En lisant ces extraits, les pieuses servantes de Marie seront heureuses de voir que, dans la pratique du culte qu'elles rendent à Marie, elles n'exagèrent rien, et qu'elles restent même en deçà de ce que les grands maîtres de la religion demandent à leur esprit et à leur cœur, et de ce qu'ils ont pratiqué eux-mêmes à l'égard de cette bonne Mère.
Le plus grand Docteur de l'Église, et peut-être le plus grand génie du monde savant, saint Augustin, a dit ces belles paroles : « Nous voici, mes frères bien-aimés, au jour anniversaire, si cher à tous, de la naissance de la vénérable et toujours vierge Marie. Il est bien juste que ce souvenir soit célébré avec les démonstrations de la plus vive joie par notre terre, que la naissance d'une si grande Vierge a si hautement illustrée. Marie est cette fleur des champs de laquelle a germé le lis précieux des vallées. Elle est la seule femme qui ait échappé à ce triste arrêt qui a condamné Ève à mettre au monde ses fils dans la douleur, parce qu'elle n'a enfanté le Seigneur que dans la joie. En devenant mère, Ève pleura, Marie se réjouit. Ève porta les larmes, Marie ne porta que la joie dans son sein, parce que l'enfant d'Ève ne fut qu'un pécheur, tandis que l'Enfant de Marie est l'innocence même. La mère du genre humain n'a apporté que le châtiment dans le monde, la Mère de notre Seigneur y a apporté le salut. Ève a été l'auteur du péché, Marie l'a été du mérite. Ève nous a fait beaucoup de mal, elle nous a tués ; Marie nous a fait le plus grand bien, elle nous a vivifiés. Celle-là nous a frappés, celle-ci nous a guéris. La désobéissance d'Ève a été effacée par l'obéissance de Marie, et la perfidie de l'une a trouvé compensation dans la foi de l'autre......
« O bienheureuse Marie, qui pourra jamais vous rendre ces actions de grâces et ces louanges auxquelles vous avez droit ? Car c'est vous qui, par votre admirable consentement, êtes venue au secours du monde perdu. Quels hommages dignes de vous pourrait vous offrir le genre humain, qui, par votre entremise seule, a recouvré le moyen de réhabiliter sa fragilité ? Accueillez donc ces remercîments que nous vous adressons, quelques faibles qu'ils soient et bien au-dessous de vos incomparables mérites ; et, en recevant nos vœux, daignez faire excuser nos fautes par vos prières. »
Le Fils de Dieu, dit saint Jean Chrysostome, n'a pas choisi pour sa mère une femme grande et riche selon le monde, mais bien cette Vierge bienheureuse dont l'âme était ornée de toutes les vertus. Marie a été l'être le plus chaste et le plus pur de l'espèce humaine, et c'est pour cela qu'elle a été mère de Jésus-Christ. Hâtons-nous donc de recourir à cette Vierge très sainte, et tâchons de nous assurer les avantages de sa protection. Oui, oui, vous toutes, vierges, qui m'écoutez, venez vous abriter à l'ombre de la Mère du Seigneur ; car elle pourra, par son puissant secours, vous assurer la possession de tout ce que vous avez de plus beau et de plus précieux au monde : votre virginité.
« En vérité, c'est un prodige bien grand que la bienheureuse Vierge Marie ; rien de plus sublime et de plus noble qu'elle ne s'est jamais trouvé et ne pourra se trouver en aucun temps. C'est la seule créature dont la dignité est au-dessus de tout ce qu'il y a sur la terre et même au ciel. Où pourrait-on rencontrer quelque chose de plus saint ? Ni les apôtres, ni les martyrs, ni les patriarches, ni même les anges, les trônes, les dominations, les séraphins, les chérubins ne sont au-dessus d'elle ; en un mot, parmi les choses créées, visibles ou invisibles, on ne peut rien imaginer de plus grand et de plus excellent que Marie. »
Une dernière citation de saint Bernard :
« O vous tous, qui que vous soyez, qui, au milieu du courant de ce siècle, vous trouvez plutôt menacés par les orages et les tempêtes de la mer que vous ne croyez marcher sur la terre, ne détournez jamais vos regards de la splendeur de cette étoile si vous ne voulez pas vous voir engloutis par les flots irrités. Si le vent des tentations s'élève contre vous, si vous êtes entraînés à vous briser contre les écueils des tribulations, regardez l'étoile, invoquez Marie. Si vous vous sentez agités par les flots de l'orgueil, de l'ambition, du mauvais vouloir et de l'envie, fixez vos yeux sur l'étoile, invoquez Marie. Si la colère, ou l'avarice, ou la concupiscence de la chair menacent de submerger le frêle navire de votre esprit, levez toujours vos regards vers Marie. Si, troubles à la vue de l'énormité de vos crimes ; si, confus par la laideur de votre conscience ; si, épouvantés par la pensée redoutable du jugement de Dieu, vous vous sentez près d'être absorbés par les profondeurs de la tristesse, par l'abîme du désespoir, pensez à Marie.
« Dans tous vos dangers, dans toutes vos perplexités, dans tous vos malheurs, rappelez-vous Marie, invoquez Marie ; et afin d'obtenir le secours de ses prières auprès de Dieu, que son nom soit toujours sur vos lèvres, que son amour ne quitte jamais votre cœur, et que l'imitation de ses exemples soit l'objet de vos efforts. En marchant à sa suite, vous êtes sûrs de ne pas vous égarer. En la suppliant, vous ne pouvez pas désespérer. En pensant à elle, vous ne tomberez pas dans l'erreur. Ah ! Si elle vous soutient, vous ne serez pas ébranlés ; si elle vous protège, vous n'aurez rien à craindre ; si vous la prenez pour votre guide, vous ne vous sentirez jamais fatigués ; si elle vous est propice, vous arriverez heureusement au port du salut. C'est ainsi que vous apprendrez, par votre propre expérience, avec combien de raison il a été dit : Et le nom de la Vierge était Marie. »
FÊTE du 8 septembre : Nativité de la Très Sainte Vierge.
Quatre mille ans s'étaient écoulés depuis la chute originelle, et pour la première fois une fille des hommes naissait sans souillure, et pour la première fois le ciel souriait à la terre | et la terre se reprenait à espérer, car, dit l'abbé Rupert, « de même que l'aurore est la fin de la nuit, ainsi la naissance de Marie a été la fin de nos maux et le commencement de l'espérance».
Marie eut pour père le juste Joachim et pour mère sainte Anne, tous deux issus de la race royale de David. Cette enfant de bénédiction, que l'Ange devait saluer bienheureuse, fut accordée par le ciel à ses pieux parents comme une réponse à leurs ardentes prières. Elle fut l'enfant de leur vieillesse, mais Dieu ne l'avait pas donnée à la terre pour la consolation de l'humble foyer d'Anne et de Joachim à Nazareth ; il ne tarda pas à la réclamer dans son temple, près du Tabernacle, ombre et figure de ce qu'elle devait être un jour.
On la nomma Marie, nom béni qui lui fut donné du ciel, assure saint Bernard, comme le plus propre à signifier la grandeur et la dignité de celle qui devait un jour être la Mère de Dieu.
Lectures méditées 18 décembre 1933
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