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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 20:00

 

De l'obéissance et du renoncement a son propre sens.

 

C'est quelque chose de bien grand que de vivre sous un supérieur dans l'obéissance, et de ne pas dé­pendre de soi-même.

Il est beaucoup plus sûr d'obéir que de commander.

Quelques-uns obéissent plutôt par nécessité que par amour, et ceux-là, toujours souffrants, sont portés au murmure. Jamais ils ne posséderont la liberté d'esprit, à moins qu'ils ne se soumettent de tout leur cœur, à cause de Dieu.

Allez où vous voudrez, vous ne trou­verez de repos que dans une humble soumission à la conduite d'un supé­rieur. Plusieurs, s'imaginant qu'ils se­raient meilleurs en d'autres lieux, ont été trompés par cette idée de change­ment.

 

2. Il est vrai que chacun aime à suivre son propre sens, et a plus d'in­clination pour ceux qui pensent comme lui.

Mais si Dieu est au milieu de nous, il est quelquefois nécessaire de renoncer à notre sentiment pour le bien de la paix.

Quel est l'homme si éclairé qu'il sache tout parfaitement?

Ne vous fiez donc pas trop à votre sentiment; mais écoutez aussi volon­tiers celui des autres.

Si votre sentiment est bon, et qu'à cause de Dieu vous l'abandonniez pour en suivre un autre, vous en re­tirerez plus d'avantages.

 

3. J'ai souvent ouï dire qu'il est plus sûr d'écouter et de recevoir un conseil que de le donner.

Car il peut arriver que le sentiment de chacun soit bon; mais ne vouloir pas céder aux autres, lorsque l'occa­sion ou la raison le demande, c'est la marque d'un esprit superbe et opini­âtre.

 

RÉFLEXION.

 

Le Christ s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix (Philip. II, 8). Qui oserait après cela refuser d'obéir? Nul ordre dans le monde, nulle vie que par l'obéissance ; elle est le lien des hommes entre eux et avec leur auteur, le fondement de la paix et le principe de l'harmonie universelle. La famille, la cité, l'Église ou la grande so­ciété des intelligences, ne subsistent que par elle, et la perfection la plus haute n'est, pour les créatures, qu'une plus parfaite obéis­sance : elle seule nous garantit de l'erreur et du péché.

 

Qu'est-ce que Terreur? La pensée d'un esprit faillible, qui ne reconnaît point de maître et n'obéit qu'à soi. Qu'est-ce que le péché? L'acte d'une volonté corrompue, qui ne reconnaît point de maître et n'obéit qu'à soi. Mais à qui devons-nous obéir? À un hom­me comme nous? Non, non; l'homme n'a sur l'homme aucun légitime empire; son pouvoir n'est que la force, et quand il commande en son propre nom, il usurpe insolemment un droit qui ne lui appartient en aucune ma­nière.

 

Dieu est l'unique monarque, et toute autorité légitime est un écoulement ; une par­ticipation de sa puissance éternelle, infinie. Ainsi, comme l'enseigne l'Apôtre, le pouvoir vient de Dieu (ROM. XIII, 1), et il est soumis à une règle divine, aussi bien dans l'ordre temporel que dans l'ordre religieux, de sorte qu'en obéissant au pontife, au prince, au père, à quiconque est réellement le ministre de Dieu pour le bien (Ibid. XIII, 4), c'est à Dieu seul qu'on obéit. Heureux celui qui com­prend cette céleste doctrine: délivré de la servitude de l'erreur et des passions, de la servitude de l'homme, il jouit de la vraie li­berté des enfants de Dieu (ROM. VIII, 21).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

elogofioupiou.com

 

 

 

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