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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:10

 

La mort est pour le juste le terme de sa captivité, la fin de son exil, la récompense de ses travaux, c'est sa victoire, son triomphe. Une chrétienne vertueuse qui descend dans la tombe ressemble au vaisseau qui entre au port.

 

Le juste n'a point à appréhender les accablements de la mort ; il est dans la main de Dieu, qui est son père et son protecteur. La crainte de mourir ne viendra pas le troubler, car il ne songe qu'à la joie d'une délivrance prochaine et d'u­ne éternelle union avec Jésus. La crainte de l'enfer ne l'affli­gera pas davantage, car il a la confiance de passer bientôt à une vie meilleure : les remords n'auront point accès dans son cœur, car le juste aie cœur pur. Saint Martin, voyant le dé­mon près de son lit de mort, lui criait : « Que fais-tu là, misé­rable ? Tu n'auras aucune prise sur moi, grâce à Dieu ! » Oh ! Vivez maintenant si pieusement que vous puissiez tenir le même langage à votre dernière heure !

 

Saint Louis de Gonzague ayant appris que sa fin approchait manifestait une joie extraordinaire : « Quel bonheur ! disait-il, quel bonheur! Nous allons partir! Nous allons partir! « Le cardinal Bellarmin assurait que la nouvelle de sa mort pro­chaine lui avait causé la même impression que lui eût causé la nouvelle d'un heureux événement. Rappelez-vous la joie merveilleuse de saint Stanislas Kostka, favorisé d'une vision céleste, la paix ineffable dont jouissait Saint Louis, roi de France, mourant sur une terre étrangère, et tant, d'autres saints dont la mort vous offre de si consolants exemples. Le pieux et savant Suarez, se trouvant sur le point de mou-

rir, disait avec une profonde et douce émotion : « J'ai attendu le Seigneur avec une vive impatience 1 Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées 1 « Et il ajoutait comme s'il eût déjà un avant-goût des délices du ciel: «J'ignorais qu'il fût si doux de mourir ! »

Croyez-en la Vérité éternelle qui affirme que celui qui craint le Seigneur sera heureux à ses derniers moments : Heureux dans son corps, car ses douleurs sont allégées par l'espérance des biens éternels ; heureux dans son âme, car le calme dont elle jouit est un avant-goût et un gage de salut ; heureux, parce qu'il a la ferme confiance de comparaître devant un juge favorable, qu'il s'est toujours appliqué à servir fidèle­ment et au tribunal duquel ses bonnes œuvres l'ont précédé. Si vous voulez agir dans vos intérêts, vivez dans la crainte de Dieu, observez ses commandements, accomplissez les de­voirs de votre état : Souffrez sans impatience, et vous serez tranquille à l'heure si redoutée de la mort.

 

A cette heure suprême l'image du Sauveur crucifié est présentée aux justes comme aux pécheurs ; mais comme les sentiments qu'elle éveille en eux sont différents ! Ceux-ci ne voient dans le Christ qu'un juge sévère, dont une vie de dé­sordres doit provoquer la rigueur; ceux-là reconnaissent en lui le Rédempteur qu'ils ont aimé toute leur vie. Avec quelle consolation ils pressent sur leur cœur cette chère image ! Avec quelle confiance ils l'embrassent ! Avec quelle satisfaction ils entendent les prières de l'Église et répètent les doux noms de Jésus et de Marie qu'ils ont tant de fois invoqués pour obtenir la grâce d'une bonne mort !

 

« Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur ! » nous dit l'Esprit-Saint. Oui, mille fois heureux ceux-là ! Quand le mon­de entier les délaisserait, quand ils périraient au fond d'une sombre prison ou sur un échafaud ; quand leur corps serait dévoré par les flammes, ou noyé dans les abîmes de la mer, mille fois heureux ceux qui meurent dans le Seigneur !

 

Mais « mourir dans le Seigneur », ce n'est pas simplement mourir après avoir observé extérieurement les lois de l'Église, ni faire partie d'une confrérie, ni répondre jusqu'au dernier soupir aux prières qu'on récite, ni se frapper la poitrine ; ce n'est même pas répandre des larmes, baiser la croix et ren­dre l'esprit en la pressant sur son cœur et sur les lèvres !

 

Mourir dans le Seigneur, c'est sortir de cette vie dans la grâce et l'amitié de Dieu.

 

Qu'importe que vous périssiez misérablement aux yeux des hommes, tuée par un accident par exemple, sans pouvoir ni vous confesser, ni prononcer même les noms de Jésus et de Marie ! Pourvu que vous mouriez dans l'amitié de Dieu et exempte du péché mortel, ce sera mourir dans le Seigneur et avoir l'assurance d'une béatitude sans fin.

Mais vous auriez beau mourir dans votre lit, après une lon­gue maladie, ayant distribué tous vos biens aux pauvres, fon­dé des milliers de messes pour le repos de votre âme et reçu les sacrements de l'Église, si vous mouriez en état de péché mor­tel, hélas ! C'en serait fait de vous, vous tomberiez dans une éternelle réprobation !

 

Autant le pécheur est terrifié par la perspective de la mort, autant est inondé de joie un bon chrétien lorsqu'il entend réciter à son chevet : « Ame chrétienne, partez de ce monde, de ce monde que vous avez toujours méprisé, pour aller pa­raître devant Celui pour qui vous avez travaillé avec tant de courage, souffert avec tant de constance et de résignation, combattu avec tant de générosité et de bravoure ! »

 

Quel ravissement doit transporter un prince exilé à qui l'on vient dire : « Retournez dans votre patrie, dans votre royaume ! » Quelle joie doit pénétrer le guerrier vaillant que la voix du général appelle à venir recevoir sa récompense ! Eh bien ! Votre joie sera bien plus grande encore quand vous serez rappelée de votre exil pour entrer dans la patrie éternelle, sinon aussitôt, du moins après un certain séjour dans le Pur­gatoire !

 

Combien on se félicitera alors d'avoir souffert les épreuves, d'avoir dompté sa chair et pratiqué la vertu, préféré la croix de Jésus à tous les biens du monde ! Qu'on se réjouira d'avoir confessé ses péchés avec sincérité et repentir ; de les avoir effacés par les indulgences, les aumônes, les jeûnes, les prières et les bonnes œuvres !

 

Il est en votre pouvoir de goûter ces douceurs : Choisissez aujourd'hui ce que vous voudrez alors avoir choisi, car si vous ne fixez votre choix, c'est en vain que vous formeriez alors des vœux plus raisonnables ; il sera trop tard.

R. P. Hillegeer.

 

29   DÉCEMBRE,  FÊTE DU JOUR:   Les Saints Innocents.

 

Les mages avaient quitté la crèche en évitant, sur un avis, du ciel, de repasser par Jérusalem. Hérode les attendait, anxieux de savoir quel était cet enfant salué par eux du nom de roi des Juifs ; la royauté du Messie le faisait trembler pour la sienne, et déçu par les mages, incertain du lieu exact ou était né Jésus, de son âge, de sa condition, pour sauver sa couronne, il donna l'ordre barbare de faire mourir à Bethléem et aux environs tous les enfants au-dessous de deux ans.

 

Voila comment  la   fureur   égarait    ce  roi  qui   tremblait    pour son trône. Le nombre des enfants immolés par son ambition fut de plusieurs milliers. Ces enfants, « sont morts pour le Christ, dit saint Augustin, l'innocence fut victime pour la justice, mais aucune faveur ne pouvait leur être plus avantageuse ; car, baptisés dans leur sang, ils jouent dans les cieux avec leurs couronnes, près de l'autel où s'immole l'Agneau de Dieu. » Dès le XI° siècle, l'empereur Justin dédia à ces saint \ martyrs, à Constantinople, une église, où l'on vénérait le corps de l'un d'eux. Jusqu'aux jours néfastes de la révolution on conservait aussi à l'abbaye de Saint-Denis, en France, les reliques de l'un des saints Innocents dans un berceau de palmier enchâssé dans une caisse d'argent doré. L'Église de Saints- Innocents à Paris se glorifiait d'une semblable relique. Enfermée dans un magnifique cristal garni d'argent et enrichi de pierreries par la magnificence du roi Louis XI. Ces précieux trésors ont disparu.

 

Extrait de : LECTURES   MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

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