Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (7)
Nous avons vu que notre âme est spirituelle ; et de cela il résulte en toute évidence que bien que le corps se forme dans les entrailles de la mère, il ne peut en être de même par rapport à l'âme.
Celle-ci étant incorporelle, ne se compose ni de chair ni de sang, et par conséquent elle a dû être créée de Dieu, qui l’a unie à notre corps pendant que celui-ci se formait et se développait dans le sein de notre mère.
Ceci bien compris, on voit avec une pleine clarté combien est con- forme à la raison ce que raconte la sainte Écriture sur la création de nos premiers parents.
En effet, nous avons vu déjà que bien que les hommes descendent d'autres hommes, ceux-ci d'autres encore, et ainsi successivement, il faut cependant arriver à la fin à un homme et à une femme qui ne sont point nés d'autres, mais qui ont dû être créés de Dieu.
Ce fait que la raison nous enseigne comme nécessaire, la sainte Écriture nous le rapporte et nous l'explique avec beaucoup de simplicité et de clarté en nous disant que Dieu après avoir créé le ciel et la terre, forma de la poussière de celle-ci le corps d'Adam, et créa ensuite l'âme spirituelle pour l'unir au corps.
L'expression dont se sert la sainte Écriture pour expliquer cette union ineffable est fort belle. Le corps de l'homme étant formé et ne renfermant pas encore l'âme qui devait le vivifier, gisait étendu sur le sol, sans aucun mouvement, non repoussant et défiguré comme le sont vite les corps des morts, mais comme une belle figure de cire.
Dieu créa l’âme, l'unit au corps, et au même instant les yeux de la statue s'ouvrirent, la physionomie s'anima et se montra pleine de vie.
Cette transformation aussi merveilleuse que belle le texte sacré l'exprime en disant que Dieu dirigea sur le visage d'Adam un souffle de vie : non point qu'il ait soufflé en effet, ce qui est impossible, puisque Dieu est un être spirituel, mais pour nous donner à entendre que nous devons considérer l'âme de l'homme comme une chose distincte et fort différente du corps, non formée d'une manière quelconque, mais émanée directement de la Divinité par le moyen de la création.
La création du premier homme ainsi expliquée, on voit tout de suite qu'il n'y a pas plus de difficulté dans ce que la sainte Écriture nous rapporte sur la création de la femme, dont le corps fut formé d'une côte d'Adam, ce qui exprime sa destination à être la compagne de l'homme, et à laquelle son âme fut donnée de la même façon qu'à son mari.
On conçoit de même très clairement comment l'un et l'autre ayant été unis par le mariage, et cette union ayant été fécondée par les bénédictions du Créateur de toutes choses, le genre humain a pu se former et se répandre sur toute la face de la terre.
En vain quelques philosophes ont-ils cherché un moyen de se soustraire sur ce point à l'autorité de nos livres sacrés : la Religion seule soulève le voile qui couvre le berceau de l'humanité, et en dehors de ses augustes enseignements on ne rencontre que songes et délires.
Ne luttons pas en vain contre la force de la vérité ; ne fermons pas avec opiniâtreté les yeux à cette lumière si pure ; au contraire rendons grâces à Dieu de nous avoir mis à l'abri par sa bonté des surprises et des erreurs de notre faible raison, en nous assurant lui-même de la haute noblesse de notre origine.
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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