Si Dieu veut que vous soyez malade présentement, pourquoi ne le voudriez-vous pas ? La volonté de Dieu n'est elle pas toujours sainte et adorable ?
Pourquoi êtes-vous au monde ? Est-ce pour faire votre volonté ou celle de Dieu ?
Vous lui dites tous les jours : que votre volonté soit faite ; et maintenant que Dieu vous manifeste sa volonté en vous frappant de maladie, vous opposeriez-vous à son accomplissement ? Dites donc une bonne fois du fond de votre cœur : Seigneur, que votre volonté soit faite !
Vous demandez à Dieu votre guérison et vous éclatez en plaintes parce qu'il ne vous l'accorde pas : ne vaut-il pas mieux être malade avec la volonté de Dieu que bien portant malgré lui ?
Vous vous irritez de l'impuissance des remèdes : usez-en, c'est bien ; Dieu vous y autorise ; s'ils restent sans effet, qu’avez-vous de plus sage à faire que de vous soumettre à une volonté toute-puissante, contre laquelle toute rébellion est aussi folle que superflue ?
«Je suis si heureuse d'être telle qu'il plaît à Dieu, disait une pieuse fille, que je n'échangerais pas mes douleurs contre une couronne. »
Une mère de famille, à ses derniers moments, était en proie à de vives souffrances : le prêtre l'exhorta à la résignation : « Quoi ! Lui répondit-elle, et pourquoi ne me soumettrais-je pas à la volonté de Dieu ? Toute ma vie je lui ai demandé ce qui lui plaisait, joie ou croix, et maintenant qu'il exauce mes vœux, aurais-je des motifs de me plaindre ? »
Heureuses les âmes qui ont de tels sentiments !
Vous êtes inquiète, dites-vous, parce que vous vous trouvez dans l'impossibilité de réciter vos prières, d'aller à l'église, de vous livrer à vos habitudes de piété. Et pourquoi vous troubler de ce que vous ne pouvez pas faire ? Pourriez-vous servir Dieu mieux et plus sûrement qu'en vous soumettant à sa volonté ? Qu'y a-t-il de plus grand, de plus méritoire, de plus glorieux, que de souffrir pour Dieu ? Un grand nombre de saints ont été contraints de passer toute leur vie avec des infirmités qui ne leur permettaient pas de faire de longues oraisons, ni de se livrer aux bonnes œuvres qu'ils eussent désiré faire : ils se soumettaient à Dieu, et c'était tout ce qu'il exigeait d'eux pour les sanctifier.
Mais, vous ajoutez encore, ce qui me contrarie, c'est de voir que je cause tant d'embarras à ceux qui doivent me soigner ou vivre avec moi. Tranquillisez-vous : la maladie est une occasion d'acquérir beaucoup de mérites, non seulement pour celui qui est malade, mais encore pour ceux qui l'assistent. «Quelle consolation, disait saint François de Sales dans sa dernière maladie, de voir les peines que ces bons serviteurs se donnent pour moi ! Ils gagnent le ciel à force de bons soins et de charité. »
Courage donc ! Il est bien plus aisé de faire son purgatoire en ce monde que dans l'autre : songez combien vous serez heureux un jour si vous souffrez maintenant avec patience !
Pourvu que vous arriviez au ciel, qu'importe le chemin qui vous y mène ! La route peut vous paraît longue aujourd'hui, mais qu'elle vous semblera courte quand vous toucherez au terme ! Laissez Dieu agir en maître et reposez-vous sur lui avec un abandon complet, comme le passager se confie au pilote pendant la tempête ! Ce monde est une mer houleuse semée de mille écueils. Auriez-vous moins de confiance en Dieu pour vous conduire au ciel que dans le matelot pour vous faire aborder heureusement au rivage ?
Dieu sait ce qui est le plus avantageux pour votre salut : contentez-vous de ce qu'il fait. Il n'a nul besoin de vos conseils : Il ne demande que votre soumission. Sa bonté vous mesure les croix en raison de vos forces : Il a fixé lui-même le temps où il sera opportun de vous en délivrer, et elles ne dureront pas au delà de ce qui vous est nécessaire ou avantageux. Que cette réflexion vous soutienne et vous console.
Sainte Lidwine était admirablement fidèle au Seigneur : Il l'éprouva par une maladie extraordinaire durant trente-huit ans, et la patience avec laquelle elle supporta celle épreuve l'éleva à une haute sainteté.
Combien d'âmes sont montées au ciel par la maladie et que la santé eût précipitées en enfer ! Combien d'autres sont déjà malheureuses pour l'éternité, et qui eussent été à jamais heureuses si elles avaient été éprouvées par de longues et cruelles souffrances !
Saint Alipe resta couché quatorze ans : une large plaie le faisait beaucoup souffrir. Dans cette position douloureuse, il répétait constamment la même prière : « J'adore votre sainte volonté, Ô mon Dieu ! Vous êtes juste et vous m'éprouve avec équité ! » Que cette prière soit aussi la vôtre dans tous vos souffrances et vos maladies !
Voici encore quelques courtes oraisons que vous réciterez avec profit quand vous serez malade, non pas toutes à la foi mais tantôt l'une, tantôt l'autre.
O mon Dieu, je crois en vous ! — 0 mon Dieu, j'espère en vous !... O mon Dieu, je vous aime par-dessus tout ! O mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé !... O Jésus, je veux souffrir, parce que vous le voulez ! 0 Jésus, je veux souffrir comme vous le voulez ! 0 Jésus, je veux souffrir an tant que vous le voulez ! O Jésus, je veux souffrir aussi longtemps que vous le voulez ! O Jésus, je veux souffrir par l'amour de vous, parce que vous avez beaucoup souffert pour l'amour de moi ! Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans, mon agonie !
FÊTE DU JOUR: Saint Jean, apôtre et évangéliste.
Saint Jean est l'apôtre que désigne l'Évangile par ces mois : « Le disciple que Jésus aimait. » Notre-Seigneur aime par dessus tout, la pureté virginale et c'est cette vertu qui rendit saint Jean cher à son Cœur sacré. Le plus jeune de tous les, apôtres, Jean fut invité, sur les bords du Jourdain, à suivre Jésus, au commencement de la vie publique du Sauveur. Il fut un des apôtres privilégiés appelés à être témoins de la transfiguration et de l'agonie de Jésus.
A la dernière scène, sa tête reposa sur la poitrine du divin Maître, et au jour de la Passion, tandis que tous les autres fuyaient, il accompagna Jésus sur la voie douloureuse et se tint debout près de la croix avec Marie. De la croix notre divin Sauveur légua sa mère à la tendresse de l'apôtre fidèle, qui la recueillit dans sa demeure.
Ainsi la Vierge bénie fut confiée à un apôtre vierge, dit saint Augustin. Après l'Ascension de Notre-Seigneur, saint Jean vécut à Jérusalem, puis à Éphèse. C'est là qu'il écrivit son Évangile, si justement appelé l'Évangile de l'amour. Aucun des autres évangélistes n'a pénétré plus avant dans la connaissance des mystères divins. Aussi compare-t-on saint Jean à l'aigle pour exprimer la profondeur de ses vues surnaturelles. Le saint apôtre mourut à Éphèse en l'an 100 de l'ère nouvelle.
Extrait des LECTURES MÉDITÉES (1933)
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