Pour obtenir du père céleste l'héritage qu'Il nous réserve et le royaume qu'Il nous destine, il nous faut faire sa volonté…
Notre Seigneur nous en avertit lui-même dans l'Évangile: Tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! N'entreront pas pour cela dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon père. Il y a un Dieu, une volonté qui est la règle de nos devoirs, par laquelle il nous commande le bien et nous défend le mal ; c'est cette volonté que le prophète désirait exécuter quand il disait : Apprenez-moi à faire votre volonté, faites-moi marcher dans la voie de vos commandements, donnez à mon cœur du goût pour vos saintes ordonnances.
Cette volonté divine nous est manifestée dans les commandements de Dieu et de l'Église, dans les avertissements de nos supérieurs. Ainsi, en disant à Dieu : Que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel, nous lui demandons la grâce d'observer sa loi, d'obéir à l'Église et à tous ceux qu'elle a chargés de nous conduire : nous désirons que notre obéissance soit aussi parfaite que l'est dans le ciel celle des anges et des bienheureux. Dans le ciel tout obéit à Dieu avec promptitude, avec ponctualité, avec ardeur. Est-ce ainsi que nous lui obéissons ? Sommes-nous fidèles à observer ses commandements ? Sommes-nous soumis à ceux qui tiennent sa place à notre égard ? Cependant on ne fait sérieusement cette prière que lorsque le cœur est d'accord avec la langue : ce serait mentir à Dieu que de lui demandes des lèvres-ce que le cœur ne désire pas.
Il y a une volonté de Dieu qui est la cause des événements do la vie : tout ce qui arrive dans le monde est réglé par la volonté de Dieu ; il ne dépend pas de nous d'en arrêter ou retarder l'effet ; notre devoir à l'égard de cette volonté divine est de l'adorer, de nous y soumettre, d'accepter avec résignation les maux qu'il lui plaît do nous envoyer, de recevoir, comme de la main d'un père, les coups dont il nous frappe.
Dieu permet que ces maux nous arrivent, parce qu'il a sur nous des vues de miséricorde. S'il nous envoie des afflictions, c'est parce qu'il veut nous sauver ; il veut qu'elles servent à expier nos péchés. Ainsi c'est plutôt par bonté que par justice que Dieu nous punit en cette vie ; ce qui fait dire à l'apôtre que le Seigneur châtie celui qu'il aime et qu'il frappe celui qu'il reçoit au nombre de ses enfants et qu'en cela même il le traite comme son enfant ; car, ajoute-t-il, quel est l'enfant qui n'est pas châtié par son père ?
Ce que nous demandons à Dieu par ces paroles : Que votre volonté soit faite, c'est donc de supporter avec une entière soumission toutes les peines qu'il lui plaira de nous envoyer ; c'est que, quelque chose qui nous arrive, il nous trouve toujours patients, résignés et dans une parfaite conformité de cœur et d'esprit aux desseins de sa providence.
On ne fait donc cette prière comme il faut qu'en renonçant à sa propre volonté ou en s'efforçant d'y renoncer. Rien n'est, en effet, plus avantageux pour nous que de l'assujettir à la volonté de Dieu. L'homme ne s'est perdu que pour avoir préféré sa propre volonté à celle de Dieu et il ne se sauve qu'en préférant la volonté divine à la sienne.
Saint Bernard disait : Ôtez la propre volonté et il n'y aura plus d'enfer.
Notre Seigneur a donné l'exemple de cette profonde conformité à la volonté de Dieu. Je suis venu sur la terre, non pour faire ma volonté, mais pour faire celle de mon Père, et ailleurs il disait: Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé. En effet, toute la vie de Notre Seigneur n'a été que l'accomplissement exact des ordres de son père : s'il naît dans une étable, s'il passe sa jeunesse dans une humiliante obscurité et ses dernières années dans les fonctions d'un pénible ministère, c'est parce que son père l'a envoyé et qu'il règle toutes ses démarches sur les ordres qu'il reçus de lui. Enfin, s'il meurt par le plus ignominieux des supplices, c'est qu'il faut que la volonté de son père s'accomplisse et non pas la sienne.
histoire: Obéissez aux volontés des maîtres du monde, disaient les juges aux martyrs ; obéissez, ou nous vous livrerons aux flammes, aux bêtes, etc. Nous avons aussi une loi, répondaient ces généreux athlètes, et cette loi est la volonté de Dieu ; elle nous défend d'adorer les idoles et veut que nous demeurions fermes dans la foi et la fidélité de nos devoirs. Vous nous promettez les richesses de ce monde si nous obéissons ; mais nous les méprisons ; celles du ciel sont les seules que nous désirions.
Extrait du : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (Édition 1860)
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