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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 21:16

 

Nous ne pouvons rien sans la grâce de Dieu, ne l'oublions jamais : c'est un article de foi ; c'est Jésus-Christ lui-même qui nous l'a enseigné. L'Église nous dit que la grâce nous est absolument nécessaire, et que sans elle nous ne pouvons ni croire, ni espérer, ni aimer, ni faire pénitence de nos péchés. Saint Paul de son côté nous assure que, de nous-mêmes, nous ne pouvons seulement pas prononcer le nom de Jésus d'une manière méritoire pour le ciel.

 

De même que la terre ne peut rien produire si le soleil ne la féconde, de même nous ne pouvons rien faire de bien sans la grâce du bon Dieu.

 

La grâce est un secours surnaturel qui nous porte au bien ; par exemple, voilà un pécheur qui entre dans une église, il entend une instruction ; le prédicateur parle de l'enfer, des rigueurs du jugement de Dieu ; ce pécheur se sent poussé intérieurement à se convertir ; le mouvement intérieur qui l'y pousse est ce que l'on appelle la grâce.

 

Voyez, c'est le bon Dieu qui prend ce pécheur par la main et qui veut lui apprendre à marcher. Nous sommes comme de petits enfants, nous ne savons pas marcher dans le chemin du ciel, nous chancelons, nous tombons si la main du bon Dieu n'est pas toujours là pour nous soutenir.

 

Oh ! Que Dieu est bon ! Si nous pensions à tout ce qu'il a fait, à tout ce qu'il fait encore chaque jour pour nous, nous ne pourrions pas l'offenser, nous l'aimerions de tout notre cœur ; mais nous n'y pensons pas ; voilà ce qui est déplorable !

 

Rappelez vos souvenirs : les anges pèchent et ils sont préci­pités en enfer. L'homme pèche et Dieu lui promet un libé­rateur. Qu'avions-nous fait pour mériter cette faveur ? Qu'avions-nous fait pour mériter de naître dans la religion catholique, tandis qu'il y a tant d'âmes qui se perdent tous les jours dans les autres religions ?

 

Qu'avons-nous fait pour mériter d'être baptisés, tandis qu'il y a tant de petits enfants, en France, comme en Chine, en Amérique, qui meurent sans le baptême ? Qu'avons-nous fait pour mériter le pardon de tous les péchés que nous commettons depuis l'âge de raison, tandis qu'il y en a tant qui sont prives du sacrement de pénitence ?

 

Tout notre mérite est de coopérer à la grâce. Voyez : une belle fleur, sans le soleil, n'a ni beauté, ni éclat, car pendant la nuit elle est toute flétrie, toute languissante ; le soleil se lève le matin, la voilà qui se redresse tout à coup, et s'épa­nouit ; il en est de même de notre âme, par rapport à Jésus-Christ, le vrai soleil de justice : Elle n'a de beauté intérieure que par la grâce sanctifiante. Pour recevoir cette grâce, notre âme doit se tourner vers le bon Dieu par une vraie conversion ; nous devons lui ouvrir notre cœur par un acte de foi et d'a­mour. De même que le soleil ne peut à lui seul faire épanouir une fleur si elle est déjà morte ; de même la grâce du bon Dieu ne pourra pas nous ramener à la vie, si nous ne voulons pas quitter le péché.

 

Dieu nous parle sans cesse par ses bonnes inspirations ; il nous envoie de bonnes pensées, de bons désirs. Dans la jeunes­se, dans la vieillesse, dans tous les malheurs de la vie, il nous exhorte à recevoir sa grâce ; quel usage faisons-nous de ses avertissements ? En ce moment même, coopérons-nous bien à la grâce ? Ne lui fermons-nous pas les portes de notre cœur ? Songez que le bon Dieu vous en demandera compte un jour. Malheur à vous, si vous étouffez le cri qui s'élève au fond de votre conscience ! Nous sommes dans la prospérité, nous vi­vons au milieu des plaisirs, tout bouffis d'orgueil; notre cœur est de glace pour le bon Dieu. C'est une boule de métal que les eaux de la grâce ne peuvent plus pénétrer ; c'est un arbre qui reçoit la douce rosée et qui ne porte plus de fruits. . .

 

Prenons garde ; faisons attention à ne pas manquer à la grâce. Le bon Dieu nous laisse libres de choisir la vie ou la mort : si nous choisissons la mort, nous serons jetés au feu, et il faudra brûler éternellement avec les démons. Deman­dons pardon à Dieu d'avoir abusé jusqu'à présent des grâces qu'il nous a faites, et prions-le humblement de nous en ac­corder de nouvelles.

 

Mais, direz-vous peut-être, c'est pénible de correspondre à la grâce et de faire toujours ce que Dieu nous prescrit par la voix de la conscience...

 

Quelle erreur ! C'est là raisonner comme les gens du monde, qui disent : « Il est trop difficile de faire son salut. » Faire le bien, éviter le mal, voilà tout ce que Dieu nous demande ; est-ce difficile ?

 

Les bons chrétiens qui travaillent à sauver leur âme sont toujours heureux et contents ; ils jouissent, par avance, du bonheur du ciel ; ils seront heureux pendant toute l'éternité. Tandis que les mauvais chrétiens qui se damnent sont toujours à plaindre ; ils murmurent, ils sont tristes, et ils le seront pendant toute l'éternité.

 

Un bon chrétien fait fort peu de cas des biens de la terre ; il ne pense qu'à embellir son âme, qu'à amasser ce qui doit le contenter toujours, ce qui doit toujours durer.

 

Après tout, que ce soit facile ou difficile, ne s'agit-il pas en effet de gagner l'éternité bienheureuse ? Croyez-moi, faisons seulement autant pour aller un jour rejoindre les saints dans le ciel que nous en faisons  pour les affaires temporelles, et nous serons sûrs de réussir. (Le Saint Curé d'Ars.)

 

FÊTE DU JOUR: Saint Simon et saint Jude, apôtres.

 

Simon était un pauvre Galiléen que Nôtre Seigneur appela à devenir une des colonnes de son Église. Les évangélistes ne nous apprennent rien de son premier genre de vie, ni des circonstances de sa vocation à l'apostolat ; ils ne nous ont conservé aucune de ses paroles, mais en inscrivant son nom parmi ceux des apôtres, ils nous ont dépeint d'un seul mot tout son caractère. Simon fut surnommé dans le collège apos­tolique : le zélé. C'est nous dire avec quelle ardeur il s'engagea dans la lutte contre le paganisme. — L'apôtre saint Jude dont l'Église célèbre la mémoire en ce même jour, était frère  le saint Jacques le Mineur. C'est lui qui, demandant un jour à Notre Seigneur: «D'où vient que vous vous découvrirez à nous et non pas au monde, mérita d'entendre cette belle promesse du Sauveur : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui. » Saint Jude prêcha d'abord l'Évangile en Mésopotamie, tandis que saint Simon parcourait l'Égypte ; ils se rencontrèrent en Perse où tous deux remportèrent la palme du martyre.

 

Extrait de : Lectures Méditées (1933)

 

elogofioupiou.com

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