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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 20:29

La prière peut s'adresser à celui qui peut en ac­complir  le but,  ou à celui qui peut nous aider à obtenir ce que nous demandons. Comme toutes nos prières doivent tendre à obtenir la grâce et la gloire que Dieu seul donne, il est clair que nous ne pou­vons recourir qu'à Dieu pour obtenir l'effet de nos prières, mais, pour nous aider à réussir, nous nous adressons aux anges et aux saints hommes afin qu'ils unissent leurs prières aux nôtres. Aussi dans les li­tanies nous demandons à la Trinité d'avoir pitié de nous, et aux saints nous demandons de prier pour nous.

 

Il y a donc, d'après le Docteur angélique, et d'après tous les autres théologiens, une prière qui ne doit s'adresser qu'à Dieu et qu'on ne peut adres­ser aux créatures. C'est celle par laquelle on regarde celui qu'on prie comme la source principale de tout le bien qu'on lui demande, ne dépendant de per­sonne pour nous l'accorder, pouvant triompher de tous les obstacles qui s'y opposeraient et disposer de tout par sa puissance et sa volonté pour que l'effet de nos prières soit produit.

 

Or, il est clair que, quand on pense de la sorte en priant, on ne peut adresser qu'à Dieu sa prière, car lui seul est le principe de tout bien, lui seul est indépendant, lui seul peut disposer de toutes choses, selon son bon plaisir, par sa propre puissance. La prière faite dans cette persuasion est un acte de reli­gion et du culte de latrie qui n'est dû qu'à Dieu. On peut prier de la sorte, ou la divinité, ou la Trinité, ou chacune des Personnes divines séparé­ment, comme le fait l'Église.

 

Et certes, approchons avec confiance du trône de la grâce. Dieu veut bien que nous l'appelions du nom de Père, et il a toujours l'oreille ouverte à la prière de ses enfants. Toujours il est prêt à les accueillir, à les consoler, à les assister, quelle que soit leur misère, et même quels qu'aient été leurs crimes.

 

Mais si nous ne nous défions pas de lui, il nous est permis de nous défier de nous-mêmes. Nous sentons notre impuissance, nous n'avons de ressource que dans la miséricorde divine implorée par la prière; mais notre prière elle-même est souvent si impar­faite que nous éprouvons le besoin de la faire appuyer par d'autres qui aient plus de crédit que nous. De là l'invocation des saints et en particulier de la Vierge Marie, dont nous avons à parler.

 

Quand nous avons à cœur d'obtenir une grâce, nous demandons le secours des prières des parents, des amis, des religieux dont la vie est plus sainte que la nôtre ; et quand ils nous promettent de nous aider de leurs suffrages, nous en sommes heureux. Cette pratique est tellement conforme à la raison et à la foi, que les protestants eux-mêmes n'ont pas osé l'attaquer. Dieu lui-même dit aux amis de Job de recourir aux prières de ce saint homme qu'il promet d'exaucer. Les Apôtres ne cessent de recommander aux fidèles de prier pour eux.

 

Quand nous demandons aux vivants de prier pour nous, il ne nous vient pas même en pensée que ce soit eux qui doivent nous donner ce que nous vou­lons obtenir, la santé par exemple, ou la conversion. Nous savons bien que nous attendons de Dieu seul l'effet de leurs prières et des nôtres.

 

Il en est de même quand nous nous adressons aux saints du ciel. Nous ne les regardons pas comme maîtres indépendants des biens que nous voulons obtenir;  mais nous implorons simplement le secours de leurs prières, pour qu'ils nous aident à obtenir l'effet des nôtres; et ce recours aux saints, loin d'of­fenser Dieu, l'honore; car il fait ressortir davantage l'excellence de cette Majesté divine, auprès de laquelle, nous reconnaissant indignes de ses faveurs, nous faisons appuyer nos suppliques par le crédit des princes de sa cour. Cette prière adressée aux saints n'est plus alors un acte du culte auquel Dieu a seul droit; mais c'est l'acte du culte que nous rendons aux saints, comme étant les amis et les favoris de Dieu et les héritiers de sa gloire.

 

Nous n'ignorons pas que nous n'avons point d'autre Médiateur principal auprès de Dieu que Nôtre Seigneur Jésus-Christ, que c'est par ses mé­rites seuls que nos prières, et celles des saints, et de la Vierge Marie elle-même, ont accès auprès de Dieu; que c'est par lui, comme chante l'Église, que les anges, les archanges, les principautés, les puis­sances célestes louent la Majesté divine. Mais sa médiation, loin d'être amoindrie par celle des saints, en est, au contraire, rehaussée. De même que Dieu se montre plus grand en donnant à ses créatures le pouvoir d'agir, que s'il faisait tout par lui-même sans que les créatures pussent rien faire; de même les mérites de Jésus-Christ sont plus excellents quand ils donnent de l'efficacité à nos prières et à celles des saints, que s'ils faisaient tout par eux-mêmes. Sa médiation est d'autant plus parfaite que ses effets sont plus grands. Le crédit des saints l'honore donc, puisque c'est lui qui le leur donne, et que les saints ne peuvent rien que par lui. C'est un petit roi que celui qui n'a à son service que des valets. A un grand roi, il faut une grande cour composée de princes d'une grande puissance et d'un haut crédit. Il faut être protestant pour refuser cet honneur à notre Dieu.

 

Il est donc bon et utile d'invoquer les saints et de recourir à leurs prières et à leur assistance pour obtenir les bienfaits de Dieu par la médiation de son Fils Jésus-Christ; c'est la doctrine de l'Église telle que l'expose le Concile de Trente. Il est clair que les Bienheureux, éclairés par la lumière de la gloire, connaissent nos besoins et nos prières, et qu'ils sont d'autant plus disposés à nous aider à faire notre salut qu'ils sont plus en sûreté sur le leur. La prière pour les autres, dit saint Thomas, vient de la charité; plus donc les saints, qui sont dans la patrie, ont une charité parfaite, plus ils prient pour ceux qui, étant encore sur la terre, peuvent être aidés par leurs prières; et plus ils sont près de Dieu, plus leurs prières sont efficaces. Il est dans l'ordre de la Providence que l'excellence des êtres supérieurs se déverse sur les inférieurs, comme la lumière du soleil se répand dans l'air. Aussi saint Jérôme écrivait-il contre Vigilance : Si les Apôtres, si les martyrs étant encore dans leurs corps et ayant encore à s'inquiéter de leur propre salut, prient pour les autres, combien plus ils doivent le faire après les couronnes, après les victoires, après les triomphes. Leurs prières tirent leur efficacité de leurs mérites précédents, et de la miséricorde de Dieu qui les accepte.

 

Par les Bienheureux qu'il est bon d'invoquer, il faut entendre tous les saints anges et tous les hommes qui sont au ciel. L'Église ne prie publiquement que les saints canonisés ou béatifiés: mais, dans nos prières privées, il suffit de croire très probablement qu'une âme est au ciel pour pouvoir l'invoquer.

 

Il est manifeste, par conséquent, qu'on peut invo­quer les enfants morts après le baptême, puisque rien en eux n'a pu mettre obstacle à leur béatitude aussitôt après leur mort ; et peut-être n'y pense-t-on pas assez.

 

Qu'il nous soit permis à ce sujet de raconter une anecdote de notre vie de missionnaire. Au cours d'une mission dans une paroisse montagneuse peu éloignée de La Salette, nous avions la consolation de voir les fidèles accourir tous les soirs à l'église pour entendre la parole de Dieu. Or, un jour, une mère de famille, croyant qu'un de ses petits enfants, qui dormait dans son lit, pourrait se passer d'elle, vint avec son mari à la mission, après avoir fermé la porte de sa modeste demeure. Mais il arriva que, pendant le sermon, l'enfant s'éveilla, et souffrant de la soif, il s'approcha d'un grand seau à moitié rempli d'eau. En approchant les lèvres de l'eau, la tête emporta le reste du corps, et il se noya. Le père et la mère, à leur retour, eurent la grande douleur de le trouver sans vie.

 

Le surlendemain eurent lieu les funérailles. Il était d'usage dans cette paroisse de faire porter à l'église dans une bière ouverte le corps d'un enfant, vêtu de blanc et envi­ronné de feuillages et de fleurs, par d'autres petits enfants en habits de fête. En contemplant les restes de cet ange qui avait repris son vol vers le ciel, nous ne pouvions retenir nos larmes. Quelques mois après, les habitants de cette paroisse vinrent en pèlerinage à La Salette. Du haut de la chaire, nous leur rap­pelâmes cette circonstance, et, partant de là, nous leur prouvâmes que dans leur paroisse, comme dans toutes les paroisses chrétiennes, il y a des saints qui sont au ciel, pour les protéger, ne serait-ce que les enfants morts après le baptême. Cette pensée fit couler bien des larmes; elle est, en effet, touchante et consolante à la fois. Il est tel père qui oublie ses devoirs religieux, telle mère qui ne prie presque plus, et qui ont donné au ciel un élu et quelquefois plusieurs. Comment les parents peuvent-ils l'oublier? Et en y pensant, comment ne s'excitent-ils pas à invoquer cet être si cher, lui demandant son appui auprès de Dieu, pour supporter les peines de la vie, pour se préserver du péché, pour persévérer dans la grâce jusqu'à la mort, afin d'aller rejoindre au ciel ceux auxquels des liens si étroits les ont unis sur la terre ? Mais il n'y a pas que les petits enfants qui vont au ciel dans les familles chrétiennes. Les indif­férents de nos jours ont eu souvent des parents ou des grands-parents qui ont vécu et qui sont morts dans de tels sentiments d'amour et de crainte de Dieu, qu'il y a tout lieu de penser qu'ils sont au ciel. Que ne leur demandent-ils tous les jours de leur obtenir la grâce de n'être pas séparés d'eux éternel­lement!

 

Si les âmes de ces défunts étaient encore en Purgatoire. saint Alphonse de Liguori et Suarez enseignent qu'elles y prient pour nous, et qu'on peut croire pieusement que nous pouvons les invoquer, que nos bons anges, ou les leurs, leur font connaître nos prières, et que, étant les amies de Dieu, elles peuvent intercéder pour nous efficacement. Cette doctrine est consolante, et, en même temps, tout à fait conforme à l'esprit de l'Évangile qui relie par le lien de la charité tous les membres de l'Église, soit qu'ils règnent au ciel, soit qu'ils souffrent en Purgatoire, soit qu'ils combattent sur cette terre.   Sainte Catherine  de Bologne, au témoignage de saint Alphonse de Liguori, recourait aux âmes du Purgatoire, quand elle avait quelque faveur particulière à demander ; elle se voyait aussitôt exaucée; et même bien des grâces qu'elle n'avait pu obtenir par l'intercession des saints du ciel, lui avaient été accordées, assurait-elle, par l'en­tremise des âmes souffrantes.

 

Quoi qu'il en soit, invoquons les saints. De même que le commerce avec le démon par la sorcellerie est une marque de réprobation, de même l'habitude de s'adresser aux saints est un signe qu'un jour on sera associé à leur gloire.

 

Il est bon même d'avoir recours à plusieurs d'entre eux. Saint Thomas en donne la raison. « On obtient parfois, dit-il, par les prières de plusieurs ce que l'on n'obtiendrait pas par l'intercession d'un seul. »

 

C'est une pratique salutaire de se faire à soi-même des litanies dans lesquelles on invoque les saints pour lesquels on a le plus de dévotion, les saints de sa famille, de son pays, avec l'intention d'obtenir par chacun la grâce pour laquelle Dieu lui a donné plus de crédit, ou la vertu dans laquelle ce saint a le plus excellé. Mais surtout qu'on n'oublie pas de recourir à la Reine des saints.     (A suivre)

 

Extrait de : LA CLÉ DU CIEL  (1904) P. Berthier. M. S.

 

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commentaires

L
JE REVIENS À LA SOURCE DE MON ENFANCE D'OÙ JE SUIS ORIGINAIRE ET JE REMERCIE TOUS CEUX DES MIENS QUI SONT LÀ-HAUT ET JE N'OUBLIE MON DENIS QUI EST PASSÉ AU-DELÀ EN JUIN 1982...JE TE PRIE DE M'AIDER À FAIRE MON POTAGER TEL QUE TU LE FAISAIS SUR LA TERRE , TU M'ACCOMPAGNAIS DANS MES MOINDRES TRAVAUX. AIDE TOUS CEUX QUE J'AIME ICI-BAS ET SPÉCIALEMENT TA COUSINE HELENE ET CES ENFANTS ET SURTOUT SON FILS ETIENNE QUI LUI CAUSE DES SOUCIS.
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