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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 09:43

Mystère de l'Incarnation, première partie…   

Le Fils unique de Dieu, le Verbe, qui est de toute éter­nité dans le sein de son Père, s'est abaissé jusqu'à prendre un corps et une âme semblables aux nôtres.

Ce n'est pas le Père qui s'est fait homme, ce n'est pas non plus le Saint-Esprit, c'est le Fils, la seconde personne de la très sainte Trinité.

La manière dont ce mystère a été accompli ne peut ni être conçue par l'esprit humain, ni s'exprimer par les paroles ; mais voici ce que l'Évangile nous apprend. Lorsque le temps arrêté dans les conseils divins fut arrivé, un ange se présenta devant la très sainte Vierge ; il la salua pleine de grâces, lui annonça qu'elle serait mère sans cesser d'être vierge et que Celui qui naîtrait en elle serait le Fils du Très-Haut et l'ouvrage du Saint Esprit. La très sainte Vierge crut à la parole de l’envoyé céleste et elle y donna son consentement. Dès ce moment le mystère de l'Incarnation s'accomplit ; le Saint-Esprit forma en elle le corps de Jésus-Christ, il y mit une âme et en même temps se fit cette union indissoluble de la nature divine avec la nature humaine en la personne du Fils de Dieu. Ainsi le Fils unique de Dieu devint homme sans cesser d'être Dieu.

D'où il suit que la très sainte Vierge est véritablement Mère de Dieu ayant conçu et enfanté un homme-Dieu.

Marie, en devenant mère, n'a pas cessé d'être vierge, Jésus-Christ, son fils, ayant été conçu par l'opération du Saint-Esprit.

Ainsi Jésus-Christ, comme homme, n'a pas de père et Dieu n'a voulu que saint Joseph fût l'époux de Marie qu'afin de cacher ce mystère sous le voile d'un chaste mariage ; mais, comme Dieu, Jésus-Christ a un Père, qui l'a engendré de toute éternité et auquel il est égal.

Il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule personne, mais il y a deux natures distinctes : la nature divine, par laquelle il est Dieu comme son père, et la nature humaine par laquelle il est homme comme nous, possédant toutes les qualités propres à notre nature.

Quoique ce mystère surpasse infiniment la portée de l'esprit humain, nous devons cependant le croire fermement parce que Dieu, qui est la vérité souveraine, l'a révélé. D'ailleurs, il n'est nullement contraire à la raison et nous en avons en nous-mêmes une image qui, quoiqu’imparfaite, peut aider notre foi. En effet, notre âme, qui est d'une nature spirituelle et incorruptible, est unie à un corps matériel et corruptible, et l'union de ces deux substances si différentes ne fait qu'un seul homme, qui est tout à la fois esprit et corps, incorruptible, intelligent et matériel. De même, la divinité du Verbe et la nature de l'homme, unies sans être confondues, forment un seul Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, engendré du Père dans l'éternité et né d'une Vierge dans le temps, tout puissant comme Dieu et environné de faiblesse comme homme ; car, excepté le péché et les suites inséparables du péché, telles que sont l'ignorance et la concupiscence, Nôtre-Seigneur s'est assujetti à toutes nos misères. Il a eu faim, il a eu soif, il a été sujet à la fatigue, au sommeil et à toutes les infirmités de notre nature, avec cette seule différence qu'il ne souffrait, que parce qu'il le voulait, au lieu que nous les éprouvons malgré nous.

Mais gardons-nous de croire que la nature divine ait été altérée dans l'Incarnation ; Dieu, sans cesser d'être tout ce qu'il est par lui-même, a daigné s'unir à la nature humai­ne ; il n'a rien perdu par cette union : ses abaissements et ses souffrances ne tombent que sur l'humanité : c'est comme homme que Jésus-Christ a souffert et c'est comme Dieu qu'il a donné un prix infini à ses souffrances ; c'est comme homme qu'il a été petit enfant, pour être le modèle de tous les âges, et c'est comme Dieu-Homme qu'il a été le Sauveur du genre humain.

histoire : Un hérétique, sectateur d'Eutychès, s'étant trou­vé dans une société où était un enfant qui avait été instruit avec soin, voulut faire dire à cet enfant qu'il n'y avait qu'une seule nature en Jésus-Christ.   Pour l'en convaincre, il prit deux morceaux de fer, il les fit rougir au feu et les joignit ensuite l'un à l'autre pour n'en faire qu'un seul morceau.     "C'est ainsi,  lui dit-il, que la nature divine et la nature humaine, unies ensem­ble dans Jésus-Christ, ne font plus qu'une seule nature dans sa personne.

Mais, répondit l'enfant, mettez un petit lingot d'or a la place de ce petit morceau de fer, faites-les rougir tous deux et n'en faites qu'un seul morceau.   

Je vous le demande alors, ce morceau sera-t-il tout or ou tout fer ? Chaque morceau ne restera-t-il pas ce qu'il était auparavant ? C'est-à-dire l'un ne sera-t-il pas toujours un lingot d'or et l'autre un morceau de fer quoiqu'ils soient unis ensemble ? Oui, sans doute, vous n'en pouvez disconvenir. Voilà donc deux morceaux, l'un d'or, l'au­tre de fer, qui, tout distingués qu'ils sont l'un de l'autre, ne fe­ront plus cependant qu'un morceau. C'est ainsi, conclut l'enfant, que la nature divine et la nature humaine, quoique distinguées l'une de l'autre, ne font néanmoins qu'une seule personne en Jésus-Christ."

Lettres édifiantes, Mission du Levant,

exercices.

1. Par quel mystère Dieu a-t-il exécuté la promesse faite à Adam après sa chute ?

2. Quelle est des trois personnes divines celle qui s'est incarnée ?

3. Qu'est-ce que l'Évangile nous apprend sur la manière dont s'est accompli le mystère de l'incarnation?

4. Combien y a-t-il de natures en Jésus-Christ ?

5. N'a­vons-nous pas en nous-mêmes une image du mystère de l'Incarnation ?

6. La na­ture divine est-elle altérée dans ce mystère ?

Extrait de : Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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