leur volonté; ils y ont appliqué leurs sens, leurs facultés, les dons et les bienfaits que nous leur avons accordés; et ils ont eux-mêmes choisi volontairement l'erreur et rejeté la vérité que je leur ai enseignée dans ma sainte loi (Rom.: II;8-Ps.: IV;3). Ils ont renoncé à celle que j'ai écrite dans leur propre coeur, et à celle que ma grâce leur a inspi­rée; ils ont méprisé ma doctrine et mes bienfaits; ils se sont associés avec mes ennemis et les leurs; ils ont ac­cueilli leurs mensonges et aimé la vanité; ils se sont plus aux injustices, à la vengeance et aux projets de l'ambition; ils n'ont cessé de persécuter les pauvres, d'humilier les justes, de railler les simples et les in­nocents; ils ont cherché leur propre gloire et aspiré à s'élever au-dessus des cèdres du Liban (Ps.: XXXVI;35) dans la loi de l'iniquité qu'ils ont observée.

"Comme ils ont fait tout cela en dépit de notre bonté divine, qu'ils ont persisté dans leur malice opiniâtre et renoncé au droit d'enfants que je leur ai acquis, je les déshérite de mon amitié et de ma gloire. Et ainsi qu'Abraham éloigna de lui les enfants des esclaves avec quel­ques présents, et réserva tout son bien pour Isaac, fils de Sara, qui était né libre (Gen.: XXV;5), de même j'ex­clus les réprouvés de mon héritage avec les biens passa­gers et terrestres qu'ils ont eux-mêmes choisis. Et en les repoussant de notre compagnie, de celle de ma Mère, des anges et des saints, je les condamne aux abîmes et au feu éternel de l'enfer où ils seront en la compagnie de Lucifer et de ses démons, auxquels ils se sont volontai­rement assujettis, et je les prive pour notre éternité de l'espérance du remède. C'est là, mon Père, la sentence que je prononce comme juge et comme chef (Ephes.: IV;l5-Colos.: II, 10) des hommes et des anges, et le testament que je fais au moment de ma mort pour régler l'effet de la rédemption du genre humain, rendant à chacun ce qui lui est dû en justice selon les œuvres ( II Tim.: IV;8), et conformément au décret de votre sagesse incompréhen­sible et de votre justice très équitable."

Ainsi parla notre Sauveur crucifié à son Père éternel, et ce mystère fut caché et gardé dans le coeur de la bienheureuse Marie, comme un testament secret et scellé, afin qu'il fût exécuté en temps et lieu, et dès lors même dans l'Eglise par son intercession, comme il l'avait été précédemment par la prescience divine, dans laquelle le passé et l'avenir sont également présents.

(Extrait de LA CITE MYSTIQUE DE DIEU par la vénérable Mère Marie de Jésus d'Agréda, tome V, pp. 178 à 188.1857.)

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:24

    Alors il le leur livra pour être crucifié…           

Rien n'est plus grand en Jésus que son sacrifice. Il l'a consommé en ce jour et le renouvelle sans fin. C'est sur la croix que s'est réalisée finalement la prophétie de Siméon, qu'il serait un signe de contradiction. Tout est contra­diction dans le Christ : incréé et créé, Dieu et homme, tout et néant, infini et fini, éternel et mortel. Le grand drame qui termine sa vie, met en relief, entre autres, trois antithèses douloureuses : 1° Douceur et cruauté, 2° Humilité et orgueil, 3° Amour et haine.

1° Douceur et cruauté. — II était « doux et humble de cœur », il avait supporté avec une inaltérable patience toutes les oppositions, les persécutions, les grossièretés qui lui venaient de toutes parts. Dès qu'il fut arrêté par la cohorte aux ordres de Judas, il n'ouvrit pas la bouche pour se plaindre, il ne fit pas un geste d'impatience, il se laissa faire. Cette attitude, loin de toucher ou de décon­certer ses bourreaux, ne fit que les exaspérer, les exciter, et pousser à l'extrême leur brutalité. Il est garrotté, roué de coups, frappé comme une bête de somme.

On n'évoque pas sans frémir les scènes de la flagellation, du couronnement d'épines, du portement de croix, de l'arrachement de ses habits sur le Calvaire, de la cruci­fixion. Des animaux féroces attaquent leur proie, la tuent et la dévorent ; ils ne la torturent pas. Les bourreaux de Jésus ne se sont pas bornés à le tuer, ils ont pris plaisir auparavant à le faire souffrir.

O doux Sauveur, ils sont cruels pour vous les pécheurs, et vous demeurez pour eux plein de douceur. Je veux travailler à les convertir, afin de diminuer votre martyre.

2° Humilité et orgueil. — Puisqu'il est au fond de tout péché, l'orgueil est l'unique cause de la Passion où il apparaît infernal dans les auteurs du grand drame. Orgueil des pharisiens qui ne veulent pas avoir tort ; orgueil des prêtres qui s'érigent en juges du Prêtre éternel ; orgueil d'Hérode qui veut voir des signes et méprise l'adorable Jésus ; orgueil de Pilate qui ose condamner à mort le Maître de la vie. En face de ces forcenés, le Sauveur est humilié et humble d'impressionnante façon. Il est souffleté par un valet devant Caïphe ; il est conduit à un roi immonde et se tait en sa présence ; devant toute la foule il est mis sur le même pied qu'un infâme malfaiteur; on tourne en dérision sa royauté ; finalement condamné à mort, il est crucifié, supplice des esclaves, avec deux bandits. Peut-il descendre plus bas dans l'effondrement de tout ce qui est l'honneur, la dignité d'un homme ? Et il a ainsi voulu, pour expier nos orgueils fous.

O humble Maître, « rendez mon cœur semblable au vôtre». A vous voir si humilié j'ai honte de mon amour propre, de mes suffisances, de ma sottise. Je m'anéantis devant vous.

3° Amour et haine. — Parce qu'il est Dieu, « charité », il a apporté ici-bas l'amour infini. Puisqu'il est homme, il aime d'ineffable amour humain ceux qu'il venait sauver. Délicat, généreux,  bon, même pour ses ennemis, même pour Judas auquel il ne dit que ce mot : Mon ami !... Il n'a adressé au pauvre Pierre renégat qu'un regard doulou­reux. Sur la croix, il a promis le paradis au larron pénitent, il a prié pour ses bourreaux. Pour lui, loin de désarmer la haine, son amour la fait, monter. Plus se déroule la scène terrible, plus se multiplient les blasphèmes, les cris sau­vages, les malédictions ignobles. Ce mystère de la haine répondant à l'amour durera jusqu'à la fin des siècles ; il se multiplie par les communions sacrilèges : pourquoi me frappez-vous ? murmure au fond d'une âme qui en  est coupable,  le  doux Agneau  divin.  La haine  contre  amour, c'est, hélas  l'enfer éternel !

O bon Jésus, je veux vous aimer de tout mon cœur, en esprit de justice, en esprit de réparation ; je travaillerai à exciter en ceux qui m'entourent la foi de saint Jean : « Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous. » (1 Joan., 4, 16).

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 08:32

Faites ceci en mémoire de moi…                            

Au moment où Jésus a dit ces paroles créatrices du pouvoir de consacrer qu'il donnait à ses apôtres, il portait en son Cœur les prêtres et les communiants de tous les temps. Nous y étions, et ce jeudi-saint est le vrai jour anniversaire de notre invitation au Saint-Sacrifice de la Messe et à la Sainte-Table. La messe doit être le centre de notre vie. Rien ne nous aidera mieux à « ressusciter la grâce qui est en nous », que d'en méditer les trois actes essentiels : 1° L'oblation, 2° La consécration, 3° La communion.

L'oblation. — Quel en est le sens ? Remarquons, d'abord, son importance, puisque d'après la locution cou­rante : « offrir le saint Sacrifice », elle semblerait être principale dans le geste sacré. Et pourtant, on ne peut rien offrir à Dieu souverain maître de tout.

N'oublions pas que, s'il a créé, c'est pour l'homme, afin que, celui-ci, utilisant les créatures, par elles aille à leur Créateur, et qu'elles, à leur tour, aillent à leur Créateur par lui. Or, le péché l'arrête à elles, les arrête à lui. En les offrant, il les rapporte à leur Maître essentiel dont ainsi il reconnaît le domaine absolu. On peut donc dire que l'oblation est une sorte d'adoration initiale, un acte de haute justice.

De là il découle donc que la volonté de l'offrant doit être en harmonie parfaite avec Celui auquel il offre. A la messe, l'hostie offerte est Jésus, dans l'âme duquel sont toutes les âmes créées ; elles s'offrent par lui, il les offre avec lui. Prenons conscience de la parfaite pureté qu'exige de nous ce premier acte sacrificiel, en union avec le prêtre.

O mon Dieu, puisque je viens chaque matin à l'offer­toire reconnaître que tout est à vous, ma volonté ne doit pas être en désaccord avec la vôtre. Aussi, je vous dis du fond de l'âme : « Recevez Seigneur toute ma liberté. »

Consécration. — Offerte, et ainsi marquée d'un sceau distinctif, l'hostie sera consacrée. De la sorte sera

consommée l'adoration commencée par l'oblation. On ne peut, en effet, dépasser la mort dans la reconnaissance de la souveraineté divine. La victime qui exhale son dernier souffle dit à Dieu équivalemment : «Vous êtes, je ne suis pas. Vous avez seul le droit de vivre, je n'ai que celui de disparaître ». Sur la croix, le Christ a rendu témoignage total, absolu, du tout de son Père, du rien de son humanité à lui. Comme il, était « le premier né d'un grand nombre de frères » (Rom., 8, 29), l'humanité entière était en lui anéantie devant l'Eternel et lui ren­dait l'hommage définitif. Ce qui se continue à la messe, où Jésus est le même, et dans la même attitude intime, qu'au Calvaire.

O mon Dieu, faites que je ne l'oublie pas : le prêtre, à la sainte Messe, invite tous les fidèles à s'unir à lui et à Jésus souverain Prêtre. La ligne droite de ma vie intègre, et votre Providence, pourvoient à mon immo­lation en union à Jésus victime ; je ne m'y soustrairai pas.

Communion.  — Le péché a séparé l'homme de Dieu. L'oblation, la consécration ont pris le contre-pied de ce péché et comblé l'abîme qu'il avait creusé : « La jus­tice et la paix s'embrasseront» (Ps., 84, 11) ; rien ne s'op­pose plus au rapprochement, et voilà la floraison du sacri­fice : la communion, la « commune union ». Elle existait symbolique  dans  les  anciens  sacrifices  où  trois  parts étaient faites de la victime : l'une pour l'holocauste, l'autre pour le prêtre, la troisième pour l'offrant. Elle est réelle à la messe : Jésus réalise d'ineffable manière son vœu : « Moi en vous et vous en moi ».

La joie de nos aurores c'est notre communion de chaque matin, où dans un cœur à cœur réel nous prenons contact avec le divin Ami, pour aller de conserve au labeur quo­tidien.

O Jésus, je conclus facilement à la portée morale de ce troisième geste sacrificiel : « qui s'assemblent, se ressem­blent ». Pour « m'assembler » à vous, il faut que je vous ressemble. Je ferai tous nies efforts pour vous suivre : « Vous nous avez donné l’exemple pour que nous vous imitions. » (Joan., 13, 15).

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 11:39

    

Parce qu'il représentait l'humanité devant son Père, c'est devant celui-ci surtout que, durant sa passion, le Christ devait être humilié : « Il s'est humilie lui-même se faisant obéissant « (Phil., 2, 8), il en avait reçu l'ordre et il l'accomplit en sa vie entière, mais spécialement : 1° A Gethsémani, 2° Au Calvaire,

A Gethsémani. — Répondant de l'humanité, il paraît devant son Père, chargé de toutes les iniquités du monde. C'est sa première humiliation, lui « le Fils des complaisances », d'être comme « le péché » aux pieds du Dieu saint : « Lui qui ne connaissait pas le péché, il l'a fait devenir péché pour nous. » (2 Cor., 5, 21). Il sait le dégoût, la répulsion de son Père en présence des crimes humains, et de la chair et de l'esprit ; il les représente, bouc émissaire du peuple. Aussi, il est lui-même rempli, d'amertume.

Seconde humiliation, l'affolement, pour ainsi dire, de son intelligence. Le calice à boire est si douloureux qu'il en demande l'éloignement, mais apparemment sans savoir, « si c'est possible » ; il semble ignorer si c'est possible, lui, qui disait : « Mon Père et moi nous sommes un. »

Troisième humiliation, l'hésitation de sa volonté, il a peur des supplices, de la mort qu'il entrevoit, à ce point que, s'y résignant, il en sue du sang.

Quatrième humiliation, le silence de son Père en écho à sa triple supplication, « si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! » ; rien ne lui répond, et pourtant, naguère, il s'écriait heureux : « Père je savais bien que vous m'exau­cez toujours ! » (Joan., 11, 42). Tout est changé, il n'est plus maintenant qu'une pauvre victime qui va être immolée. Il se sent mourir, « mon âme est triste jusqu'à la mort ». Effondré devant son Père, ayant touché le fond de l'abîme, il avoue n'en plus pouvoir : «Mon cœur m'a­bandonne » (Ps., 39, 13).

O Jésus, tant humilié à Gethsémani, n'agonisez-vous pas dans bien des cœurs, en bien des tabernacles, ici et là dans l'abandon et le mépris. Je m'attendris sur vos dou­leurs et j'y veux compatir par un amour plus attentif, fidèle et généreux.

Au Calvaire. — C'est bien là l'extrême humiliation. Tout fait naufrage autour de lui ; les méchants triomphent, ils insultent à sa personnalité humaine, à son sacerdoce, à sa royauté, ils narguent sa divinité : « Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la croix. » Aurait-il pu donner plus -au salut des âmes, à la gloire de son Père ? Son consummatuni est affirmera que c'était impossible. Il semblait dès lors, qu'à ce moment du suprême sacrifice, le ciel eût dû lui sourire et l'encourager. Il n'en est rien. Que se passe-t-il d'effrayant en son âme ? C'est un mystère, ce dût être inexprimable. Tout à l'heure au Jardin des Oliviers il avait encore appelé Dieu, son Père, maintenant sur la croix il n'ose plus et de sa poitrine haletante sort ce cri poignant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?» Il a comme la sensation que son Père l'abandonne, qu'il n'est plus son Fils, et il lui dit : mon Dieu !

O Jésus, l'indicible supplice, la formidable humiliation : être délaissé par Dieu ! C'est l'impression horrible du damné, qui, toute l'éternité, en est au désespoir. Vous n'avez pas désespéré, mais que vous avez souffert ! Qu'est-ce qui m'attend au moment de ma mort ? ? ?

Ayez pitié de moi, Sauveur adorable : « Soyez mon soutien, ne m'abandonnez pas ! » (Ps., 26, 9). Je vous le dis pour aujourd'hui, je vous le dis pour l'heure suprême.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:51

Jésus est venu sauver tous les hommes, pour tous il souffrira. Navrante est la prophétie d'Isaïe : « J'ai été seul à fouler au pressoir et parmi les peuples personne n'a été avec moi. » (Isaïe, 63, 3). Du monde entier personne n'est pour lui. Devant tous, par tous, il est humilié ; qu'il s'agisse des petits, des grands, des indifférents, des ennemis, des amis.

Les petits. — C'est le peuple, celui qui l'a acclamé i il y a quelques jours, celui 'qui fut par lui comblé de bien­faits, celui qui l'a vu inépuisablement bon, celui dont il i faisait partie,  puisqu'il  était  «ouvrier et fils d'ouvrier» (Matt., 13, 55). Le voici ce peuple, rassemblé devant le balcon où Pilate amène   Jésus et Barrabas, « qui était prisonnier avec les séditieux ses complices pour un meurtre qu'ils  avaient commis. »  (Marc.,   15,   7). Il  a  à  choisir : « Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ? » (Marc., 15, 9) et nous entendons, en frémissant, l'ignoble clameur : Enlevez-le, Crucifiez-le !   Le   pauvre   Jésus,   honteux   et tremblant   courbe  les   épaules sous les  vociférations  de son peuple.

Il a vu, tout au long des siècles, des foules subornées par leurs meneurs impies, le blasphémer, le poursuivre haineusement !

Les grands. — Lui, le Maître souverain, paraît au tribunal des hommes. Tous les empires viennent de lui, et Pilate le juge. Les prêtres sont consacrés en son nom, et les princes des prêtres le citent à leur barre, l'accusant, lui Dieu, de blasphème, d'insulte contre le Temple. Il est le Roi des anges, la pureté des vierges, et on l'amène pour subir ses moqueries devant le sanguinaire et incestueux Hérode.

Il a vu, tout au long des siècles, les législateurs sacrilèges, les puissants du monde persécuteurs, le mensonge, la calomnie essayer de le salir et de le vilipender en son Église, en ses prêtres, en ses religieux. « Or, Jésus se taisait. » (Matt., 26, 63). Comme il est humilié !

3° Les indifférents. — A Jérusalem, pour les fêtes de Pâques, on ne connaît plus le nombre des étrangers, tant il est grand. La plupart ont entendu des cris, peut-être vu passer le cortège qui accompagnait le condamné, nul n'a réagi ; spectacle comme un autre, personne ne s'at­tendrit ; les brutes qui conduisent la victime doivent forcer Simon de Cyrène à l'aider quelque temps à porter sa croix.

Il a vu, tout au long des siècles, la foule des baptisés, même de ceux qui ont fait leur communion solennelle et pour qui il n'est plus rien, à peine un souvenir, un nom ! ! !

4° Les ennemis. — Jusque-là il les avait tenus en respect, -sous la domination de la puissance qui émanait de lui ; nul n'avait osé le toucher ; quand ils voulaient le jeter en bas du rocher, il était passé tranquille au milieu d'eux. Maintenant, c'est l'heure des ténèbres ; il a comme abdiqué. Aussi, ils s'en donnent à cœur joie: insultes, railleries, coups terribles, crachats immondes, les plus bas fonds de l'enfer sont déchaînés et il sombre sous leurs débordements exaspérés.  

Humble, « semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. » (Isaïe, 53, 7). Il a vu, tout au long des siècles, les profanations sacrilèges, brutales...

5° Les amis. — C'est là le plus dur, car enfin : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage ; je le supporterais. Mais toi, tu étais un autre moi-même, mon confident et mon ami. Nous vivions ensemble dans une douce intimité. » (Ps., 54, 13)... C'est Judas ! Admis durant trois ans à son intimité. Un autre ami, Pierre, le malheureux qui, parce qu'une fille de service a ri de lui, jure qu'il ne le connaît pas. D'autres amis, les apôtres qui, «l'abandon­nant, s'enfuient tous. » (Matt., 16, 56). Rien ne lui manque, il aura bien touché le fond de l'humiliation devant les hommes.

O Jésus, je suis de « vos amis » ; je dois, je veux, vous glorifier en moi, autour de moi ; vous défendre, vous consoler. Je ne le puis sans m'efforcer d'avoir un cœur humble et doux ; au vôtre adorable j'en demande ardem­ment la grâce.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 11:14

Jésus commença à être attristé et affligé…

Cette grande semaine gravite autour du Calvaire. Méditons-y la Passion. Antithèse du péché, comme celui-ci est orgueil, elle sera humiliation. Le Christ fut humilié par les forces aveugles, par les hommes, par son Père. : Arrêtons-nous 'aujourd'hui à la- première humiliation. Il y a : 1° Ce qui est hors du Christ, 2° Ce qui tient au Christ.

1° Ce qui est hors du Christ. — Au cours de sa pré­dication il s'était montré supérieur aux éléments, il les domptait. Nous l'avons vu sur le lac en tempête : « Il commanda aux vents et à la mer et il se fit un grand calme. » (Matt., 8, 26). Devant un figuier qui lui refuse des fruits, il le maudit et l'arbre dessèche.

A l'heure de sa Passion il ne domine plus rien, il est dominé par tout. Les coups que lui assènent les brutes qui l'arrêtent le meurtrissent, les cordes qui l'attachent ensanglantent ses bras, le bois de la croix lui est lourd, il chancelle sous son poids, les clous qui le fixent sur son gibet d'infamie lui brisent les os, lui froissent les nerfs.

Aveugles, les choses obéissent quand même à une volonté supérieure, mystérieuse, qui leur a imposé des lois, et dont elles sont les agents inconscients. Souvent elles nous brisent nous-mêmes et nous font souffrir. Nous ne sommes pas plus forts qu'elles. Du haut d'un rocher au pied duquel nous nous sommes assis, une pierre peut tomber et nous tuer. Tenons-nous petits devant les desseins de­ là Providence. Les éléments sont à son service. Utilisons les, défendons-nous parfois contre eux, inclinons-nous toujours devant l'impossible, en esprit de soumission à Dieu.

O Jésus, je ne puis, comme vous, calmer la tempête ; je puis comme vous accepter humblement d'être le plus faible devant elle. Je le veux bien par amour pour vous. Fatigues, maladies, épreuves physiques... Fiat !

2° Ce qui tient au Christ. — C'est son corps adorable» plus qu'aucun autre corps humain, « temple du Saint-Esprit (1 Cor., 6, 19). Or, Jésus avait été prophétisé comme « le Fort ». Il ne l'est plus. A Gethsémani il tremble, il chancelle, il pleure, il sue du sang, ses forces l'aban­donnent. Il est flagellé, sa chair part en lambeaux sous les coups des fouets qui le laissent tout déchiqueté. Il est couronné d'épines, son front en est transpercé, la douleur est affreuse. Tant il est frappé, bousculé, maltraité, qu'il réalise à la lettre le vermis et non homo il est comme un ver et non un homme, et se vérifie l'annonce : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os. » (Ps., 21, 17).

Il a été annoncé comme « le plus beau des enfants des hommes », il est maintenant   hideux à voir : « Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête il n'y a plus rien de sain en lui. » (Isai, 1, 6). Son pauvre corps délicat n'est plus que « blessures, meurtrissures, plaies purulentes. » (Ibid.). Au moment où, avant de le crucifier, on lui enlève sa tunique, collée qu'elle était à ses plaies, on doit la lui arracher violemment,  et il ressemble à un écorché vif. Au milieu de ses tortures indicibles et innombrables, il se tient silencieux,  confus,  brisé et broyé   moralement autant que physiquement. Ainsi il expie les sensualités, les impudicités humaines, les jouissances brutales, l'or­gueil de la chair qui, au début de la création avait com­me dégoûté Dieu d'avoir fait l'homme, qu'il châtia par le déluge, par le feu du ciel, sans réussir à le corriger. O Jésus, le spectacle est poignant de vos humiliations par les forces aveugles. J'entends saint Bernard et je  le comprends : « Qu'il rougisse le chrétien d'être un membre délicat sous un chef couronné d'épines ». J'ai ma part à apporter d'immolations corporelles. Par votre grâce, et pour votre amour, je vous la donnerai.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 07:49

 Il est touchant le triomphe populaire du Sauveur entrant à Jérusalem, acclamé par la foule ; mais, sur la scène plane un douloureux mystère. Dans cinq jours, les mêmes lieux retentiront de cris de haine à la place des chants d'en­thousiasme. « Il vint chez lui et les siens ne l’ont pas reçu »; il y a : 1° Ceux qui ne reçoivent pas Jésus, 2° Ceux qui le reçoivent.

1° Ceux qui ne reçoivent pas Jésus. — Dans la foule acclamante s'étaient infiltrés des éléments sournois, méchants, intraitables. Les orgueilleux et les pervers que la prédication sublime du Maître avait flagellés dans leurs vices, les misérables hypocrites que sa haute et rayonnante personnalité avait condamnés, ne supportaient pas son triomphe et tâchaient en vain d'arrêter les hymnes glorificateurs.

Il en est toujours ainsi et dans les collectivités et dans l'intime des âmes.

Au milieu des nations le Christ s'est toujours heurté à des persécuteurs, suppôts de Satan qui, par leurs législations impies, leurs machinations obscures, proclament : « Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous ! » (Luc, 19, 14). Ils cherchent à détourner de lui les hommes, et s'atta­quent surtout, parce qu'ils sont les réserves de forces vives, les promesses de l'avenir, aux enfants, aux jeunes. L'histoire est trop vraie et douloureuse, nous l'avons trop vécue.

D'autre part, au-dedans d'un cœur, il n'y a pas que de bons mouvements ; de mauvais instincts le font s'in­surger contre les avances divines, résister à la grâce, ne pas recevoir Celui qui, pourtant, ne vient que pour paci­fier, grandir, enrichir.

Que notre zèle s'emploie à convaincre, si c'est possible, les intelligences de la primauté de l'évangile, à influer ainsi sur l'opinion, à empêcher le mal, à promouvoir le bien. Que notre foi s'attache à imprimer aux âmes un mouve­ment fidèle de confiance, de générosité, qui les empêche de se fermer aux effusions divines. Pour ceci comme pour cela, il va de soi que, en nous-mêmes nous ne mettons nul obstacle à l'invasion des effluves d'en-haut.

Mon Jésus, je vous demande pardon des heures sombres où je vous aurais mal reçu. Je vous entends dire : « Voici que je suis à la porte et que je frappe. » (Apos., 3, 20), je ne veux pas que vous frappiez inutilement.

2° Ceux qui le reçoivent. — Dans la foule font monter leurs Hosanna ! vers le ciel, les petits, les enfants, les humbles, les êtres au cœur droit, en lesquels on peut dire qu'il «n'y a pas de ruse.» (Joan., 1, 47). C'est normal. La lumière entre facilement quand les fenêtres sont ouvertes au grand large. La simplicité, la limpidité des sentiments réalisent cette ouverture. Une âme bonne appelle la Bonté, une âme aimante appelle l'Amour, et il y a de ces âmes. Jésus les connaît, il vient à elles, parce qu'en dépit des pharisiens modernes, elles le désirent. Et, se reproduit alors cette ineffable merveille : « Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (Apoc, 3, 20). A coup sûr, c'est parmi nous que le Maître doit trouver de tels accueils, car plus que d'autres il désire les combler, plus que d'autres il désire être consolé des rebuts, des outrages, des grossièretés  dont ailleurs on l'abreuve.

Seigneur, que tout accès vous soit facilité en moi ! Vous disiez aux ennemis qui voulaient faire taire les accla­mations qui vous accueillaient : « S'ils se taisent, les pierres crieront. » (Luc., 19, 40). J'en suis sûr, en dépit des récla­mations des passions, des prétentions des méchants, les pierres des tombeaux crieront votre gloire et celle de vos fidèles serviteurs.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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