Nous devons servir Dieu…
Dès que Dieu commande il faut obéir;
Dès qu'il défend, il faut se soumettre;
Dès qu'il révèle et qu'il enseigne, il faut croire;
Dès qu'il impose une religion, il faut la pratiquer.
Comment servir Dieu?
Il faut le servir uniquement, parfaitement, constamment.
Et d'abord, le service de Dieu nous réclame tout entier. « L'on trouve des personnes, dit saint François de Sales, qui veulent bien se donner à Dieu, mais elles veulent néanmoins toujours se réserver quelque chose. Je veux me donner à Dieu, disent-elles, mais non pas si absolument que le monde n'y ait encore quelque part.
Je me contenterai de rendre à Dieu ce qui est dû à Dieu, et réserverai ce qui est dû au monde, sans toutefois rien faire qui offense sa divine Majesté ni qui soit contraire à sa sainte loi. »
Quelles illusions! L'Évangile nous dit : « Nul ne peut servir deux maîtres; s'il chérit l'un, il aura l'autre en aversion. »
Le vrai chrétien sert Dieu parfaitement. Il le sert dans les petites comme dans les grandes choses. Pas un iota, pas un point de la divine loi qui ne soit l'objet de sa respectueuse attention et de sa religieuse observance. Il veut que tout contribue à la gloire de son Maître. Au lieu de perdre le menu de sa vie, il le recueille précieusement; il offre ses petites actions, ses soupirs, les moindres palpitations de son cœur, et Dieu accepte tout, parce que tout ce que transforme son saint amour, dit un pieux auteur, contient la semence du ciel.
Il faut servir Dieu constamment. Pourquoi?
Parce que le domaine de Dieu est un domaine éternel et qu'en conséquence il n'y a pas un seul moment qui ne doive lui être consacré.
Le désordre est que nous voulons être à Dieu, mais toujours pour l'avenir, et jamais pour le présent. Nous voulons être à Dieu quand nous n'aurons plus à lui présenter qu'une vie usée et inutile; être à Dieu quand nous aurons donné à nos passions tout le loisir et tous les moyens de se satisfaire; être à Dieu quand il nous plaira et non quand il lui plaît.
Est-ce là honorer Dieu?
Non, c'est l'outrager.
Mes Frères, connaître, aimer, servir Dieu, gagner |le ciel, voilà votre fin dernière. Travailler pendant quelques années, souffrir peut-être, pleurer peut-être, et puis, passer à travers la tombe et aller jouir de Dieu dans des siècles sans fin! Sortis de Dieu, notre principe, nous allons à Dieu, notre fin; nous allons à Dieu comme les fleuves vont à l'océan : le tombeau ne garde pas notre âme. Vous avez voyagé en chemin de fer? Vous êtes entrés avec la bruyante machine dans un souterrain, c'était la nuit; puis tout à coup la lumière reparaissait : voilà l'image des transformations que !a mort opère en nous. Le tombeau est comme le souterrain, on y passe, et de l'autre côté, on retrouve la lumière éternelle, la vie, une vie plus heureuse, plus durable que celle-ci.
Au XIVe siècle mourait, dans une cellule du Carmel, une princesse qui avait échangé son manteau contre la robe de bure de la religieuse. Le dernier conseil de la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, aux pieuses filles qui l’entouraient, fut celui-ci : « Soyez des âmes loyales à Dieu. » Il me semble que cette parole résume bien l’instruction que vous venez d'entendre. Oui soyez des âmes loyales à Dieu.
Vous venez de Dieu, vous allez a Dieu; que rien ne vous coûte lorsqu’il s'agit d accomplir sa volonté, de soutenir ses droits et de procurer sa gloire. Ainsi soit-il.
Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)
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