Jésus à Bethléem a des bienfaits à répandre sur tous ceux qui vont l'adorer, l'implorer, lui témoigner confiance et amour.
Êtes-vous coupable ? Il est la miséricorde incarnée.
Êtes- vous languissante? Il brûle d'amour pour vous.
Enfant de Jésus, ne voulez-vous pas entrer dans ce Cœur, puisqu'il vous est toujours ouvert ?
Songez en outre que des trésors inestimables sont cachés dans ce Cœur d'Enfant. C'est là que la grâce a sa source ; c'est là que réside la sainteté. Là les sacrements ont leur principe; là l'Église a son aliment.
Tout ce qu'il y a de beau et de bon, sur la terre et dans le ciel, se trouve enfermé dans le Cœur de Jésus Enfant. Oh ! Qu’il est doux d'habiter dans ce Cœur ! Dites-lui que vous voulez y établir votre demeure éternelle avec Marie et Joseph.
Et maintenant, si vous avez cette intimité avec le Cœur de l'Enfant Jésus, ne serez- vous pas pénétrée de confiance en lui ?
Ne redeviendrez-vous pas entant à côté de lui, vous rappelant toujours qu'il est votre seigneur et votre Dieu ?
Un enfant entre sans cérémonies ni compliments dans la chambre de son père ; il s'assied près de lui et ils s'entretiennent ensemble. Nous sommes enfants de Dieu, frères de Jésus : Entrons donc avec confiance à Bethléem, sous l'humble toit qui l'abrite. Dans la familiarité de l'âme avec Dieu est la parfaite union. Purifions nos âmes et alors la présence de Jésus ne nous causera pas de trouble ; bien au contraire, elle nous inondera de consolation.
Mais voici un trait bien touchant pour exciter encore davantage votre amour envers l'Enfant divin. Le P. Zucchi, la Compagnie de Jésus, remit un jour une petite image l'Enfant Jésus à une personne un peu mondaine, qui, tout l'acceptant avec reconnaissance, demanda en riant ce qu’elle devait faire de ce petit Enfant.
Le saint homme, qui savait qu'elle était grand amateur de musique, et qu'elle y consacrait une bonne partie de ses journées, répondit :
«Je vous invite seulement à placer la petite image sur clavecin où vous avez coutume de jouer.»
Elle le fit, et comme elle avait sans cesse devant elle cette image à côté de ses morceaux de musique, elle ne pouvait s’empêcher, chaque fois qu'elle jouait, de la regarder souvent. Et voilà que peu à peu ses yeux se portant de plus en plus souvent sur le divin Enfant, ils y demeurèrent longtemps fixes, et de jour en jour son cœur se sentit attiré davantage vers lui. Elle ne tarda pas à entremêler son jeu de longs repos, de fréquents soupirs, pendant lesquels elle considérait attentivement l'image.
Hélas ! disait-elle alors en poussant un profond gémissement, quel humiliant contraste entre cet Enfant et moi ! Il a abandonné le ciel et choisi la terre afin que moi j'abandonnasse cette terre et je choisisse le ciel. Et cependant, combien mon cœur est fortement attaché à ce monde, et combien il s'élève péniblement vers le ciel ! Cet Enfant aime la pauvreté, moi les richesses ; il recherche la misère et le besoin, moi le superflu et le bien-être ; il ambitionne le mépris, moi les honneurs et les distinctions ; il marche sur un chemin d'épines, et moi je veux arriver au ciel par un chemin de rosés ; déjà, quoique encore enfant, il tend ses petits bras vers la croix, et moi je recule devant la plus légère mortification ; il veut prendre son premier repos dans une étable et sur un peu de paille grossière, afin qu'un jour je trouve le repos dans le palais de la gloire céleste. O pauvre petit Enfant ! Tu fais et tu souffres tout pour moi, et moi je fais et je souffre si peu pour toi !
Ses yeux alors se mouillaient de larmes, et l'émotion profonde qu'elle ressentait lui inspirait de généreux propos.
Non, s'écria-t-elle un jour qu'elle venait de repasser ces pensées dans son cœur, non, cela ne peut aller ainsi ! Tant d'amour ne peut et ne doit être compensé que par le plus ardent amour.
Elle se lève, et comme autrefois la Samaritaine, elle est transformée par les touches puissantes de la grâce. Disant adieu à toutes les frivolités mondaines, elle devient une fervente adoratrice de Jésus Hostie, à qui elle se dévoue tout entière et à jamais.
Oh ! Combien elle doit aujourd'hui s'applaudir au ciel de cet acte de générosité !
26 Décembre, FÊTE DU JOUR: Saint Etienne, premier martyr.
Saint Etienne était, selon toute apparence, au nombre des soixante-douze disciples de Nôtre Seigneur.
Après l'Ascension, il fut choisi par les apôtres pour être un des sept diacres ; il est même nommé le premier de tous avec cette mention élogieuse : « Etienne, homme de foi, rempli de l'Esprit-Saint. »
Le ministère des sept diacres fut des plus fructueux ; mais plus que tous, Etienne, plein de grâce et de force, accomplissait parmi le peuple des prodiges et d'éclatants miracles.
Un grand nombre d'adversaires se levaient pour discuter avec lui, mais « ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'esprit qui parlaient en lui. »
Ils entrèrent en fureur. Etienne fut aussitôt traduit devant le sanhédrin et accusé comme son divin Maître d'avoir blasphémé contre Moïse et contre Dieu.
Il reprocha vivement aux princes des prêtres leur endurcissement de cœur, leur résistance à l'Esprit-Saint et la mort du Juste. Aveuglés par la colère, ils grincèrent des dents contre lui et le condamnèrent à être lapidé.
Saint Etienne fut conduit hors de la ville. Ayant donné leurs vêtements à garder à Saul, jeune homme qui devait être un jour saint Paul, les Juifs lancèrent contre Etienne de lourdes pierres ; mais lui, les yeux levés au ciel, s'écriait : « Je vois les cieux entrouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu.»
Il expira en priant pour ses bourreaux : « Seigneur Jésus, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font. Recevez mon esprit ! »
Saint Etienne porte le titre de premier martyr, parce qu'il fut le premier qui eut le bonheur de donner sa vie pour Jésus-Christ.
Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)
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