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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 23:11

l. LES BIENFAITS QUE L'HOMME REÇOIT DANS LE SACREMENT DE PENITENCE

En premier lieu, je repasserai dans mon cœur les nombreux bienfaits que j'ai reçus dans ce sacre­ment. Le Roi prophète en fait une énumération abrégée dans le psaume cent deuxième, où il bénit le Sei­gneur de ses bontés envers les pécheurs. Ces bienfaits peuvent se réduire à six.

 

Premièrement. Ce Père des miséricordes me pardonne tous mes péchés non seulement ceux dont je m'étais confessé, mais aussi ceux que j'ai oubliés, et ceux que, sans faute de ma part, je n'ai pas pu connaî­tre.

 

Deuxièmement. Il guérit les maladies spirituelles de mon âme, comme sont les vices, les passions, les tris­tesses, les craintes immodérées, et autres semblables mouvements de l'appétit sensitif, qu'il modère et soumet à l'empire de la raison.

 

Troisièmement. Il me délivre à la fois, et de la mort éternelle que j'avais méritée par ma désobéissance et de la mort très amère qu'entraîné avec elle la privation de la grâce divine.

 

Quatrièmement. Il m'environne de Ses miséricordes ; II m'aide à vaincre les tentations que j'ai eues et puis encore avoir à combattre ; II me préserve d'innombrables dangers ; enfin, II m'offre sa protection toute-puissante pour m'empêcher de retomber dans les fautes dont je me suis rendu si souvent coupable.

 

Cinquièmement, II me communique avec libéralité tous les biens que je puis désirer, surtout la grâce, la cha­rité, les autres vertus infuse qu'il ne cesse d'entretenir et d'augmenter dans mon âme.

 

Sixièmement. Il renouvelle ma jeunesse comme celle de l'aigle, me dépouillant des œuvres et des inclina­tions du vieil homme, et me revêtant des œuvres et des habitudes de l'homme nouveau II me rend ma pre­mière ferveur et m'inspire la joie de l'esprit, afin que je m'adonne d'une manière plus parfaite à l'exercice de la vertu.

 

Ces nombreuses grâces, Dieu les accorde autant qu'il dépend de Lui à tous ceux qui se confessent dignement. Or, le bienfait que nous recevons est d'autant plus précieux qu'il est moins mérité. Il est donc juste que nous en soyons pénétrés de reconnaissance. Dans cet esprit, je concevrai la plus haute idée de la libéralité dont Dieu a usé à mon égard, et dans un silence d'admiration, je me déclarerai vaincu par tant de bonté.

 

II. CANTIQUE DE LOUANGE.

 

Ensuite, toujours animé de la plus profonde reconnaissance, je chanterai au Seigneur un cantique de louange, empruntant au Psalmiste ces touchantes paroles :

 

O mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est en moi bénisse Son Saint Nom. Bénis le Sei­gneur, ô mon âme, et ne perds jamais le souvenir de Ses bienfaits. Il te pardonne tous tes péchés ; II guérit toutes tes infirmités. Il rachète ta vie en t'arrachant à la mort ; II te couronne de miséricorde et d'amour. Il remplit tous tes désirs en te comblant de biens ; II te rend, comme à l'aigle, la vigueur de ta première jeu­nesse. Le Seigneur ne m'a pas traité selon mes offenses ; II ne m'a pas rendu selon mes iniquités. Autant l'Orient est éloigné de l'Occident autant II a éloigné de moi tous mes péchés. Comme un père a pitié de son enfant ainsi le Seigneur a pitié de ceux qui Le craignent, parce qu'il sait de quelle argile nous avons été for­més

 

- O Dieu de mon âme, si les miséricordes dont Vous avez usé envers moi sont infinies, que pourrai-je faire pour ne point manquer envers Vous de reconnaissance ? Je désire continuer et achever avec Votre aide ce que Vous avez commencé en moi par Votre bonté.

 

Puisque Vous m'avez pardonné mes péchés, je suis résolu de n'y retomber jamais. Puisque Vous m'avez délivré de la mort, je ne me soumettrai pas de nouveau à son empire.

 

Puisque Vous m'avez couronné de Vos miséricordes, je déposerai à Vos pieds toutes mes couronnes.

 

Ajoutez, Seigneur, à tant de grâces que Vous m'avez faites, celle de remplir mes désirs, par l'abondance de Vos dons célestes, afin que je puisse accomplir les résolutions que je viens de prendre, et que je Vous offre comme à l'auteur de tout bien.

 

Donnez-moi de nouvelles forces, pour que je marche avec ferveur, que je coure, que je vole comme l'aigle, jusqu'à ce que je reçoive de Vos mains la couronne de la gloire éternelle.

 

Je puis multiplier et varier les cantiques de louange, en invitant ceux d'entre les saints qui ont été de grands pécheurs, à glorifier Dieu et à le remercier du pardon qu'il a bien voulu m'accorder.

 

III. RESOLUTIONS. Quant au troisième acte, qui complète l'action de grâces, j'ai trois choses à faire.

 

Premièrement. Je dois m'affermir dans la résolution de me corriger, me figurant que Nôtre Seigneur Jésus-Christ m'adresse ces paroles qu'il dit à un autre malade, après lui avoir rendu la santé : Voici que vous êtes guéri : ne péchez plus, de peur qu'il ne vous arrive quelque chose de pire.

 

Je dois craindre la rechute, parce qu'elle est d'ordinaire plus funeste que la première attaque du mal. Si donc, comme le chien qui retourne à son vomissement, je reprends mes habitudes vicieuses, j'appelle de nouveau le démon que j'avais repoussé au commencement, et je lui rouvre la porte de mon cœur, afin qu'il s'y établisse avec sept autres esprits plus méchants que lui, et mon dernier état est pire que le premier. Mais, de toutes les rechutes, la plus à craindre est celle qui arrive peu de temps après la confession. Si le jour même je venais à tomber dans les mêmes péchés, ce serait une preuve que ma conversion a été bien faible et bien imparfaite, quand même elle aurait été véritable.

 

On pourrait m'appliquer ces paroles de l'Ecclésiastique : Si celui qui se purifie après avoir touché un mort, le touche de nouveau, que gagne-t-il à s'être purifié ? De même, si un homme jeûne après avoir com­mis des péchés, et les commet de nouveau, que lui sert-il de s'être humilié ? Et qui désormais exaucera sa prière ?

 

Je ferai ces réflexions pour m'exciter à une crainte salutaire, non pour m'abandonner à la défiance et au découragement. Je me souviendrai qu'il arrive à l'homme juste de tomber sept fois, et qu'il se relève après chacune de ses chutes

 

Secondement. Aussitôt après m'être confessé, j'accomplirai ma pénitence entièrement, s'il est possible, ou du moins en partie. Je remplirai ce devoir avec piété, en esprit d'obéissance et d'amour, afin d'acquitter quelque chose de la dette immense que j'ai contractée envers mon Dieu. Je désirerai de pouvoir faire da­vantage pour Celui qui s'est montré si miséricordieux envers moi, répétant avec le serviteur de l'Évangile : Seigneur, ayez un peu de patience, et je Vous paierai toute ma dette.

 

Troisièmement. Je remercierai Dieu de la grâce que je viens de recevoir, et je me préparerai avec ferveur à la sainte communion. En effet, une des fins principales de l'institution du sacrement de Pénitence est de nous offrir un moyen pour nous disposer à nous approcher dignement de la sainte Table, suivant cette pa­role de David : Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont II m'a comblé ? Je prendrai le calice du salut, et j'invoquerai le Nom du Seigneur.

 

Extrait de : Examen de conscience à partir du Catéchisme de la famille chrétienne.  Père Emmanuel.  (www.a-r-c-f.com)

 

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