Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (4)
Nous savons tous par expérience qu'il y a à l'intérieur de notre corps une chose qui pense, veut, sent ; c'est ce que nous appelons âme.
Quand nous disons qu'elle est spirituelle, nous entendons qu'elle n'est pas une partie de notre corps, qu'elle n'est ni notre sang, ni nos nerfs, ni nos fibres, ni notre cerveau, ni quelque chose qui soit étendu, large ou profond ; qu'elle ne peut être divisée en parties parce qu'elle n'en a pas ; en un mot qu'elle n'est rien de semblable à ce que nous voyons, ou touchons, ou percevons par nos autres sens ; mais que c'est quelque chose d'un ordre très différent, fort supérieur à tout ce qui nous entoure; c'est-à-dire que c'est une substance simple, ayant la faculté de comprendre et de vouloir.
Que notre âme est spirituelle et non corporelle, c'est ce qu'on peut facilement reconnaître en considérant la différence qu'il y a entre elle et les corps. Ceux-ci se meuvent si on les meut, restent en repos si on les laisse en repos; c'est-à-dire qu'ils n'ont ni action ni mouvement par eux-mêmes ; tout le contraire se remarque en notre âme, car non seulement elle met le corps en mouvement quand elle veut et comme elle veut, mais elle-même par la pensée parcourt en quelques instants le ciel et la terre ; elle est si mobile, si active, si vive, que c'est fermer volontairement les yeux à la lumière de s'efforcer à dire qu'il n'y a pas la plus grande différence entre sa nature et la nature des corps.
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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