Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 17:18

 

Jésus venait d'expliquer aux apôtres la puissance de la loi ; pour les entretenir dans l'humilité, il leur proposa cette parabole : « Qui de vous, ayant un serviteur occupé à la­bourer ou à faire paître les troupeaux, lui dit, aussitôt qu'il est revenu des champs : Allez vous mettre à table ? » Dieu nous occupe durant cette vie comme il lui plaît ; il est le Maître et les saints, même au milieu de leurs tribulations, disaient : Nous avons un bon Maître.

 

Il faut labourer son sillon, comme le veut le Seigneur, qui, étant la sagesse éternelle, sait beau­coup mieux que nous ce qui nous convient. Les uns labourent avec des succès visibles, tout leur réussit, le monde leur ap­plaudit ; d'autres sèment dans les larmes et ne voient point grandir la moisson.

 

Tous sont sous la main de Dieu, et il les emploie pour leur salut. L'essentiel, c'est d'être souple sous cette main divine, de se laisser conduire, et de se résigner si la prospérité visible ne couronne pas de constants efforts. Que de saints ont été contredits ! Voyez dans les temps moder­nes, le vénérable abbé Olier, saint J.-B. De la Salle et le Bx de Montfort !

 

Peu d'hommes ont conduit la charrue parmi plus de difficultés ; peut-être n'ont-ils pas espéré le plein succès de leurs œuvres, et cependant, la congrégation de Saint-Sulpice, les frères des Écoles chrétiennes, les filles de la Sagesse ont été les fruits de ce travail laborieux et rendent témoignage de la vertu de leurs fondateurs ! Les bons chrétiens, jusqu'au soir de la vie, travaillent sous les ordres du Père céleste; ils travail­lent au dehors, œuvres extérieures, besogne de leur état, œu­vres de zèle et de charité ; et puis, ils travaillent dans l'inté­rieur de la maison, selon l'expression de la parabole : « Le Maître dit : Apprêtez-moi à souper, ceignez-vous, et servez-moi jusqu'à ce que j'aie mangé et bu. »

 

Ce travail domestique auprès du Maître chéri délasse le serviteur fidèle ; c'est, en étant auprès de son Maître, en lui parlant, en le priant, qu'il se dispose à son travail du lendemain et qu'il le rend fruc­tueux.

 

L'âme chrétienne doit ainsi ordonner sa vie : le travail et la prière, les devoirs envers les hommes et les devoirs plus doux envers Dieu, et marcher d'un pas soumis dans la voie que le doigt divin lui a marquée.

 

Mais quand elle aura rempli sa journée, quand, dans sa vieillesse, jetant les yeux en arrière, elle verra ses bonnes œu­vres, ses prières ferventes, ses souffrances résignées, pourra-t-elle concevoir de l'orgueil et se croire quelque chose de grand? Non, le Seigneur nous le déclare : « Quand vous aurez accom­pli tout ce qui est commandé, dites : Nous sommes des servi­teurs inutiles ; nous n'avons fait que ce que nous étions obli­gés de faire. »

 

En effet, de quoi pouvons-nous nous enorgueillir et pourquoi nous placer si haut ? Tant de faiblesses furent mêlées à nos vertus, et nos meilleures actions elles-mêmes ne furent-elles pas le fruit d'une grâce spéciale et imméritée ?

 

Nous sommes des serviteurs inutiles quant au succès, car c'est Dieu seul qui en dispose ; quant aux moyens, car tous, esprit, talents, for­ces, nous les tenons de Dieu, et notre volonté même serait bientôt ébranlée s'il ne daignait la soutenir. Nous ressem­blons à une enfant qui travaille à un ouvrage de couture sous les yeux de sa mère ; la mère conduit les doigts de sa fille, la guide, la conseille, la dirige ; quand l'ouvrage sera terminé, l'enfant aura-t-elle le droit de s'enorgueillir ?

 

Les saints, qui se connaissaient si bien eux-mêmes, qui connaissaient si bien la nature humaine, étaient, par conséquent, très sincères dans leur profonde humilité ; ils reconnaissaient qu'ils faisaient peu de chose, qu'ils ne faisaient ce peu qu'avec l'aide de Dieu, et ils se proclamaient dans toute la simplicité de leur cœur des serviteurs inutiles.

 

La vénérable Agnès de Langeac signait ses lettres, et de très bonne foi : La gâte tout, Agnès. Que dirons-nous, nous qui nous croyons si utiles, peut-être si indispensables, et qui pensons parfois que Dieu doit bien nous savoir gré des petits services que nous lui rendons ?

 

Seigneur, je suis mille fois plus à vous qu'une esclave ; mon devoir et mon bonheur, c'est de vous servir ; j'y trouve mon avantage et ma gloire ; vous pouvez vous passer de votre pau­vre créature sans rien perdre ; vous pouvez, d'un mouvement de votre divine volonté, créer des millions de créatures bien supérieures à moi ; je suis trop heureuse que vous daigniez agréer mes faibles services, mon cœur pour vous aimer, mon esprit pour vous connaître, mon intelligence pour songer à vous, et mon corps pour travailler dans le champ où vous m'avez placée.

 

Quoique je fasse, je ne serai jamais qu'une servante inutile, mais quoi que je fasse aussi, si je vous aime, le moindre sou­pir de mon âme, s'élevant vers vous, aura du prix devant vo­tre infinie Bonté. Tout mon désir est de vous servir jusqu'à la fin de ma vie, et de mourir en me confiant humblement à vo­tre miséricorde.

 

Saint Alphonse Rodriguez, confesseur.

 

Tandis qu'il étudiait à l'université d'Alcala, Alphonse perdit son père et fut appelé à Ségovie pour reprendre et continuer le négoce de sa famille. Peu après, il se maria et devint père de deux enfants. Mais lui qui avait toujours vécu très saintement, n'était pas appelé à servir Dieu dans le monde. Son commerce ne réussit pas, et la mort lui enleva sa femme et ses enfants. Ainsi rendu à lui-même, Alphonse s'offrit pour être frère coadjuteur dans la Compagnie de Jésus. Cette réso­lution, inspirée par son humilité, fut approuvée par son directeur et Dieu l'en récompensa par un admirable esprit d'oraison et cette science infuse des choses divines que le Saint-Esprit peut seul enseigner. Telle fut la réputation de vertu d'Alphonse, que dans les humbles fonctions de portier au collège de Majorque, le saint frère devint l'oracle des plus importants personnages. Dans ses entrevues avec eux, Al­phonse manifesta les dons surnaturels les plus rares tels que la prescience de l'avenir et la connaissance des pensées les plus intimes des cœurs. Il compta au nombre de ses enfants spirituels saint Pierre Claver.

 

Le Pape Léon XIII a mis Alphonse au nombre des Saints.

 

Tiré de LECTURES   MÉDITÉES  (1933)

 

elogofioupiou.com

Partager cet article
Repost0

commentaires