Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 09:56

LE  PRIX DE  NOIRE ÂME…                

mes frères, Le roi David considérait un jour les œuvres de Dieu et il était ravi. Il regarda d'abord le ciel, et il lui semblait le voir briller des feux de ces milliers d'étoiles qui, par les belles nuits d'Orient, scintil­lent à sa voûte; il entendit l'harmonieux concert que forment les sphères en roulant dans l'immensité de l’espace.

Ses regards s’abaissèrent sur la terre, et elle lui apparut avec sa fécondité, la parure de ses fleurs, la majesté de ses montagnes, avec la ceinture azurée des mers dont Dieu l'environna au premier jour du monde : et à la vue de ces merveilles, il ne put contenir ses trans­ports et entonna ce beau cantique : Domine, Dominus noster…

Mais voilà qu'au centre de l'univers, il aperçoit un être plus beau que les autres. A sa démarche, à son regard, à l'intelligence qui rayonne sur son front, il a reconnu le roi du monde : il le salue alors avec respect, et poursuivant son cantique de louange : « Mon Dieu, s'écrie-t-il, de quelle gloire vous l'avez couronné ! Il n'est rien ici-bas qui égale sa grandeur; vos anges seuls sont au-dessus de lui, et encore, est-ce bien peu ! »

Qu'est-ce donc que cette créature qui ravit ainsi le royal prophète ? C'est l'homme !

Qu'est-ce que l'homme? L'homme, dit le caté­chisme, est une créature raisonnable, composée d'un corps et d'une âme; et volontiers je le com­pare à ces temples merveilleux que la foi des vrais chrétiens a élevés au moyen âge, à la gloire de Jésus-Hostie.

Entrez dans une église. Vous y admirez des colonnes élancées, des voûtes hardies, des lignes harmo­nieuses et tout un travail de sculpture et d'ornemen­tation qui manifeste à tous les yeux le génie de l'ar­chitecte. Pourquoi tant de richesses artistiques, sinon pour l'Hôte divin qui réside là-bas, sous les voiles eucharistiques au fond du sanctuaire ?

Ainsi l'homme. Vu de l'extérieur, c'est déjà tout un monde de merveilles : et la vivacité du regard, et la majesté de la démarche, et la dignité de sa pose, et la beauté de ses traits, nous disent mieux que la parole la plus éloquente, la puissance et la sagesse de Celui qui l'a créé.

Mais, pour quel hôte invisible Dieu a-t-il cons­truit ce superbe édifice ?

Il l'a construit pour l'âme et l'âme est le moteur intelligent qui, si je puis parler ainsi, du fond de son sanctuaire, donne le mouvement à la machine savamment organisée. Il est raconté qu'un soldat suisse avait ramassé sur le champ de bataille de Morat une petite pierre qui brillait d'un éclat extraordinaire, mais qui cependant ne lui  paraissait être qu'un simple mor­ceau de cristal. Il  fut  tout heureux de la vendre pour quelques pièces de monnaie.  C'était le plus riche diamant de la maison des ducs de Bourgogne. Il n'en connaissait pas la valeur. Est-ce que vous ne commettez pas une méprise qui des conséquences plus graves encore ? Que pensez-vous de votre âme ? Pour vous faire connaître le prix de votre âme, je vous dirai, mes Frères, qu'elle est la grande préoccupation de la Trinité tout entière.

Votre âme est la grande préoccupation de la Trinité tout entière : le Père l'a créée.

Votre âme est la fille et l'image de Dieu.

Nous le disions tout à l'heure : toutes les créatures sont belles! Venant de Dieu, elles manifestent quelque chose de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté.

Oui,  beau est le firmament d'où jaillissent des torrents de lumière !

Belle est l'étoile dont la douce clarté dirige, pen­dant le calme des nuits, le pilote sur les flots!

Belle est la mer, soit qu'elle s'élance jusqu'aux nues, soit que silencieuse elle repose dans ses gouf­fres profonds!

Belle est la terre avec ses vallées qu'arrosent les fleuves, et ses montagnes où habitent les aigles, et ses riches sillons où mûrissent les épis!

Pour créer ces merveilles, Dieu se contenta de jeter sa parole sur le néant :

« Que la terre soit », et à l'instant même, la terre se déroula dans l'espace.

« Que la lumière soit », et le firmament resplen­dit, et de ses feux illumina l'univers.

« Que la vie s'épanouisse », et la vie, accourant par des chemins secrets et mystérieux, s'épanouit en plantes et en fleurs, en arbres et en fruits. Mais tout à coup...

Dieu s'arrêta. Les trois personnes de la Trinité Sainte se recueil­lirent; elles se consultèrent,  elles délibérèrent : on eût dit qu'elles ramassaient tout ce qu'elles avaient d'énergie créatrice pour une œuvre suprême.

Il s'agissait de former l'homme, corps et âme à la fois, admirable dans son corps d'une merveil­leuse structure, bien plus admirable encore dans son âme; car, son âme, Dieu voulait qu'elle fût son portrait, et qu'en elle se reproduisissent les traits de sa perfection infinie.

Alors Dieu prononça cette parole, — révélation sublime de sa tendresse et de notre grandeur : « Fai­sons l'homme à notre image et à notre ressem­blance. » Puis, prenant du limon de la terre, il en fabriqua le corps, et se penchant avec amour sur cette boue pétrie, sculptée de ses propres mains, il y jeta un souffle, un soupir. C'est l'âme, souffle de l'esprit de Dieu, soupir de son amour. Et voilà l'homme debout, les yeux au ciel, façonné, disent encore nos saints livres, en une âme vivante, image de la divinité.

 

Arrêtons-nous un instant à considérer en nous ! Les traits divins.

Vous avez été frappés quelquefois des ressemblan­ces profondes qu'on remarque entre un fils et son père : c'est le même regard,  le même sourire,  la même physionomie. Ah! Si, déchirant les voiles qui couvrent vos yeux, Dieu vous montrait votre âme, et se montrait lui-même, vous seriez bien autrement frappés de la ressemblance qu'il y a entre le père sa fille, entre votre âme et Dieu...

Cette ressemblance, bien que vous ne puissiez pas la voir, vous  pouvez cependant en découvrir quelque chose, car, enfin, mes Frères, qu'y a-t-il en Dieu?

Dieu est Trinité. Semblable à Dieu le Père, l'âme a l'être; semblable à Dieu le Fils, elle a l'intelligence; semblable à Dieu  le  Saint-Esprit, elle a l’amour; et cet être, cette intelligence, cet amour, et une même vie, une seule âme tout comme trois adorables personnes de la sainte Trinité ne forment qu'un seul Dieu.

Dieu se connaît, et en se connaissant il s'aime, et en s’aimant il jouit d'un bonheur infini. Et les âmes sont ses destinées ? Connaître Dieu, l'aimer, et par sa connaissance et son amour, mériter le souverain bonheur.

Dieu est esprit. En lui rien de matériel, rien qui tombe sous les sens, rien qui se partage, parce qu'il est la plénitude de l'être, l'être infini. Et notre âme, n'est-elle pas esprit comme Dieu, simple et indivi­sible comme lui ? Voyez le corps : là tout est multi­ple, complexe; ce ne sont qu'éléments qui s'unis­sent, qui se séparent, qui changent et se succèdent. Dans l'âme, au contraire, tout échappe aux sens : impossible de la voir, de la saisir, de la décomposer et si vous y recherchez des parties, elle s'évanouit à vos yeux.

Dieu est libre. Il ne dépend de rien et tout dépend de Lui. Notre âme, elle aussi, est libre : libre dans ses pensées, libre dans sa volonté, libre dans son cœur, libre et tellement maîtresse de soi que ni le Créateur ni les créatures n'ont de puissance sur sa volonté que par le consentement de sa volonté même.

Dieu est immense. Partout où quelque chose vit, subsiste, Dieu est là. Eh bien! Par sa nature notre Âme partage, dans un certain degré, l'immensité de Dieu.  Vous êtes plus grands que l'espace. Aucune distance ne peut limiter vos conceptions et vos cal­culs.  Une seule de vos pensées est plus vaste que l'univers.  Nulle immensité n'est assez large pour l'envergure de vos ailes et le déploiement de votre vol.

Dieu est éternel. Il était avant les siècles, il est au­jourd'hui, il sera dans les âges sans fin; et, si mon âme n'était pas hier, elle vivra, pour la gloire ou l'ignominie dans son incommensurable éternité.

Dieu est souverain. Il règne en maître sur la terre, au ciel et jusque dans les enfers. Ainsi l'âme est reine et souveraine, l'univers entier a été mis à ses pieds. L'homme est roi.

Enfin   Dieu ne   trouve sa   béatitude   qu'en   lui-même.

C'est là le dernier trait de ressemblance de votre âme avec son Auteur, elle ne  trouve sa béatitude qu'en Dieu. Il n'est pas difficile de le prouver.

Avez-vous rencontré sur la terre un seul homme qui ait trouvé ici-bas un bonheur parfait ?  Non. Salomon remplit l'Orient du bruit de son nom, est-il heureux ? Voyez-le branler la tête et jeter à tous  les siècles ces mélancoliques paroles : « Vanité des vanités et tout est vanité ! » Les passions rempliront-elles mieux le cœur? St-Augustin a goûté toutes les délites de la voluptueuse Afrique, elles n'ont pu lui suffire... Il a épuisé la coupe des plaisirs, et son âme est vide, et voici qu'il s'écrie, tout désenchanté : « Je me suis devenu à moi-même une région d'indigence et de douleur ! » Non, ni la richesse, ni la gloire, ni les passions   ne   peuvent   rendre   l'âme   heureuse.   La science elle-même, si noble et si pure, ne peut la satisfaire, car la science a des mystères et notre âme besoin de lumière sans   ombres.  L'amour   d'un père, l'amour   d'une   mère, l'amour   d'un  enfant, toutes ces affections si vives et si douces n'y suffisent pas non plus.

Notre cœur, mes Frères, est un abîme. Jetez-y toutes les joies de la  terre, elles y produiront tout au plus, comme on l'a dit, l'illusion une pierre qui tombe dans un gouffre : le gouffre reçoit, tressaille et subsiste. Dieu seul, Dieu seul peut le combler, parce que, seul, II est infini.

C'est ce qui faisait dire à Lamartine s'adressant à Dieu :

Mon âme est un rayon de lumière et d'amour.

Qui  du foyer divin  détaché pour un jour,

De désirs dévorants loin de toi consumée,

Brûle   de  remonter  à  sa  source enflammée.

 

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0

commentaires