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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 10:32

LA LUMIÈRE DE LA FOI…          

Des dieux-greffés, tels nous sommes !

Sur notre nature humaine une nature divine est entée.

La substance de l'âme est divinisée par la grâce sanctifiante et nos facultés par les vertus théologales; l'intelligence par la foi, la volonté par l'espérance et la charité.

 

Une intelligence divine

Considérons comment la foi nous gratifie d'une intelligence vraiment divine. Par la foi nous participons à l'intelligence de notre Père. En promenade avec son père qu'il questionne sur tout ce qu'il rencontre, le petit enfant participe à la science de son père. La foi, ce sont les renseignements que notre Père nous don­ne sur le monde surnaturel : sur lui-même, l'âme, le ciel, et tous les moyens de mener une vie divine. Sur tous ces points, impé­nétrables à notre intelligence humaine, nous voilà, moyennant la foi, renseignés comme notre Père : chez-lui et chez-nous même certitude sinon même profondeur.

Par la foi, nous participons à la sagesse de Dieu. Ce qui dis­tingue la foi de toute autre connaissance, ce qui lui est essentiel c'est la base ou le motif sur lequel elle s'appuie. Son motif formel c'est l'autorité de Dieu. Or l'autorité de Dieu est faite de deux attributs : sa science infinie et sa véracité absolue : Dieu sait tout et parle toujours dans la vérité. Voilà pourquoi croire c'est con­naître avec une certitude absolue tout ce que Dieu veut bien nous apprendre : croire c'est participer à la science et à la sagesse divine...

 

La foi est avant tout notre lumière. Sans doute pâle — lampe qui brille dans les ténèbres jusqu'à la pointe du jour (II Petr. I, 10), — elle peut cependant guider nos pas et suppléer à l'insuf­fisance manifeste de nos vues humaines. Même le monde matériel est rempli de mystères, que dire du monde spirituel où il nous faut évoluer ? Situation parfaitement illustrée par Nicodème, docteur en Israël, étonné des premières leçons de Jésus. Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ? (Jean III, 12).

 

L'esprit de foi

La foi, c'est l'intelligence de Jésus transposée en nous. Nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu, proclame Jésus... Nul n'est monté au ciel si ce n'est celui qui en est descendu, le Fils de l'homme (Jean III, 11-13).

La foi, c'est l'éducation, la formation de l'intelligence chrétienne. C'est la science de Jésus, ce sont ses vues, ses convictions participées par nous. A la science humaine qui guide dans les affaires hu­maines, correspond, pour guider dans la vie chrétienne la science des saints, nommée encore l'esprit de foi, les vues de foi, etc.

Pas de vie raisonnable sans intelligence; sans esprit de foi, pas de vie chrétienne ou surnaturelle. La foi est à la charité ce qu'est l'intelligence à la volonté c'est-à-dire la base; « La foi est le fon­dement de ce qu'on espère ». (Hébr. XI, 1).

Pourquoi l'intransigeance de l'Eglise en matière de foi, sinon pour cette raison suprême, semble-t-il, que l'amour vit de vérité comme l'œil de lumière ?

La foi, c'est la vérité possédée et aussi pratiquée. Notre Père nous fait connaître le monde surnaturel, non pas seulement pour nous ravir d'admiration, mais pour nous le faire conquérir et nous le donner. Tout le monde connaît le dilemme de saint Jac­ques : foi vivante ou foi morte ! A quoi sert la foi sans les œu­vres ? Montre-moi la foi que tu prétends avoir sans avoir les œuvres ? Pour moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi (Jac. II, 18). Les œuvres de la foi, c'est la logique d'une vie conforme à la vérité, c'est-à-dire une vie pareille à celle de Jésus et des saints, toute commandée par les réalités substantielles du monde surnaturel, la gloire de Dieu et le salut des âmes. Autre­ment la foi ne serait qu'un aveuglement...

Là où l'esprit humain est compétent, la foi ne le contredit jamais. N'oublions pas cependant combien courte est la vue humaine. Il est évident que Pilate a été injuste en condamnant Jésus; la foi n'obligera personne à nier cette injustice; mais elle nous apprend — ce que l'esprit humain ignore — que Jésus portait volontairement la responsabilité de nos crimes et que Dieu s'est vengé sur lui se servant de l'injustice de Pilate.

Mais si l'esprit humain aveuglé par la passion ou séduit par un sophisme se trompe, il ne faut pas s'étonner que la foi, tou­jours infaillible, le contredise. C’est la loi : la lumière et les té­nèbres se fuient. Quiconque fait le mal hait la lumière et ne va pas à la lumière, pour que ses œuvres ne soient pas condamnées. Mais celui qui fait la vérité va à la lumière, pour manifester que ses œuvres sont faites en Dieu (Jean III, 20s.).

Haute sagesse alors que de se soumettre. Il peut en coûter à l'orgueil naturel, mais la vraie conception de la foi, à savoir, l'in­faillible autorité de Dieu, facilite admirablement cette soumis­sion. Ce n'est pas un geste aveugle qui est demandé, c'est un acte de confiance, héroïque souvent, mais simplement digne de l'ab­solue autorité de Notre Père...

En définitive, la foi c'est la méditation et la contemplation; c'est le silence et le recueillement; c'est la germination et la crois­sance en l'âme de la parole de Dieu. Une âme intérieure ou de foi s'exerce, à longueur de vie, à agir comme si elle voyait Dieu et ses grands biens, ceux dont il la comble déjà et ceux qu'il ré­serve dans l'éternité.

A cette règle se jugent les âmes : les mortes qui nient Dieu dans leurs actes, les médiocres qui le connaissent si peu et les saintes.

Nérée-M. Beaudet, o.f.m.

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956

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