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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 20:21

 

 « Je n'y ai pas pensé ! » Voila une expression fréquente. Que de choses auxquelles il y a un grave devoir d’y penser !

 

Au point de vue purement humain, que n'y aurait-il pas à dire ! Par ce défaut de penser, on négligera les devoirs de piété filiale ; on se privera d'une partie des joies fraternelles et on perdra la moitié de son bonheur ; quelqu’un peut soumettre le cœur le plus fidèle, par un manque de réflexion, à une épreuve dangereuse. Com­bien de personnes peuvent souffrir de ce manque de réflexion !

 

Dans les relations avec Dieu, il importe da­vantage encore de penser ! Penser, lorsqu'il s'agit des choses de l'âme, c'est acquérir une multitude de mérites, c'est pra­tiquer à chaque instant les petites vertus, c'est éviter de nombreuses fautes. Vous savez ce que disait David après son péché : « Pardonnez-moi, Seigneur, car j'avoue que j'ai agi comme un insensé ! » Et pourquoi cela ? Parce qu'il avait né­gligé de rentrer en lui-même et de réfléchir.

 

Le monde se divise en gens qui pensent et en gens qui ne pensent pas. Eh bien ! Il faut que vous pensiez ; il le faut ab­solument. Si vous prenez cette bonne habitude ne l'ayant pas eue jusqu'ici, vous ne comprendrez bientôt plus comment vous avez été si longtemps à l'acquérir, et si un jour, ce qui serait bien injuste, on vient à vous négliger, votre consolation sera de penser aux autres. Faire plaisir, provoquer le sourire d'un enfant, le remercîment d'un inconnu qu'on ne reverra jamais, par une prévenance, par une parole aimable, par un rien dont l'à-propos fait tout le mérite, n'est-ce pas un acte aussi facile que charitable ?

 

Et que personne ne dise : Plus tard, plus tard ! Eh bien ! Non, ne croyez pas que l'esprit se soumette tout d'un coup à la réflexion. Il faut le plus souvent l'y contraindre. A un cer­tain âge, la réflexion est douce, elle ne laisse pas de trace. Si vous réfléchissez alors, vous réfléchirez toujours.

Donc, ne vous laissez pas prévenir contre la réflexion. C'est une bonne amie, sage, prudente, et dont la gravité n'exclut pas les consolations et les espérances. Sans elle il n'y a ni sé­rieux dans la vie, ni piété possible. Sans elle, le salut lui-même n'est plus en sûreté.

 

Quel regret ce serait pour nous de devoir dire au dernier jour: « Tel devoir m'a échappé : je n'y ai pas pensé ; je me suis laissé entraîner à telle faute : je n'ai pas réfléchi ! » Mais ce regret serait alors stérile et sans fruit.

 

 Corrigeons-nous de notre légèreté tandis qu'il en est temps...

Pour bien réfléchir, il faut vivre dans un certain recueille­ment. Ni la vie intellectuelle ni la vie morale ne sauraient, sans ce recueillement, être ce qu'elles doivent être.

 

Ne soyons donc pas de ces âmes qui sont toujours « hors de chez elles ». Sachons, an contraire, nous faire en nous-mêmes un refuge, un foyer et comme un sanctuaire, où nous nous retrouvons et où les nô­tres sont toujours sûrs de nous retrouver, nous et nos senti­ments les plus chers, nous et nos pensées les plus intimes, nous et notre affection pour eux.

 

Catherine de Sienne rencontrait tous les obstacles imagi­nables à la sainte vie qu'elle désirait mener. Ses parents, la trouvant trop pieuse, voulurent l'occuper aux soins du ména­ge et ne lui laissèrent plus un moment pour aller prier Dieu. La sainte se soumit avec une docilité parfaite ; mais voyant que son cher oratoire lui était fermé, elle se fit un autre ora­toire dans son propre cœur, une cellule où elle s'entretenait affectueusement avec Jésus-Christ. Bien mieux, elle s'appli­qua à voir Jésus-Christ dans la personne de son père, la Sainte Vierge dans celle de sa mère ; et grâce à ces pensées de foi, elle les entoura de la plus profonde vénération, tout en faisant chaque jour elle-même de nouveaux progrès dans le recueil­lement.

 

Vous qui vivez au milieu du monde, faites en votre cœur, un foyer domestique sur lequel le monde n'aura jamais aucun droit.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Grégoire le Thaumaturge, évêque.

 

Saint Grégoire naquit, au commencement du troisième siè­cle, de parents idolâtres, dans la province du Pont. Vers l'an 231, il étudia la philosophie, en Palestine, à l'école du Grand Origène, qui de la recherche de la sagesse humaine ame­na son disciple à Jésus-Christ, la sagesse de Dieu. Peu de temps après sa conversion, Grégoire fut consacré évêque de Néo Césarée, son propre pays. Son humilité le pénétra de crainte en face d'un tel fardeau, et il se retira dans la solitude pour s'ins­truire plus à fond des mystères de la foi. Il reçut alors, par un prodige surnaturel, des lumières d’en haut sur la religion, ainsi qu'un symbole qui renfermait la doctrine la plus com­plète de la Sainte Trinité. Saint Grégoire mit par écrit cette doctrine, en fit la base de son enseignement et la transmit à ses successeurs. Une rare confiance en Dieu lui donna un pou­voir irrésistible sur le démon, et lui découvrit les secrets de l'avenir. Les miracles obtenus à sa prière lui méritèrent le nom de Thaumaturge. Les prédications de saint Grégoire con­vertirent son diocèse, fortifièrent les fidèles dans la persécu­tion, arrêtèrent les développements d'une hérésie naissante. A l'arrivée de saint Grégoire à Néo Césarée, il n'y avait que dix-sept chrétiens ; à sa mort, il ne restait que dix-sept païens. Il construisit pour son peuple la première église dont l'histoire fasse mention.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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