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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 20:04

 

Descendez en esprit, dans les ca­chots ténébreux du Purgatoire ; placez-vous en présen­ce d'une personne de votre âge, de votre pays, de votre condition, et demandez-lui pour quelles fautes elle souffre de si cruels tourments.

 

Voici à peu près ce qu'elle vous répondra :

 

« Pour mes distractions pendant mes prières et ma curiosi­té à l'église. Pour mes impatiences, mes immortifications et mes négligences. Pour mes mensonges, mes jugements témé­raires et quelques légères médisances. Pour ma vanité et mon désir de paraître; puis pour beaucoup d'autres fautes plus graves dont je me suis dûment confessée, mais qui n'ont pas été expiées avant ma mort. »

 

Et vous, que répliquerez-vous à cette pauvre captive du Purgatoire, pour qui il n'est plus temps de se corriger ? Ah ! Vous lui avouerez sans doute que ses fautes ressemblent à celles que vous commettez tous les jours. Mais n'ajouterez-vous pas que vous voulez profiter de son malheur et améliorer votre conduite, pour ne pas par­tager un jour les mêmes supplices ?

 

Oui, certes, c'est le résultat principal que doit avoir pour nous  la méditation du Purgatoire : Nous  obliger à rentrer en nous-même, à nous amender, à embrasser un genre de vie foncièrement conforme à la morale évangélique.

 

De quel œil en effet les souffrances qu'on endure dans la prison du Purgatoire ne doivent-elles pas nous faire envisa­ger la paresse, la tiédeur, l'amour de nos aises ?

 

Quelles ré­flexions ne nous suggèrent-elles pas sur notre façon d'accom­plir nos dévotions comme par manière d'acquit ou par rou­tine ?

 

Quel changement tout cela ne doit-il pas amener dans notre vie? Quel soin dans nos examens, dans nos confessions, dans les communions, et dans nos prières ? Il semble désor­mais que la grâce des grâces, pour laquelle nous ne devrions pas cesser d'importuner Notre-Seigneur, soit de haïr le péché d'une haine semblable à celle dont il le poursuit lui-même.

 

Ah ! Si le Purgatoire est tant à craindre, et si nous ne pou­vons en toute sécurité compter que sur nous pour en abréger la durée, par les prières et les bonnes œuvres de notre vie, ayons toujours présente à la mémoire la pensée des supplices qu'on endure au fond de ces brasiers ardents ; ce sera pour nous un soutien, un aiguillon, en même temps qu'un préservatif des plus salutaires.

 

Pensons au Purgatoire dans la joie, pour nous rappeler que nous expierons plus tard ce qu'elle aurait de désordonné ou de coupable.

 

Pensons-y dans la tristesse, en nous disant que toutes nos douleurs ne sont rien auprès de celles du Purgatoire. Pensons-y le matin, pour nous encourager à passer saintement la journée; pensons-y le soir, afin de renou­veler notre propos de mourir plutôt que d'offenser Dieu, afin aussi de prier pour ces millions d'âmes qui n'ont d'autre lit qu'un feu dévorant. Avant chaque action importante, de­mandons-nous si un jour dans le Purgatoire nous serons con­tente de l'avoir faite.

 

Que de généreuses résolutions nous inspireront ce souvenir, fréquemment renouvelé !

 

Saint François Xavier allait plus loin. Il suggérait, au su­jet du Purgatoire, une réflexion dont tous les chrétiens de­vraient faire leur profit. « Vous pensez, disait-il, à vos frères qui souffrent dans un autre monde ; vous avez la religieuse ambition de les soulager ; c'est très bien, mais pensez d'abord à votre salut. Avant d'entreprendre de soustraire des âmes du Purgatoire, commencez par délivrer la vôtre de l'enfer.

 

«Que ce conseil est sage  et qu'il importe de le suivre ! Or, pour  se préserver de l'enfer, il faut avant tout vivre en état de  grâce.

 

Voilà la première leçon que nous donnent les âmes du  Purgatoire, « Si vous voulez éviter nos tourments, et à plus forte raison, ceux des damnés, gardez-vous de commettre le péché. »

 

Du reste, même pour être utile à ces pauvres âmes, pour gagner les indulgences de l'Église, nous devons nous trouver en état de grâce.

 

Mort au péché ! Telle doit être la devise de tout chrétien...

 

 

FÊTE DU JOUR: 13 novembre, Saint Stanislas Kostka, confesseur.

 

Saint Stanislas appartenait à une noble famille de Pologne. Dès son enfance on vit briller en lui une telle innocence qu'on disait qu'étant déjà un ange, il serait plus tard un saint.

 

Si, à la table du comte de Kostka, quelque parole légère ve­nait à être prononcée, Stanislas pâlissait aussitôt, et il tom­bait en faiblesse si la conversation continuait.

 

A quatorze ans, le saint enfant alla, avec son frère aîné Paul, étudier au col­lège des jésuites à Vienne. La sévérité de sa vie parut à Paul un reproche continuel de ses habitudes trop libres, et malgré sa douceur et son caractère joyeux, Stanislas eut à souffrir de la part de son frère les plus indignes traitements.

 

Ces sé­vices et les mortifications qu'il s'imposait le firent tomber dangereusement malade. Stanislas et son frère logeaient chez un protestant qui n'eût admis la présence d'aucun prêtre catho­lique.

 

Dans cette extrémité, Stanislas se souvint que sainte Barbe, sa patronne, n'avait jamais laissé mourir sans le saint Viatique ceux qui l'imploraient : il l'appela donc dévotement à son aide, et la sainte lui apparut avec deux anges qui le com­munièrent.

 

La Sainte Vierge rendit elle-même la santé à Stanislas, et lui ordonna d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Pour échapper à l'opposition de son père, Stanislas dut s'en­fuir de Vienne, et après avoir prouvé la fermeté de sa résolu­tion, il fut reçu au noviciat à Rome où il s'était rendu à pied depuis Vienne.

 

C'est dans ce pieux asile que Stanislas mourut à dix-sept ans, le jour de l'Assomption, comme il l'avait de­mandé à Marie.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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