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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 16:44

Audience générale du 11 mai 1966.

Chers Fils et chères Filles,    

Nous savons que Nous parlons à des milliers d'élèves des Salésiens, des fils de Don Bosco, ici présents. Et Nous voudrions qu'ils gardent de leur visite au Pape un souvenir spécial. Qu'ils ne se souviennent pas seulement du spectacle que vous avez actuellement sous les yeux, le spectacle de cette basilique pleine de gens entourant cet autel sous lequel se trouve la tombe de saint Pierre, l'apôtre qui s'appelait Simon, fils de Jean, et que Jésus voulut qu'il fût appelé Pierre, précisément pour signifier qu'il devait être le fondement, la pierre sur laquelle Jésus voulait construire un édifice appelé Église. Voici ce que Nous voudrions: que cette audience grave dans la mémoire de Nos visiteurs d'aujourd'hui, de ces jeunes en particulier, le souvenir de l'Église.

Qu'est-ce que l'Église ? Comment vous la représentez-vous ? Nous avons dit: un édifice. De fait, le mot église sert à désigner l'édifice sacré où l'on va prier, mais il désigne aussi la société, le peuple, les gens qui vont à l'église, autrement dit la communauté de ceux qui croient au Christ et dont l'ensemble forme un groupe, une multitude unie, ordonnée, unanime, bonne, religieuse, heureuse et tout animée de grandes pensées et de grandes espérances. C'est cela l'Église, comme vous le savez tous.

Et maintenant, Nous vous demandons s'il y a une image, autre que celle de l'édifice, qui représente exactement l'Église sous cet aspect d'une multitude rassemblée autour d'un centre. Oui, il y a une image que Jésus lui-même nous a laissée, une image que vous entendrez souvent répéter, celle du troupeau réuni autour de son pasteur, de son pasteur qui le guide, le connaît et le défend. Lui-même l'a dit: Je suis le bon Pasteur (Jean X, 14), c'est-à-dire le véritable pasteur, le seul pasteur qui sache guider, le pasteur qui se sacrifie pour défendre et sauver son troupeau.

Et que signifie le mot troupeau ? Il signifie l'humanité, il signifie le monde, il signifie nous, nous personnellement. Pour nous modernes, cette image est moins parlante qu'elle ne l'était pour les anciens, plus habitués que nous le sommes à regarder le spectacle champêtre du pasteur qui mène son troupeau au pâturage. C'était une image chère au langage des temps passés. Jadis, on appelait les rois pasteurs des peuples (cf. Homère). Les prophètes avaient annoncé le Messie comme le pasteur d'Israël. Mais c'est une image si simple et si belle qu'elle peut nous servir, à nous aussi, pour désigner la réunion de nombreux disciples, rassemblés et conduits par un seul chef, un seul guide, c'est-à-dire les hommes, les fidèles qui ont en Jésus le principe de leur unité et constituent un corps social autour de lui. C'est cela l'Église.

Et maintenant, attention. Jésus qui avait d'abord donné à Simon le nom de Pierre, confie à ce même Pierre, à la fin de l'Évangile, au cours de la célèbre et merveilleuse scène sur la rive du lac de Tibériade, la fonction de pasteur. Trois fois il lui dit: Sois le pasteur de mon troupeau (Jean XXI, 15-17). Ainsi Jésus confie à Simon-Pierre la charge qu'il avait déclaré être la sienne propre. Il le nomme son successeur, son vicaire, son représentant. Si vous êtes capables de lire les belles paroles latines et grecques, écrites en mosaïque sur la bande d'or, au-dessous de la grande corniche de cette basilique, vous y trouverez les paroles par lesquelles Jésus investit Pierre de ses fonctions: « Pais mes agneaux, pais mes brebis ». Vous y verrez, évoquée par les mots mêmes du Christ, l'image de l'Église symbolisée par le pasteur et son troupeau.

Cette figure, cette similitude, ce souvenir, Nous voudrions qu'ils restent dans vos esprits après cette audience qui est pour vous une rencontre caractéristique avec la sainte Église à laquelle vous appartenez tous.

Que nous enseigne l'image du pasteur et du troupeau appli­quée à l'Église ? Elle nous enseigne deux attributs de l'Église qui doivent nous être très chers et qui nous aident à comprendre tant de choses relatives au monde, à l'histoire, à notre vie: l'unité et la catholicité. L'Église est unique et elle est univer­selle: c'est une chose merveilleuse. Si vous étudiez, si vous voyagez, vous comprendrez quelque chose de ce très simple et sublime plan de Dieu pour le salut de l'humanité.

Elle nous enseigne ensuite que cette unité universelle, que le Christ a fondée et dont il poursuit la réalisation dans le temps, est maintenue par deux forces principales: une même pensée et une commune affection, ou pour mieux dire, par la foi identique chez tous et par l'amour — non par la force, non par l'intérêt, non par la paresse — par l'amour du Christ pour nous et par notre amour pour le Christ et pour nos semblables que nous appelons nos frères.

C'est cela l'Église! Vous en souviendrez-vous ? Chercherez-vous toujours à lui être fidèles et affectionnés envers elle? Serez-vous heureux d'être catholiques? Certaine­ment.

Et avec Notre Bénédiction apostolique.

PAUL VI

Extrait de : Actes Pontificaux. Éditions Bellarmin

Texte italien dans L'Osservatore Romano du 12 mai 1966. Traduction des Actes Pontificaux.

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