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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 10:45

Que devons nous faire ici-bas …                       

Pour allez à Dieu, nous devons mes Frères, faire passer  cette vérité qui a été démontrée précédemment, par la pratique et la gou­verne de votre vie ?

Il en résultera naturellement ceci, car vous devrez ordonner à cette fin toutes vos opérations, tous vos actes; plus simplement, que vous devrez vous appliquer à connaître, à aimer, à servir ce Dieu à qui vous devez tout.

1° Vous devez connaître Dieu,

Le premier besoin de notre âme est de connaître. Le premier objet qu'elle poursuit, est donc la vérité. Ce besoin se manifeste dès le moment où nos yeux commencent à s'ouvrir à la lumière et durant tout le cours de notre vie, nous en subissons l'influence.

L'ignorance nous pèse, le doute nous tourmente. Nous cherchons la vérité avec non moins d'avidité que les aliments destinés à nourrir notre corps; et, pour y parvenir, nous devrions nous livrer à des recherches et à de longues méditations.

Mais s'il est une vérité que nous devons nous ap­pliquer à connaître de toute la force de notre intel­ligence, c'est celle qui a pour objet Dieu lui-même. Il faut connaître Dieu ! J'entends des voix qui me disent: « Mais non, je n'ai pas besoin de connaître Dieu! Je m'occupe de mes affaires. Je vois ce qui m'est utile; je fais le tour de ma maison et de ma petite existence, mais je ne me demande point et je ne veux même pas me demander si Dieu est, ni ce qu'il peut être... Oui, il y a des âmes qui ont cette allure et qui vivent dans cet état. Eh bien! Si lé­thargique que soit leur sommeil, si complet que soit leur enivrement, je m'adresse à elles et je leur dis : Il faut connaître Dieu. Dieu n'est pas un étranger. Il est le maître et nous sommes ses serviteurs, il faut songer à lui. Il faut... comprenez bien ce mot, c'est vous dire que c'est une véritable nécessité.

Il n'est pas nécessaire que vous ayez des talents, de la fortune, des plaisirs, une position honorable dans la société... il n'est pas nécessaire que vous ayez une longue vie... il n'est pas nécessaire que vous soyez au monde, mais supposé que vous exis­tiez il est nécessaire que d'abord vous connaissiez Dieu! C'est votre devoir le plus élémentaire et le plus essentiel.

Quoi ! Dira aurait été prodigue de ses dons. Il vous aurait octroyé la vie avec tous les biens qui la constituent. Pour vous Jésus-Christ serait né dans une crèche, pour vous il aurait grandi dans la pau­vreté, pour vous il aurait vécu, pour vous il serait mort, mort dans l'opprobre et dans les ignominies du dernier supplice, pour vous il aurait bâti l'Eglise, mis son Évangile sur les lèvres des Apôtres et l'amour de vos âmes dans leur coeur, pour vous il aurait dressé l'autel du sacrifice et la table eucha­ristique, et vous vous en iriez traversant le monde, légers, distraits, insouciants, jetant à peine un re­gard sur la croix, donnant à peine vu souvenir à votre Sauveur, refusant à votre Dieu une minute de réflexion. Vous feriez cela, et vous croiriez que tout serait fini! Non, on ne joue pas avec l'amour d'un Dieu.  Il faut connaître Dieu, c'est un devoir.

Et vous, chrétiens fidèles, où en est votre foi ? Avez-vous une foi en rapport avec votre âge et avec l'ensemble de votre instruction ? Ou bien ne vous en êtes-vous pas tenus au petit bagage de vos premières leçons de catéchisme ? Remplissez-vous vos devoirs intellectuels vis-à-vis de la religion : l'étude, la réflexion, le jugement, la culture ?

Questions bien importantes que vous devez vous poser…

Vous devez aimer Dieu.

Un homme illustre qui fut pair de France et aca­démicien, Montalembert, se promenait un soir, triste et préoccupé, dans le parc de son château de la Roche-en-Brény; il rencontra l'une de ses filles, âgée de cinq ans, accompagnée de sa gouvernante : « Mon enfant, lui demanda-t-il gravement, pourquoi êtes-vous en ce monde ?

Pour vous aimer ! » Ré­pondit-elle en se jetant dans ses bras.

Oh! La charmante réponse, qui fut un baume pour le cœur angoissé et souffrant du père! Oh! La gra­cieuse et profonde leçon que nous donne cette jeune enfant ! Pourquoi nous avez-vous mis en ce monde, ô mon Dieu ?  Pour vous aimer !

On peut aimer Dieu d'un amour intéressé, par reconnaissance de ses bienfaits passés, par espérance de ses bienfaits à venir; cet amour est bon, quoiqu’imparfait, il est dû à notre suprême bienfaiteur et nous ne saurions trop en multiplier les actes. Penser aux bontés de Dieu pour l'en remercier ou les lui demander, y a-t-il rien de plus saint et de plus sanc­tifiant?

Penser à la bonté de Dieu en lui-même, à ses per­fections, pour l'aimer d'un amour pur et désinté­ressé, c'est la charité, et l'état de grâce qui n'est que l'état de charité nous donne la force et nous met en état d'en produire les actes. C'est le vrai amour filial: quel est le cœur du fils qui calcule exactement les bienfaits d'un père pour en faire la juste mesure de sa tendresse ? C'est l'amour proprement dit : car n'aimer le don ou le donateur qu'à cause du don, ce n'est plus aimer ou c'est alors n'aimer que soi. Pour accomplir le précepte qui nous oblige à ai­mer Dieu, il n'est pas nécessaire d'avoir de grands talents, de grandes lumières : témoin le fait suivant. Un religieux occupé aux plus humbles travaux du monastère, vint un jour trouver saint Bonaventure et lui dit : « Que faut-il faire pour être sauvé ? — Il faut être en état de grâce. » — « Quoi !  reprit le re­ligieux, un homme ignorant peut aimer Dieu aussi parfaitement que le plus grand docteur ?» — « Oui, répliqua saint Bonaventure, et même il y a plus : une pauvre femme du peuple peut aimer Dieu plus qu'un théologien célèbre. » A ces mots, le religieux transporté de joie va dans le jardin et se tenant à la porte qui était sur le grand chemin : « Venez, dit-il, gens simples et sans lettres, venez tous aimer Nôtre-Seigneur; vous pouvez l'aimer autant et plus que le Père Bonaventure et les plus habiles doc­teurs. »

(A suivre avec : Comment devons nous servir Dieu…)

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

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