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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 20:12

Lorsq'une grande calamité s'abat sur une nation, chacun doit payer de sa personne pour la conjurer. Mais n'est-ce pas surtout aux chrétiennes, favorisées de tant de appartient d'exercer un utile apostolat,   dans les milieux surtout où le prêtre ne peut avoir aucun accès ?

 

Nous l’avons dit ailleurs, on ne conçoit pas comment des personnes vraiment dévouées à la religion peuvent hésiter à rendre un service de cette importance à tel parent, par exemple, qu’elles savent exposé à la damnation éternelle. Est-ce la crainte qui retient ? Si ce parent courait un grave danger pour sa santé, sa vie, et qu'il ne vous fût pas possible de l'avertir sans éprouver une appréhension analogue, ne passeriez-vous pas au-dessus de ces vaines frayeurs ? Eh bien, la vie qui doit durer  toujours vaut-elle moins que celle d'ici-bas ?

 

Ah ! Combien de femmes regretteront un jour d'avoir ainsi été victime de la fausse honte ! Mais c'est surtout à l’heure de la mort qu’il faut s'armer de courage et refouler toutes les hésitation du respect humain, pour s'acquitter de son devoir car alors c'est bien un devoir pour les parents du moribond.

 

Un moment désagréable est bientôt passé ; après tout, que pourrait-on craindre ? Un refus, une parole de reproche ? La belle affaire ! « Les paroles frappent l'air, dit l'auteur de l'Imitation, mais elle ne blessent point la pierre. » Si vous êtes repoussée, vous offrirez à Dieu cette petite humiliation, voilà tout. Mais croyez bien que le plus souvent vos charita­bles avertissements seront accueillis avec reconnaissance et bonheur.

 

Un père de famille, atteint d'un mal incurable, se faisait illusion sur son état. Son fils, jeune homme vertueux, com­prit qu'il avait un devoir à remplir.

 

— Mon père, lui dit-il avec affection et douleur, vous sa­vez combien je vous aime.

 

— Oui, mon fils ; je n'en ai jamais douté.

 

— Eh bien, c'est parce que je vous aime, que je veux vous rendre le plus grand des services.

 

— De quoi s'agit-il, mon enfant ?

 

— Mon bien-aimé père... Ah ! Le Seigneur de­mande de vous et de moi un douloureux sacrifice... Les larmes ne lui permirent pas d'achever.

 

— Je comprends, cher enfant, et je te remercie... Embrasse encore ton père qui t'aime... Fais venir un confesseur ; je veux mourir dans les bras de Dieu.

 

Quel malheur pour un chrétien de penser que son père ou sa mère est peut-être en enfer, et qu'il aurait pu les empêcher d'y tomber ! Comme il faut, aux approches de la mort, redoubler de prières, de vigilance et de soins dévoués !

 

Une jeune fille, sur le point de mourir, embrassa sa mère et lui dit tout en larmes :

 

Je n'ai pas peur de la mort, non ; j'ai aimé le bon Dieu, j'ai confiance qu'il me réserve une belle couronne. Mais une pensée trouble mon bonheur. Depuis longtemps vous ne vous êtes pas approchée des sacrements ; je mourrai donc privée de la consolation de vous savoir en paix avec le Seigneur, et sans l'espoir de vous revoir un jour au ciel. Quoi ! Un jour je serais au ciel et ma pauvre mère serait damnée ! Et jamais je ne la reverrais partageant mon bonheur !...

 

Il était impossible qu'une mère résistât à de pareilles sup­plications.

 

Même auprès des personnes en bonne santé, on peut exer­cer un très fructueux apostolat. Une jeune enfant gémissait de voir son père travailler le dimanche. Un jour, elle lui dit avec une douce franchise :

 

Papa, pourquoi travaillez-vous le dimanche puis­que le bon Dieu le défend ?

 

— Mon enfant, répondit le père, il faut manger les diman­ches comme les autres jours, et pour manger il faut travailler.

 

— Sans doute, reprit l'enfant, et le bon Dieu y a pourvu en nous donnant six jours sur sept car en travaillant bien les six jours, on peut trouver de quoi manger le septième, sans travailler. Mais si vous trouvez que cela ne peut pas se faire, eh bien, soit je ne mangerai plus le dimanche, pour que vous ne soyez plus obligé de travailler ce jour-là, malgré la défense de Dieu.

 

Le père se rendit à cette leçon, et sa conduite ne tarda pas à devenir chrétienne.

 

Voici un autre trait, d'une grâce naïve, qui devrait bien donner un peu d'aplomb et de sainte hardiesse aux jeunes filles dont la timidité va jusqu’a leur (fermer la bouche) alors même qu’une rencontre apparemment providentielle sem­ble leur commander de parler.

 

Clément Brentano, célèbre écrivain allemand du XIXe siècle, obtenait de beaux succès littéraires, mais son incré­dulité le rendait malheureux. Il sentait un vide en son cœur, et une voix secrète le rappelait du côté de Dieu. Une lettre à Mgr Sailer fut suivie d'une réponse qui commença l'œuvre de sa réconciliation avec la religion ; mais ce fut une circons­tance toute particulière qui décida son retour aux pratiques chrétiennes. Se trouvant un jour dans un salon de Berlin, il remarqua la fille d'une des dames présentes, toute jeune enfant, dont l’air candide révélait la paix intérieure. Moitié sérieusement, moitié par plaisanterie, Brentano lui dit :

 

Mon enfant, vous êtes plus heureuse que moi ; vous ne connaissez pas les chagrins et les soucis qui me rongent...

 

La jeune fille répondit sans se déconcerter, avec une ai­mable modestie :

 

Monsieur, vous pouvez être heureux, si vous le voulez ; vous n’avez qu'une chose à faire; c’est de vous confesser.

 

On pense bien si le poète se récria à ce conseil. Il fit des objections à sa petite interlocutrice ; elle répliqua simple­ment, mais d'une manière nette, juste et décisive. Le croi­rait-on ? Cet entretien fut comme un trait qui perça le cœur de Brentano, et au mois de mars 1817 quelque temps après cette charmante scène, le grand homme allait se jeter aux pieds d'un prêtre.

 

Une pratique très recommandable consiste à signaler aux prêtres des paroisses les personnes malades et en danger de mort. Dans les grandes villes surtout, beaucoup meurent sans se réconcilier avec Dieu, car ils n'ont pas même vu un prêtre qui ait pu leur parler de leur âme et de l'éternité.

 

Dans l'exercice du zèle, il n'y a rien d'aussi excellent que l'apostolat auprès des mourants, la prière pour ceux qui sont à l'agonie, les démarches et les pressantes instances pour qu'aucun pécheur ne meure sans recevoir les sacre­ments. En vérité, si nous réfléchissions aux grandes pensées de la foi, à ce terrible « Toujours souffrir, jamais sortir… c’est cela l’Enfer éternel ».

 

Pourrions-nous être aussi indifférentes au sort des malheureux qui vont comparaître devant Dieu !

 

Extrait de  LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-trois-prieres-pour-les-mourants-95808008.html

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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commentaires

J
Si je mène un apostolat auprès des gens de mon village, ils vont appeler la police !
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