« sans moi, vous ne pouvez rien faire »
Chaque fois que le Sacré-Cœur est apparu dans le but de sauver notre Patrie, ce fut pour demander que son image soit peinte ou brodée sur le drapeau français. Il est significatif de constater que l'incommensurable Amour de Jésus s'est adressé, par ses messagères, aux Chefs d'État français sous tous les régimes. Sous la Monarchie, par Sainte Marguerite-Marie ; sous l'Empire, par Madame Royer ; sous la République, par Claire Ferchaud. Louis XIV, Napoléon III, Poincaré ont été tour à tour, avec sollicitude et sans défaillance, placés devant leurs responsabilités spirituelles et temporelles.
Dieu a choisi des hommes très puissants, au sommet de la gloire, dans la paix comme dans la guerre, et qui ont même laissé des traces de leur prestige et le souvenir de grands fastes et de redressements financiers spectaculaires, pour montrer que tout l'or du monde ne vaut rien en comparaison d'un simple acte de foi. Dieu n'a pas pesé l'ingratitude de Louis le Dieudonné, ni la fourberie — selon La Salette — de l’Empereur qui eut un Empire, ni les hésitations d'un fils de la République. Il a pris ces hommes tels qu'ils étaient et qui auraient pu, s'ils avait su saisir le courage et l'humilité d'entendre l'appel divin, être des artisans de la paix véritable. Mieux même, Dieu a poursuivi ces hommes de ses avertissements, il leur a montré leurs ennemis, dévoilé les complots secrets autour d'eux.
Nommément, Dieu a désigné, par la bouche même de ses messagères initialement ignorantes, les adversaires invisibles, les sectes impies, la Franc-Maçonnerie. Dieu a mentionné leurs ennemis comme étant ses ennemis ; il a mentionné ses ennemis comme étant leurs ennemis. Il a certifié que les ennemis de la France sont les ennemis de Dieu et, par là, que seul, lui, le Christ, à condition que l'on s'en remette ouvertement à son Amour, peut les vaincre à jamais.
« sans moi, vous ne pouvez rien faire », déclare Jésus. Et sa Parole se vérifie d'âge en âge, de régime en régime.
« viens, seigneur jésus », implorent les âmes de bonne volonté qui se transmettent la lumière de la lampe et qui attendent, parfois fatiguées, mais toujours fidèles. Le dialogue pathétique est là. Il se perpétue à travers les générations.
Mais les Chefs d'État, eux, sont sourds et poursuivent même des buts contraires. Rien n'est rendu officiellement au Seigneur des Seigneurs. L'image du Sacré-Cœur est dans la chambre ou la pièce d'honneur des foyers humbles, mais elle ne préside pas à l'Élysée. Ainsi donc, il y a un divorce total entre le Peuple de Dieu et le Chef de l'État. Chacun aspire à cette osmose hiérarchique entre Dieu, le Prince qui gouverne et le foyer qui veille.
Il est du devoir de toute âme de prier pour qu'enfin paraisse ce Chef qui rende tout à Dieu, qui accomplisse l'acte de foi totale dans son cœur et par extension naturelle sur le drapeau français. Toute vraie doctrine, à plus forte raison sociale, découle de cette soumission adorable au Dieu Créateur. Cela est si vrai que plusieurs saints n'hésitèrent pas à essayer de convertir les Chefs d'État pour assurer le bonheur des peuples.
Mais, objecteront certains, si le Chef d'État est perpétuellement opposé au règne du Sacré-Cœur, y aura-t-il une solution ?... Jésus lui-même apporte la Réponse à Marguerite-Marie : « Ne crains rien, je régnerai malgré mes ennemis ». Ou bien : « Si tu crois, tu verras éclater ma Puissance dans la magnificence de mon Amour ». Oui, il y aura une solution, c'est-à-dire un terme au règne de Satan. Le Seigneur l'a promis et Il tient ses promesses. On peut dire ceci : quand bien même le Chef de l'État serait non pas simplement opposé à Dieu, mais l'ennemi de Dieu, il y aura une solution, selon la Parole de Jésus. Comment ? Quand ?
Ces deux questions primordiales, qui semblent distinctes, en réalité forment qu'une, car dans notre esprit elles sont inséparables, tient et quand ?
Jusqu'en 1917, le Sacré-Cœur nous demandait la confiance, mais sans nous révéler le moyen de son action. « ne crains rien », disait-il. « Si tu crois, tu verras... » Et le peuple, en attente, murmurait : «Coeur Sacré de jésus, j'ai confiance en vous ».
A suivre
Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.
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