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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 18:20

LE CIEL – Vos fins dernières

DOM LÉONCE GRENIER PRIEUR DE ST-BENOIT-DU-LAC

Méditations sur ce qui nous attend au sortir de cette vie…

 

LE CIEL

 

L'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu ;

et elles ne sont pas montées au cœur de l'homme,

les choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment.

(I Cor., II, 9)

 

Le ciel est un séjour ultra-terrestre où les bienheureux, séparés des damnés,

jouissent de la vie même et du bon­heur de Dieu, avec le Christ.

 

     Avant la fin du monde, ce sont les âmes seules qui sont au ciel.

     Après la résurrection générale, les corps seront réunis à leurs âmes pour partager soit leur bonheur soit leur malheur, de même qu'ils auront été, pour les âmes, les instruments du bien ou du mal.

 

      le principal bonheur du ciel, c'est la vision de Dieu face à face.

     L'intelligence des élus est comblée par la connaissance parfaite de Dieu et de toutes choses.

     Notre intelligence est une capacité de connaître. Elle est faite pour connaître tout ce qui existe, et, au sommet de tout, Dieu, le Créateur.

     Et, notons-le bien, les élus ne connaissent pas Dieu à la manière des philosophes, par les seules lumières de la raison ; ils le voient et le contemplent dans le mystère de sa vie, dans sa Trinité.

 

    Qu'est-ce qui nous intéresse ici-bas, si ce n'est la vie ?

     La nôtre, celle des autres, celle des animaux et des plantes, celle des personnages du passé et même des personnages imaginaires que nous offrent les livres.

     En un mot, rien ne nous intéresse que la vie.

     Au ciel, nous contemplerons Celui qui est la Vie même, la Vie infinie et éternelle.

     C'est pour cela que le bonheur du ciel sera toujours nouveau et ne laissera place à aucun ennui possible.

     Les bonheurs d'ici-bas cessent à un moment donné. Quand une chose n'est plus nouvelle, elle cesse de nous plaire.

     Et toute chose cesse bien vite d'être nouvelle! Nous avons bientôt fait le tour de n'importe quelle chose créée; nous avons bientôt vu tout ce qu'elle pouvait avoir de beau et bon. Alors, nous nous en détournons: elle n'est plus nouvelle; elle nous est entièrement connue, et par suite, elle ne nous intéresse plus.

     Au ciel, ce sera toujours nouveau, parce que l'objet qui charmera notre intelligence et notre cœur est infini. C'est la Beauté infinie, la Bonté infinie, un abîme infini de perfections. Et de plus, ce sera la Vie, dont l'essence est d'être toujours nouvelle.

     Après la vie créée, lointain reflet de la réalité éternelle, nous jouirons de la Vie incréée, foyer de toute vie.

     Non seulement nous verrons Dieu, de toute notre intelligence illuminée par la lumière de gloire; mais nous le posséderons, et notre volonté, toute tendue vers le Souverain Bien, sera comblée par cette possession au point de ne plus pouvoir rien désirer.

 

     après la résurrection.

                                                                — Notre corps, partie inté­grante et essentielle de notre être, instrument de l'âme pour le bien, recevra sa récompense au jugement dernier.

     Alors, au bonheur surnaturel déjà possédé par l'âme s'ajoutera un bonheur naturel parfait.

     Après la destruction du monde par le feu, nous dit l'apôtre saint Pierre, il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre.

     Les élus jouiront de cet univers renouvelé. La vision de Dieu ne les empêchera nullement de connaître les choses créées. Au contraire. Ils verront tout en Dieu et trouveront Dieu en toutes choses. La vue des êtres créés ne les distraira pas de Dieu.

     Joie du cœur, qui sera comblé et rempli de l'amour le plus parfait pour Dieu, pour les Anges et les Saints.

     Joie de la sensibilité, qui goûtera la merveilleuse harmonie du ciel et la splendeur d'un univers d'où toute laideur et toute souffrance seront bannies.

     Joie des yeux, qui verront Nôtre-Seigneur et la Sainte Vierge dans leur incomparable beauté, ainsi que les autres élus, tous beaux, tous resplendissants de gloire. (Les justes brilleront comme des soleils, dit Nôtre-Seigneur, dans le Royaume de leur Père.)

     Toutes les puissances corporelles s'exerceront, sauf la vie végétative. En effet, la nutrition sera devenue inutile pour des corps désormais incorruptibles et la génération n'aura plus de raison d'être, puisque le nombre des élus sera accompli.

L'apôtre saint Paul énumère les qualités des corps ressuscites.

 

     l'incorruptibilité et l'impassibilité.

                                                                                                   — Les élus ne pourront plus souffrir, ni mourir. Aucun danger ne les menacera; rien ne pourra leur nuire. Ils seront à jamais exempts de toute peine, de tout ennui, de toute fatigue, de toute crainte.

 

     subtilité.

                         — Cette propriété ne consistera pas en ce que les élus auront un corps raréfié comme l'air (ils au­ront un vrai corps de chair) ; mais en ce que leur corps sera parfaitement soumis à l'âme, ce qui aura une foule de conséquences heureuses, comme, par exemple, la fa­culté de se transporter instantanément d'un lieu à un autre.

     En effet, les élus ne verront pas tout des yeux du corps sans avoir à se déplacer. Ils pourront donc quitter tel ou tel lieu du ciel d'une manière presque instantanée; et ce mouvement ne diminuera pas leur béatitude, car Dieu sera présent partout.

 

     clarté.

                          Cette propriété consistera dans le rejaillis­sement, sur le corps, de la gloire de l'âme. Chaque saint aura sa clarté propre, proportionnée à sa sainteté.

     La Transfiguration de Nôtre-Seigneur nous donne une idée de ce que sera la clarté des élus.

compagnie des êtres aimés.

                                                        — Le bonheur du ciel ne serait pas complet, dit le grand théologien saint Tho­mas d'Aquin, si nous rie retrouvions pas là-haut ceux que nous avons aimés ici-bas.

Nous aimerons tous les élus; mais il est sûr que nous aurons des préférences, et spécialement pour ceux que nous aurons aimés sur terre.

     Une des récompenses des justes sera précisément la compagnie, au ciel,  de ceux qu'ils auront aimés, et la joie d'avoir contribué à leur salut.

     Ce sera le bonheur en commun, les communications de l'amitié, la louange de Dieu célébrée d'un seul cœur.

      Il arrivera cependant que des êtres aimés manqueront à l'appel, parce qu'ils seront damnés; mais Dieu ne permettra pas que les élus s'attristent de leur sort.

      Les élus verront les choses comme Dieu lui-même et voudront exactement tout ce qu'il veut. Ils adoreront sa miséricorde, qui a poursuivi jusqu'au bout les pécheurs, et admireront sa justice, que les damnés proclament à jamais. Ils verront nettement que les damnés se sont perdus volontairement et qu'il n'est pas possible de les plaindre une fois qu'ils se sont précipités librement dans l'enfer.

     Les données qui précèdent sont toutes tirées de la Sainte Écriture, qui est la parole de Dieu. Toutefois, elles ne donnent qu'une très faible idée du bonheur éternel) qui, nous dit le Saint-Esprit, dépasse toute imagination et toute espérance.

     C'est à dessein que nous n'avons pas parlé des des­criptions du ciel que l'on trouve dans l'Apocalypse, aux chapitres IV, V, VII, XI, XIV, XV et XXI; car elles sont purement symboliques.

 

 

     pour qui le ciel ?

 

                                                   Parcourons l'Évangile et nous le verrons.

     Nous trouvons tout d'abord les Béatitudes:

     Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux.

     Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre! (Il faut comprendre le ciel, appelé aussi " la terre des vivants ", ou la nouvelle terre prédite pour les élus par l'apôtre saint Pierre. Il est certain en effet que la terre actuelle n'est pas possédée par les doux ; c'est même tout le contraire.)

     Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !

     Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! (dans le ciel, car la vie actuelle est plutôt le triomphe de l'injustice).

     Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséri­corde !

     Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

     Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu !

     Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !

     Heureux êtes-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux. (S. Mat., V, 3-12)

     On voit par là que le ciel est promis à ceux qui sont détachés des richesses, à ceux qui sont doux, à ceux qui pleurent leurs péchés, aux affamés de justice, aux misé­ricordieux, aux chastes, aux pacifiques, à ceux qui sont persécutés pour Jésus-Christ.

     Celui qui aura pratiqué les commandements et les aura enseignés sera grand dans le royaume des cieux. (S. Mat., V, 19)

     Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. (S. Mat., VI, 14)

     Celui qui persévérera jusqu'à la fin dans la fidélité au Christ sera sauvée. (S. Mat., X, 22)

     Jésus dit encore: " Celui qui m'aura confessé devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux. " (S. Mat., X, 32)

     Confesser le Christ devant les hommes, c'est se montrer et s'affirmer chrétien en toute occasion.

     Seront sauvés aussi ceux qui auront donné leur vie pour Jésus-Christ: " Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera ". (S. Mat., X, 39 et XVI, 25)

     Les humbles seront sauvés: " Celui qui se fera humble comme ce petit enfant est le plus grand dans le royaume des cieux". (S. Mat., XVIII, 4)

     Ceux qui renoncent à tout pour le Christ sont certains de se sauver. (S. Mat., XIX, 28-29)

     Le ciel sera la récompense des bonnes œuvres:" Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé des l'origine du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; nu, et vous m'avez vêtu; malade, et vous m'avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim, et vous avons-nous donné à manger, avoir soif, et vous avons-nous donné à boire? Quand vous avons-nous vu étranger, et vous avons-nous recueilli ; nu, et vous avons-nous vêtu? Quand vous avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus à vous? Et le Roi leur répondra: " En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ". (S. Mat., XXV, 34-41)

     La foi est nécessaire pour être sauvé: " Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné". (S. Marc, XVI, 17)

     L'Évangile selon saint Jean nous donne la même doc­trine: " En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle, et n'encourt point la condamnation, mais il a passé de la mort à la vie ". (S. Jean, VI, 24)

     " C'est la volonté de mon Père que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et moi, je le res­susciterai au dernier jour. " (S. Jean, VI, 40)

     " Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra point pour toujours. " (S. Jean, XI, 25-26)

     Seront sauvés ceux qui secourent leur prochain pour l'amour de Dieu: " Quand tu donnes un festin, invite des pauvres; des estropiés, des boiteux et des aveugles, et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent te rendre la pareille; car cela te sera rendu à la résurrection des justes ". (S. Luc, XIV, 14)

     " Donnez, et il vous sera donné; on versera dans votre sein une bonne mesure, pressée, secouée et débordante, car on se servira pour vous rendre, de la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré." (S. Luc, VI, 38)

     Seront également sauvés ceux qui acceptent avec sou­mission les épreuves que Dieu leur envoie, comme le pauvre Lazare et le bon Larron.

     Les autres ne sauraient être sauvés, puisqu'ils ne peu­vent même pas être les disciples du Christ, qui l'affirme avec force dans l'Évangile: " Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi ". (S. Mat., X, 38)

     Pour être sauvé, il faut nécessairement pratiquer les enseignements du Sermon sur la montagne, car à la fin de cette instruction, Nôtre-Seigneur affirme que ceux qui ne mettent pas cela en pratique bâtissent sur le sable et s'exposent d'une façon certaine à une grande ruine. (S. Mat., VII, 26-27)

     Et quels sont ces enseignements? — Le pardon sincère au prochain, la pureté du cœur, la sincérité, l'habitude d'agir pour Dieu seul, la fidélité à suivre la voie étroite de la pénitence et du devoir chrétien.

     Dans tout l'Évangile, Nôtre-Seigneur suppose que le salut dépend pratiquement de nous, et il ne cesse de nous exhorter à prendre, pour aller au ciel, les moyens qu'il nous indique.

     Y en a-t-il beaucoup qui vont au ciel ?

     Écoutons Nôtre-Seigneur: " Elle est étroite la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent ". (S. Mat., VII, 14)

     Le plus sûr moyen d'aller au ciel, c'est de le désirer, d'en commencer ici-bas la vie, toute d'amour, de faire ce que dit saint Jean de la Croix:

     " Il est de la plus haute importance que l'âme s'exerce beaucoup à l'amour, afin que se consommant rapidement, elle ne s'arrête guère ici-bas, mais parvienne promptement à voir son Dieu face à face. "

 

A suivre :

L’Enfer et le Jugement général.  Bonne méditation et que le Seigneur soit avec vous tous les jours de votre vie.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

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