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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 06:58

L’ENFER – Vos fins dernières

DOM LÉONCE GRENIER PRIEUR DE ST-BENOIT-DU-LAC

Méditations sur ce qui nous attend au sortir de cette vie…

 

L'ENFER

 

" Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ...

Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice.

(S. Mat. XXV, 41-46)

 

     Qu'est-ce que l'enfer ?

                                                — Le Catéchisme nous répond: C'est un lieu de supplice, où ceux qui sont morts en état de péché mortel sont privés de la vue de Dieu pour tou­jours, et souffrent des tourments épouvantables et éter­nels.

     C'est l'accumulation de tous les maux, de même que le ciel est la possession de tous les biens.

 

     C'est un dogme de foi. Par conséquent, on ne peut le nier sans péché mortel.

L'enfer est une des choses dont Nôtre-Seigneur parle le plus dans l'Évangile. Il y revient continuellement et avec la plus grande énergie. Tout son effort est tendu vers ce but: nous arracher à l'enfer, Il nous dit comment nous pouvons l'éviter, et nous montre que cela dépend pratiquement de nous. Nous n'avons qu'à prendre les moyens qui nous sont indiqués.

 

     ce qui est de foi au sujet de l'enfer:

    a) il existe,

    b) il est éternel,

    c) les damnés y souffrent éternellement,

    d) le feu de l'enfer est un feu réel (bien qu'on ignore sa nature). La Sacrée Pénitencerie, par un décret du 30 avril 1890, défend de donner l'absolution à tout pénitent qui s'obstinerait à affirmer que les feux de l'enfer ne sont qu'une métaphore pour désigner les peines intenses des démons et des damnés.

 

     la  RAISON ELLE-MÊME EXIGE L'ÉTERNITÉ DE L’ENFER. ——

 

     a) Le ciel est un héritage qui nous est offert et que nous pouvons refuser. Or, quand on refuse un héritage, c'est pour toujours.

On peut refuser de deux manières: soit directement, soit en refusant d'accomplir les conditions posées. Prati­quement, cela revient au même.

 

     b) Les damnés sont fixés dans le mal et dans l'aversion de Dieu au moment de leur mort, comme les élus sont fixés dans le bien et l'amour de Dieu. Tous les enseigne­ments de Jésus sur les fins dernières nous montrent qu'après la mort, il n'est plus temps de se repentir.

Les démons, comme les damnés, sont donc ennemis de Dieu à jamais. S'ils pouvaient un jour sortir de l'en­fer, ils braveraient Dieu et triompheraient de lui, ce qui est inadmissible.

 

     peine du dam.

                                      — C'est la principale peine de l'enfer. Elle consiste dans la séparation d'avec Dieu. Pour la comprendre un peu, il faut se souvenir que nous sommes créés pour connaître Dieu et l'aimer, et uniquement pour cela. Étant créés pour cela, nous ne pouvons trouver de bonheur qu'en cela.

     S'il nous semble, sur la terre, que l'homme peut très bien se passer de Dieu, c'est que les choses d'ici-bas, pouvant nous procurer un bonheur passager, nous font illusion, nous occupent, et peuvent même nous empêcher totalement de souffrir de l'absence de Dieu. C'est préci­sément là l'immense malheur des riches et de ceux que l'on appelle les " heureux de ce monde ".

     La tendance foncière de l'homme vers la possession de Dieu peut s'assouvir, d'une certaine façon, dans le plaisir, dans l'amour humain, la possession de l'argent ou du pouvoir, la satisfaction des passions.

     Comme ces millions de pauvres gens qui trompent leur faim avec des pommes de terre ou d'autres aliments qui les rassasient sans les nourrir!

     Ainsi, l'homme peut tromper, avec des choses créées qui sont, en réalité, autant d'idoles, sa faim de Dieu.

     Mais après la mort, plus rien pour tromper cette faim, si l'on est en enfer.

     Entre l'homme, dépouillé de tout, seul avec cette ten­dance de tout son être vers le seul Bonheur, entre l'homme, dis-je, et son Dieu, ce sera comme un mur d'airain, à jamais infranchissable. Ce Dieu dont le désir le dévore, il ne le verra jamais. Cette absence, cet exil, cette séparation, dureront toujours.

 

malheur éternel pour l'intelligence.

                                                                                     — Faite pour être comblée par la connaissance de Dieu et de toutes choses, elle sera plongée dans une éternelle igno­rance.

     Elle connaîtra néanmoins tout ce qui peut l'affliger.

     Elle connaîtra Dieu comme le Souverain Bien qu'elle a perdu pour toujours, comme son bonheur dont elle n'aura pas voulu, comme la Beauté infinie qu'elle ne verra jamais, l'Amour infini dont elle s'est détournée, la Miséricorde qu'elle a repoussée, la Justice infinie qui ne fléchira jamais.

     Elle comprendra tout ce qu'elle a perdu, et tout ce qu'elle aura à souffrir éternellement.

 

malheur éternel pour la volonté.

                                                                                         — Rien ne pourra plus la distraire de sa tendance foncière vers Dieu : et comme tout amour déçu se change en haine, elle aura pour Dieu la haine la plus furieuse, la plus totale, mais aussi la plus impuissante, éternellement.

 

malheur éternel pour la mémoire.

                                                                      — C'est proba­blement là ce que Nôtre-Seigneur appelle " le ver qui ne meurt point " et qui dévore les damnés.

     L'âme verra toutes ses fautes, dans toute leur laideur, et tout ce qui peut la faire souffrir.

     Elle se rappellera toutes les miséricordes divines, toutes lus grâces, toutes les bontés de Dieu.

     Elle verra que le Seigneur l'a poursuivie avec la plus attentive tendresse, et qu'elle l'a repoussé librement.

 

MALHEUR ÉTERNEL POUR LA SENSIBILITÉ.

                                                                                                         — Elle n'aura pour aliment que la souffrance et l'horreur, et sera punie par où elle a péché.

 

malheur éternel pour le corps.

                                                                                     — Ressuscité à la fin du monde, avec ses infirmités et ses difformités, il sera tourmenté par le feu. Il ne s'agit évidemment pas d'un feu semblable à celui que nous connaissons, d'un feu qui peut s'éteindre et qui a besoin de combustible. Nôtre-Seigneur l'appelle " le feu qui ne s'éteint point ".

     Les appétits corporels des damnés seront déchaînés, mais désormais impossibles à assouvir.

     Rien que la haine, la souffrance et le désespoir, au milieu des damnés et des démons, et cela pour toujours.

     C'est la parole de Dieu, il est la Vérité même; il ne peut ni se tromper ni nous tromper. Sa parole demeure éternellement et s'accomplira, Jésus nous l'affirme, jus­qu'au dernier iota, c'est-à-dire à la lettre.

 

se damne qui veut.

                                      —Mais qui veut se damner? Ceux qui ne prennent pas les moyens pour se sauver. 

 

quels moyens ?

                                               — Ceux que Nôtre-Seigneur nous in­dique clairement dans  l'Évangile.   Nous les avons vus dans le chapitre du ciel.

 

mais encore, qui se damne?

                                                         — Parcourons l'Évangile, infaillible parole de Dieu.

 

     Comme nous l'avons vu au chapitre de la mort, seront damnés ceux qui ne donnent pas à manger et à boire à leur prochain dans le besoin, ne recueillent pas les étran­gers, ne vêtent pas ceux qui sont nus, ne visitent pas les malades et les prisonniers. (S. Mat., XXV, 31-46)

     Seront damnés ceux qui mènent joyeuse vie pendant que les pauvres meurent de misère, comme on le voit par la parabole du mauvais riche. (S. Luc, XVI, 19-23)

     Remarquons dans cette parabole la réponse d'Abraham au mauvais riche qui brûlait en enfer: "Mon fils, sou­viens-toi que tu as reçu des biens pendant ta vie, et La­zare des maux."

     Parole terrible, qui devrait épouvanter ceux que l'on appelle " les heureux de ce monde ". Les Pères et les Docteurs de l'Eglise sont unanimes pour affirmer qu'une vie de plaisir est d'ordinaire un signe de damnation.

     Du reste, il serait difficile d'aller plus loin dans cette affirmation que l'apôtre S. Jacques: " A vous, mainte­nant, riches! Pleurez, éclatez en sanglots à la vue des misères qui vont fondre sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont mangés des vers. Votre or et votre argent se sont rouillés, et leur rouille rendra témoignage contre vous, et comme un feu dévorera vos chairs. Vous avez thésaurisé dans les derniers jours! Voici qu'il crie contre vous, le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, et les cris des moissonneurs sont parvenus aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les délices et les festins; vous avez été comme la victime qui se repaît le jour où on doit l'égorger. " (Épître, V, I-5)

     Par ces paroles: Votre or et votre argent se sont rouil­lés, et leur rouille rendra témoignage contre vous, l'apô­tre S. Jacques veut signifier l'accumulation, l'entassement inutile de l'argent, qu'il eût fallu faire circuler, employer à de bonnes œuvres.

     Voici maintenant pour les impurs, qui remplissent la terre et vont prétendant qu'ils ne font de mal à personne, et que Dieu " ne fait pas attention à ces choses-là ".

 

     Voici ce que leur dit l'apôtre S. Pierre :

     " Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les méchants pour être punis au jour du jugement, mais surtout ceux qui s'abandonnent aux impures convoitises de la chair . . . semblables à des animaux stupides destinés par leur nature à être pris et à périr, ils se répandent en injures contre ce qu'ils ignorent, et ils périront aussi par leur propre corrup­tion ; ce sera le salaire de leur iniquité. Leur félicité est de passer chaque jour dans les délices; ils ne sont que tache et que honte, ils se font un plaisir de vous trom­per, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins de la femme adultère, insatiables de péché, ils prennent à leurs amorces les âmes inconstantes; ils ont le cœur exercé à la cupidité: ce sont des enfants de ma­lédiction. Ils ont quitté le droit chemin, et se sont éga­rés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité... Car si ceux qui, par la connais­sance de Nôtre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, s'é­taient retirés de la corruption du monde, se laissent vain­cre en s'y engageant de nouveau, leur dernier état devient pire que le premier. En effet, mieux valait pour eux n'a­voir pas connu la voie de la justice, que de retourner en arrière, après l'avoir connue, en abandonnant la loi sainte qui leur avait été enseignée. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe avec beaucoup de vérité: " Le chien est re­tourné à son propre vomissement" et: " La truie lavée s'est vautrée dans le bourbier. " (II S. Pierre, II, 9-22)

     Seront damnés ceux qui n'aiment pas leur prochain: " Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui. " (I, S. Jean, III, 14-15)

     Dans l'Apocalypse, le même apôtre énumère différen­tes sortes de péchés qui conduisent en enfer:

" Pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les magiciens, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part est dans l'étang ardent de soufre et de feu: c'est la seconde mort. " (Apoc., XXI, 8)

     Et un peu plus loin, après avoir parlé des splendeurs du ciel et rapporté les paroles de l'ange qui l'instruit, il ajoute: " Dehors les chiens, les magiciens, les impudi­ques, les idolâtres, et quiconque aime le mensonge et s'y adonne ". (Apoc., XXII, 15)

     L'apôtre S. Paul dit aussi : " Les affections de la chair c'est la mort... Si vous vivez selon la chair, vous mourrez. ". Et il parle ici de la damnation.

    Seront damnés ceux qui repoussent la parole de Dieu, car Nôtre-Seigneur dit à ses apôtres: " Si l'on refuse de vous recevoir et d'écouter votre parole, sortez de cette maison ou de cette ville en secouant la poussière de vos pieds. Je vous le dis, en vérité, il y aura moins de rigueur, au jour du jugement, pour la terre de Sodome et de Gomorrhe que pour cette ville. " (S. Mat., X, 14-15)

     On peut ajouter ici les malédictions de Nôtre-Seigneur rapportées par S. Luc (VI, 24-25):

     " Malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation !

     " Malheur à vous, qui êtes rassasiés, car vous aurez faim !

     " Malheur à vous, qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes. "

     Seront damnés aussi, probablement, les hypocrites, car Nôtre-Seigneur les a en horreur et leur réserve ses plus terribles malédictions.

     De même que, dans le Sermon sur la Montagne, il nous apprend à tout faire pour Dieu seul, de même, dans ses invectives aux hypocrites, il maudit ceux qui font toutes leurs actions pour être vus des hommes, qui recherchent les honneurs et les premières places, qui font semblant de prier, semblant d'être meilleurs que les autres, et font consister la sainteté dans des pratiques de leur invention. (S. Mat. XXIII, 1-36)

     Dans ces lignes sur l'enfer, plusieurs textes sont par­ticulièrement menaçants pour les riches. Leur salut est certainement très difficile. Nôtre-Seigneur lui-même le dit: " Je vous le dis en vérité, difficilement un riche entrera dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore une fois, il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille, qu'il ne l'est à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. " (S. Mat. XIX, 23-24)

     Certains commentateurs ont trouvé d'ingénieuses ex­plications pour affaiblir cette parole; mais ce sont des gens qui se moquent de leurs lecteurs. Ce sont eux que Nôtre-Seigneur appelle " aveugles, conducteurs d'a­veugles ".

      Mais s'il faut garder à la parole de Dieu toute sa force, il ne faut pas néanmoins y voir, pour les riches, une im­possibilité de salut qui n'existe pas et qui est démentie par les faits.

     Dans l'Évangile même nous voyons de bons riches: Zachée, Joseph d'Arimatie, les saintes femmes qui sui­vaient Nôtre-Seigneur et l'assistaient de leurs biens.

     Par la suite, bon nombre de riches ont été canonisés. Il reste néanmoins que la pensée de l'enfer, redoutable et utile à tous, est particulièrement nécessaire aux riches et à ceux qui détiennent l'autorité. S. Benoît, dans sa Règle, ne donne pas d'autre contrepoids à l'autorité de l’Abbé, que cette pensée.

     Le même Saint veut aussi que ses moines aient peur de l'enfer. Et combien il a raison! L'expérience montre dans certaines tentations, cette peur est la dernière  planche de salut. On sait quelle fut son influence décisive la vie religieuse de sainte Thérèse d'Avila.

      De plus en plus aujourd'hui, on rencontre des imbécile vous disent avec   un sourire niais : L'enfer ! Personne n'en est jamais revenu pour nous dire s'il existait.

Que répondre? — Rien: la meilleure réponse aux niaiseries, c'est le silence.

     Les sots, dont le nombre est infini, nous dit la Sainte écriture, se damneront ou se sauveront comme les autres. Il  leur est demandé, comme à tous, de soumettre leur intelligence à la parole de  Dieu, d'admettre,  sans les comprendre, toutes les affirmations divines, l'objet de la foi étant précisément tout ce qu'il  y a d'obscur et d’incompréhensible dans ces enseignements de Dieu aux hommes.

      Du reste la parole de Jésus est formelle et vigoureuse: « Celui qui  ne croira  pas sera condamné ». (S. Marc, XVI, 16)

 

A suivre :

Le Jugement général.  Bonne méditation et que le Seigneur soit avec vous tous les jours de votre vie.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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