Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 01:43

« Tout homme ressemble à sa douleur », dit un contemporain. C'est vrai, comme tout homme aussi ressemble à ses joies. Ce qui nous réjouit, ce qui nous fait souffrir, c'est bien le témoignage de notre être, de nos tendances profondes et de notre valeur.

 

« Un homme n'est pas plus qu'un autre, s'il ne fait plus qu'un autre », disait très noblement le Gentilhomme de la Manche. Mais s'il fait plus qu'un autre, il doit être capable aussi de sup­porter plus qu'un autre; car ce dernier témoi­gnage est le meilleur.

 

Qu'est-ce qu'agir, sinon exercer sa volonté, et qu'est-ce que souffrir, si ce n'est subir une con­trainte ? Or il est plus difficile et plus méritoire de tenir librement contre sa propre volonté, que de manifester cette dernière. Dans le premier cas il y a déploiement, et dans le second victoire. L'homme se surmonte, à vrai dire, en agissant, par un effort suprême, au delà de ses pouvoirs; mais il se surmonte aussi, et avec moins d'ivresse, par conséquent avec plus de mérite pur, en sup­portant ce qui contrarie ses instincts, brise son élan et diminue une vie qui voudrait toujours s'accroître.

 

On ne sait vraiment ce que vaut un homme que si on l'a vu réagir au malheur. Abattu, il a prouvé sa médiocrité; debout, il est plus grand que sur un piédestal; il est grand de sa propre grandeur.

 

Saint-Simon ne ménage pas Louis XIV, tant que Louis XIV triomphe ; à la fin, il ne peut s'em­pêcher de rendre les armes, quand il voit le sou­verain frappé par l'adversité et toujours égal à lui-même.

 

A Sainte-Hélène, Napoléon n'a-t-il pas grandi de toute l'étendue et de toute la taille de son grandiose malheur ? Il ne faisait que re­lever son propre cas quand il disait : « Les hommes se reconnaissent au moment des grands chocs. Frappez un bronze avec un gant, il ne rend aucun son; mais frappez-le d'un marteau, il retentit. » Comme le bronze immobile, la vertu dans le repos peut sembler dormir; comme une lumière voilée, elle se dérobe; malheureuse, elle se dresse et jette  des  feux qui  lui  composent comme une auréole.

 

La couronne d'épines de Jésus, sur la croix, est pleine de clartés; elle irradie sur toute douleur humaine accordée à la sienne. Ensemble, toutes ces douleurs témoignent que l'homme est grand, quand il trouve dans son oppression même le moyen de son plus noble essor.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires