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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 20:25

L'article qu'on va lire, écrit par un laïc catholique du nord est de l'Angleterre et intitulé « Letter to the Bishops of England and Wales », elle paru dans le mensuel anglais Christian Order, 65, Belgrave Road, Londres, S.W. IV, 2BG, oct 1982 pages 493-500. Le R.P. Paul Crâne, S.J., directeur, a gracieusement autorisé la traduction et sa publication.

Le 5e dimanche de Pâques, (La liturgie traditionnelle, on le sait, mentionne les dimanches non pas « de » Pâques, ce qui n'a aucun sens, mais « après » Pâques.) j'assistai à la messe avec (je l'avoue) le peu de ferveur que m'inspire habituellement le nouveau rite de la célébration dominicale...

Cette semaine-là, toutefois, les mots de l'évangile m'impres­sionnèrent formidablement: J'y découvris l'explication du désarroi qui affecte l'Église. Nous avons fait fausse route, parce que nous n'écoutons plus la vérité de Jésus-Christ. Jusqu'à la fin de la messe, je n'ai pu avoir en tête que le souvenir
des paroles de l'évangile, et il ne me quitta point durant les quinze jours qui suivirent. Je résolus alors d’écrire mes idées dans un genre d'épître à l'épiscopat d'Angleterre et de Galles.

On jugera peut-être que ma critique des évêques est trop sévère. Mais serait-on excusable de ménager quiconque s'ap­plique, par action ou par omission, à détruire l'unique vraie Église de Jésus-Christ ? Je pense que non. Vous estimerez que je n'apporte rien de neuf ou d'original et que ma lettre ne mérite aucune attention particulière. Libre à vous. Mais je peux affirmer que mon sentiment est partagé, en plus ou en moins, par nombre de mes amis et connaissances, tous profondément écoeurés de la situation actuelle, surtout dans les écoles nominalement catholiques, où nos enfants subissent les plus affligeantes âneries sous couvert de doctrine catholique.

Mes Seigneurs,

II vous arrive peut-être, en privé ou en public, de déplorer l'inquiétante baisse de popularité dont a souffert l'Église catholique au long des années qui s'écoulèrent après le concile. Et ce déclin continue de s'accélérer. Peut-être avez-vous, occa­sionnellement, réfléchi aux causes qui en rendent compte. Permettez-moi quand même de vous communiquer une propo­sition.

Si vraiment vous considérez avec souci :

a) l'angoissant abandon de l'observance dominicale, 

b) la chute catastrophique de la relève sacerdotale et reli­gieuse, 

c) le surplus de parents unanimes à réprouver l'insondable médiocrité de l'enseignement religieux à l'école catholique, veuillez méditer à fond l'évangile du 5e dimanche de Pâques, emprunté à (Jn 15: 1-8) : Il contient remède à votre souci.

Jésus dit à ses disciples:

Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève. Et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde pour qu'il porte encore plus de fruit... 

Je suis la vigne, vous, les sarments. 

Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit, car hors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, on le jette dehors comme le sarment, et il se dessèche.

Plusieurs dignitaires de notre hiérarchie semblent avoir, depuis Vatican II, rompu leur attachement à la vérité du Christ; ils adhèrent aux fables et au culte de l'homme. Exami­nons de près le discours de Jésus-Christ:

Note : Dans la liturgie traditionnelle, ce passage de l'évangile (Jn 15: 1-8) se lit à la messe d'un martyr au temps pascal.

Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit, car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, on le jette dehors comme le sarment, et il se dessèche.

Des questions et un contraste

Et voici les questions qui surgissent à l'esprit. Pourquoi nos séminaires et noviciats sont-ils ou presque vides ou fermés? Pourquoi la fréquentation de la messe du dimanche s'effondre-t-elle à un rythme alarmant? Pourquoi les parents catholiques retirent-ils leurs enfants des écoles dites catholiques? Et, problème non moins grave, pourquoi ces incongruités ne rencontrent-elles aucune contestation, comme si les chefs officiels s'en désintéressaient ?

Ne serait-ce pas, comme je l'ai suggéré, parce que, ces dernières années, vous avez, mes Seigneurs, rompu votre lien avec la vérité du Christ, avec la vigne de l'Évangile ? Au lieu de nourrir votre troupeau du fruit de la vraie vigne, ne lui avez-vous pas servi du « vin ordinaire », voire, souvent, un imbuvable vinaigre?

N'est-ce pas jusque là que, dans les messes du nouvel ordo, condescend votre tolé­rance ? Le fruit de la vigne n'y est-il pas assimilé à « l'oeuvre du travail humain » ? Un fléau s'est abattu, et la vigne est dénudée. On ne saurait le taire, c'est vous, les évêques, gardiens de la vigne, les seuls responsables du gâchis.

Par contraste, je vais faire allusion à un certain archevêque, et j'ai besoin, mes Seigneurs, de votre bienveillance. Il a piètre renommée parmi vous, mais — réalité indéniable — ses séminaires regorgent de candidats, au point qu'il doit en ouvrir davantage pour accueillir les jeunes hommes désireux de s'y former à la prêtrise. Loin d'emprunter le ton de l'Église « post­conciliaire » pour gémir sur la pénurie des vocations, il cherche, au contraire, à canaliser seulement le flot courant des sollicita­tions qu'il reçoit. Cela ne démontre-t-il pas qu'il y a quantité de jeunes ardemment disposés à consacrer leur vie au service du Christ dans le sacerdoce ?

De toute évidence, ils répondent à l'attrait de la vérité qui rayonne manifestement de cet arche­vêque. Ne serait-ce pas parce qu'il demeure dans le Christ et le Christ en lui, avec la garantie normale d'une riche fécondité ? Je pose la question, sans rien ajouter.

A suivre

elogofioupiou.over-blog.com

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