Mystère de l’Incarnation, deuxième partie…
Le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous racheter de l'esclavage du péché, des peines de l'enfer et pour nous mériter la vie éternelle, à laquelle nous n'avions plus droit, tant à cause de nos propres prévarications qu'à cause du péché originel. Nous avions offensé un Dieu d'une majesté infinie et sa justice ne pouvait être satisfaite que par une réparation proportionnée à l'injure que le péché lui avait faite.
L'homme ne pouvait donc pas par lui-même offrir à Dieu cette satisfaction suffisante, ni mériter le pardon. Il n'y avait que le Fils de Dieu fait homme, vrai Dieu et vrai homme, qui pût offrir cette satisfaction en souffrant comme homme et en donnant comme Dieu un prix infini à ses souffrances.
Par ce mystère admirable de la sagesse divine, le péché est puni et le pécheur est sauvé ; ainsi en Jésus-Christ la justice et la miséricorde se concilient ; l'injure faite à Dieu est abondamment réparée et Dieu est honoré comme il doit l'être.
Jésus-Christ s'est donc rendu notre médiateur. C'est un médiateur parfait, qui tient à Dieu par sa divinité et à nous par son humanité, qui peut souffrir comme nous, parce qu'il a une nature semblable à la nôtre et nous réconcilier avec Dieu par ses souffrances, étant Dieu lui-même ; médiateur qui, par sa parfaite sainteté, est infiniment agréable à Celui auprès de qui il s'est entremis pour la réconciliation des pécheurs. Une comparaison fera encore mieux sentir cette vérité : qu'un roi ait été insulté, outragé par le dernier de ses sujets ; ni le coupable, ni aucun autre sujet du roi ne peut offrir à la majesté royale une satisfaction égale à l'offense ; tout ce que le coupable pourrait faire serait toujours beaucoup au-dessous de la grièveté de l'injure ; mais si le fils du roi lui-même, héritier présomptif de sa couronne et déjà assis sur son trône, quitte ses ornements royaux, se couvre la tête de cendre et le corps d'un sac, et qu'en cet état, prosterné devant son père, il s'offre à subir le supplice dû au coupable pour obtenir sa grâce, on conçoit qu'une si profonde humiliation est une satisfaction proportionnée à la grandeur de la personne offensée, que l'injure est pleinement réparée et que le roi, sans blesser la justice peut faire miséricorde au criminel. Eh bien ! C'est l'image de la grâce que l'homme pécheur a reçue de Dieu par l'Incarnation de son Fils. Que Dieu est admirable dans toutes ses œuvres et surtout dans ce grand ouvrage de son amour ! Quel bienfait que celui de nous avoir donné son Fils unique pour nous sauver !
Quelle reconnaissance ne devons-nous pas à ce Sauveur généreux qui s'est dépouillé de la gloire pour se revêtir de notre nature, s'assujettir à nos infirmités, paraître et être en tout semblable à nous !
histoire : Nestorius, patriarche de Constantinople, loin d'apaiser le grand scandale d'un prêtre nommé Athanase avait excité en prêchant qu'on ne devait point appeler Marie mère de Dieu, loua publiquement le prédicateur, et soutint qu'il y avait deux personnes en Jésus-Christ aussi bien que deux natures, et que la sainte Vierge ne devait point Être appelée mère de Dieu, mais seulement mère de Jésus-Christ.
Saint-Cyrille d'Alexandrie combattit et réfuta ces erreurs. Le pape saint-Célestin les condamna dans un concile qu'il tint à Rome en 430. Ce fut l'année suivante qu'on rassembla contre Nestorius le concile général d'Éphèse. Ce fameux hérésiarque, qui était en horreur à tout le peuple à cause de son impiété, fut condamné et déposé de son patriarcat. Les Pères du concile lui firent signifier la sentence de son excommunication qui était conçue en ces termes :
« Le saint concile assemblé par la grâce de Dieu en la ville d'Éphèse, a Nestorius nouveau Judas.
—Sache que, pour la doctrine impie que tu as prêchée et pour ton obstination à la soutenir, tu as été déposé de tout grade, de toute dignité ecclésiastique, par le saint concile et selon les lois et les règles de l'Eglise. »
Nestorius fut envoyé en exil dans l'Afrique par l'empereur Théodose-le-Jeune. Il se forma sur la langue de cet hérésiarque un ulcère affreux, où se mirent bientôt des vers qui la rongèrent jusqu'à la racine. Après avoir erré de tous coté, il mourut dans une grande misère, dans de vives douleurs et dans l'impénitence
Merault.
Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)
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