Suite de la série d’article sur la véritable messe catholique
"Voici quelques précisions et commentaires au sujet du plus important décret qu'un Pape ait pu faire dans toute l'histoire de l'Église : °°1 — D'abord pourquoi est-il le plus important décret des Papes dans toute l'histoire de l'Église ? Quel est le signe d'une telle importance ? Ce signe, c'est de l'avoir fait TOUR TOUJOURS'. Il faut que ce décret soit vraiment d'une importance capitale, absolue, essentielle et vitale pour l'Église : il est impossible d'expliquer autrement la décision de ce saint Pape : celle de le rendre valide 'POUR TOUJOURS'. Pour assurer la vie de l'Église, il lui faut l'UNITE. Saint Pie V a vu que l'unité dans la liturgie est une condition indispensable pour ne pas tomber dans le protestantisme. L'unité de la liturgie garantit, préserve l'unité dans la doctrine, car la liturgie est comme l'enveloppe de la doctrine. Ce n'est pas sans nécessité qu'a eu lieu le concile de TRENTE. A cause des multiples divergences dans la liturgie de son temps, le Pape s'est rendu compte que l'Église s'en allait à sa perte si elle ne revenait pas à l'unité de sa liturgie. L'importance suprême du décret de saint Pie V, c'est d'assurer la vie même de l'Église et cela, non seulement pour son temps, mais pour toujours. C'est pourquoi ce décret est immortel et ne perd jamais sa valeur. S'il a perdu de sa valeur aujourd'hui, cela explique tous les maux dont souffre l'Église actuellement, maux qui sont identiques à ceux du temps du concile de TRENTE qui les a justement corrigés par l'unité de la liturgie, sanctionnée par le décret de saint
Pie V.
"Si, selon la parole de Nôtre-Seigneur, on juge un arbre à ses fruits, eh bien ! La messe face au peuple n'a produit et ne peut produire que de mauvais fruits. C'est de l'humanisme qu'elle a produit et ne cesse de produire. Avant l'installation de cette messe face au peuple, nous n'avions pas de messes à gogo, avec tambours, batterie et toutes ces musiques discordantes qui sont loin de nous rappeler que le sacrifice de la messe est le même que le sacrifice de la CROIX. En effet, au pied de la CROIX, il n'y avait pas de tambours, mais les pleurs de la sainte Vierge Marie. La messe face au peuple nous fait oublier l'essentiel du sacrifice de la messe; l'essentiel du sacrifice de la messe, c'est d'être le même que le sacrifice de la CROIX. La MESSE, dans son essence, n'est donc pas une question de lumières, de fleurs, de musiques, de chants et de lectures de textes par de multiples lecteurs qui distraient les assistants de son véritable but : le renouvellement de la Passion de Nôtre-Seigneur. L'essentiel de la MESSE n'est pas même le prêtre-instrument qui tient la place de Jésus-Christ. Il n'y avait pas de prêtre-instrument au sacrifice de la CROIX, qui est pourtant l'unique et authentique sacrifice dont la MESSE est la continuation, le renouvellement. C'est donc un crime de présenter le prêtre-instrument devant le peuple, de telle façon que le peuple oublie le prêtre principal : Jésus-Christ. S'il oublie le prêtre principal : JESUS-CHRIST, parce que Sa Présence REELLE est mise à l'écart, parce que Son instrument : le prêtre qui est seulement homme, prend toute la vedette, le peuple perdra de vue l'essentiel du sacrifice de l'HOMME-DIEU, qui deviendra inutile, sans effet. Au contraire, par la messe face à Dieu, face à l'autel, le prêtre-instrument disparaît pour ainsi dire, pour laisser toute l'importance au PRETRE PRINCIPAL, à Jésus-Christ, au Fils de Dieu, comme au Calvaire. En outre c'est un crime d'honorer le peuple à la messe, en se tournant vers lui pour opérer le sacrifice de Jésus.
C'est un crime puisque la messe est le même sacrifice que celui de la CROIX et qu'à ce sacrifice de Jésus-Christ, le peuple a condamné son Dieu à mort. C'est donc reconnaître que le peuple avait raison de crucifier son Dieu, si l'on honore le peuple au sacrifice renouvelé de Jésus qu'est la messe, en se tournant vers lui, en méprisant la Présence REELLE de Jésus dans l'Eucharistie, en ne priant plus devant Elle, comme si Dieu, la Sainte Trinité n'était pas là. Voilà les fruits de la messe face au peuple. Si la messe face au peuple était bonne, elle porterait de bons fruits : les chrétiens s'amélioreraient, mais c'est le contraire que nous constatons : ils deviennent de plus en plus pervers et ils perdent de plus en plus la foi. La messe face au peuple est de l'humanisme. C'est l'idéalisation, la sublimation de l'HOMME, de l'HUMAIN chez les assistants et chez le prêtre, en même temps que l'oubli de Dieu; c'est tout pour l'homme, rien pour Dieu. Pour être sauvé, il faut du 'DIVIN'; l'humain ne suffit pas : "SANS MOI, VOUS NE POUVEZ RIEN FAIRE." (Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 5). L'avènement du Fils de Dieu devient inutile si l'humain suffit pour obtenir le salut éternel. Non, ce n'est pas Dieu qui a besoin du peuple; c'est le peuple qui a besoin de Dieu. Voilà pourquoi le .prêtre ne doit pas célébrer la messe face au peuple. "Au contraire, les fruits du décret de saint Pie V, c'est d'avoir gardé la pureté et l'unité de la doctrine de Jésus-Christ : ce sont de bons fruits. Le décret de saint Pie V, c'est un bon arbre : il a produit, produit encore et produira toujours de bons fruits; il ne faut donc pas l'abandonner.
°°2 — Le Pape saint Pie V a fait ce décret pour toujours. Il dit : "NOUS décrétons et déterminons que notre présent ordre et décret doit durer 'POUR TOUJOURS' et ne peut 'JAMAIS' être révoqué ou amendé dans le futur." Avait-il le droit d'agir ainsi : produire un décret qui oblige non seulement les chrétiens catholiques de son temps, mais aussi ceux qui ont existé après lui, comme ceux qui existeront jusqu'à la fin des temps ?
— Réponse : S'il le jugeait nécessaire, il avait parfaitement le droit de le faire puisqu'il était PAPE. Jésus-Christ, le Fondateur de l'Église catholique a donné au Pape le pouvoir des clefs, en disant : "Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon EGLISE, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. ET JE TE DONNERAI LES CLEFS DU ROYAUME DES CIEUX : TOUT CE QUE TU LIERAS SUR LA TERRE SERA LIE DANS LES CIEUX, ET TOUT CE QUE TU DELIERAS SUR LA TERRE SERA DELIE DANS LES CIEUX" (évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, verset 19); "Pais mes agneaux."; "Pais mes brebis." (Évangile de saint Jean, chapitre 21, verset 16). Ce qui veut dire que lorsque le Pape décide quelque chose, comme Pape, cela est décidé dans le ciel, c'est-à-dire par Dieu.
°°3 — Le décret 'QUO PRIMUM' du Pape saint Pie V est-il soumis au dogme de l'infaillibilité pontificale ? — Réponse : Oui, certainement. Le Pape est infaillible quand il parle comme DOCTEUR UNIVERSEL. Ici, saint Pie V parle comme docteur universel; il dit : "Nous déclarons aussi que c'est en vertu de notre AUTORITE APOSTOLIQUE que nous décrétons...". Comme deuxième condition pour exercer son droit d'infaillibilité, le Pape doit trancher d'une manière définitive une doctrine de foi ou de morale. Il ne fait aucun doute que le décret "QUO PRIMUM" de saint Pie V remplit cette condition.
Voici le texte : "Par notre présent décret qui doit être valide A PERPETUITE, nous déterminons et ordonnons QUE JAMAIS QUELQUE CHOSE NE SOIT AJOUTE, OMIS OU CHANGE DANS CE MISSEL.". Il s'agit d'une doctrine de morale. Le décret porte sur le missel qui "renferme tout ce qui est nécessaire pour préserver un moyen pur et universel d'adorer Dieu". 'ADORER DIEU', c'est certainement quelque chose de moral. Saint Pie V veut sans aucun doute trancher cette question d'une façon définitive puisqu'il se prononce et oblige pour toujours. Enfin, pour que le Pape exerce son infaillibilité, il faut cette troisième condition : il doit vouloir définir avec l'intention d'obliger toute l'Église : ce qui a lieu sans aucun doute quand le Pape porte une condamnation contre ceux qui désobéissent au décret en question. Ici, il ne fait aucun doute que saint Pie V oblige toute l'Église : "Nous avertissons précisément toutes les personnes constituées en autorité, de n'importe quel rang ou dignité, sans excepter les cardinaux, et nous leur ordonnons, en matière de stricte obéissance, de ne jamais employer ou permettre des cérémonies ou des prières de la messe autres que celles contenues dans ce Missel ORDONNE par le SAINT CONCILE DE TRENTE". Il oblige tellement toute l'Église qu'il menace de la colère du Dieu tout-puissant et des apôtres saint Pierre et saint Paul, les piliers de l'Église catholique, n'importe quel homme qui n'obéira pas à son décret : "Et si quelqu'un osait néanmoins entreprendre une action contraire à cet ordre qui est nôtre et qui est donné pour tous les temps, qu'il sache QU'IL S'EST ATTIRE LA COLERE DU DIEU TOUT-PUISSANT ET DES SAINTS APOTRES PIERRE ET PAUL."
°°4— Un Pape venant après saint Pie V peut-il changer ce décret de saint Pie V ou ne pas en tenir compte ? —
"Réponse : NON, absolument NON parce que le Pape ne peut pas, comme Pape, désobéir à Dieu : "TOUT CE QUE TU LIERAS SUR LA TERRE SERA LIE DANS LES CIEUX" (évangile de saint Matthieu, chapitre 16, verset 19), dit Jésus-Christ à Pierre. Ce qui veut dire que le décret de saint Pie V a été décidé, décrété, sanctionné par Dieu Lui-même au ciel et pour toujours.
"Voici maintenant le témoignage d'un Pape qui répond NEGATIVEMENT A CETTE MEME QUESTION.
"Autour de l'an 500, deux évêques gaulois : Eonius d'Arles et saint Avit de Vienne, eurent un différend touchant leurs juridictions. Ils en appelèrent au Pape Symmaque (498-514). L'historien Fleury nous raconte comment le Pape régla ce différend : "Symmaque vit que Anastase (son prédécesseur, Anastase II, 496-498) avait mis de la confusion dans la province, EN CHANGEANT L'ORDRE ANCIEN. Il blâme cette conduite et dit que le sacerdoce (l'épiscopat) étant indivisible, LES SUCCESSEURS NE PEUVENT DONNER ATTEINTE AUX ORDONNANCES DE LEURS PREDECESSEURS; autrement cette légèreté ôterait tout le respect dû au SAINT-SIEGE. Il ordonne donc de s'en tenir à la VENERABLE ANTIQUITE, sans égard aux nouvelles constitutions qui ne servent qu'à troubler la paix et à favoriser l'ambition." (Hist. eccl. : 1, XXX, C. 53).
°°5 — Dans ce cas, comment se fait-il que saint Pie V n'a pas mentionné le nom du Pape parmi les personnes obligées d'exécuter son décret ? — "Réponse : C'est bien simple : il ne pouvait pas inclure, ajouter le nom du Pape lorsqu'il a dit : "Nous avertissons précisément toutes les personnes constituées en autorité, de n'importe quel rang ou dignité, SANS EXCEPTER LES CARDINAUX, et nous leur ordonnons...".
A suivre…
Extrait de : RESTAURATION CHRETIENNE VOLUME II, (épuisée)
Auteur : EMILE M. HORJA
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