1 juillet 2013
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Toute faute chez l’homme étant composée de deux éléments, l’égoïsme et la volupté, il faudra que le remède se compose de deux éléments, pour atteindre le vice qui s’attaque à l’esprit et celui qui s’attaque à la chair.
L’esprit a péché en se laissant trop remplir de lui-même : il faudra que l’esprit se répande hors de lui-même. C’est ce qui s’opère au moyen de l’aveu. La confession rétablira peu à peu, dans l’âme, l’équilibre entre le moi et l’humilité.
Le corps a péché en cédant à tous ses penchants : il faudra que le corps se refuse tout entier à lui-même. C’est ce qui aura lieu au moyen de la privation. La pénitence rétablira peu à peu, dans le corps, l’équilibre entre les sens et la volonté.
Il se produit alors un résultat complet. Le corps, rappelé à la privation, se sent délivré des mouvements désordonnés qu’entraînait sa prédominance, et rentre avec satisfaction sous l’hygiénique empire de la vertu. L’âme, se sentant initiée à l’humilité, rentre dans sa propre possession spirituelle, et reprend avec joie les douces résolutions de l’innocence.
Cette révolution opérée tout à coup dans le corps et dans l’âme est l’oeuvre de la douleur. L’homme a-t-il perdu toute force morale ? Est-il tombé au fond de l’inertie et de la corruption ? En un mot, est-il incapable de s’élever au bien par les actes de sa liberté ? Confiez-le à la douleur, elle l’amènera peu à peu vers les niveaux de la vertu.
Quel est donc ce mystérieux agent ? Quoi, la Douleur ! N’est-elle pas l’opposé de l’état éternel ? N’est-elle pas contradictoire à l’être ? La fin absolue étant le bonheur, se pourrait-il que l’être s’y élevât par le moyen de la douleur ?
Cherchons ce que c’est que, la douleur. Mais d’abord, la douleur n’est pas de l’être; on la voit placée à côté du mal pour l’extirper de l’être. Sans le mal, la douleur ne serait pas née, elle ne serait point entrée dans le temps.
Mais, à cette heure, elle trempe l’être dans ses flammes pour le purifier; on voit ainsi le métal en fusion rejeter une écume de sa substance embrasée.
Antoine Blanc de Saint-Bonnet – La douleur (1849)
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