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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 10:36

D'UN JESUITE REVOLUTIONNAIRE      (SUITE et fin)

AU SALVADOR UN TRAVAIL EN DEUX ÉTAPES: RELIGIEUX PUIS POLITIQUE

Au Salvador, notre travail comportait deux étapes, l'une religieuse, l'autre politique: la seconde étant la consé­quence de la première.

Nous collaborions avec un mouvement religieux appelé Délégués de la parole de Dieu, qui fut créé en 1968 après la Conférence épiscopale de Medellin. Ces Délégués de la parole de Dieu émanaient de 1’I.P.A.L. (Institut pastoral de l'Amérique latine) qui fit ses débuts en Equateur et en Colombie, avant d'essaimer dans les pays du continent sud:américain. Ce mouvement regroupe des laïcs bénévoles, des sortes de diacres qui mènent la même ac­tion que les anciens catéchistes ruraux qui apportaient jadis leur aide aux prêtres des campagnes: administration des | baptêmes en cas d'urgence, préparation au mariage, cours d'éducation religieuse, assistance sociale, aides charitables, toutes les tâches que les prêtres, trop peu nombreux, n'ont pas le temps d'accomplir.

Mais les Délégués de la parole de Dieu ont d'autres ambitions: l'organisation interne du mouvement et sa philosophie avaient pour dessein d'offrir aux paysans une possibilité de cohésion sociale et une appartenance à un groupe actif aux tâches bien définies.

Certains d'entre nous préparaient les textes à répandre dans d'autres communautés. D'autres, les penetradores  (agents de pénétration) devaient se familiariser avec les coutumes des peuples pour les approcher avec le plus de succès possible.

Enfin, les consolidadores (consolidateurs) visitaient fréquemment les communautés rurales. Par leurs soins, les paysans étaient rendus conscients de leurs besoins révélés et amplifiés. Nous renforcions l'emprise permanente des Délégués de la parole de Dieu et rendions nécessaire leur action. Grâce à cette infiltration, nous avons unifié les masses rurales en captant leur attention par la parole de Dieu. C'est en montrant aux paysans qu'ils étaient capables de s'organiser, c'est en leur donnant le goût de la concertation et de la réunion que nous avons consolidé une base populaire indispensable à l'action politique.

Cependant, personne n'organise pour le simple plaisir d'organiser. Au Salvador, nous avions un objectif. Il s'agissait, à partir de cette base religieuse populaire, d'édifier un second étage et d'entreprendre une nouvelle forme d'éducation, politique cette fois. Nous leur ouvrions les yeux, nous les poussions à réagir: Vous devez vous défendre vous-mêmes contre ceux qui vous exploitent, vous devez combattre l'exploitation, disions-nous. Comment? D'abord en assimilant les rudiments de marxisme que naturellement nous leur inculquions. Que faire ensuite? S'unir. Et en prévision de la réaction de possédants? Apprendre à se défendre. Comment se défendre? En se familiarisant avec des  mécanismes dits d'autodéfense, qui n'étaient en fait rien d'autre qu'un tremplin vers la véritable violence.

En même temps, nous changions la structure traditionnelle des communautés chrétiennes: président, directeur, trésorier étaient remplacés par neuf secrétariats qui permettaient au peuple de prendre une large part à l'organisation sociale. Avec cette nouvelle structure socio-religieuse, les gens découvraient par eux-mêmes qu'il fallait une nouvelle instance supérieure d'organisation, pour arracher de façon violente leurs droits de travailleurs qui, il faut le dire, étaient pratiquement inexistants au Salvador. A ceux qu'avaient pénétrés ces nouvelles idées, il devenait facile d'inculquer que:

— Dieu ne veut pas l'injustice;

— la justice doit être faite par le peuple;

— le peuple a en face de lui des gens nommés exploiteurs;

il faut supprimer les exploiteurs pour que le peuple ait la paix.

En faisant ainsi partager aux paysans nos profonds sentiments religieux et nos idéaux politiques, nous préparions un terrain fertile au Front de libération populaire Farabundo-Marti. Jamais nous n'avons réellement incité les paysans à la lutte armée, mais l'enjeu de la lutte des classes et les endoctrinements antérieurs suffisaient à leur faire prendre la décision de se battre.

LA SUBVERSION EN ZONE RURALE.

Ce Comité d'unité des paysans s'infiltrait sans difficulté dans les couches paysannes grâce à l'habileté dont il faisait preuve en respectant les coutumes, les rites et les mythes qui font partie intégrante de la vie des paysans du Guatemala et tiennent lieu de vie religieuse. Une certaine vie rurale était organisée par le biais d'associations villageoises, de fêtes patronales et de festivals; mais c'était un monde à part, très fermé, et reposant sur l'expérience des plus anciens du village. Il était difficile de devenir membre de ces organisations rurales dont pourtant le rôle social était minime parce qu'elles ne donnaient pas de fonction précise à leurs membres.

Ce Comité d'unité des paysans prenait d'abord contact avec ces organismes ruraux et apprenait à bien les connaître pour savoir en quoi ils pouvaient être utiles. Généralement, il décidait que cette forme populaire de  Sensibilité religieuse devait être maintenue. Il fallait simplement remédier au manque de cohésion sociale, d'identification religieuse (les organismes ruraux n'appartenant à aucune institution religieuse traditionnelle). A ce moment  entraient en action les Délégués de la parole de Dieu.

Cette organisation socio-religieuse se distingue par sa parfaite adaptation aux mentalités très particulières des populations paysannes du Guatemala. Les jésuites ont su se démarquer de l'Eglise traditionnelle trop hiérarchisée, trop solennelle, trop imposante et surtout trop lointaine.

Les Délégués de la parole de Dieu savent se mettre à la portée des humbles. Leur messe peut être improvisée dans le village le plus éloigné, la ferme la plus isolée, ou même célébrée la nuit. Il n'est pas interdit aux fidèles de prendre la parole pendant le sermon; il n'est pas nécessaire de payer les tarifs qui sont appliqués ailleurs pour la célébration des mariages. En outre, le prêtre est choisi en fonction de ce que désire (ou ne désire pas), la congréga­tion, mais ne lui est pas imposé par la hiérarchie ecclésiastique.

En fait, on entend très souvent dire Allons à la réunion des Délégués de la parole de Dieu, car il n'y a pas d'autres occasions de se distraire. Ainsi, la cohésion sociale, consolidation réussie grâce au mouvement des Délégués, est un préliminaire au succès du Comité d'unité des paysans; on a d'abord créé une première structure sociale fondée sur la religion, qui, plus tard, sera utilisée à d'autres fins.

Ainsi s'introduisent les prêtres chez les paysans, et surtout le clergé étranger. Les prêtres ou missionnaires qui arrivent d'autres pays avec un regard neuf sont d'ordinaire plus sensibles encore aux besoins du peuple. Auprès de celui-ci, leur prestige est aussi plus grand, car leurs possibilités d'action sont souvent importantes.

NOUS. JESUITES, SOMMES COUPABLES D'AVOIR CONSPIRE AU SEIN DE LA SUBVERSION

Fîère de ces quatre cents ans d'histoire, de ses 35 000 membres dispersés sur tout le globe, de sa stricte et lé­gendaire discipline, la Société de Jésus ne va certainement pas croire que mes paroles sont sincères et mes sentiments profonds. Les jésuites vont affirmer que cela sonne faux, et ils vont accuser les autorités, les forces de sécurité, d'être responsables des propos que j'ai librement tenus.

Et pourtant, je répète que la Société de Jésus, et moi-même en tant que jésuite, nous sommes coupables d'avoir conspiré au sein de la subversion: d'abord du point de vue de la foi par un prêche destiné à pervertir les esprits ? Avec la théologie de la libération; et d'autre part, en soutenant directement ou indirectement le mouvement insurrectionnel. Et si tous les jésuites du Guatemala n'appartiennent pas à l'Armée de guérilla des pauvres, la Société de Jésus a tout de même fourni à cette organisation ses meilleurs éléments.

Pour comprendre les raisons de ce choix idéologique, il faut se souvenir de ce que j'ai déjà dit sur Vatican II et sur les nouvelles orientations des jésuites, définies lors de la 32e congrégation générale. Pour diffuser sa nouvelle dimension d'humanisme chrétien, la Société de Jésus s'est donc attachée à influencer les organisations déjà actives en Amérique latine. C'est dans ce but que furent noués des liens avec la Confregua (Confédération des religieux en Amérique latine. C'est dans ce but que furent noués des liens avec la Confregua (Confédération des religieux du Guatemala), avec la congrégation Maryknoll, avec les dominicains de Panama, les salésiens du Nicaragua, avec les religieuses belges du collège de la Sainte-Famille, avec la congrégation Scheut, et bien d'autres ordres religieux, pour les gagner eux aussi à la théologie de la libération.

Donc, je le répète, l'Armée de guérilla des pauvres pouvait compter sur le soutien des jésuites dans notre pays, que sur celui d'autres groupes de jésuites dans le reste du monde, que la subversion du Guatemala ne manquait de solliciter. Et c'est avec leur aide que s'est mis en place cet appareil qui prétendait dénoncer et chasser les injustices et la corruption, pour qu'advienne le nouveau Royaume terrestre de Jésus: l'avènement du socialisme.

Extrait du : LE DOCTRINAIRE, doctrine et vie.  Septembre 1982.

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 13:21

D'UN JESUITE REVOLUTIONNAIRE; Eduardo Pellecer était un bon jeune homme quand il entra dans la Compagnie des jésuites en 1967, à l'âge de vingt et un ans. Après dix ans d'études, prêtre en 1976, comme tous ceux de sa génération postconciliaire, il est devenu sous l'impulsion de son Ordre un agitateur révolutionnaire, au Salvador, au Nicaragua, au Guatemala enfin, son propre pays. Comme les autres, il avait résolu de prendre femme. Au moment de passer à la guérilla armée, il a reculé, ses yeux se sont désillés. Il s'est échappé. Sa disparition a été portée au compte des crimes de l’extrême-droite. Ses supérieurs en ont fait un martyr. C'était en juin 1981. Le 30 septembre, il réapparaît publiquement et confesse ses fautes.

il raconte son embrigadement jésuite révolutionnaire.

C'est l'immense dérive de l'Eglise conciliaire, de l'Evangile de Jésus-Christ, de la religion catholique, à la lutte des classes, à la révolution armée marxiste-léniniste. Au-delà de son cas personnel, c'est l'accusation des papes et des évêques de Vatican II, du Père Arrupe(1) et de la Compagnie jésuite, tout entière complice, et enfin de tous ceux qui gouvernent, parlent, agissent dans l'Eglise postconciliaire, sous couvert de réforme, pour la subversion et l’apostasie. Dans toute cette oeuvre monstrueuse, le mensonge et l'homicide érigés en système sont la signature du diable (Jn. 8, 44). Il y a vingt ans que nous le disons. En voici la preuve. Ce document capital est publié par le Figaro-Magazine du 24 avril. D'autres suivront. Nous n'en repro­duisons ici que les premières pages.

L'affaire commence. C'est le procès en forfaiture, crimes et trahison intenté par le Monde libre aux évêques et aux (faux) papes conciliaires. A eux de suivre le chemin d'Eduardo Pellecer.

" UN JESUS DIFFERENT DE CELUI DE L'EVANGILE, UN JESUS REBELLE, REVOLUTIONNAIRE... "

La situation de l'Eglise a commencé à se modifier à partir du concile Vatican II (11 octobre 1962 - 8 décembre 1965). Auparavant, l'Eglise catholique était l'Eglise de la loi et de la norme stricte, Pour les baptisés, pour ceux qui reconnaissent Dieu, le salut n'est concevable que dans l'Eglise.

A partir de 1962, l'Eglise de la loi devient l'Eglise du dialogue. Elle n'est plus une île hors du temps; elle veut faire partie intégrante de l'évolution des peuples et y jouer un rôle, en particulier dans les pays en voie de développe­ment.

Ce changement d'orientation implique une transformation capitale. Avant le Concile, on considérait qu'il n'y avait pas de salut hors du peuple de Dieu. La nouvelle doctrine a modifié la signification de l'Eglise, car il peut alors exister ce que j'appellerai des chrétiens anonymes, c'est-à-dire des gens qui trouveront le salut même s'ils ne con­naissent pas Dieu, ou ne sont pas baptisés.

En 1968, s'est réunie à Medellin, en Colombie, la conférence épiscopale de l'Eglise latino-américaine pour actu­aliser et adapter à l'Amérique latine les propositions de Vatican II. Tous les évêques étaient présents et, pour la première fois, il a été dit que les peuples étaient opprimés. Ils étaient sans argent et sans espoir d'en avoir; sans culture | et sans espoir d'y accéder; sans vie politique et sans espoir d'y participer. La seule façon de les sauver, c'était de les libérer.

En 1980, à Puebla, au Mexique, se tint une nouvelle conférence épiscopale latino-américaine pour réactualiser les principes de Medellin. On savait à cette époque que les éléments modérés de la conférence épiscopale voulaient tenter de combattre les positions prises à Medellin en 1968. Devant cet état de choses, la société de Jésus d'Améri­que centrale et de Panama essaya de radicaliser les évêques qui penchaient à gauche en poussant à ses extrêmes la théologie de la libération.

TROIS ARMES: LA " THEOLOGIE DE LA LIBERATION ", LE MARXISME, LA PRIORITE AUX PAUVRES

La théologie de la libération est la première des trois armes dont on m'a appris le maniement. La poudre n'est pas nécessaire à leur fonctionnement, mais ce sont des armes beaucoup plus puissantes que toutes celles qui nous sont | familières.

La théologie de la libération est la nouvelle approche de la religion qui résulta de Medellin puis de Puebla et j remodela l'action de tous les ordres religieux. En quoi consiste-t-elle?

Avant tout, c'est la présentation aux pauvres d'un nouveau Jésus-Christ, un Jésus différent de celui de l'Evangile ou de nos catéchismes. Ce Jésus-là est un rebelle, un ennemi du système capitaliste, un révolutionnaire. Ce Jésus qui commence, ici et maintenant, et pour les temps à venir, est exclusif et partial: Dieu des pauvres, exclusivement voué au salut des pauvres, il écarte à jamais du salut les riches, les puissants, les gouvernants.

Ce Jésus-là ne peut pas êtres le Dieu de tout le monde. Et si l'on demande et les autres? (c'est-à-dire évidemment les riches), l'Eglise de ma génération répondra: Les riches ont connu pendant quatre ou cinq siècles une intimité sans cesse croissante avec l'Eglise, en ce qui concerne et leurs intérêts et leurs sentiments. Il est temps maintenant pour l'Eglise de rompre à jamais avec les tout-puissants et de retourner au service exclusif des pauvres.

L'an dernier, nous prêchâmes cette doctrine jusqu'au point d'énoncer que seuls les pauvres devaient célébrer Noël, parce que le jour de Noël est né le Dieu des pauvres, le leur. Quant aux riches, nous ne savons pas ce qu'ils célèbrent le 24 décembre.

Le deuxième principe de la théologie de la libération s'énonce comme suit: ce nouveau Jésus a un plan concret et une mission. Notre Père l'a envoyé sur terre pour bâtir un royaume que nous (j'entends par nous: les jésuites, et spécialement ceux de ma génération) définissons comme un royaume socialiste pour lequel nous devons construire une société socialiste. Pour cela, nous avons besoin de puissance. Comment l'acquérir? C'est le troisième point de cette théologie de la libération.

Ce nouveau Jésus est détaché de l'Eglise en tant qu'institution. Il a rejeté toutes les structures institutionnelles et hiérarchiques de l'Eglise.

Cette nouvelle vision de Jésus projetait sa propre moralité. Pour nous, la seule chose importante, c'était la révo­lution, le socialisme, et tout le reste était secondaire. Peu importait que l'on vécût ensemble en dehors du mariage, peu importait le divorce ou la vie dans toutes les débauches. Tout était tacitement permis (1). Dans ce nouveau système moral, le seul absolu était le socialisme et la prise du pouvoir.

Il ne faut pas perdre de vue cette démonstration. En Amérique latine, les problèmes graves sont le sous-développement et la marginalisation. A Medellin, il a été dit que la salut des peuples passait par la lute politique. En présentant ce Dieu détaché de l'Eglise, ce Dieu indifférent aux principes moraux traditionnels, la théologie de la libération contribuait à cette politisation. Dans ces pays d'Amérique latine, les populations ont été sensibilisées par ce programme qui réclamait la participation massive des hommes désireux de lutter pour la révolution et l'avéne­ment du socialisme. Pour parvenir à la prise du pouvoir par un mouvement révolutionnaire, on n'a pas besoin d'une Eglise hiérarchisée, mais d'une nouvelle Eglise: celle de la base, celle du peuple.

Telle fut la première des trois armes que j'ai appris à manipuler.

La deuxième de ces armes, c'est l'idéologie marxiste-léniniste sur laquelle se fonda l'endoctrinement de presque tous les jésuites de ma génération. Je l'ai étudiée pendant quatre années à Mexico et au Salvador; car le postulat initial était que pour satisfaire les besoins réels des gens, un prêtre devait être un spécialiste, un expert en science marxiste-léniniste. Nous étions persuadés de ne rechercher qu'une technique d'analyse pour étudier les causes de l’exploitation de notre peuple et pour y mettre fin. Et on nous enseignait qu'il était impossible d'expliquer l'in­justice et la pauvreté sans recourir à une analyse socio-politique marxiste: il fallait montrer que l'injustice était due à l'existence des classes sociales.

L'une de mes erreurs fondamentales fut de croire que nous en resterions au plan théorique, que nous n'utilise­rions que dans nos bureaux et nos salles d'études cet outil de recherche et d'investigation approfondies, eh lisant des livres et des documents. Pour moi, c'était l'équivalent d'un scalpel de chirurgien dont l'usage n'aurait aucun sens hors de la salle d'opérations. Comment aurais-je imaginé — et comment n'ai-je pas compris — que la théorie serait mise en pratique?

La dernière des trois armes fut l'orientation donnée voilà deux années au travail des jésuites par la Congrégation générale de la société de Jésus. Il fut décidé que ce travail porterait prioritairement sur les secteurs les plus pauvres des populations rurales et urbaines. Nos vies, nos ressources, notre savoir, nos plus grands efforts devaient être dédiés à l'intensification de nos sermons destinés aux paysans et aux ouvriers urbains.

Comme jésuites, nous étions parfaitement capables d'imprégner les esprits de la théologie de la libération et du marxisme-léninisme. Nous savions simplifier ces théories, les mettre à la portée des masses et utiliser le nouveau système d'enseignement qu'on appelle pédagogie de l'opprimé.

Usant de notre autorité de prêtre, nous remportions des succès auprès de la masse des simples. Nous semions le germe de la décomposition en brandissant un nouvel Évangile, un nouveau Jésus inconnu jusqu'alors: un Jésus assoiffé de sang. Et nous agissions ainsi pour devenir d'authentiques soldats animés d'un esprit religieux et combat­tant pour leur foi.

C'est d'abord au Salvador, puis au Nicaragua et finalement au Guatemala que j'ai expérimenté en personne, comme prêtre catholique, la puissance de ces trois armes: la théologie de la libération, l'appareil marxiste-léniniste, l'engagement des jésuites parmi les pauvres. Elles ont contribué à éveiller et à former une conscience politique et à faire naître l'esprit de subversion.   (A suivre)

(1) Le 9 novembre 1981, l'hebdomadaire Newsweek écrivait (p. 55): Même quand des jésuites étaient dénoncés comme ayant des petites amies — ou de petits amis —le père Arrupe ne prenait aucune "sanction" déplore un prêtre partisan du Pape. C'était scandaleux.

Extrait du : LE DOCTRINAIRE, doctrine et vie.  Septembre 1982.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 19:00

ISMAEL ET ISAAC…

Le juif, selon la théologie catholique, n'est pas comme les autres peuples qui naissent aujourd'hui et se fanent demain ; qui créent une civilisation admirable restreinte à un point du temps et de l'espace.

Rappelons-nous les grands em­pires des Égyptiens, des Assyriens, des Perses, des Grecs et des Romains. Leur gloire fut gloire d'un jour. Le peuple juif, portion minuscule enclavée au car­refour de l'Orient et de l'Occident, est fait de peti­tesse pour porter le mystère de Dieu à travers les siè­cles. Et pour porter ce mystère gravé dans sa chair. Il ne doit pas créer une civilisation, parce que cela est chose humaine, et c'est le divin qui lui est réservé.

C'est le peuple théologique, que Dieu crée pour Lui. Moïse nous rapporte dans la Genèse comment le Seigneur Dieu, deux mille ans avant Jésus-Christ, appelle le patriarche Abraham, qui vit à Ur, en Chaldée, dans la Mésopotamie, et lui dit :

1 - Sors de ta terre et de ta parenté et de la mai­son de ton père, et viens au pays que je te mon­trerai.

2 - Et je ferai de toi une grande race, et je te bé­nirai, et je ferai grand ton nom, et tu seras béni;

3 - Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront; et en toi seront bénis tous les lignages de la terre. (Ch. 12)

Le peuple juif, fils d'Abraham, a donc son origine en Dieu, parce que c'est Lui qui le sélectionne du reste de l'humanité, et parce qu'il lui promet Sa bénédic­tion de telle façon qu'en lui seront bénis tous les ligna­ges de la terre. Alors, Israël, est grand, et grand d'une grandeur théologique.

Mais cette grandeur d'Israël repose-t-elle pure­ment sur sa descendance charnelle d'Abraham, en le­quel ce peuple est formé dans les côtes du Patriarche, ou bien repose-t-elle sur la foi qu'a Abraham en la Promesse de Dieu ?

Cela est extrêmement important : parce que si les bénédictions de Dieu sont pour la descendance charnel­le d'Abraham, alors, du fait d'être fils d'Abraham, le peuple juif sera choisi et béni entre tous les lignages de la terre. Si par contre les bénédictions sont réser­vées à la foi en la Divine Promesse, la simple descen­dance charnelle n'a pas de valeur; il faut descendre d'Abraham par la foi à la Promesse, c'est-à-dire une descendance spirituelle fondée sur la foi.

ISMAEL ET ISAAC

Sur quoi repose donc la grandeur d'Israël, selon les desseins divins ?

Pour le montrer, Dieu donne à Abraham deux fils. L'un, de son esclave Agar, qui naît d'une façon cou­rante et naturelle, et reçoit le nom d'Ismaël. L'autre que, contre tout espoir, lui enfante sa femme Sarah dans sa vieillesse, conformément à la promesse de Dieu, et qui est appelé Isaac.

Avec Isaac et avec sa descendance après lui, Dieu confirme le pacte conclu, avec Abraham. A Ismaël, le Seigneur octroie aussi une bénédiction purement maté­rielle, lui promettant de le faire chef d'un grand peuple. De cet Ismaël descendent les Arabes actuels, qui se sont opposés si âprement à l'entrée des juifs en Palestine. Comme Ismaël, le fils de l'esclave, se mo­quait d'Isaac et le persécutait, Abraham, sur l'instan­ce de Sarah sa femme et conformément à l'ordre de Dieu, dut le mettre à la porte de chez lui. (Voir la Genèse, ch. 21)

Que signifient ces deux fils d'Abraham, Ismaël et Isaac ? Saint Paul, le grand Apôtre des mystères de Dieu, nous explique qu'en Ismaël et Isaac sont pré­figurés deux peuples. (Saint Paul aux Galâtes, 4)

Ismaël qui naît le premier d'Abraham comme fruit naturel de son esclave Agar, figure la Synagogue des juifs, qui se fait gloire de venir de la chair d'Abra­ham. Isaac par contre, qui naît miraculeusement d'après la promesse divine, de la stérile Sarah, re­présente et figure l'Église, qui est née, comme Isaac, par la foi en la promesse du Christ.

Ce n'est donc pas la descendance charnelle d'Abra­ham qui sauve, mais son union spirituelle par la foi au Christ.

Le peuple juif, formé en Abraham. Ce n'est pas précisément par son union charnelle avec Abraham, mais en s'assimilant dans la foi, en croyant au Christ, qu'il pourra atteindre son salut.

Tous ceux qui s'unissent au Christ forment la descendance bienheureuse d'Abraham et des Patriar­ches, et sont l'objet des Divines Promesses. L'Église est Sarah rendue féconde par la vertu de Dieu. L'esprit vivifie, et la chair, au contraire, ne vaut rien, dira plus tard Jésus-Christ. (Saint Jean, 6)

Pourrait-il arriver que ce peuple, ou une partie de ce peuple, uni par des liens charnels à Abraham, croie que cette seule union généalogique soit celle qui justifie et qui sauve ?

Si. Cela pouvait arriver. Et c'est arrivé...

Et pour le préfigurer, commente l'Apôtre Saint Paul, Dieu fit en sorte "qu'Abraham eut deux fils, l'un de l'esclave et l'autre de la femme libre. Mais Celui de l'esclave naquit selon la chair ; au contraire, celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse ".

Tout cela fut dit par allégorie pour signifier que le simple fait d'une union charnelle à Abraham est re­présenté en Ismaël, le fils de l'esclave, et l'imitation d'Abraham par la foi en Jésus-Christ figure en Isaac, le fils de la Promesse.

Aussi faut-il distinguer entre les vrais israélites, parce qu'ils imitèrent sa foi en Dieu en croyant en Jésus-Christ -- ce sont ceux figurés par Isaac -- et les Israélites qui descendent d'Abraham par la chair sans imiter sa foi -- ce sont ceux préfigurés par Ismaël--.

Ismaël persécutait Isaac. Et saint Paul, le com­mentant, ajoute : "Mais comme alors l'enfant de la chair persécutait l'enfant de l'esprit, il en est encore ainsi maintenant ". (Gal 4,29)

Voilà qui exprime la nécessité théologique de ce qu'Ismaël persécute Isaac, que la Synagogue persécute l'Église, que les juifs qui ne sont unis à Abraham que par une union charnelle persécutent les chrétiens, qui sont, eux, les véritables Israélites, unis par la foi au Christ.

ESAÜ ET JACOB

C'est le même mystère que nous révèlent les deux fils que le Seigneur accorda au Patriarche Isaac : Ésaü et Jacob.

Reportons-nous au chapitre 25 de la Genèse :

21 - Isaac implora Yahvé pour sa femme, car elle était stérile : Yahvé l'exauça et sa femme Rébecca devînt enceinte.

22 - Or, les enfants se heurtaient en elle, et elle dit : "S'il en est ainsi, à quoi bon vivre ? Elle alla donc consulter Yahvé.

23 - qui lui répondit : "il y a deux nations en ton sein ; deux peuples, issus de toi, se sépareront, un peu­ple dominera l'autre, l'aîné servira le cadet ".

24 - Quand vint le temps de ses couches, voici qu'elle portait des jumeaux.

25 - Le premier sortit : il était roux et tout entier comme un manteau de poils : on l'appela Ésaü.

26 - Ensuite sortit son frère, et sa main, tenait le talon d'Ésaü : on l'appela Jacob.

Saint Paul, dans son Épître aux Romains, où il révèle le mystère du peuple juif, fait voir comment Ésaü, l'aîné selon la chair, c'est le peuple juif, uni à Abraham par les simples liens du sang, et Jacob, le frère cadet, c'est l'Église (formée de Juifs et de Gentils), qui, parce qu'elle est unie par la foi au Christ, est préférée à Ésaü. Et ainsi s'accomplissent les paro­les de l'Écriture : "J'ai plus aimé Jacob et j'ai détesté Ésaü ".

Et c'est ainsi que l'Église vainc la Synagogue, bien que la Synagogue, comme Ésaü, "maintienne vive sa haine et dise en son cœur : je tuerai mon frère Jacob ". (Gen 27 - 41)

Extrait de : Les Juifs dans le Mystère de l’histoire. Julio Meinville (1965)

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 14:52

Il y a quelques années, comme je (Jean Baptiste André) n’étais pas encore au courant de la survie de Paul VI, j'eus une conversation avec une religieuse sédévacantiste, à propos de l'assassinat de Luciani et de l'ouvrage de Frère François de Marie des Anges sur Fatima. Lorsque je lui demandai si elle pensait que l'antipape Jean-Paul 1er avait été assassiné, elle me répondit que oui, et que selon une personne dont j'ai oublié le nom, le pape Pie XII avait lui aussi été assassiné. Je ne retombai sur ce sujet que lorsque je découvris les exorcismes suisses du milieu des années 80.  Elles ont évoqué l'empoisonnement du Pastor Angelicus. Dernièrement, à la lecture de l’Imposture du Siècle  de Theodor Kolberg, je m'aperçus que lui aussi en avait parlé.

 

Le 19 juin 2008, un dénommé « Jan Malina » posta sur un forum Lefebvriste anglophone un message où il expliquait qu'il avait publié sur son site internet une étude démontrant que le KGB avait assassiné Pie XII.

 

Malheureusement, ce site internet n'existe plus... De surcroît, ce n'était pas le meilleur endroit pour traiter de ce genre de faits, car les forums traditionalistes anglo-américains, qu'ils soient ralliés ou non, me semblent être souvent d'une indifférence particulièrement blâmable pour les grandes affaires politiques, les « histoires » de complot.

 

L'anglais est-il terre-à-terre ou n'est-ce qu'un mythe ?

Dans tous les cas, il est dommageable pour le bien de l'Église que personne ne se soit employé à conserver cette étude de Jan Malina.

 

Voici le message qu'il avait posté sur le forum Lefebvriste :

 

«Salut et Dieu vous bénisse,

En tant que catholique traditionaliste et ancien expatrié de la Tchécoslovaquie communiste, j'aimerais vous inviter à lire ce que j'ai pu rassembler, à propos de l'infiltration du KGB à l'intérieur du Vatican sous le règne de Pie XII, de sainte mémoire.

 

«Ma recherche fut basée sur plusieurs livres et publications, expliquant en détail pourquoi le KGB visait Pie XII et pourquoi les Russes souhaitaient assassiner ce saint Pape.  Il était leur ennemi n° 1…. (Suivaient des liens internet malheureusement introuvable)

 

«…Dans cette publication, dont je doute qu'elle puisse jamais être publiée, j'ajouterais que mon seul but est d'avertir mes frères et sœurs dans la foi que la Russie communiste ne s'est jamais effondrée du tout et qu'elle est sur le point de réduire le monde en esclavage, comme prédit par Notre-Dame de Fatima et la Sainte Écriture ; j'aimerais dire également que dans cette publication, j'ai eu recours à des faits et des explications logiques, à une analyse sérieuse de la personnalité de Pie XII et [j'ai démontré] comment le KGB avait un plan à long terme destiné à détruire la vraie Foi, ainsi que comment Pie XII leur barrait le chemin. Plus important, sur la base du Cardinal Cushing Pie XII avait lu le 3e Secret de Fatima (qui n'a jamais été vraiment publié par le Vatican aujourd'hui).

 

«Il est également évident, tandis que les gens pensent que le communisme est « mort sous son propre poids » que les criminels communistes russes ne se sont jamais reposés et ont utilisé tous les moyens pour détruire l'Église et ainsi, l'empêcher d'avertir les fidèles catholiques à propos de la trahison communiste à long terme, et de la subséquente réduction du monde à l'esclavage - ce qui met le salut des âmes dans le péril suprême, en ce que cette tâche [du salut] est confiée à la Sainte Mère l'Église par Notre-Seigneur.

 

«Il ne s'agit pas d'une publication sédévacantiste, car ils sont complètement dans le faux à propos de ce que l'Église est en train de traverser et pourquoi, en ce qu'il n'est pas entre notre pouvoir de déclarer qu'il n'y a pas de pape, car sans pape il n'y a pas d'Église.

 

«Je sais très bien que ce sujet n'est pas facile à aborder et combien il suscitera controverse voire déni, mais tout se tient, les faits entourant la mort de Pie XII, tous les détails et ce qui a été fait pour détruire sa sainte réputation, ce qu'il a écrit et n'est pas accessible, demeurant caché à l'intérieur du Vatican, comment il envisageait de condamner le communisme dans son propre concile, etc.

 

«Ayez, je vous en prie l'esprit ouvert, car comme je l'ai dit auparavant, j'ai vécu durant 22 ans sous la tyrannie communiste, j'ai réussi à m'échapper, risquant potentiellement ma vie, et je sais combien ces criminels sont mauvais et [je sais] qu'il n'y a jamais réellement eu de chute du communisme en Europe occidentale.

 

«Pie XII avertit de cela, mais malheureusement, les catholiques d'aujourd'hui sont aveugles et sourds à de tels avertissements, et préfèrent adopter les plaisirs hédonistes sataniques, qui conduiront de nombreuses âmes à la perdition éternelle.»

In Christo et Maria

Jan Malina

Éditer

Anti-communist analyst.

En 2010, soit deux années plus tard, sur un autre forum, un utilisateur déclarait aux membres de la communauté virtuelle que Jan Malina l'avait prié de les avertir qu'il était inquiété par le KGB ; ces derniers en voulaient à sa vie.

 

En effectuant des recherches sur l'identité de M. Malina, on s'aperçoit qu'il avait été officier dans l'armée de l'air tchécoslovaque, avant d'émigrer vers les États-Unis, pour s'échapper du bloc communiste. Grand opposant à la doctrine des « rouges », il ne cessera de la dénoncer, publiant sur internet des études remarquables et très sérieuses démontrant les compromissions de certains personnages américains avec les communistes.

 

Il semble avoir beaucoup écrit sur l'infiltration de l'Église par le KGB, et sa lettre citée précédemment indique que pour lui, le communisme n'est pas mort. Il s'agit d'une affirmation très intéressante, car comme l’a évoqué Jean Baptiste André dans son ouvrage sur la survie du Pape Paul VI, les révélations de Teresa Musco nous enseignent que les rouges ont pris le pouvoir au Vatican et qu'ils se révéleront un jour pour ce qu'ils sont, sans masque.

 

Les apparitions de Bayside elles aussi n'ont cessé de dénoncer la menace soviétique, tout en précisant bien que les communistes avaient pénétré dans la Ville Éternelle.

 

Inspiré de l’ouvrage de Jean Baptiste André : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE, Theodor Kolberg. Réédition de Jean Baptiste André.

 

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 10:45

Il y a parmi les bons croyants des âmes candides qui pensent que Dieu ne permettrait jamais qu'un imposteur agisse au Vatican à la place de son Vicaire ; que Dieu ne permettrait jamais que l'on assassine son Vicaire et que l'Église soit sans pape, sans roc comme fondations, qu'un antipape qui détruirait largement l'Église puisse faire son apparition.

 

Un regard, sur l'histoire de l'Église, montre la fausseté de ces idées.

Jésus lui-même ne fut-il pas jeté au cachot, maltraité d'une façon effroyable et cruellement assassiné ? Et le Seigneur n'a-t-il pas dit : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suis pas n'est pas digne de moi ! » (Math. 10, 38). Et aussi : « Souvenez-vous des paroles que je vous ai dites : le serviteur n'est pas au-dessus de son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » Jean 15,20).

 

Et le premier pape, Pierre, fut lui aussi jeté au cachot et cruellement assassiné, ainsi que la plupart de ses successeurs dans les deux premiers siècles.

 

Pendant l'Histoire presque bimillénaire de l'Église, la papauté fut souvent la cible d'intrigues et de luttes pour le pouvoir, des papes furent emprisonnés et maltraités, des antipapes qui gouvernaient contre le pape légitime furent mis en place, et parfois la plupart des gens ne savaient pas qui était le vrai et qui était le faux pape.

 

Dieu a permis tout cela parce qu'il a établi la liberté de l'homme dans la libre décision de sa volonté pour le bien ou pour le mal et par là même pour le Ciel ou l'Enfer comme loi fondamentale pour la Rédemption de l'humanité, pour son retour au bercail. Mais, il faut l'ajouter ici, jamais le mal ne triomphera. Dieu reste toujours le Maître de l'Histoire.

 

Regardons un peu l'Histoire plus récente de l'Église. À La Salette, la Sainte Vierge révéla à la jeune Mélanie, âgée de quinze ans (1840) : «Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie (Pie IX à cette époque) sans pouvoir nuire à ses jours ».  «La Salette». Réimpression du livre paru en 1921 «La Salette et l'avenir immédiat », à commander chez le R Engelbert Zunhammer, 8221 Wachendorf.

 

Note de J.-B. André : En réalité, Pie IX n'était qu'une préfiguration, puisque le Pape souffrant devait avoir un successeur qui ne régnerait pas longtemps (précision de Mélanie de la Salette). Or, le successeur de Pie IX, à savoir Léon XIII, ayant régné particulièrement longtemps, Dieu souhaitait nous faire comprendre que le Pape souffrant était quelqu'un d'autre que Pie IX. Depuis ce dernier, le seul pape qui ait eu un successeur qui n'a pas régné longtemps, et qui ait souffert pendant la crise affreuse, fut Paul VI!

 

On sait que le Pape Pie XII fut empoisonné.

Une photo montre le corps déjà noirci au bout de quelques heures, lors de la bénédiction par le cardinal doyen Monseigneur Tisserant. Sur la photo on y voit des visages bouleversés à la vue des mains à la couleur altérée et du visage.   On y voit également le médecin attaché à la personne du pape, Caleazzi-Lisi, sur le dos duquel on voulut mettre l'assassinat du Pape, bien qu'un médecin n'assassinerait jamais un homme d'une façon aussi grossière. Le médecin exigea une enquête publique sur la mort du Pape Pie XII et fut obligé de fuir précipitamment à l'étranger, parce qu'il devait craindre pour sa vie en tant que témoin principal.

 

Note de J.-B. André : Dans le Paris Match du 18 octobre 1958, dont je possède un exemplaire original, cette même photographie figure mais sans ces tâches noires évidentes sur les mains et sur le visage. Aurait-on modifié certaines photographies pour dissimuler l'empoisonnement ?

 

Le corps de Pie XII mis sur le catafalque. Le visage noirci par le poison est recouvert d'un maquillage blanc.

 

Au sujet du Pape Jean XXIII également, il a été affirmé, après sa mort atroce, qu'il avait été empoisonné. À Bayside, le Pape Jean XXIII apparut le 7 décembre 1976 pendant la vigile de la fête de l'Immaculée Conception et dit entre autre : « J'ai été renversé par les ennemis de Dieu ».

 

Qui pourrait dire avec certitude que le Pape Paul VI ne puisse pas subir, lui aussi, le même sort que ses prédécesseurs ? Que de fois la Sainte Vierge ne fait-elle pas allusion, dans ses messages, au grand danger dans lequel se trouve le Pape Paul VI, demandant des prières expiatoires et des sacrifices pour son salut. Voici quelques courts extraits de ces messages :

 

« Déjà a été mis en marche le plan pour retirer votre Vicaire de parmi vous » (7 octobre 1971).

 

« Il vous faut continuer à prier pour votre Vicaire. Sa vie est en grand danger. Il faut que vous le rachetiez par vos prières » (10 avril 1972).

 

    A suivre avec : L'assassinat du Pape Pie XII

 

Extrait de : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE, Theodor Kolberg. Réédition de Jean Baptiste André.

 

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 19:42

LES  BÉATITUDES (SUITE 3ième et dernière partie)

« C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse »

Il existe encore sur la terre quelques oasis, où les Béatitudes ont laissé leurs traces  en particulier, des lieux où des saints  ont vécues. Je pense surtout à saint François et au lieu qu'il a sanctifié de sa pré­sence, Assise.

 

Vous retrouverez le bonheur de saint François dans l'allure du brave homme marchant à la tête de son âne attelé à une vieille charrette, pour l'aider à gravir la pente ; dans l'attitude de cette vieille au visage parcheminé qui sourit aux anges en ravaudant des bardes, accroupie sur le seuil de sa porte ; dans les yeux du paysan assistant à la messe quotidienne, debout, le chapelet à la main ou humblement agenouillé sur la dalle : quelle paix heureuse dans son recueillement !

 

Vous trouverez le bon­heur de saint François à toutes les fenêtres, exul­tant sur les terrasses sous forme de fleurs : géra­niums, lierres, rosiers, pétunias, oeillets, bégonias ! Tout cela soigné amoureusement : tout ce qui chante la beauté, tout ce qui s'élève vers le ciel d'un peu de terre ou qui retombe en grappe pour bénir la terre ! Ruissellement joyeux de couleurs dans les étalages des mar­chands de céramiques — faites de leurs mains !

 

Si, sortant par la Porta Nuova, vous visitez Saint Damien que François rebâtit de ses mains et où il composa le Cantique des Créatures, vous découvrirez la profondeur du bonheur francis­cain : « Béni sois-tu, Seigneur, avec toutes tes créatures ! » De toutes choses, de toutes parts monte éternellement à Assise le cantique du Poverello.

 

Ici vraiment est arrivé le règne de Dieu. Ce lieu est saint. Le chrétien goûte à Assise la délectation de l'authentique bonheur et décou­vre le secret de la joie parfaite que détient toujours saint François entre ses mains trans­percées !

 

Voilà ce que notre civilisation a ruiné à jamais !

 

Voyons ! Nous sommes en plein Progrès ! Que diable, restons objectifs, ne nous laissons pas abuser par ces évocations du passé !

 

Bon. D'accord... Mais je n'évoque pas le passé ! Cette vision est du présent ; ce n'est pas non plus une spéculation métaphysique dans les nuées ou des « histoires de bonne femme »...

 

Allez-y voir ! Allez voir aussi les visages illuminés de joie des malades, au passage du Saint-Sacrement, à Lour­des ! Allez voir le miracle de la cité de saint Cottolengo à Turin : des estropiés, des mourants, des paralysés, des impotents, vivant heureux ! Les Béatitudes incarnées !

 

Les hommes et les femmes sanctifiés ! Et pourquoi ? Parce que « le premier pain qui se donne ici est le pain de la foi » ! Et c'est pourquoi, sans le moindre soutien, dans la « Maison de la Divine Providence » de Turin, l'autre pain, le pain du corps, n'y manque jamais. Saint Cottolengo ne se lassait pas de répéter : « Ciboires vides, sacs pleins ; ciboires pleins, sacs vides ! » C'est-à-dire : communiez d'abord et le reste vous sera donné de surcroît ; ne communiez pas et tout ira de travers !

Or, que font-ils, les chrétiens actuels ? Ils courent d'abord à leurs affaires ; et s'ils ont un peu de temps, ils vont le Dimanche à la messe ; s'ils ne l'ont pas, eh bien tant pis ! Ils préfèrent s'abreuver aux mêmes sources que leurs ennemis les athées, ces sources qui ne les désaltéreront jamais... Ils recherchent les paradis terrestres, qui seront toujours mena­cés ! Peut-on s'étonner que dans ce monde qui a oublié les Béatitudes, dans ce monde de faux chrétiens, tout aille de travers ?

 

                                                             ***

 

L'amour de Dieu bannit la crainte. C'est le sentiment primordial qui nous empêche d'être heureux. Crainte du lendemain, crainte des hom­mes, des maladies, de la mort... Crainte qui nous désarme en face des vicissitudes de la vie. Crainte qui nous met le feu aux fesses pour cou­rir, comme des enragés, des possédés ! Ah ! C'est qu'il faut avant tout nous assurer une vie douce, de belles vacances, un beau confort ! Si nous en manquions ? C'est affreux ! Nous en serions superlativement, infiniment, malheureux !

 

Voilà à quoi se soumet la volonté des humains ! Ils ont oublié que le seul objectif capable de satisfaire leur volonté, ce rayon divin en eux, c'est Dieu même. Pour que la volonté puisse se déployer en sa plénitude, elle doit poursuivre un but infini : la volonté est faite pour l'Infini. Tout ce qui est en deçà la dégonfle, la déçoit. (La violence des méthodes soviétiques montre bien de quelle puissance infinie la volonté dispose pour résis­ter ; les procédés occidentaux, plus doux mais plus cons­tants, ont eu besoin de trois siècles pour l'annihiler ! Il fallait d'abord que la volonté ne revienne plus à sa Source pour se vivifier. D'où, l'hébétude de l'Occident.)

 

La volonté d'expansion dans l'espace ne résout rien : les fusées élancées à travers le cosmos ma­tériel démontreront que ce cosmos est encore trop petit pour l'homme en qui Dieu a mis l'ap­pétit de l'infini.

 

Il n'y a pas de contorsions à faire pour s'adap­ter au réel, il suffit de s'adapter à Dieu et à notre essence, qui vient de Dieu ; il suffit de revêtir le Christ pour le vivre devant les hommes ; cela suffit pour être heureux.

 

C'est la plus merveilleuse charité que d'aider quelqu'un à mieux réaliser son visage divin. Il nous faut prendre conscience de cette initiale splendeur de chaque humain et essayer de la ranimer.

 

Pour tordue et faussée qu'elle soit, l'homme est toujours à l'image de Dieu ; et elle se fait d'autant plus exigeante qu'elle est faussée et tor­due : elle s'exprime d'autant plus par le « vague à l'âme », le « cafard », les « idées noires »...

 

La soif de sainteté qui peut torturer l'être humain, le torturer en vérité, est immense ; il ressent péniblement, sans savoir que c'est cela, le divorce entre son existence et, en lui, l'image de son Seigneur. Et, ne le sachant pas, il sème, comme à plaisir, la tristesse. Il est capable d'être cruel tranquillement, sans avoir conscience que cette cruauté vient de sa volonté égarée.

 

La volonté attend qu'on exige tout d'elle ; elle n'a de paix que dans la poursuite d'une fin unique qui réclame un effort total. Alors l'intel­ligence se met à son service et accomplit un tra­vail qui l'occupe, à son tour, tout entière. Et cette unification et simplicité de la volonté et de l'intelligence — qui ne sont plus tiraillées à hue et à dia — c'est là aussi un des traits du bonheur (Cette unification et simplicité de l'âme que l'on atteint par le haut, on peut les atteindre aussi par le bas, par l'invasion de la chair : le spasme sexuel, les alcools et toutes les drogues que l'on emploie aujourd'hui).

 

Il faut une passion pour guérir des passions : il faut une grande passion de Dieu pour ne plus être harcelé par les terrestres passions... Et c'est bien cette passion de Dieu qui nous fait vivre, tout naturellement, les Béatitudes : quelle souf­france peut nous résister lorsque nous sommes fortifiés par la puissance de Sa Gloire ?

 

Comment trouver cette Puissance ? Il ne faut pas chercher Dieu comme un «Autre», mais comme soi-même, pour mieux devenir soi-même : « Dieu de Vie et d'Amour plus présent en nous que nous-mêmes » ! (On apprend à être heureux. Il existe des écoles du bonheur. L'une des meilleures : celle des Pères de Chabeuil, d'où l'on sort, à la suite des « Exercices spirituels » de saint Ignace de Loyola, complètement transformé, revi­goré et prêt à accueillir avec le sourire tout ce que la vie peut vous offrir. Certes ces Exercices ne visent pas directement le bonheur, mais la vérité, et ils atteignent le bonheur par surcroît).

 

DIEU EST JOIE : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous... ne vous inquiétez de rien » (Saint  Paul  (Philip. IV, 4-7). ; voilà la vérité oubliée depuis que le jansénisme et le purita­nisme ont endeuillé le monde. Et par nos catho­liques compassés : ils en sont contaminés ! Car s'ils vivaient la doctrine du Bonheur, ils seraient toujours gais : « C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse » ; voilà encore des paroles admirables de ce saint Cottolengo qui fut, d'ailleurs comme tous les saints, toujours gai. Et les paroles du Père de Foucauld : « Je jouis à l'infini d'être pauvre ». Jouissance « infinie » que l'on ne peut éprouver qu'en vivant les Béatitudes.   

 

Illuminer la Souffrance par la Joie, la Croix par la Résurrection ! Retourner le monde par l'Hostie, faire de la terre une Hostie ! Voilà l'immense élan radieux qui emporte les « Bien­heureux » !

 

                                                         ***

 

Notre civilisation a fait de son mieux, depuis la Révolution, pour chasser la Doctrine du Bonheur hors du monde. On se croyait enfin débarrassé. Pas du tout ! Les peuples la cher­chent dans la nuit...

 

Quelque chose bouge dans les profondeurs de l'âme du monde ; un jour ou l'autre, elle écla­tera en plein jour. Comment ? Dieu seul le sait ; on ne peut encore le deviner...

 

La doctrine du Bonheur renaît, après une lon­gue éclipse, en Angleterre, en Hollande, en Alle­magne, en Suisse ; elle naît en d'autres pays qui ne furent jamais catholiques : aux États-unis, au Japon, au Sud Vietnam, aux Îles Philippines, en Birmanie et dans les pays qui gémissent sous le joug soviétique...

 

Une vague de fond soulève les peuples qui ont besoin d'être heureux, et qui sentent, plus ou moins consciemment, qu'ils ne le sont et ne le seront jamais sans la doctrine des Béatitudes, sans ce miracle divin qui transfigure la vie en changeant toute souffrance en joie...

 

Que faire ? C'est à désespérer ! Comment ? Ces peuples ne se sont-ils pas habitués au Malheur ? Depuis que l'Europe est déchristia­nisée et divisée, on les a pourtant si bien entraî­nés... Eh bien, on les empêchera à tout prix de revenir à la doctrine du Bonheur...

 

Il y a un bon moyen : Satan, l'Incarnation du Malheur, ne s'attaquera plus aux âmes, en par­ticulier, il jouera à fond son influence sur les grands ensembles ; il régnera par la politique presque sur tout l'univers ! Son action sera écla­tante d'insolence en Orient ; et de perfidie, en Occident.

 

                                                                 ***

La tempête fait rage, les ténèbres sataniques s'épaississent ; gardons les yeux fixés sur le rayon de soleil qui les traverse et qui bientôt les chassera.  Le retour de Paul VI sera la mèche qui allumera, la grande lumière, celle de DIEU.

 

Quand le surnaturel surgira encore dans le monde, et en particulier au sein de la Fille aînée de l'Église dont l'histoire fut ensemencée d'in­terventions divines, alors tous les calculs satani­ques seront balayés...

 

Il en fut ainsi, il en sera de même, — peut-être demain…

 

En notre époque qui marche vers sa fin reten­tit l'appel mystérieux d'une Vie Nouvelle ; si dans le monde actuel tout est corrompu, déna­turé, souillé, il reste néanmoins des âmes illumi­nées par un bonheur qui n'est pas de ce monde ; elles finiront par embraser le monde de leur flamme de joie, fille de la Joie éternelle du Christ !

 

 

FIN

 

Nous espérons que vous avez aimé ce magnifique chef d’œuvre de Paul Scortesco

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

                   Imp. JOUVE, 15, rue Racine, Paris. -Dépôt légal : 1960

 

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 17:51

                    

CHAPITRE II LES BÉATITUDES   (SUITE 2ième  partie)

LA DOCTRINE DU CHRIST, C'EST LA DOC­TRINE DU BONHEUR. Tous nos échecs et nos malheurs proviennent du refus d'accepter les lois du bonheur proposées par Dieu même : les huit Béatitudes. Prodigieux retournement des valeurs humai­nes !

 

Le Christ est venu pour ceux qui souffrent. Il fréquentait, en particulier, les « gens sans importance », qui passent aux yeux du monde pour les plus souffrants, les truands, les pros­tituées, les mendiants ; ils avaient besoin plus que les autres d'être libérés des mirages et appa­rences de ce monde.

 

La souffrance surnaturellement transfigurée : « Bienheureux ceux qui pleurent »... Bonheur qui ne vient pas de la chair ni du monde, mais du dedans. De Dieu en nous. Malheur radical de notre temps : la joie ne peut plus jaillir de la vie intérieure : « Toute la beauté de la fille du roi est au-dedans » (Ps. XLIV, 16). C'est notre âme, la fille du roi ! Qu'en avons-nous fait ? Une mendiante qui attend, au coin des rues, les passants qui pourraient lui offrir une aumône ; nous attendons tout du dehors !

 

« Bienheureux serez-vous lorsque l'on vous in­sultera, lorsque l'on vous persécutera, et lorsque l'on dira toute sorte de mal contre vous à cause de moi, en mentant. Soyez dans la joie et dans l'allégresse »... Si ce n'est pas de la vie inté­rieure illuminée par la grâce, d'où vient ce total renversement des valeurs ? Quelle preuve fla­grante de la victoire de l'Esprit !

 

Art de vivre authentiquement et uniquement chrétien : n'avoir pas peur des adversités. Les offrir à Dieu et en tirer une joie : Imitation de la Croix. Qui n'est pas aimée pour elle-même mais comme instrument de perfection. La dou­leur offrande a perdu sa force de destruction. Elle est joie puisqu'elle est amour. Art de vivre complètement perdu aujourd'hui.

 

Ne pas se prendre au sérieux, garder le sens de l'humour, être gai de se savoir le dernier des derniers ! Exulter quand les pires coups s'abat­tent sur vous ou sur votre œuvre ; vivre tou­jours dans la joie en se crucifiant pour Jésus : « GAUDETE SEMPER » ! Autant de traits qui  appartiennent au vrai chrétien.

 

Le secret du bonheur : être content et joyeux quoiqu'il arrive, car rien n'arrive sans la per­mission de Dieu.

 

Pour être heureux il faudrait que rien ne s'op­pose à notre volonté. Or, il n'existe qu'une seule volonté à laquelle rien ne s'oppose : la divine Volonté. Ayons donc cette volonté et nous serons heureux ; celui-là donc possède le bonheur dont la volonté est conforme à celle de Dieu.

 

On peut éprouver en cette vie même le com­mencement de la béatitude céleste :   elle  prend ici-bas la forme des huit béatitudes terrestres : bienheureux ceux qui ne sont pas riches et com­blés parce qu'ils ne s'endorment pas ; bienheu­reux les pauvres qui portent la croix parce qu'ils se tiennent éveillés et seront ressuscites. Satan veut nous faire croire, comme à Jésus lui-même, que la béatitude du ciel commence sur la terre par la possession  des   richesses  de  ce  monde. Nous   aurons   garde   de   nous   laisser   égarer : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux vous, qui avez faim maintenant,  car   vous  serez  rassasiés. »  (Luc ; VI, 20).

 

Qu'attendons-nous de la terre ? Les moyens d'y être purifiés, d'y devenir ce que nous som­mes, de nous préparer à être reçus au ciel par le Christ qui est déjà au sommet de notre âme et de ressusciter avec Lui. Le reste n'est qu'illu­sion ! Tous les messianismes collectivistes ne sont que des hallucinations, ils veulent nous faire croire que, dans l'avenir, le malheur et la misère seront bannis de la terre !

 

Or, lorsqu'on prêche les Béatitudes on n'annonce pas un avenir prestigieux de la société, on annonce un maintenant divinisé, une union de l'âme à Dieu et à notre prochain, un maintenant vécu dans un amour purifié, tellement amour qu'il en est béatitude. Et c'est alors, par surcroît, une cité plus humai­ne. Le Christ n'est pas venu pour briser les chaînes de la servitude, mais pour nous insuf­fler le pouvoir surnaturel de les rendre plus légères, — tellement légères qu'elles nous sou­lèvent au lieu de nous écraser...

 

« Bienheureux les pauvres en esprit »... Ne plus vivre par soi mais de la vie même du Verbe incarné ; se vider de soi pour être rempli par l'Esprit de Dieu : pauvreté qui mène à la plus sublime des richesses ! Hélas, pour un homme atteint de cécité spirituelle, c'est être réelle­ment pauvre que de vivre et raisonner en s'ap­puyant sur le Sacré. Aveuglement fondamental que de croire à la richesse de la révélation des sens et à la pauvreté de la Révélation de Dieu !

 

Identification d'amour avec Dieu dans les ténèbres... Ton avoir fait écran ! Enlève-le ! Et alors les ténèbres se changent en opulente et éblouissante Lumière !

 

Ta vie, ô homme moderne, est un refuge contre toi-même. Pour ne pas permettre à Dieu de te dépouiller de tout ce qui est en toi et n'est pas toi !

 

« Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu »...

 

Nul n'est malheureux par les événements, mais par sa réaction envers les événements : si cette réaction est une acceptation souriante et paisible, tout est joie ; si elle est haineuse et vio­lente, tout est souffrance.

 

« Enfants de Dieu »... Nous sommes créés pour aimer Dieu et devenir des saints de Dieu, — « en dansant de joie devant l'Arche du « Seigneur » !

 

Que ce terme de saint ne nous effraie pas ! Que l'on ne croie pas que la sainteté soit l'évo­cation d'un idéal inaccessible ! Sans rapport avec le réel ! Ne l'ai-je pas démontré tout au long de ce livre : le « réel » ne s'écroule-t-il pas quand disparaît le sens du Sacré ? Toutes les civilisa­tions ne se sont-elles pas effondrées, chaque fois qu'elles se sont éloignées du Sacré ?

 

Bien au contraire : est irréaliste toute société qui perd de vue le destin de l'homme, qui ne l'aide pas à l'atteindre : devenir un enfant de Dieu, être à l'image de Dieu !... Sans cela, on n'y trouvera dans le monde que de la veulerie, de la lâcheté, de l'anxiété, du malheur !

 

Ah non ! Ce n'est pas un « idéal inaccessi­ble »... Pour devenir un enfant de Dieu, on n'a qu'à dompter le vieil homme, source de tous les écroulements. Et pour y parvenir, se dire comme saint Cottolengo : « Dieu me voit », et voir ensuite Dieu en tout et en tous... Pour s'appro­cher de la sainteté, se répéter aussi souvent que possible les paroles de saint Bosco : « Sainte Ma­rie, mère de Jésus, faites de moi un saint ! » Il faut savoir demander, savoir prier ; car de même que le corps, pour grandir, assimile une nourriture qui appartient au milieu, l'âme, pour s'épanouir, doit recevoir une nourriture qui lui vient d'un autre « Milieu »...

 

Les âmes qui ne prient pas, ne se nourrissent pas. Les hommes qui ont perdu le sens de la prière et qui consi­dèrent que l'action est le seul moyen de parvenir à leurs fins, se surmènent, se vident d'eux-mêmes, victimes d'une hémorragie morale perpé­tuelle.

 

La déperdition de substance spirituelle com­promet l'existence même de l'humanité : elle se meurt d'inanition, — et vogue à pleines voiles comme le radeau de Méduse, cap au malheur total.

 

On se plaint que le bonheur est chose rare…  Mais combien d'hommes désirent-ils devenir des saints ? Or, il n'y a pas de bonheur véritable hors de la sainteté. C'est l'état des « BIENHEU­REUX ». C'est l'état de ceux qui veulent vivre la doctrine de la joie, les Béatitudes : « Bienheu­reux ceux qui »... Et, en effet, ils sont heureux...

 

Le bonheur est l'apanage de ceux qui veulent vivre en Dieu, de ceux qui se rappellent les paroles de Dieu : « Moi en eux, mon Père en moi ». Point d'autre Bonheur !

 

Dieu nous a donné sa vie afin que nous échap­pions à la mort et sa mort afin que nous ayons la vie ; quand on a vécu cela, non compris mais vécu, on ne peut être que dans le ravissement...

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

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