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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:21

                             ON    NE    MEURT   QU'UNE   FOIS !

    Si l'on mettait entre les mains d'un enfant une arme à feu et qu'on lui dit : " Vous tirerez sur le point central de la cible : si vous l'atteignez, vous  deviendrez roi ; si vous la manquez, vous serez brûlé vif : on vous donne un mois pour vous exercer et une fois le coup parti, vous n'aurez pas la faculté de recommencer ! "  Croyez-vous que cet enfant ne ferait pas les plus grands efforts pour réussir dans cet apprentissage si nouveau et si sérieux pour lui ?
    Eh ! Bien, voilà exactement votre situation : Vous devez viser au but suprême, une éternité de bonheur : Si vous réussissez une seule fois, le succès vous est à jamais garanti ; si vous manquez  le but, votre erreur est à jamais irréparable !
    Si vous avez le bonheur de faire une bonne mort, vous jouirez dans le ciel d'une éternelle félicité ; si vous mourrez mal, vous aurez à subir dans l'enfer des supplices sans fins et sans mesure !
    Quelle témérité que de prétendre arriver à la perfection de cet art si diffi-cile-le, et de se promettre une heureuse issue dans une entreprise à laquelle on consacre à peine une heure d'étude et dont le mauvais résultat ne peut jamais être ni atténué ni réparé !  Quelle funeste erreur que celle à laquelle il n'est nul remède et dont les suites est si redoutable !
    La vie tout entière n'est que l'école de la mort et pourtant oseriez-vous regarder cet apprentissage comme trop long ?   Étudiez  pendant que vous vi-vez et aussi longtemps que vous vivez, afin d'obtenir un plein succès en cet instant décisif.  Ah !  Qu'il est dangereux de n'apprendre à bien mourir que lorsqu'on se trouve en présence de la mort !
    Si nous mourons  bien, nous serons toujours bien ; si nous mourons  mal, nous sommes à jamais perdues !  Toute la vie donc, il faut travailler à bien mourir. N'est-il pas vrai que, plus une affaire est importante, plus grands sont les soins qu'elle exige ? Nous savons par expérience que  nous sommes peu expert dans les choses dont nous nous sommes peu occupées.
    S'il était possible de mourir deux fois, à la bonne heure !  Celui qui n'aurait pas réussi la première pourrait au moins se mettre en mesure d'être plus heureux pour la seconde.  De même si nous avions deux âmes, nous pourrions, après avoir perdu l'une, assurer le salut de l'autre : mais on ne meurt qu'une fois, et cette fois ne nous laisse aucune alternative entre  le  salut ou  la  damnation éternelle.
           On n'a qu'une âme, si on la perd, on perd tout irrévocablement et sans retour.  Quelle crainte, quelles angoisses ne doivent pas accabler une personne bien pénétrée de la conviction que le bonheur ou la malheur éternel de son âme  dépend d'un coup de dé !
            Le dé n'est jeté qu'une fois dans la mort, il n'y a que deux  possibilités  éternelles: Un malheur épouvantable ou une béatitude indicible.  Comment comprendre que l'on puisse être sans la moindre inquiétude !
    Quand ferez-vous votre unique et suprême occupation celle d'assurer le sort éternel de votre âme ?  A la guerre, dit-on, on ne s'abuse qu'une fois : il en est de même à la mort : une foule d'autres erreurs peuvent se réparer ou se corriger : mais une mauvaise mort est à jamais irréparable !
    Cependant  il n'y a qu'un pas qui sépare le temps de l'éternité : le dernier pas de l'un devient le premier de l'autre et si vous n'y prenez garde, ce seul pas vous fait rouler dans un abîme de misères, dont rien ne pourra vous délivrer ! Quelle chute !  Mais s'il ne vous est pas donné de vous relever, vous pouvez parfaitement la prévenir avec la grâce de Dieu, en pensant souvent à la mort et en menant une vie conforme à ses commandements !  Ne voulez-vous pas prendre ce parti, le seul raisonnable ?
    Apprenez donc assidûment à pratiquer cette science qu'il ne vous est donnée de mettre en pratique qu'une seule fois.  Pour se préparer à un évé-nement qui ne doit se présenter qu'une fois, il faut y songer souvent, y fixer sans cesse son attention et certes jamais on n'y apportera trop de soin, surtout si cet événement doit être suivi des conséquences si graves que la moindre erreur doive en attirer après elle une foule d'autres plus préjudiciables et plus funestes. Encore une fois, croyez-le bien, vous ne parviendrez pas à mettre d'un seul coup en pratique un art dans lequel vous ne vous serez jamais exercée.
    Si vous n'avez jamais aimé Dieu pendant votre vie, si vous l'avez passée dans l'habitude du péché, comment détester le péché et aimer Dieu à l'heure de votre mort ?  Ce serait une folie de l'espérer.
    O divin Sauveur des âmes, qui avez prodigué avec tant d'amour vos sueurs, votre sang, votre vie même, afin que cette épreuve d'un instant par laquelle je dois passer un jour me soit favorable ; je vous demande, au nom de cet amour ardent que vous m'avez témoigné, la grâce de consacrer efficacement tous les moments de ma vie à cet instant suprême et de tout faire et tout  souffrir en vue d'obtenir une heureuse fin.      Ainsi soit-il.
                                                                                 
R.P. Hillegeer.

Transcrit par G. G.  25/11/2002

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