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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:59

 

Vous mourrez bien certainement : Mais quand ? De quelle manière ? En quel endroit ? À quel âge ? En quel état Vous l'ignorez complètement.  Sera-ce  à l'improviste ou après une longue attente ? Sera-ce d'une maladie ou d'un accident ? Sera-ce privée de sentiment ou en pleine connaissance ? Nul ne le sait.

 

Il n'existe point d'horloge dans le monde, quelque artistement façonnée qu'elle soit, qui puisse vous avertir de votre dernière heure, et vous indiquer le moment de la visite du Seigneur.

 

La mort est comme un voleur, qui se gardera bien de venir vous prévenir que tel jour, à telle heure, il viendra vous dévaliser chez vous : au contraire il se glisse dans la maison au moment où l'on s'y attend le moins.

 

Quand vous jouiriez de la santé la plus florissante, soyez sur vos gardes et méfiez-vous des embûches de la mort. C'est une perfide ; elle n'a jamais su que trahir.

 

Il y avait, dans un couvent, un cimetière où se trouvait tou­jours une fosse ouverte, pour le premier religieux qui viendrait à mourir : Et chaque jour tous les frères visitaient cette fosse que chacun regardait comme destinée à lui-même. Voilà des gens avisés !

 

Mais vous, qui vous bercez de l'espoir d'une longue vie et qui n'êtes pas un jour, pas une seconde à l'abri des coups de la mort, êtes-vous sage ? Combien d'autres qui partageaient votre sécurité, et qui ont été surprises par une mort soudaine !

 

Croyez-vous que de tous ceux qui sont morts cette année il y en ait eu beaucoup qui s'y attendissent ? Et que d'autres doi­vent mourir aujourd'hui même et qui ne le soupçonnent pas !

 

Est-il une heure, une minute, dont Vous puissiez dire avec assurance : Ce ne sera pas la dernière pour moi ? Des milliers d'heures ont passé sur vous, et vous ont épargnée ; mais vous avez beau faire : une seule vous terrassera et ce sera celle que vous redoutez le moins, celle peut-être où vous serez exposée à offenser Dieu !

 

Car la mort est partout : Elle peut vous être occasionnée par un homme, par un animal, par le feu, par l'eau, en un mot, par mille accidents.

Comme la rouille détruit le fer, et la vermoulure le bois, l'homme porte, en lui-même le principe de sa propre dissolu­tion. Oui, nous portons la mort dans nos flancs et elle som­meille pour ainsi dire en nous ! La mort surprend l'homme de mille manières : elle se tient à la porte des vieillards, elle dresse aux jeunes gens des embûches secrètes : Tel entrait hier dans une salle de festin, qui est aujourd'hui frappé par la mort ; tel aujourd'hui paraît à tout le monde plein de vigueur et de santé, dont on emportera dans trois jours peut-être la dépouille au champ des morts.

 

Que d'hommes sont précipités par la mort dans les flammes éternelles sans pouvoir même se reconnaître ! Arrachés de la vie, les uns à table, au bal, au jeu, dans l'ivresse, les autres en dormant, d'autres en voyageant ou en travaillant, ils descen­dent subitement dans la mort.

 

Quel serait votre désespoir si vous deviez être de ce nombre ! Soyez donc toujours prête et vivez de telle sorte que la mort ne vous prenne à l'improviste en aucun temps, ni en aucun lieu. Puisque la mort vous guette partout, soyez aussi toujours en garde contre ses pièges.

 

C'est en vain que vous vous fieriez à votre âge, à vos forces, à votre santé : la faux de la mort tranche le fil de la vie la plus vigoureuse comme de la plus débile et de la plus languissante !

 

Dieu ne vous a pas donné la vie en propriété, mais il vous l'a confiée comme un dépôt, qu'il est en droit de vous redemander à toute heure : Heureux qui peut dire aussi en tout temps: « Mon cœur est prêt, et Dieu seul est mon attente ! »

 

Qui peut vous assurer d'ailleurs que vous ne mourrez pas demain? Si le jour présent devait être votre dernier jour, se rait-il pour vous le commencement de l'éternité bienheureuse? Certes, si vous saviez devoir mourir aujourd'hui, vous vous abstiendriez avec soin de commettre la moindre faute. Donc si vous voulez mourir, bien préparée, passez chaque jour comme s'il devait être le dernier de votre existence.

 

Quelle salutaire réflexion serait celle-ci : Cette messe, cette confession, cette communion, cette affaire est peut-être la der­nière de ma vie ! Avec quelle ferveur et quelle attention sou­tenue nous accomplirions tous les actes, grâce à cette pensée !

 

Et cependant il y aura une messe, une communion, une confession, qui sera bien la dernière de notre vie !

 

Si un médecin vous affirmait que vous n'avez plus que deux heures à vivre, comment les emploieriez-vous ? Et vous qui n'êtes pas sûre d'en avoir seulement encore une, car vous ne connaissez ni le jour ni l'heure, vous paraissez néanmoins aus­si peu inquiète de votre âme que si vous étiez assurée de vivre encore un siècle... N'est-ce pas le comble de l'aberration !

 

Nous vous conseillons la pratique suivante : dites en vous levant : « Peut-être n'irai-je pas jusqu'au soir », et priez Dieu de passer la journée comme si elle devait être la dernière de votre vie.

 

Dites avec saint Jean Berchmans, en vous couchant : « Incertaine de ma vie et de mon salut, j'entre dans le tom­beau ; ces draps dans lesquels je vais dormir seront peut-être le linceul où l'on m'ensevelira. »

 

O Dieu très sage, qui avez voulu dans votre amour paternel me cacher le jour, l'heure et le genre de mort qui me sont réservés, afin que je veille sans cesse sur moi-même, accordez-moi la grâce de passer tous les jours de ma vie dans une telle sollicitude pour mon salut que ma dernière heure soit bénie et heureuse et que je mérite d'être un jour comptée au nombre des serviteurs vigilants qui auront attendu votre visite.        Ainsi soit-il.                (R. P. hillegeer.)

 

 

FÊTE DU JOUR, (20 décembre) : Saint Dominique de Silos, confesseur.

A près de sérieuses études théologiques, Dominique fut ordonné prêtre et chargé d'administrer la paroisse de Santa-Maria, en Espagne, qui dépendait de son couvent. Ses succès dans cette paroisse le firent choisir comme prieur du couvent de Saint-Millano.

Peu après, Garcia, roi de Navarre, ayant osé par cupidité piller l'église et la sacristie de ce cou­vent, saint Dominique lui reprocha cette faute avec tant de fermeté que le roi l'exila avec quelques-uns de ses religieux.

Dominique trouva un asile auprès de Ferdinand Ier, roi de Castille, qui le nomma abbé du monastère de Silos, jadis très florissant, mais alors presque en ruine. Par son habile direc­tion, l'abbaye de Silos retrouva la splendeur et la ferveur des anciens jours. Toutefois le zèle de saint Dominique ne pouvait se restreindre dans les étroites limites de son monastère ; sa charité s'étendait à tous les pécheurs, à tous les pauvres et surtout aux chrétiens captifs des Maures.

Rien ne lui coûtait pour rendre à la liberté ces malheureux esclaves, et Dieu lui-même l'aida plus d'une fois par des miracles à les délivrer. Le saint abbé de Silos mourut le 20 décembre de l'an 1153.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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