Jean XXIII et Paul VI sont considérés comme des papes par la Vierge, ce qui ne correspond pas à la thèse sédévacantiste. Une autre confirmation de l'authenticité de la prophétie de Saint Malachie est celle de Garabandal, lorsque Conchita livra l'un des messages les plus controversés de ce lieu de pèlerinage. Nous citerons d'abord les extraits d'un ouvrage sur le sujet, puis nous les commenterons, afin d'expliquer la raison du caractère controversé de ces révélations :
« Nuit du 19 ou 20 décembre 1962
Le senor Francisco Clapes Moymo, alors présent à Garabandal et témoin de l'extase de Conchita, note dans son carnet : ... Conchita a eu une extase de 3hl5 à 5h 15(...). Durant l'extase on l'a entendue dire à sa vision : ... Mercedes Salisachs prétend que saint Malachie a prophétisé au sujet des papes, et que maintenant il n'en reste que deux... Après l'extase Conchita nous a communiqué la réponse de la Vierge :... après l'actuel (Jean XXIII) il y en aura encore trois ; ensuite il n'y en aura désormais plus..? « Ramon Ferez, Les apparitions de Garabandal, l'ultime avertissement.»
Autrement dit, la Sainte Vierge répond à la question liée à la prophétie de Saint Malachie, corrigeant l'interprétation de Mercedes Salisachs. C'est une manière, pour notre Mère, de confirmer l'authenticité de cette prophétie, qui de fait a toujours été très vénérée, malgré les attaques.
«3 juin 1963
Le Père Rodrigo s.j, professeur de théologie morale à l'Université pontificale de Comillas (Santander), qui eut comme élèves de nombreux évêques espagnols actuels, est décédé le 30 mars 1973. Sur son lit de mort il déclara avoir reçu une preuve non équivoque de la vérité de Garabandal. (L'accomplissement des prophéties constitue une preuve de l'authenticité d'une apparition. Tel fut le cas également des exorcismes suisses, qui en contenaient plusieurs.)
Il rapporte cet épisode :
C'étaient les premiers jours de juin 1963 : les cloches de Garabandal commencèrent à sonner. Conchita, qui était dans la cuisine avec Aniceta sa mère, s'exclama immédiatement:
— Les cloches sonnent pour un mort ! C'est sûrement pour le pape. Maintenant, il n'en reste plus que trois.
— Quelle sottise dis-tu ? répliqua Aniceta.
— Je ne dis aucune sottise. La Vierge me l'a dit : « Après ce pape Jean XXIII), il n'y en aura plus que trois (...). »
Toujours début juin 1963, Conchita avait même prédit que Vatican II se poursuivrait :
«Un autre pape viendra et le concile continuera, dit Conchita sans nous regarder. Maximina répliqua :
— Bien sûr, un autre Pape viendra, mais pour ce qui est de la continuation du concile, le nouveau Pape peut le dire terminé.
— Je vous répète qu'un nouveau Pape viendra, et que le Concile se poursuivra, et je vous dis aussi qu'il n'y aura plus que trois papes. C'est la Vierge qui me l'a dit : « après ce Pape qui vient de mourir, il n'en resterait que trois ; et après, c'est la fin des temps. »
À l'occasion d'une conversation sur le sujet, une personne me fit cette observation très pertinente : « Il est à noter ici que Conchita annonce la nomination d'un nouveau pape, et la continuation du Concile, avant l'élection de Paul VI, et qu'elle transmet un message dont le sens lui échappe complètement. On remarquera aussi qu'aucun texte ne dit par exemple : « plus que trois avant le Grand Avertissement » (Cela n'a pas corrigé le problème des modernistes, puisque leurs antipapes avant le Grand Avertissement sont plus de trois !) ; ce qui aurait pu signifier qu'avant tel événement il ne reste plus que trois papes, mais qu'après il pourrait y en avoir d'autres. Au cours des années suivantes, la question du dernier pape et de la fin des temps sera posée à Conchita une multitude de fois, et elle fera toujours la même réponse.
Les inventions au sujet de l'Avertissement sont récentes. Comme on ne voyait rien venir et qu'on en était officiellement à trois papes, puis quatre, puis cinq, de nouvelles interprétations de ces paroles ont surgi. Mais à l'origine, c'était : trois papes avant la fin des temps.
Cette question des papes est la plus sensible des apparitions de Garabandal, parce que la Vierge parle de Jean XXIII comme d'un pape, et elle annonce le Pape Paul VI qui continuera le concile. Mais ensuite, elle n'en compte que deux. Si l'on pense que les «papes officiels» sont légitimes, alors on ne peut pas croire à Garabandal d'où cette désaffection annoncée à propos de ces apparitions.
Par ailleurs, Jean XXIII et Paul VI sont considérés comme des papes par la Vierge, ce qui ne correspond pas à la thèse sédévacantiste. C'est pour cette raison que cette «prophétie des papes » de Conchita a été tordue dans tous les sens, par ceux qui voulaient croire en même temps à Garabandal et aux nouveaux «papes» : on lui a fait dire « plus que trois papes avant le début des tribulations », ou « plus que trois avant le Grand Avertissement », etc. Mais tant qu'on n'aura pas compris que les hommes qui siègent (aujourd'hui) au Vatican ne sont pas des papes pour la Vierge, on ne pourra pas affronter les vraies paroles de Conchita : « plus que trois papes avant la fin des temps. » C'est simple.
Autrement dit, ni les modernistes ni les sédévacantistes ne peuvent croire à Garabandal s'ils interprètent strictement les mots de Conchita. Par conséquent, à l'expression « il ne reste plus que trois papes », des modernistes ont rajouté « avant le Grand Avertissement » ; quant à la plupart des traditionalistes, ils ne peuvent comprendre le sens des paroles de Conchita.
Or, relativement à la survie de Paul VI, ces paroles sont très claires : les devises De mediatate lunae et De labore sots groupant chacune deux antipapes, il ne reste que trois véritables papes après Jean XXIII : Paul VI, De gloria otivae, et Petrus Romanus. Une preuve de plus que seule la thèse de la survie de Paul VI correspond aux prophéties de la fin des temps. En effet, les exorcismes suisses nous ont appris que Jean XXIII et Paul VI étaient des papes valides, et que tant que Paul VI serait en vie, tous ceux qui seraient élus pendant son règne seraient invalides. Si l'on suit mon explication de la prophétie de Saint Malachie, il n'y a donc plus que trois papes après Jean XXIII. Malheureusement, la plupart des traditionalistes préféreraient récuser Garabandal plutôt que d'admettre cette vérité, car la survie du Saint-Père fait affront à leur intelligence. ( A suivre)
Extrait de : La survie de Paul VI et le Secret de Fatima. Jean-Baptiste André. Je vous recommande ce volume, il contient des trésors d’informations :
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