«Une mission d'apostolat authentique, qui n'a d'ailleurs d'autre fin, que l'établissement du règne universel de Jésus-Christ.»
D'autre part, trois ans plus tard, l'encyclique Quas primas sur la royauté du Christ (qui prolonge et développe l'encyclique Ubi arcano sur la paix du Christ), l'encyclique Quas primas ajoutait ces éclatantes considérations : « Du jour où l'ensemble des fidèles comprendront qu'il leur faut combattre vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l'apostolat enflammera les cœurs, tous travailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes, qui l'ignorent ou qui l'ont abandonné, tous s'efforceront de maintenir inviolés ses droits. »
On est maintenant en mesure de donner la définition précise, complète, officielle de l'Action catholique, que d'innombrables documents pontificaux ont, depuis dix ans, largement explicitée : « L'Action catholique est la participation des laïques organisés à l'apostolat hiérarchique de l'Eglise, en dehors et au-dessus des partis politiques, pour l'établissement du règne universel de Jésus-Christ. »
Remarquons tout de suite le terme « participation » des laïques à l'apostolat hiérarchique. « Collaboration » ne serait pas assez dire. L'Action catholique, en effet, ne se juxtapose pas à l'apostolat hiérarchique, mais elle en fait partie intégrante. On voit donc quelle élévation de niveau entraîne, pour le laïque, l'appartenance à l'Action catholique, qui le transfère d'emblée à un plan supérieur quasi sacerdotal.
Mais, des trois notes, qui caractérisent essentiellement l'Action catholique, à savoir l'apostolat hiérarchique, l'élément laïque, l'organisation, c'est sur l'élément laïque qu'il convient particulièrement de mettre l'accent, pour réagir contre un certain cléricalisme, — qu'on excuse le mot, — qui a trop souvent énervé le mandat apostolique de l'Eglise, en le mutilant de la participation active des fidèles. Le plus authentique interprète de Pie XI en la matière, Mgr Pizzardo, a pu écrire : « L'Action catholique est la chose des laïques. » En conjonction sans doute avec la hiérarchie, qui l'inspire et la dirige. Mais c'est la chose des laïques. Ainsi le veut l'apostolat plénier, confié non seulement aux évêques et aux prêtres, mais avec eux et dans leur prolongement aux fidèles, aux laïques, qui sont, comme on l'a si bien dit, leur longa manus, ou pour parler français, leurs bras indispensables, spécialement à une époque où tant de milieux — par exemple, le monde ouvrier! — sont fermés à l'action sacerdotale et où, d'ailleurs, le sacerdoce lui-même est trop souvent raréfié.
Dieu nous garde cependant d'exagérer ce point de vue, qui d'un cléricalisme, qu'on veut éviter, ferait verser au contraire dans une manière de laïcisme. Mais retenons du moins l'élément capital, sans quoi l'Action catholique serait vidée de tout contenu; elle est la chose des laïques! Des laïques investis d'une mission d'apostolat authentique, qui n'a d'ailleurs d'autre fin, entendons-nous bien, que l'établissement du règne universel de Jésus-Christ. Ce qui nous permet de préciser que l'Action catholique est donc essentiellement d'ordre religieux, et que, du coup, elle « transcende » la politique de parti ou les partis politiques… Fin (Pages 85 à 91 sur 429)
Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)
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