Les séraphins se criaient l'un à l'autre : «Saint, Saint, Saint le Seigneur Dieu de l’univers.» «Cette acclamation faisait trembler les poteaux du portail et le temple se remplit de fumée.» Isaïe 6, 1-13
Le père Lelièvre disait : Si j'ai appris à prier, je le dois à ma mère qui me faisait dire tous les jours : «Mon Dieu, je vous donne mon coeur, fermez-le au péché et ouvrez-le à la grâce et faites que je vous aime toujours.»
Dès l'âge de cinq ou six ans, Victor chantait des cantiques, aimait prier à haute voix, attirait à sa suite des jeunes, organisait des processions et faisait des sermons. Les petites filles étaient, à la longue, fatiguées de ses harangues, elles auraient voulu à leur tour prendre l'initiative de ses rassemblements d'enfants. Victor prenait trop de place.
«Au moment de la première communion, âgé de 10 ans, les jeux sont terminés, il devient seul, gêné, isolé, méditatif, songeur et apparemment taciturne. Sa prière est cependant déjà une relation à Dieu.
A 74 ans, en 1950, il écrit au chanoine Alphonse Clément, curé de la paroisse Sainte-Croix de Vitré, là où il a vécu, et il évoque, entre autres, le jour de sa première communion le 6 juin 1886. "C'est ce jour-là," avoua-t-il, "que j'ai senti l'appel à la vocation de la part du Sacré-Coeur. " Il ajoutait : "M. le curé, comment voulez-vous oublier cet appel qui m'a valu tant de lumières évangéliques au Canada depuis quarante-sept ans?"
Le 6 juin 1948 en la fête du Sacré-Coeur, au parc Victoria à Québec, le père Lelièvre affirmait dans une envolée oratoire : "Il y a [62] ans aujourd'hui, j'ai fait ma première communion au côté de ma mère qui m'avait bien préparé. Je lui ai dit : «Maman, quand je serai grand, je ferai un prêtre, le Sacré-Coeur me l'a dit ! Ma mère, émue aux larmes, n'a rien dit. »
À la fête du Sacré-Coeur de 1956, l'année de sa mort, nous avons même poussé l’audace de l'amener au parc Victoria. Il n'était plus l'apôtre vibrant, plein d'humour, décrivant le Sacré-Coeur, sa bonté, sa miséricorde avec beaucoup d'émotions. Sa voix était faible et tremblotante, on le sentait souffrant, diminué. Il parlait lentement, non plus comme s'il s'adressait à la foule, mais plutôt comme s'il lisait un texte dans son coeur :
Mes bons amis, il faut éviter le péché. Aimer le Sacré-Coeur, c'est marcher dans son chemin. Avoir la foi, c'est savoir par coeur les commandements de Dieu, c'est les vivre les uns après les autres, et tous ensemble. La foi, c'est la connaissance de Jésus; la fidélité, c'est un accueil de Jésus, c'est un cheminement en sa présence, comme les disciples d'Emmaüs. Pensez-y, la mort ne vient qu'une fois. Il n'y a pas de reprise. Après la mort, il n'y a pas deux rencontres, il n'y en a qu'une. Il vaut la peine d'y penser. La mort se prépare, le purgatoire répare, et l'enfer sépare.
J’ai voulu aujourd’hui partager avec vous le souvenir de ce grand et saint prédicateur qui vécut de 1876-1956. Ces quelques extraits du livre de Louis Marie Parent, o.m.i. ayant pour titre : VICTOR LELIÈVRE un homme branché sur le Sacré-Cœur.
Aussi voir :http://www.spiritualite-chretienne.com/faustine/bulletins/14.pdf
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