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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:49

4. LES DIVERTISSEMENTS MONDAINS.

On vous l'a déjà dit, mon cher enfant, l'esprit du monde, c'est l'exact contre pied de l'esprit de Jésus-Christ ; et comme un saint aimait à le répéter, ii n'est pas possible de se réjouir ici-bas avec le monde et d'être récompensé dans le ciel avec le Fils de Dieu. Un jeune homme jaloux de garder sa vertu, doit donc avoir le courage de faire certains sacrifices pour se préserver de ce nouvel écueil. Il est vrai que, pour éviter tous les dangers que présente le monde, il faudrait renoncer à bien des choses ; ses amusements, les plus inoffensifs en apparence, deviennent facilement une occasion de péché. Voici cependant quelques recommandations, que nous avons l'obligation de vous répéter, après les plus éminents directeurs de la jeunesse.

« Non seulement vous devez éviter ces plaisirs étourdissants, tels que le théâtre, etc. ... auxquels vous ne pourriez prendre part sans offenser Dieu, mais encore tant qu'il vous sera possible, les réunions mondaines, quelles qu'elles soient. N'allez pas au foires, du moins aux heures où !a foule s'y presse et particulièrement le soir ; ne vous trouvez pas sur les boulevards et dans les promenades publiques au moment où la société peu chrétienne envahit les abords et étale aux yeux d'une imprudente jeunesse les pompes séduisantes du monde ; ne demandez pas à vos parents de vous conduire dans les concerts et autres fêtes brillantes, dans lesquelles l'imagination s'impressionne aisément, le cœur s'amollit et les passions s'enflamment. Ne visitez pas les musées, les expositions artistiques, tous ces lieux où l’on ne pénètre pas sans rougir. » Enfin nous vous engagerions volontiers à ne pas faire encore de voyage, sans nécessité, surtout dans les grandes villes ; c'est une recommandation, sur laquelle insistait le saint Directeur d'une institution pour les jeunes. Il savait tous les périls qui s'y rencontrent pour la jeunesse et il souhaitait qu'elle sacrifiât quelques courts moments de plaisirs pour sauver sa vertu.

5. LE RESPECT HUMAIN.

La piété des jeunes gens ne connaît pas d'ennemi plus redoutable que le respect humain ; et pourtant il n'y en a pas de plus faible, de plus imaginaire, de plus chimérique. Pourquoi donc le craignent-ils ? Parce qu'ils se le représentent comme un tyran sous lequel on est obligé de courber la tête ; et ils s'en font cette idée ridicule parce qu'ils n'ont jamais eu le courage de se mesurer avec lui. Ils ont peur, et cette peur c'est toute la force du respect humain.


Croyez-le, mon enfant, il y a ici une question de vie ou de mort : si vous tremblez, si vous hésitez, si vous cédez, tout est perdu. En ce siècle plus que jamais, il faut avoir le courage de ses opinions, afficher sa foi et en faire les œuvres au grand jour. Ayez toujours présente devant les jeux cette parole de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Je rougirai devant mon Père de celui qui aura rougi de moi devant les hommes. » Après cela, lorsque vous avec un devoir à remplir, remplissez-le sans ostentation comme sans timidité, sans vous inquiéter de ce que pensera le monde. Si dans quelque circonstance particulière, en voyage par exemple, vous veniez à vous trouver dans une société de libre-penseurs ou de personnes sans religion, rappelez-vous alors que c'est I'heure pour vous de rendre gloire à Dieu par votre attitude franchement chrétienne ; ne changez donc rien à votre conduite, montrez-vous catholique pratiquant et fier de votre foi ; n'approuvez jamais, par une condescendance coupable, des discours contraires à la religion et aux bonnes mœurs.

6 LE DÉCOURAGEMENT.

Dernier écueil, dont nous voulons vous parler, le plus terrible, le plus fameux en tristes naufrages. Lorsqu'on commence à vivre d'une manière bien chrétienne, tout semble facile, les exercices de piété procurent à l'âme des consolations abondantes; on résiste sans beaucoup de peine aux tentations; la vertu ne présente que des douceurs et des charmes. Malheureusement, cette ferveur sensible ne dure pas toujours; elle fait bientôt place à des épreuves plus ou moins délicates, qui jettent l'âme encore jeune, dans la consternation et le trouble. La personne tombe d'abord dans quelques fautes, auxquelles elle n'était plus ou pas sujette; puis, elle se dégoûte de la prière et des sacrements; elle est tourmentée par des tentations aussi violentes que dangereuses et surtout
ébranlée par les mauvais exemples qu'elle a journellement sous les yeux. Qu'arrive-t-ii alors ? C'est qu'elle se laisse tromper par cette perfide suggestion
de Satan : « II est trop difficile de rester vertueux au milieu du monde ! Les passions sont trop vives pendant la jeunesse, on ne saurait y résister... » Et quand cette pensée s'est emparée de la jeune personne, elle se relâche, elle ne lutte que faiblement, elle ne veille plus sur elle-même, elle abandonne ses exercices de piété, elle s'accorde des libertés dangereuses, finalement elle tombe dans des fautes très graves. Il n'y a plus rien dès ce moment qui la retienne : le désarroi est complet. Son état lui fait horreur, et au lieu de se tirer au plutôt du bourbier, elle s'y enfonce avec une sorte de désespoir. Voilà le fléau du découragement. N'est-ii pas vrai qu'on ne saurait trop soigneusement se prémunir contre ses atteintes ? Pour cela, dites-vous bien,
dites-vous toujours, qu'on n'est jamais vaincu aussi longtemps qu'on est fidèle à combattre ; dites-vous que persévérer, ce n'est pas seulement éviter toutes les chutes, mais c'est aussi se relever courageusement et promptement chaque fois qu'on à eu le malheur de tomber. Rappelez-vous que la sainte Vierge est votre
bonne Mère, toujours prête à vous secourir dans vos plus grands égarements, et qu'il y a une vertu suprême- pour les malade même dont l'état semble désespéré, ~ au tribunal de la Pénitence et à la Table sainte. Si vous suivez ces conseils, aucun ennemi ne pourra vous nuire, la victoire restera définitivement à vous, et vous serez du nombre de ces heureux chrétiens, dont Notre Seigneur à
dit : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. »Ainsi soit-il.


Voici un exemple : Les trois fils d'un honnête cultivateur vinrent un jour le trouver et lui dirent : « Père, il y a une grande fête ce soir à la ville voisine ; tous nos camarades se proposent d'y aller; ils nous ont engagés déjà en nous promettant beaucoup de plaisir ; permettez-nous de les suivre... » Mes enfants, répondit le père, cela ne peut que vous être très nuisible. Jusqu'ici vous avez été sages, et même, je l'espère, vous avez acquis un certain fonds de vertus en vous conformant aux pieux usages de la campagne; il ne faut pas, en un jour, aller détruire l'œuvre de beaucoup d'années. En prenant part à ces plaisirs tumultueux, vous courriez le risque de vous perdre. - Mais, répliquèrent-ils, les autres y vont bien ! - Ah! Chers amis, répondit le père, vous croyez donc qu'on peut faire impunément ce que font les autres ? Voulez-vous vous laisser entraîner par leurs exemples ou bien le respect humain vous fait-il craindre de résister à leurs sollicitations ? Il y a une vingtaine d'années, un berger s'étant endormi au pied d'un arbre, lorsqu'un bélier de son troupeau, soit par frayeur, soit par fantaisie, se précipita sur lui et lui donne un violent coup de corne. Le berger se réveille en sursaut et, n'écoutant que sa colère et sa douleur, saisit vigoureusement le bélier de ses deux mains et le lance au loin sans miséricorde. L'animal effrayé s'enfuit, malheureusement, il y avait un précipice à une très petite distance et il y roula la tête la première. Tous les autres moutons du troupeau, une centaine, sautèrent à Fenvi à la suite du bélier et tous allèrent le rejoindre au fond du précipice où ils se tuèrent contre les pics escarpés des rochers. Le pauvre berger, témoin d'un si grand malheur, s'arracha les cheveux de désespoir et s'enfuit à l'étranger sans jamais donner de ses nouvelles... Eh! bien, mes amis, ajouta le père, voulez-vous imiter ces stupides animaux ? L'un d'eux se jette dans l'abîme et tous le suivent : cependant on aurait tort de se fâcher contre eux, puisqu'ils n'ont pas la raison; mais vous qui avez tout ensemble les lumières de l'intelligence et celles de la foi, seriez-vous excusables d'aller vous jeter dans l'abîme de la corruption, parce que quelques fous y tombent les premiers ? Ces bons jeunes gens comprirent la justesse du raisonnement de leur père et ne demandèrent plus à suivre leurs camarades. Espérons que les enfants qui liront cette petite histoire, profiteront de cette leçon. Peu importe si tel et tel de leurs anciens condisciples prennent part à des fêtes mondaines, lisent de mauvais livres et violent les préceptes de la sainte Église ! S'ils se damnent c'est leur affaire; mais personne ne pourra se justifier un jour de les avoir imités. Dieu rendra à chacun selon ses œuvres; n'en faisons que de bonne, et nous serons sûrs d'aller au ciel.  

Tiré de : LES SIX ÉCUEILS A LA VERTU Pour former l'enfance à la piété.

Publié en 1903 avec l'approbation de l'Autorité ecclésiastique. Imp. J. A. K. Laflamme 1903 

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