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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 20:20

 

 

Maintes fois, on nous a dit que tout était pour nous, ici-bas, dans la prière, qu'elle était notre suprême ressource comme notre obligation capitale ; mais n'oublions-nous pas cette grande vérité, du moins dans la pratique ?

 

Tâchons de bien nous pénétrer des pensées suivantes et méditons-les de temps en temps pendant la journée :

 

La prière, c'est le trait d'union entre la terre et le ciel, la clo­che qui nous permet d'appeler à notre secours les habitants de la patrie céleste.

La prière, c'est l'élévation de l'âme vers le Créateur, l'élan de l'être faible vers Celui qui est le principe de toute force, de toute vie.

La prière, c'est  le plus grand acte que l'homme puisse accomplir ; c'est un vol sublime de l'intelligence qui, s'élançant de la terre, s'élève par-delà les astres jusqu'au pied du trône du Tout-Puissant. C'est un mouvement du cœur qui se dilate jusqu'à embrasser, dans son étreinte, l'Immense, l'Infini, pour se mettre en communication avec lui.

La prière, c'est le cri d'espérance d'un exilé qui appelle de ses vœux le moment où il pourra rentrer dans sa patrie.

La prière, c'est le bouclier du faible, la consolation de l'affligé, le trésor du pauvre, la noble vengeance de l'opprimé.

La prière, c'est le parfum suave qu'exhale l'innocence, c'est le soupir qui régénère le pénitent, c'est le baume qui calme les déchirements du remords.

La prière, c'est la semence qui germe, la sève qui fertilise, la pluie qui rafraîchit.

La prière, c'est le tendre baiser du Père céleste, c'est l'embrassement des enfants de Dieu, c'est le rendez-vous de la famille chrétienne.

 

« Quoi de plus grand, dit de son côté Mgr de Ségur, quoi de plus grand, quoi de plus doux, de plus simple, de plus facile que la prière !

» C'est la plus noble occupation de l'homme en ce monde; c'est ce qui relève et rend dignes d'un être raisonnable toutes nos autres occupations.

» C'est la pensée humaine s'appliquant à Dieu, son plus saint objet.

» C'est le cœur s'unissant au Dieu d'infinie bonté, d'in­finie perfection, d'infini amour, qui peut seul pleinement le satisfaire.

» C'est l'enfant qui parle à son père bien-aimé, l'ami qui converse familièrement avec son ami.

» C'est le coupable pardonné qui remercie tendrement ! Son Sauveur; c'est le pécheur faible et infirme qui demande miséricorde au Dieu qui a dit : Jamais je ne rejetterai celui qui vient à moi.

» La prière est la consolation de toutes nos peines. C'est  notre bonheur intime, que rien ne peut nous ravir. Il en est de la prière comme de l'amour de Dieu ; c'est une si douce chose que Dieu, en nous en imposant l'obligation de prier, ne fait que nous commander d'être heureux. »

 

Écoutons maintenant un des plus saints prêtres du XIXe siècle, le Saint Curé d'Ars :

 

« La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C'est un miel qui descend dans l'âme et adoucit tout.

» Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.

» La prière est une rosée embaumée ; mais il faut prier avec un cœur pur pour sentir cette rosée.

» Vous le savez, le trésor d'un chrétien n'est pas sur la terre, il est dans le ciel.

Eh bien ! Notre pensée doit aller où est notre trésor.

» L'homme a une belle fonction, celle de prier et d'aimer... Vous priez, vous aimez : Voilà le bonheur de l'homme sur la terre !

» La prière n'est autre chose qu'une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un bau­me, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l'âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C'est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C'est un bonheur qu'on ne peut comprendre.

» La prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement qu'on ne s'aperçoit pas de sa durée. Plus on prie, plus on veut prier.

» On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l'eau, parce qu'ils sont tout au bon Dieu. Dans leur cœur il n'y a pas d'entre-deux. Oh ! Que j'aime ces âmes généreu­ses !... Saint François d'Assise et sainte Colette parlaient à Nôtre Seigneur comme nous nous parlons. Tandis que, nous, que de fois nous venons à l'église sans savoir ce que nous ve­nons, faire et ce que nous voulons demander !

» Ceux qui ne prient pas se courbent vers la terre, comme une taupe qui cherche à faire un trou pour s'y cacher. Ce sont des gens tout terrestres, tout abrutis, qui ne pensent qu'aux choses du temps...

» Celui qui ne prie pas est encore comme un de ces oiseaux pesants qui ne peuvent s'élever dans les airs : S'ils volent un peu, ils retombent bientôt. Celui qui prie, au contraire, est comme un aigle intrépide, qui plane dans l'air et semble tou­jours vouloir se rapprocher du soleil. Oh ! En vérité que c'est beau la prière ! L'homme qui est en grâce avec Dieu n'a pas besoin qu'on lui apprenne à prier, il connaît la prière comme naturellement.

» Si le bon Dieu nous commande de prier, c'est qu'il veut notre bonheur, et que notre bonheur ne peut se trouver que là. Lorsqu'il nous voit venir, il penche son cœur bien bas vers sa petite créature, comme un père qui s'incline pour écouter son enfant. »

Retrempons notre esprit, notre cœur dans l'amour de la prière. Ne restons jamais au-delà d'un moment sans prier, ce sera notre sécurité et notre consolation. Avec la prière tout le reste suivra, selon le plan du bon Dieu !

 

FÊTE DU JOUR: 7 OCTOBRE. Sainte Pélagie, pénitente.

 

Pélagie, célèbre actrice païenne à Antioche, avait une telle réputation de beauté et de talent qu'on accourait de loin pour la voir et pour l'admirer. Elle eut un jour l'occasion d'entendre un sermon de saint Nonne ; aussitôt après,   en présence de plusieurs évêques, l'actrice pénitente se proster­na, baignant la terre de ses larmes et refusant de se relever avant d'avoir reçu le baptême. « Si vous n'exaucez pas ma prière, disait-elle naïvement, je prie Dieu de vous imputer tous les péchés que je commettrai. » Touché de telles instan­ces, saint Nonne baptisa Pélagie, lui donna le sacrement de confirmation et l'admit à la sainte communion. Puis, il la confia à une pieuse dame d'Antioche chez qui elle eut beau­coup à souffrir de ses anciens souvenirs et des attaques du démon dont elle triomphait par d'incessantes prières et par la vertu du signe de la croix. Pélagie distribua aux pauvres ses immenses trésors, et peu après sa conversion, elle quitta secrètement Antioche, alla à Jérusalem et s'enferma, sur le mont des   Oliviers,   dans une grotte profonde d'où elle ne sortit plus. Elle y mourut après quatre années de pénitence, de silence et de prière. Personne ne connaissait ses antécé­dents, ni ne savait même qui elle était, excepté l'évêque saint Nonne. Elle fut néanmoins inhumée avec honneur comme une héroïque servante du Christ, qui avait donné des preuves éclatantes de ses hautes vertus.  Plus tard l'Église proclama ses mérites en l'élevant sur les autels.

 

Tiré de : LECTURES   MÉDITÉES.  (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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