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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 19:54

C’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit cette terrible parole : « Malheur au monde ! » Et l'apôtre saint Jean cette au­tre : « N'aimez pas le monde, ni rien de ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour de Dieu n'est pas en lui. »

 

Que faut-il entendre par le monde ?

Le monde, celui que Jésus-Christ maudit, celui que l'apô­tre saint Jean nous recommande de ne pas aimer, c'est la multitude de ceux « qui font leur dieu de tout, excepté de Dieu lui-même. »

 

Les mondains n'attachent d'importance qu'à la fortune, à la réputation, au plaisir. Il n'y a rien pour eux en dehors de la terre, au delà de la vie, ou du moins ils ne s'en inquiètent pas. Voici leur doctrine : On doit songer d'a­bord et uniquement à se faire une position, à paraître, à se distinguer, à attirer les regards, à s'amuser, à se divertir. S'oc­cuper de son âme, s'occuper de Dieu, s'occuper de religion, c'est une inutilité ; cela ne rapporte rien : tout au plus faut-il y penser avant de mourir.

 

Voilà ce qu'est le monde, ce qu'il pense et ce qu'il veut.

Hélas! Il n'y a pas seulement des hommes dans ce monde-là; on y rencontre aussi des femmes et des jeunes filles. Beaucoup Sans doute font acte de présence à l'Église le dimanche et au temps pascal, afin de ne pas se singulariser, de ne pas s'expo­ser à un certain discrédit auprès des catholiques pratiquants ; mais ce n'est qu'une démonstration hypocrite.

 

Ces personnes ne rêvent que luxe, toilette et parties de plaisir. Voyez-les ! Journellement elles passent sous vos yeux, à côté de vous. On les reconnaît à leur extérieur, à leur dé­marche. C'est la vanité, c'est l'orgueil, c'est quelque chose de pis encore que révèle leur tenue.

 

Pauvres mondaines !... Sont-elles heureuses ? Le croyez-vous? Peut-on être heureux avec une vie semblable ? Non, je vous l'affirme, cela n'est pas possible.

 

Cependant le monde rit, chante, se glorifie de son prétendu bonheur.

 

Que faut-il en penser ? Le monde s'étourdit, il se fait illu­sion à lui-même ; mais ce n'est que pour un moment, car il suffit d'attendre quelques années. Oh ! alors, que de plaintes amères ! Que de larmes brûlantes ! Que de cris déchirants !

 

On a été trompé dans ses espérances, on a été joué dans ses affections, on s'est épuisé dans les plaisirs. Maintenant, c'est la réalité lamentable. On est dans l'isolement, dans la douleur, dans l'angoisse ; et à qui s'adresser ? Qui viendra apporter seulement une parole d'adoucissement et de consolation ? Qui fera luire seulement un rayon d'espérance ? Vaine at­tente ! Personne ne se présente.

 

On appelle, on éclate en reproches, on maudit... Rien n'y fait : On expire dans la colère, dans le dépit, ou tout au moins dans les plus inutiles regrets.

 

C'est ainsi qu'on arrive devant Dieu. Et comment régler ses comptes avec lui, quand on l'a méconnu et outragé durant toute sa vie ? Qu'attendre à cette heure effroyable qui suit la mort ?

 

Plaignez le monde ! Ne l'aimez pas, ni rien de ce qu'il vous offre. Rien en lui n'est réellement aima­ble ; rien n'y dure. Sa figure passe, et passe avec rapidité.

 

Ce que nous voudrions vous inspirer pour le monde c’est de la pitié, pour ne pas dire du mépris, car c’est ce qu'il mérite ! Si vous le voyez de près, vous devez être épouvantée de ses scandales, de ses hontes, de ses désolations.

 

Même lorsque le monde ne rejette pas la religion, et semble plutôt, jusqu'à un certain degré, la respecter et la pratiquer; mais ses pensées sont tout entières pour la vie présente et ses vanités. Il n'y a chez lui rien de surnaturel, rien de sérieux. Oh ! Que sa religion est suspecte !

 

Ce monde-là ne vous enveloppe-t-il pas ? N’est-ce pas le monde de vos proches, le monde de la société, celui que voit votre famille et que vous devez fréquenter !

 

Comment devez-vous vous y tenir ? Quelles doivent y être vos pensées, vos paroles, votre conduite ? Si vous rentrez sérieusement en vous-même, vous entendrez la réponse.

 

Rien contre votre conscience bien éclairée !

 

Telle doit être votre perpétuelle devise. N'accordez à ce dangereux monde que ce que l'obéissance vous fait un devoir de lui accorder ; et si l'on voulait obtenir de vous certaines concessions qui mettraient votre vertu en péril, sachez résister, modestement sans doute, mais fermement et invinciblement.

 

Dieu avant tout ! Ne faites, ne dites quoi que ce soit que votre conscien­ce condamne.

 

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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