Pour vous aider à comprendre le complot, dont fut victime, le Pape Paul VI, je me permets de vous, offrir la possibilité de lire quelques pages du volume de Louis de Boanergès. L’extraordinaire Secret de La Salette. (1988) Disponible aux Editions D F T.
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Epouvante, effroi, indicibles tortures morales ne sont pas des mots en l'air. Le choc moral produit sur « Jean-Paul Ier » a été si fort, selon le témoignage de la Religieuse qui le servait depuis 20 ans et qui ne le reconnaissait plus depuis qu'il était « pape'», qu'il ne peut pas avoir d'autres'causes... « Le lendemain de son élection, le pape avait tellement peur qu'il n'osait pas sortir de sa chambre » titrait « France-Dimanche » le 15 octobre 1978. Exagération de cette revue à sensations ? Hélas non; quand on lit le témoignage de la pauvre Sœur consternée, c'est bien la vérité :
« ... la porte [de la chambre du « pape »] restait fermée [avec une demi-heure de retard sur l'horaire]. « Jean-Paul Ier », toujours invisible et Sœur Vincenza [sa dévouée Religieuse] se sont parlé à voix basse, comme s'ils communiquaient par le trou de la serrure. Le temps passait. On avait l'impression que le St-Père n'osait pas sortir de sa chambre comme s'il avait peur d'être écrasé par tout ce qui l'attendait etc. C'est au matin de sa première audience publique que se joue le premier drame : le pape est si nerveux qu'il ne peut réprimer le tremblement de ses mains. Sœur Vincenza, avec un geste de mère, prend les mains glacées du pape dans les siennes. Comme pour les réchauffer, les apaiser. Et devant tant de gentillesse, le Saint-Père ouvre son cœur à sa fidèle servante : « Je suis un bien pauvre pape » lui confia-t-il. » (Fin de citation.)
Le calvaire de « Jean-Paul 1er » ne faisait que commencer. Sœur Vincenza nous révèle en effet un peu plus loin que depuis son élection, il ne mangeait plus, ne dormait plus, était au bord de la crise de nerfs au cours de ses audiences et ne voyait aucun des dossiers « qui s'accumulaient sur son bureau », tout cela s'aggravant jusqu'au jour fatidique de sa mort... Une attitude aussi incroyable, une perturbation aussi profonde peut-elle s'expliquer autrement que par la connaissance qui lui avait été donnée, dès le lendemain de son élection, de la survie du Pape Paul VI ? En toute objectivité, il faut répondre NON.
Un Evêque, un Cardinal de Venise comme l'était Albino Luciani n'est plus un enfant pouvant s'intimider à ce point de la vie protocolaire d'un Pape, surtout qu'il n'était pas timoré, comme on va le voir. On a voulu faire accroire qu'il s'agissait du scandale financier au Vatican. C'est une thèse insoutenable. En effet, en 1972 déjà, Mgr Luciani (« Jean-Paul Ier ») avait osé se dresser contre les malfaiteurs mitres du Vatican qui avaient « volé » la Banco Cattolica del Veneto; il s'était déplacé à Rome (en pure perte, d'ailleurs, mais la démarche est tout à son honneur) : par là, on voit que lorsqu'il sera élu « pape » en 1978, il était déjà au courant des crapuleries abominables du Vatican, et donc l'état de choc des 33 jours de son « pontificat » n'est pas explicable par cette raison... d'autant que ce courageux Evêque qui se déplace à Rome pour taper du poing sur la table au nom de ses confrères vénitiens spoliés comme lui, ne paraît pas précisément timide ni impressionnable...
Non, la seule raison acceptable de cette agonie morale est bien la révélation qu'il eut de la survie du Pape Paul VI. Jouer le rôle de Pape alors qu'il ne l'était pas révulse cette âme malgré tout honnête, et provoque un état de choc moral qu'il ne peut cacher à ses intimes. Lorsque « Jean-Paul Ier » révèle à Sœur . Vincenza qu'il est « un bien pauvre pape » ce n'est pas, comme le pense la brave Sœur, pour dire que sa nouvelle vie le perturbe, mais la révélation à mots couverts de l'effroyable situation dans laquelle l'a mise son « élection » et qui l'a
(à suivre)
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