JÉSUS, FILS DU DIEU VIVANT… (Deuxième partie)
2° S'il est Dieu
S'il est Dieu, Lui rendons-nous le culte, le vrai culte auquel II a droit ? Le traitons-nous réellement en Dieu ? Voyons nos prières si souvent bâclées, notre tenue si négligente parfois dans les églises, et la façon presque irrespectueuse avec laquelle il nous arrive de recevoir les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie... Sommes-nous pratiquement convaincus de la redoutable grandeur qui s'attache à tous nos rapports avec la Divinité ?...
S'il est Dieu, où est notre Foi ? Pas la Foi théorique, car au fond nous croyons ; mais cette Foi pratique qui nous fait voir Dieu dans le prêtre, dans le pauvre, dans chacun de nos frères ? Il a dit, Lui : « Tout ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens, c'est à Moi que vous le faites ! » Le croyons-nous ?
Lui, Il a dit : « Celui qui veut me suivre doit se renoncer et porter sa croix ». Le croyons-nous ? Le suivons-nous ?
Lui, Il a dit : « Bienheureux ceux qui pleurent... ceux qui souffrent... ceux qui sont persécutés pour la justice, etc... » Croyons-nous vraiment à toutes les Béatitudes ?...
S'il est Dieu, où est notre Espérance ? L'Espérance est « fille de la Foi », dit saint Augustin, et la première récompense de celui qui croit est d'espérer. Ne serait-ce pas parce que notre Foi est si faible, que nous n'osons même pas' espérer ? Il est des chrétiens qui donnent à Jésus un cœur dur, qui font de Lui un tyran, ou au moins un juge toujours irrité ! Il en est qui doutent de sa miséricorde et de ses pardons, qui Lui prêtent un cœur tout petit, étroit, mesquin, taillé à la mesure du nôtre ! Est-ce là l'Espérance et la confiance que nous devrions avoir en Lui puisqu'il est Dieu ? S'il a l'infini dans ses armes, II a aussi l'infini dans son Cœur.
S'il est Dieu, où est notre Charité envers le prochain ? Il en a fait « le signe particulier auquel on reconnaîtra ses disciples » ; alors que, si souvent, nous manquons à la charité : (dureté de cœur, médisance, rapports, jalousie, calomnie, etc.), ceux qui ne croient pas peuvent-ils Le reconnaître en nous ? N'avait-il pas raison, le vieux Clemenceau, de dire : « Si tous les chrétiens de nom étaient chrétiens de fait, il n'y aurait plus de question sociale ».
S'il est Dieu, où est l'amour que nous Lui prouvons ? Ah ! Sans doute, deux fois par jour, nous récitons l'acte de charité : mais le vivons-nous ? Lui, Il nous a aimés jusqu'à la Crèche, jusqu'à la Croix, jusqu'à l'Hostie ! Et nous ? Nous L'aimons pour rire, le moins possible, au compte-gouttes, jusqu'au sacrifice... exclusivement. Lui, Il nous a tout donné ! Et nous, que Lui avons-nous vraiment donné jusqu'ici ?
S'il est Dieu, nous devons Le suivre. N'a-t-Il pas dit : « Je vous ai donné l'exemple, afin que vous fassiez ce que j'ai fait » ? L'imitons-nous ? Essayons-nous au moins de L'imiter ? Et si nous tombons sur la route, avons-nous le courage de nous redresser et de « suivre » ? Notre imitation est-elle autre chose qu'une « triste singerie » ? (Mauriac). Étudions les vertus dont Il est le divin exemplaire ; approchons nos pâles copies du modèle, et rougissons.
Oui, s'il est Dieu, et Il l'est, toutes ces conséquences, et bien d'autres encore, s'imposent à nous inéluctablement. N'oublions pas que notre vie chrétienne est une apologie ou une dépréciation de notre religion. On nous regarde ; et, remontant de l'effet à la cause, jugeant de l'arbre par ses fruits, on conclut de nos actes à la valeur de la doctrine que nous professons.
O mon Jésus, tant de raisons de croire m'étourdissent sans me convaincre davantage, car vous m'avez donné la Foi, et croire est si simple ! Je comprends qu'il est bon de relire ces preuves de votre divinité, ne serait-ce que pour avoir des armes toutes prêtes contre l'impiété; mais, pour moi, je trouve en mon cœur la plus douce des preuves en adorant votre Amour infini. Seul, un Dieu peut aimer comme nous le faites.
Mais il ne suffit pas de croire. Péguy disait : « Il faut devenir ce que nous sommes, par l'approfondissement de nos fidélités » ; autrement dit, raisonner et réaliser sciemment notre atavisme chrétien. C'est cela, ô mon Jésus, qu'il me faut faire : devenir, réaliser ce que je suis, un croyant, un chrétien.
Un croyant, traitant Dieu en Dieu, me tenant humblement devant Lui, à ma place de créature tirée du néant ; un chrétien, scrupuleusement soumis à tous les commandements, aimant Dieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme Jésus nous a aimés, lui et moi...
Si je n'agis pas ainsi, c'est que ma foi n'est pas assez vivante. Alors, ô mon Jésus, augmentez ma foi pour que grandisse mon amour !
Extrait de : Plus près de Toi mon Christ. J. Beateman. C.M. (1939)
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