Un jour Mme L... mariée depuis quelques années à peine, se présente, la fureur dans l'âme. « Savez-vous, mon Père, me dit-elle, sans préambule, vous autres prêtres, probablement parce que vous êtes des hommes, vous prenez toujours leur part, et vous imposez à la femme tous les devoirs en donnant comme partage, aux maris, tous les droits ».
— Comment cela ?
— Oui, oui ! Faut lui être soumise ; faut le suivre partout, jamais lui ! Au point qu'on a donné naissance à ce vieux dicton : « Qui prend mari prend pays ». Est-ce juste ?
— Non ! Ce ne serait pas juste, si c'était vrai ! Mais ce n'est pas tout à fait vrai ! Le mari a, lui aussi, des devoirs, et vous, vous avez aussi des droits. Qu'il y en ait un qui soit chef, et que celui-là ce soit l'homme, c'est l'Eglise qui le veut ainsi. Elle vous l'a rappelé au matin de votre mariage, dans l'épître de la messe : « Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; car le mari est le chef... » Puis elle a ajouté : • Vous, maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise... » Puis dans la grande prière que cette même Eglise semblait faire spécialement pour vous, après le Pater, ce matin-là, elle a ajouté : « Jetez un regard favorable sur votre servante devant être unie à un époux, et partager son sort... »
— Vous n'avez donc pas compris ces paroles qui vous ont été directement adressées, au matin même de la cérémonie ?
— Mon Père, on est tellement énervé, ce matin-là, puis c'était en latin, alors que voulez-vous qu'on comprenne ?
— Même si vous aviez tout compris, auriez-vous pour cela changé d'idée ?...
— Au moins, je n'aurais pas d'excuse aujourd'hui...
— Peut-être !
Alors Mlle X... et Monsieur Z... lisez attentivement avant votre mariage, en français cette fois, ces prières et ces exhortations que l'Eglise mettra sur les lèvres de son prêtre et vous adressera au matin de votre union.
Lisez-les afin de pénétrer vos esprits de la sublime dignité de ce sacrement que vous allez recevoir et de vous élever à la hauteur de ses héroïques devoirs. C'est dans le but de vous faire saisir davantage la pensée de l'Eglise et la grandeur de cette vocation dans laquelle vous vous engagez comme époux de demain ...
Puissent ces belles prières effacer de vos esprits et de vos cœurs les erreurs et les préjugés modernes, si néfastes à la sanctification des époux et au bonheur conjugal ! Puissent-elles vous donner, à vous qui vous associez à l'œuvre procréatrice de Dieu, dans ce sacrement, les lumières et les grâces qui vous rendront capables d'accepter dans toute sa réalité ce tragique engagement de tout votre être ! Car c'est là désormais que vous trouverez votre bonheur, c'est là que vous aurez à vous sanctifier, en travaillant à cet unique nécessaire : votre salut.
Épître
Lecture de l’Epître du B. Paul, apôtre, aux Ephésiens. — Mes frères, que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l'Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Eglise est soumise au Christ, de même aussi les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses. Vous maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême d'eau par la parole de vie, pour se présenter lui-même comme une Eglise glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée. De même les maris aussi doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et la soigne, comme le Christ fait pour l'Eglise, parce que nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os. C'est pourquoi l'homme abandonnera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux seront une seule chair. Ce mystère est grand : Je dis cela par rapport au Christ et à l’Église. Ainsi que chacun de vous individuellement aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.
Voici, l’évangile qui correspondait a ce Sacrement : Evangile selon St. Matthieu. Les Pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le tenter et ils lui dirent : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit. Il leur répondit : N’avez-vous pas lu que Celui qui créa l’homme dès le commencement, créa un homme et une femme, et qu’il dit : A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair ? Ainsi, ils ne seront plus deux, mais une seule chair. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.
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