Conclusion
Si nous voulons maintenant comprendre, interpréter les faits, l'interprétation, semble-t-il, se présente d'elle même.
Juillet 1970. Il y a quinze mois que le nouveau rite de la messe, le fameux N.O.M., est promulgué. Il y a sept mois qu'un peu partout, imposé au mépris du Droit, il exerce ses ravages (1). Mais tous ne l'acceptent pas. Leur « sensus Eccle siae » y flaire quelque chose de pas catholique : ce nouveau rite « sent l'hérésie » ! Ses partisans ont pour eux un argument massif : l'argument d'autorité. Hélas, cet argument jadis massif a été mis à mal par les événements que l'on sait. L'antique adage : « Rome a parlé, la cause est tranchée » n'a pas survécu au « Renouveau conciliaire ».
Et voici que le Seigneur lui-même apporte à la controverse un argument. Il donne « un signe ».
La date même de ce signe de Dieu est déjà par elle-même un signe. Les hommes d'Église de ce temps ont la mémoire ingrate. C'est-à-dire qu'ils ont une mémoire à éclipses. Ils se souviennent fort bien, par exemple, qu'il y a quatre siècles et demi (1521) un hérésiarque pour qui la haine de la Papauté fut une seconde nature, leva l'étendard de la révolte contre l'Église. Les catholiques, Pape en tête, rivalisent d'ardeur avec les sectateurs de l'hérésiarque pour célébrer ce quatrième centenaire et demi. Par contre ils ne se rappellent pas du tout qu'il y a quatre siècles (1570) la Bulle « Quo primum » restaura définitivement le rite de la Messe ; ni qu'il y a quatre siècles (1571) la victoire de Lépante sauva la Chrétienté du péril musulman ; ni qu'il y a quatre siècles (1572) mourut le saint Pape Pie V, à qui l'Église doit l'un et l'autre.
Mais Dieu se souvient. C'est le quatrième centenaire de la Bulle Quo primum, curieusement oublié par l'Église de ce temps, qu'il choisit pour donner un signe éclatant en faveur de la Messe « de Saint Pie V ».
(1) En Allemagne toutefois il faudra attendre jusqu'au premier dimanche de Carême 1977 pour que la nouvelle messe soi rendue obligatoire. La célébration de la messe dans l'ancien rite, en juillet 1970, n'y posera donc aucun problème légal.
Pour satisfaire les exigences pointilleuses de l'esprit moderne, il l'entoure de toutes les garanties d'authenticité. Pour mettre les esprits en éveil, II le fait précéder d'un autre signe, une sorte de signe prémonitoire. Eu égard aux « faits » du 9 juin, tout sera l'objet d'une attention, d'un soin particuliers et dans la préparation et dans le déroulement de cette messe du 14 juillet 1970.
Et pour bien montrer que les « faits » venaient de Lui, le Seigneur se hâte d'y apposer ce qu'il est convenu d'appeler « la signature de Dieu ».
Que répond l'Église conciliaire ? « Munera tua tibi sint ! » (Daniel V.17) Gardez vos dons, vos faveurs, vos signes, pour vous, Seigneur ! Nous n'en avons que faire. Nous sommes en plein Œcuménisme ; que voulez-vous que nous fassions d'un miracle eucharistique ? Surtout d'un miracle qui accrédite la messe honnie ? Nous sommes en train de gommer les légendes religieuses dites « miracles eucharistiques » du passé. Ce n'est pas pour en laisser se créer de nouvelles ! Cela ne doit pas être vrai, donc cela ne peut pas être vrai, donc ce n'est pas vrai.
Vains efforts : la maladresse même de la tentative d'étouffement des « faits » provoque une mise au point qui en établit l'authenticité avec la rigueur d'une démonstration scientifique Devant cette mauvaise volonté insigne, que fait le Seigneur ? Il confirme par un nouveau signe. Il ajoute en quelque sorte un nouveau paraphe au bas du signe du centenaire oublié.
En fin de compte, il y a dans cette affaire la source d'une grande espérance. Le Dieu du ciel peut « sauver indifféremment par un grand nombre ou par un petit nombre » (I Macch. III 18). De même II peut opérer ses prodiges sur une petite échelle ou sur une grande échelle. Il peut guérir « d'une manière humainement inexplicable » un petit garçon. Il pourra tout aussi bien, quand II le voudra, opérer la plus grande, la plus ardemment désirée des guérisons « humainement inexplicables » : celle de son Église. 30.12.1979
ANNEXE
Quatre années après le prodige eucharistique de Stich, une petite paroisse du midi de la France, Castelnau-de-Guers, connut elle aussi un fait extraordinaire, ressemblant quant à la signification aux faits de Stich mais différant notablement quant à la manifestation.
En France, contrairement à l'Allemagne, le zèle moderniste de la Hiérarchie nous valut l'interdiction immédiate de la Messe Catholique(codifiée par Saint Pie V) dès 1970. Aussi, contrairement à ce qui s'est passé à Stich, Nôtre-Seigneur ne réitère pas à Castelnau-de-Guers ce qui peut être appelé un miracle eucharistique, mais manifeste simplement la douleur incommensurable de Sa Passion par une impression miraculeuse de Sa Sainte Face. Et pas n'importe quel jour, mais un Vendredi-Saint. Et pas n'importe où, mais dans une paroisse restée attachée aux formes traditionnelles de la Liturgie.
Aussi, l'âme restée fidèle n'a pas de peine à faire la relation de cause à effet entre cette apparition douloureuse de la Sainte Face et l'actuelle abomination de la désolation que présentaient et que présentent toujours nos églises protestantisées par la révolution conciliaire.
Bien que n'étant pas aussi important que le prodige eucharistique de Stich, le fait extraordinaire de Castelnau-de-Guers (que nous relatent les extraits de presse reproduits ci-dessous) survenu le 12 avril 1974 présente donc la même analogie quant à la signification. Le message est clair dans les deux cas, Dieu choisit pour se manifester un cadre traditionnel.
L'ÉDITEUR
A suivre
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