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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 18:08

 

Qu'est-ce que le temps ?

Comment perd-on son temps ?

Comment doit-on employer son temps ?

 

Le temps est tout ce qu'il y a de plus insaisissable, tout ce qu'il y a de plus rapide. Le temps, dit la sainte Écriture, c'est l'éclair qui brille et qui disparaît ; c'est la flèche qui fend les airs ; c'est le vaisseau qui franchit l'Océan ; une fois qu'il a disparu, il n'y a plus de traces de son passage.

 

Vous qui nous lisez, vous trouvez peut-être le temps bien long quelquefois ? Ah ! Un jour viendra où vous en jugerez d'une tout autre manière. Vous avez déjà vingt, trente ans, davantage peut-être : Qu'est devenu ce temps de votre vie ? Où est-il ?  Ainsi passeront les années que Dieu doit vous donner encore, et, une fois passées, où en serez-vous ? Que direz-vous du temps ? Qu'en penserez-vous ?

 

Le temps, c'est la minute présente ; vous voulez l'arrêter dans sa fuite, cela n'est pas possible ; la minute suivante arri­ve, elle chasse la première, une autre survient qui en fait autant, et ainsi toujours et toujours, jusqu'à ce que vous tombiez dans le royaume de l'éternité.  Voilà le temps.

 

Comment perd-on son temps ?

On le perd de mille manières, voici: Les plus communes et plus générales.

 

On perd son temps en ne faisant rien.

 

Il y a des êtres humains qui en sont là, qui passent leur vie à ne rien faire. Ils regardent la télévision et ils ne pensent à rien, ils ne disent rien, ou ils ne disent que des riens, ils ne produisent pas davantage.

 

Quelle vie, grand Dieu ! On se lève quand on est fatigué de rester au lit. On s'habille, et on y passe des heures. On mange, on se promène, on se couche. Et tous les jours c'est à recommencer les mêmes occupations, c'est-à-dire la même oisiveté. C’est la première manière de perdre son temps.

 

Il y en a une seconde.

 

On perd son temps en ne faisant que des choses vaines et inutiles. Ce sont des bagatelles, des frivolités. On fait de la vie une récréation : elle n'a aucun but sérieux et sacré.

 

A quoi bon travailler ? dit telle femme du monde ; à quoi bon me donner de la peine, puisque rien ne manque à mes besoins ?

 

On oublie que Dieu nous a tous condamnés au travail, que c'est un châtiment auquel il faut se soumettre, sous peine de s'en préparer un plus terrible après cette vie.

 

On s'occupe de son ameublement ; on lit son journal, on fait des visites ; on va dans le monde, on se mêle à toutes ses réunions, on partage tous ses plaisirs. C’est la seconde manière de perdre son temps.

 

Il en reste une dernière.

 

On perd son temps en s'occupant mal, c'est-à-dire en ne faisant pas ce qu'on fait comme on devrait le faire.

 

Ainsi on agit sans attention, avec un esprit distrait, sans savoir pourquoi l'on agit d'une façon plutôt que d'une autre. On ne se rend pas compte de son travail ; il est, pour ainsi parler, inutile, on n'en tire aucun profit. On agit avec paresse, avec une lenteur exagérée : il faut une journée entière pour faire ce qui ne demanderait que quelques heures. Enfin, on tente des choses impossibles, on s'occupe de sciences ou d'arts qui ne serviront jamais à rien, parce qu'on n'y apporte ni aptitude ni ardeur.

 

Comment faut-il employer le temps ?

 

Un chrétien doit employer le temps pour Dieu et pour son salut. Le temps est le prix du sang de Jésus-Christ. Rien donc ne peut nous être plus précieux que le temps. Tout ce que l'on fait, du reste, peut être rapporté à Dieu et nous servir à gagner le ciel. Il suffit d'agir avec une bonne pensée, avec une intention religieuse.

 

Dites à Dieu, dans toutes vos actions : «Mon Dieu, je vous offre ce que je fais, ce dont je m'occupe. Je vous l'offre pour vous glorifier. Je vous l'offre pour obtenir vos grâces et pour mériter la vie éternelle

 

Voilà la seule véritable manière de bien employer le temps.

 

De cette façon vos journées seront remplies. Rien de ce que vous pourrez faire ne sera perdu ; vous vous préparerez d'immenses trésors pour le ciel. Et quand Dieu vous appellera à lui, ce sera pour vous dire cette douce parole : « Entrez dans la joie de votre Maître ! ».     A vous de choisir, ça presse il y a urgence !

 

Quelques pensées précises et suggestives résumeront ces considérations :

 

« Le temps de cette vie est court », dit l'Esprit Saint.

 

Et en effet le temps déjà passé n'est plus en mon pouvoir : Il est irrévocablement retranché de mon existence : tel qu'il a été rempli par moi, avec ses œuvres bonnes ou mau­vaises, tel il me sera remis devant les yeux au jour de la reddition des comptes.

 

L'avenir ne m'appartient pas. J'ignore combien de temps le Seigneur mettra encore à ma disposition ; ce qui est certain, c'est que la dernière limite ne dépassera pas un petit nombre d'années.

 

Le présent seul est entre mes mains !

 

Tout mon bonheur dépend du bon emploi du temps, et comme le temps se réduit pour moi au moment actuel, toute ma préoccupation doit être de sanctifier ce moment.

 

C'est en outre l'unique moyen qui me reste d'expier les iniquités de ma vie passée. Si un homme avait devant lui un riche trésor et qu'il ne fût posséder pour sa subsistance à l'avenir que ce qu'il serait à même d'en emporter chez lui dans l'espace d'un quart d'heure, avec quel extrême empressement n'en prendrait-il pas le plus qu'il pourrait ! De ce quart d'heure pas une seconde ne serait perdue. Voilà exactement votre situation par rapport à l'éternité.

 

Le temps ne m'est donné que pour gagner une place dans le véritable ROYAUME ; à chaque instant du temps, je puis gagner cette éternité ; après le temps, il n'y a plus moyen de gagner l'éternité : trois maximes capitales, dont je dois perpétuellement me souvenir.

 

«O mon Dieu, je vous rends grâces du temps que vous voulez bien me donner encore ! 

«Faites que je n’en gaspille pas une seule seconde !

«Faites qu’à chaque heure j’augmente mes mérites pour le ciel ! »

 

Extrait de: Lectures médités (Édition 1933).   

 

elogofioupiou.com                           

 

   
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