La tentation de désespoir, et les moyens de la repousser…
La seconde tentation au moyen de laquelle le démon s'efforce de nous vaincre, c'est la frayeur qu'il excite en nous au souvenir de nos péchés, pour nous précipiter dans l'abîme du désespoir.
En présence de ce danger, tenez toujours comme infaillible le principe suivant : Le souvenir de vos péchés vient de la grâce, et il peut contribuer à votre salut, quand il produit en vous l'humilité, la douleur d'avoir offensé Dieu, et la confiance en sa bonté. Mais, au contraire, toutes les fois qu'il jette votre âme dans le trouble, dans la défiance et dans la pusillanimité, alors qu'il vous présenterait toutes les raisons possibles pour vous convaincre que vous êtes damné, et qu'il n'y a plus de salut pour vous, regardez ce souvenir comme une tentation, humiliez-vous et redoublez de confiance en Dieu. Ce sera le moyen de vaincre votre ennemi avec ses propres armes et de rendre gloire à Dieu.
Je ne blâme pas la vive douleur que vous pourriez ressentir au souvenir de vos fautes ; mais je veux qu'en même temps vous en demandiez très-humblement pardon à Dieu, avec une grande confiance dans les mérites de la passion du Sauveur Jésus.
J'ajoute qu'alors même qu'il vous semblerait que Dieu vous rejette du nombre de ses élus, vous ne devriez pas encore cesser de mettre en lui votre confiance ; il faudrait alors lui dire avec humilité : « Seigneur, si vous considérez mes péchés, vous avez bien raison de me réprouver ; mais moi, j'ai encore bien plus raison de m'en rapporter à votre miséricorde : j'ai donc confiance que vous me pardonnerez. Et maintenant, je vous en conjure, sauvez-moi, pauvre créature que je suis ! C'est vrai que mes péchés ne méritent que la damnation, mais j'ai été racheté au prix de votre sang. Pour votre gloire, ô mon Rédempteur ! Je veux sauver mon âme, et je me jette tout entier et avec une pleine confiance entre les bras de votre infinie miséricorde. Faites de moi tout ce qu'il vous plaira, car vous êtes seul mon maître. Oui, alors même que vous me donneriez la mort, je ne veux pas cesser de mettre en vous ma plus ferme espérance. »
A suivre avec : La tentation de vaine gloire…
Extrait de : LE COMBAT SPIRITUEL. Laurent Scupoli. c.c.-.r. (1946)
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