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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 23:13

 

Il est peu de personnes qui sachent écouter dans les conversations, encore moins qui aient la patience d'écouter Dieu. Sans doute Il demeure dans nos âmes par la grâce, mais II refuse de parler si on ne prête à ses entre­tiens qu'une oreille distraite.

 

Faute de recueillement et de faire en elles le grand silence où retentisse clairement les paroles divines, beaucoup d'âmes n'entendent jamais les conseils, les reproches, les conso­lations et les paroles du Maître.

 

Le tapage des préoccupations humaines, le tintamarre des soucis mesquins étouffent la voix tendre ou sévère qui encourage et relève.

 

Ceux qui ne savent point trouver Dieu en eux et le reconnaître à ses paroles risquent fort de ne jamais se trouver eux-mêmes. Il n'est pas de force ni de fécondité intellectuelles sans la solitude intérieure. Point de prière utile, c'est-à-dire pas de vie sans le silence de l'âme entretenu par le recueillement.

 

   Le CRUCIFIX, image inanimée d'un mou­rant est muet.

 

    L’HOSTIE  du tabernacle, quoique vivante, se tait.

 

DIEU, du haut du ciel, parle une langue que les oreilles humaines n'entendent pas. Et pourtant, c'est de ce langage silencieux que les saints ont appris toute science ; que les héros ont appris la vaillance, que les hum­bles et vrais chrétiens ont appris la vertu.

 

Essayez « d'écouter » ce silence qui enve­loppe l’image du Rédempteur, qui rend ses plaies saignantes plus éloquentes et sa bouche divinement consolatrice.

 

Dans ces colloques du soir où l'on est seul à parler avec le crucifix, on se mesure soi-même et on se juge. Et alors comme on se trouve petit en se souvenant de tant de paroles inutiles, des opinions obstinément soutenues, des vaines conversations, des vanités étalées, des rancunes entretenues !

 

Demandez au crucifix de vous enseigner ce silence et de vous faire comprendre la néces­sité de l'accepter comme un devoir.

 

Allez à lui, à la fin de chacune de vos journées, pour déplorer les abus de vos paro­les et goûter comme il est doux de se taire en Jésus-Christ.

 

 

Extrait de « Paillettes d’or » (1913)   (108)

 

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