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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 22:12

 

«Ne te fie qu'à toi-même », dit un proverbe. Cette défiance est peu chrétienne dans les relations avec le pro­chain ; mais quand il s'agit du Purgatoire, elle est très sage et très louable.

 

Beaucoup de personnes sont portées à se persuader que, si elles venaient à être surprises par la mort, les prières des vivants ne leur manqueraient pas. C'est une grande et bien funeste illusion. Nos amis nous auront vite oublié ; et quant à ceux qui conserveront notre souvenir, il est à craindre qu'ils ne songent que fort peu à nous délivrer du Purgatoire. Dans ce siècle irréligieux, on néglige trop facile­ment les morts pour ne s'occuper que des vivants ; la voix de l'Église est peu écoutée ; la pénitence n'est plus qu'un nom ; la plupart du temps, on se contente de faire célébrer quel­ques messes, sinon moins encore, et tout est fini...

 

Oh ! Qu'il vaut bien mieux prendre le parti le plus sûr et ne compter que sur soi-même ! Tant mieux, si la grande charité de nos pro­ches rend nos prévisions superflues !

 

Mais, tout en nous efforçant d'éviter le Purgatoire par notre action personnelle, avisons aux moyens les plus sûrs, ou plu­tôt les moins incertains, d'obtenir quelques prières après notre mort. En voici plusieurs qui nous semblent pouvoir être utilement suggérés :

 

1° Faire son testament tandis qu'on est en bonne santé, le montrer à un homme compétent, le déposer entre les mains d'une personne de confiance, et y bien préciser le nombre de Messes qu'on exige.

 

2° Se faire agréger à une pieuse Association ou Confrérie dont le but principal soit de prier pour les confrères défunts.

 

3° Faire bon accueil à ceux qui se recommandent à nos prières, mais ne pas négliger de leur demander le même servi­ce pour le temps auquel Dieu nous appellera à lui.

 

4° Recourir à quelque sûr expédient pour nous ménager d'abondants suffrages aussitôt après notre mort. Telle est la convention faite entre plusieurs amies chrétiennes, qu'au dé­cès de l'une d'elles les autres se regarderont comme en­gagées à multiplier leurs oraisons pour le repos de son âme, à ne rien négliger de ce qui peut lui obtenir une prompte dé­livrance.

 

Prier beaucoup pendant notre vie, — comme nous l'a­vons si souvent recommandé déjà — pour les âmes du Purga­toire, afin d'obtenir de la miséricorde divine que d'autres nous rendent le même service après notre mort.

 

6° Ne jamais perdre de vue la grande ressource que nous a ménagée l'Église pour abréger la durée de nos peines, les in­dulgences. — Dans le même but, porter le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, auquel de si insignes privilèges sont attachés.

 

7° Penser souvent aux fins dernières, à la rigueur de la jus­tice divine, et sous l'impression de ces salutaires souvenirs, nous obliger à vivre dans l'innocence, dans la pratique de la mortification et de la prière.

 

« Qu'est-ce donc que le feu du Purgatoire pourrait avoir à consumer, demande l'auteur de l'Imitation, sinon vos péchés ? »

 

Ne péchez plus, vous abré­gerez votre Purgatoire plus efficacement que partout le reste...

 

Croira-t-on que rien de tout cela soit de trop pour nous adoucir les souffrances du Purgatoire ?

 

Où dira-t-on que c'est minutie de pousser si loin la sollicitude et la prévoyance ?

 

Ah !  Sans doute, ce n'est pas celle qui a lu les écrits des Saints sur le Purgatoire qui sera tentée de  penser ou de dire comme saint Jérôme. «Je n'épouvante les autres qu'a­près avoir tremblé le premier.» Il est bien permis de répéter cette parole après lui.

 

N'oublions pas l'affirmation de saint Augustin et de saint Thomas que : « La plus petite des peines qu'on y endure dépasse tout ce qu'on peut souffrir en ce monde. »

 

Une des saintes qui ont le plus écrit sur le Purgatoire, sain­te Catherine de Gênes, ne pouvait se retenir d'insister sur la nécessité de pourvoir nous-mêmes à nos besoins spirituels, tout spécialement quand il s'agit du Purgatoire. Témoin de la présomption d'une foule de chrétiens qui se rassurent, d'une part, sur leur honnêteté humaine ou sur l'accomplissement des principales pratiques de la religion, d'autre part, sur la mi­séricorde de Dieu « trop bon, comme ils disent, pour damner les hommes », ou enfin sur la grande charité de leurs proches, elle laissait échapper dans ces brûlantes effusions les senti­ments de son âme :

 

« Il me prend envie de crier assez fort pour remplir d'épou­vante tous les hommes qui sont sur la terre, et de leur dire : O malheureux ! Pourquoi vous laissez-vous aveugler par le monde, au point de ne songer en rien à la grande et cruelle nécessité en laquelle vous vous trouverez au moment de la mort ? »

 

Quoi ! Vous vous tenez tous à couvert, sous l'espérance de la miséricorde de Dieu que vous dites être si grande ; Eh ! Ne voyez-vous pas que c'est précisément cette immense bonté de Dieu qui vous jugera et qui vous condamnera ? Il est infiniment bon, mais il est aussi infiniment juste !

 

Sa bonté devrait vous porter à vous soumettre à tous ses commandements, et non à lui désobéir, dans l'espérance du pardon, car la justice aura infailliblement son cours, et il faut que, de manière ou d'autre, elle soit pleinement satisfaite.

 

« Ne vous rassurez pas non plus en disant : Je me confesse­rai, je gagnerai une indulgence plénière, car la contrition né­cessaire pour gagner cette indulgence dans sa totalité est si difficile à acquérir que vous devez bien plutôt craindre de n'y jamais parvenir ! »

 

Donc, soyons désormais mieux avisées, et prenons tous les moyens à notre disposition pour tomber dans le moins de fau­tes possible et multiplier, tant que nous le pouvons, les satis­factions.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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